Forum des Jeunes écrivains.

J'ai passé pas mal de temps sur ce forum et j'en garde de beaux souvenirs. En allant fouiller dans les archives, je suis tombé sur cet article. 

Intéressant avec le recul...

L'expérience "Laura mare éditions"... Sacrée baffe...Quand on pense que tout est lancé et que tout s'écroule...

Mais ça m'aura amené à reprendre tous mes romans et à les retravailler, encore et encore...

Des titres ont changé parce que le contenu n'était plus le même...

Je suis retombé aussi en rangeant des placards sur un ancien manuscrit de "Jusqu'au bout", qui s'appelait alors "Une étrange lumière". Je l'ai relu en diagonale et j'étais effaré par les tournures boiteuses ou les descriptions incomplètes ou beaucoup trop longues. Ce travail qui consiste à vivre chaque scène pour la voir et la ressentir et par conséquent la transcrire...

Je sais que j'ai progressé dans ce domaine et je me dis que dans dix ans, je trouverai peut-être mes textes actuels très insatisfaisants...

 


http://jeunesecrivains.superforum.fr/t21468-interview-thierry-auteur-de-jarwal-le-lutin
Je vous propose cette interview de Thierry en l'honneur de son projet édité:
JARWAL LE LUTIN


1) Le projet : Jarwal, le lutin. 
Parle-nous de la genèse de ce projet. Comment t’es venu l’idée ? le titre ?
L’état actuel du projet : Editeur ? Date de sortie ? Prix ? et les divers liens important.
Parle nous de tes initiatives (ou/et celle de ton éditeur) afin d’assuré ta promotion.
Estimes-tu que nous (membre du forum JE) puissions t’aider d’une quelconque manière ?


La genèse : Nous avons trois enfants, ados aujourd'hui. Marine, Rémi et Léo dans l'ordre de leur âge. Quand ils étaient petits, nous allions en montagne quasiment tous les week end. Pour accompagner chaque sortie, j'ai inventé ce personnage de lutin. Je disais à mes enfants que Jarwal ne pouvait me raconter sa longue vie qu'une fois en montagne. Chaque départ était donc pour eux l'opportunité d'une nouvelle histoire. Ils étaient toujours enthousiastes et attendaient le we. Dès que nous étions sous les arbres, Jarwal "apparaissait" et me racontait une aventure. Ca pouvait durer quatre, cinq heures... Le nom de Jarwal m'est venu sans que je sache d'où...Tout comme les noms des autres personnages. Jackmor était la matérialisation du Mal issu de l'esprit des hommes, une entité spirituelle qui se sert de la noirceur des hommes pour prendre forme.
L'idée était bien entendu pour moi d'aborder des notions "philosophiques" qui m'importent et que nous avons toujours cherché à transmettre à nos enfants. Jarwal était pour moi la possibilité de faciliter cette avancée dans des réflexions approfondies : la Nature, la Vie, l'amour, le respect, l'espoir, les émotions, les pensées, l'ego, l'esprit, l'âme, le pouvoir, l'ambition, la solidarité, la conscience, la mémoire, le temps etc...
Devant le "succès" des premières histoires, je me suis pris au jeu et ces histoires ont duré six ans. Un jour, j'ai dit à mes enfants que Jarwal était parti. il devait aller raconter sa vie à d'autres enfants, il savait que nos trois enfants n'oublieraient rien...
Léo, le plus jeune, nous a raconté plusieurs années plus tard qu'il en avait pleuré la nuit, sans jamais nous le dire, comme quelqu'un qu'il avait perdu. Les trois enfants disaient qu'ils en avaient rêvé bien des fois. Qu'ils lui parlaient intérieurement. 
Je leur ai promis qu'un jour j'écrirais ces histoires. Que Jarwal serait toujours parmi nous. 
J'ai tenu ma promesse. Je le fais d'abord pour mes enfants, même si aujourd'hui, ils sont grands. C'est une part de leur vie. Certains sommets sont inscrits en eux, non pas pour la montagne de ce jour-là mais pour l'histoire qui s'y est déroulée.

