Espace vital

Ce qui participe aussi à ma décision de quitter l'enseignement, c'est de voir l'indifférence des parents d'élèves...La majorité s'en fout de tout pourvu que leurs enfants soient casés quelque part. Même si c'est dans une cage avec un dompteur...

J'ai écrit, il y a longtemps au Ministre.

Ils m'ont mis un blâme et bloqué mon salaire pendant sept ans.

Je ne vais pas y laisser ma peau.

Tant pis pour les enfants...Il m'aura fallu trente ans pour réussir à prononcer cette phrase.

Lorsque j'ai eu mon diplôme d'instituteur, je suis allé voir mon Maître de CM2, Monsieur Quéré. On a beaucoup parlé, longtemps, de choses essentielles. Il savait que c'était grâce à lui que j'étais là. Il m'a dit au moment de mon départ : "Surtout, Thierry, ne fais jamais de mal aux enfants. Jamais. "

J'ai essayé de garder cette ligne de conduite toute ma carrière. Sauf que maintenant, quoique je fasse, les conditions sont tellement effroyables que ça n'est plus possible. Inévitablement, je participerai au massacre. Et il n'en est pas question.

Tant pis pour les enfants...Je ne peux plus rien pour eux.


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Chilly-Mazarin

Classes surchargées : le coup de gueule d'un directeur

Excédé, Xavier Cegarra, responsable d'une maternelle, réclame une loi instaurant un espace vital minimal par élève à l'école.

Publié le 04.12.2013


Chilly-Mazarin, lundi. Xavier Cegarra, directeur de la maternelle du Centre, estime qu'il faudrait des classes à 20 élèves pour le bien-être des enfants et pour travailler dans de bonnes conditions.

Chilly-Mazarin, lundi. Xavier Cegarra, directeur de la maternelle du Centre, estime qu'il faudrait des classes à 20 élèves pour le bien-être des enfants et pour travailler dans de bonnes conditions. | (LP/S.M.)

Quel est l'espace vital minimal dans un enclos pour un chien? 5 m2. Pour élever un poulet bio? 4 m2. Et pour un enfant scolarisé en maternelle? Pas de norme, mais une simple recommandation de 60 m2 pour 30 élèves, soit moins de 2 m2 par enfant, surtout si on compte en plus l'enseignant et un Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles). C'est ce qui ressort des recherches de Xavier Cegarra, directeur de l'école maternelle du Centre à Chilly-Mazarin. Enseignant depuis 1989, il a décidé cette semaine de pousser un coup de gueule contre les classes surchargées.

Dans un courrier envoyé lundi à ses supérieurs, à la direction académique, à la mairie, aux députés de l'Essonne, mais aussi aux syndicats, il constate qu'« aucun décret, aucune loi, semble-t-il, ne réglemente l'espace minimal pour un élève dans une salle d'exercice ». Actuellement, il existe bien un seuil de 31 élèves par classe, mais il est loin d'être respecté. La maternelle du Centre compte deux classes à 31 élèves et deux à 32. Et les quatre salles de classes font moins de 60, voire moins de 55 m2. Xavier Cegarra écrit d'ailleurs se « dégager de toute responsabilité » si la capacité d'accueil de 30 élèves est dépassée.

« On dépasse les seuils d'ouverture de classe, mais rien ne se passe. Et même quand on en est là, on nous pousse à prendre encore des élèves. Récemment, on a voulu me faire inscrire deux enfants supplémentaires, j'ai refusé. On bourre les classes et on n'a aucune loi pour se protéger, alors que nous sommes responsables de la sécurité et du bon fonctionnement de l'école. »

Face à ce manque d'espace, ce directeur a voulu dire ce qu'il avait « sur le cœur ». « Je ne sais pas si ça apportera quelque chose, mais au moins j'aurais essayé », avance-t-il. Car, pour Xavier Cegarra, le nombre d'élèves par classe, qu'il souhaiterait à 20, est fondamental pour le bien-être de l'élève, bien plus que la réforme des rythmes scolaires (NDLR : Chilly fait partie des 10 communes du département à l'appliquer depuis la rentrée), qu'il n'hésite pas à critiquer pour les maternelles. C'est cette conjugaison, classes trop chargées et mercredi amputé de sa matinée pour se reposer, qui l'a poussé à agir. « Quand on a quatre, cinq ou six absents, on voit tout de suite la différence. Et comment voulez-vous que l'on fasse de la pédagogie différenciée à 30 ou 31 élèves? Aucun gouvernement n'a tenté de ramener ce chiffre à 20. Au lieu de ça, ils définissent des seuils qu'ils ne respectent même pas. »

Son espoir? A minima, sensibiliser les gens à ce problème et, au mieux, qu'un élu s'intéresse à son courrier et qu'une loi définisse enfin l'espace vital minimal par enfant dans une classe.

Contactée, la direction académique n'a pas donné suite.
 

Le Parisien

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