Etiquettes

Je trouve assez déprimant que ce besoin d'étiquettes soit encore présent quand il s'agit d'une démarche spirituelle et finalement, ça me laisse penser que ce moi dérivé qui a besoin de s'identifier exerce toujours son influence, même au coeur de cette sphère spirituelle qui se devrait d'être détachée de ces appartenances limitatives.

Je ne suis pas bouddhiste. Il n'y a que Bouddha qui l'était.

A la limite, je pourrais dire que je suis "ledruiste" mais ça serait encore plus ridicule.

Je ne suis rien qui puisse exercer sur moi un signe d'appartenance ou d'adhésion pleine et entière. 

Je ne suis pas Français, je suis né sur un bout de terre que des hommes ont nommé France.

Je ne suis pas instituteur, j'exerce le métier d'instituteur.

Je ne suis pas écrivain, j'aime écrire.

Je ne suis pas un humain, je suis une forme de la vie qui a fini par prendre le nom d'humain.

Mais tout ce fatras ne fait pas de moi autre chose que ce que la vie est en moi. Elle existe et le nom prise par la forme n'est pas l'espace qui s'y trouve. Tant que les humains s'égareront dans ce genre de limitations, il n'y aura changement possible. On sera toujours dans ce registre du moi qui cherche à exister à travers des illusions dérisoires et éphémères.

Et il y a des jours où cette immobilité spirituelle me désespère. Cette impression que le progrès matérialiste, scientifique, social, technologique a usé de toute l'énergie disponible et que l'évolution spirituelle s'est trouvée vidée de tout. Une vieille peau abandonnée, flétrie, pourrie, liquéfiée dans le flot des âmes fascinée par la quête matérialiste.

Ceux et celles qui s'intéressaient encore à cet espace spirituel, se sont dit que ça serait bien qu'ils se retrouvent ensemble pour en discuter, se reconnaître, comparer, débattre, tenter de s'élever un peu de la masse qui s'étend, s'étend...Et au fil des rencontres, ils ont créé des groupes pour pouvoir se positionner vis à vis des groupes qu'ils critiquaient.

 

Quelle misère, quelle épouvantable misère...

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Commentaires (2)

Thierry
  • 1. Thierry | 16/02/2012
Je ne rêve que la nuit jean-Michel...:)
JM
  • 2. JM | 16/02/2012
Tu sais, je pense au télécran de notre enfance... tu le retournes, tu le secoues et tu recommences le dessin. Oui, on rêve de la Joconde et souvent on a un gribouillis d'alcoolique.. Et une fois qu'on a dit ça ... qu'est-ce qu'on fait ? Ici et maintenant. Je suis hélas d'accord sur le constat, mais à part se réfugier dans sa grotte pour méditer, ce qui d'évidence ne conviendrait pas à tout le monde, comment s'y prendre ? quelle remises en cause est-on vraiment capable de faire ? Sous nos latitudes où il vient de faire -15°C le lâcher prise sous les cocotiers n'est pas à l'ordre du jour. Le paradis perdu... merde on était prévenus qu'on allait suer sang et eau ! ;O) Se perdre, jusqu'au point critique pour enfin se trouver... rêvons.

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