Lorsque j'ai envoyé le tome 1 à Laura Mare, elle m'avait déjà pris trois autres romans : "Une étrange lumière", "Plénitude de l'unité" et "les Eveillés". 
Elle voulait démarrer une catégorie "jeunesse" et Jarwal était pour elle un très bon support. J'ai découvert la maison de Laura sur Internet, complètement par hasard. Je n'ai même jamais rencontré Laura. Tout s'est fait par courrier et par téléphone. J'avais envoyé "Une étrange lumière" à Laura. J'ai attendu un an avant d'avoir une réponse. C'était positif. Les deux autres romans ont reçu le même accueil enthousiaste. Contrat d'éditeur.

Pour Jarwal, je n'ai attendu qu'un mois. Laura l'avait fait passer en priorité au comité de lecture. 
Le tome 1 est sorti en mai de cette année, vendu 12 euros, distribué dans toutes les librairies référencées chez Daudin distribution et vendu sur le net (amazon et Fnac).
C'est le fils d'une amie qui a fait la couverture. 



2) L’écriture :
Parle-nous de ton organisation d’auteur. Quelle est ta façon d’écrire ? A combien estimes-tu la somme de travail lié à chaque tome (surtout le premier, à combien estimes-tu la somme de temps entre le début et la fin du projet)? des anecdotes ? …
As-tu bénéficié d’une aide quelconque lors de l’écriture (ami, …) ?


L'écriture du tome 1 m'a pris deux mois. J'écris énormément, plusieurs heures par jour (par nuit surtout...)Jusqu'à minuit bien souvent et très tôt le matin, 5 h, 6 h...Beaucoup pendant les vacances scolaires. (Je suis instituteur).
Le tome 2 a été aussi rapide. J'écris le tome 3 actuellement. 
J'en prévois effectivement entre huit et dix. Mais en fait, je n'essaie pas vraiment de voir aussi loin. Je sais juste que le potentiel existe et je me laisse guider. 
L'idée est de faire une série dans laquelle l'écriture et le fond de l'histoire vont évoluer. Le tome 1 est destiné à des enfants de dix ans (environ) alors que le dernier tome sera pour un public adulte. Mon souhait est d'écrire une série suffisamment dense pour qu'un lecteur trouve un tome correspondant à son âge. Le dernier tome sera "post apocalyptique" et très sombre, violent, une évolution de l'humanité qui ne sera pas dans la catégorie "jeunesse"...Il ne s'agit pas pour moi d'écrire une série destinée à un public jeune mais une série qu'un lecteur suivra durant sa propre évolution, de l'enfance à l'âge adulte.
Mes trois enfants apparaissent bien entendu dans les romans et on les verra grandir au fil du temps. 
Je me suis donc écarté de la genèse même de l'histoire pour entrer dans un projet plus ambitieux...Trop peut-être. Tous mes autres synopsis sont rangés au fond d'un tiroir. Jarwal va certainement occuper un grand nombre d'années à venir. Tout ça est encore à l'état de projet. la vie m'a souvent montré que les projets volent en éclat avec une facilité effrayante.

Pour ce qui est des supports constituant chaque tome, l'histoire de l'humanité contient tout ce qui est nécessaire pour aborder ce qui me tient à coeur. Dans le tome 1, la première confrontation entre Jarwal et Jackmor a lieu en 1250. Jackmor se sert du talent de certains enfants pour accroître son pouvoir et nourrir son ambition de puissance. C'est le détournement des potentiels de chaque individu au service du pouvoir, des intentions inavouées. La perte de la liberté dans des illusions magnifiées. Jarwal veut les sauver. C'est la notion de libre-arbitre qui sous tend l'histoire. 
"Qu'as-tu fait de tes talents ?" Jacques Dufilho pose cette question dans un passage du film "Le crabe tambour". Parabole de la Bible. Les talents de chaque individu sont-ils détournés à des fins mercantiles, sociétaux, ou l'opportunité de les développer est-elle laissée à chacun ? Comme je suis instituteur, la question est d'importance pour moi.



3) La finalisation du projet :
Un fois le premier tome écrit. Explique-nous ton organisation pour la relecture. Des béta-lecteurs ? Le forum JE a-t-il joué un rôle important ? 
Donne-nous une estimation de temps sur cette période. Cela a-t-il été difficile ?
Peux-tu nous parler de l’illustration (la couverture) ?


Pour ce qui est de la relecture du premier tome, je ne l'ai présenté à personne d'autre qu'à ma femme. Elle connaissait l'histoire bien évidemment. 
J'étais déjà inscrit sur le forum JE mais je n'ai pas souhaité le présenter au forum parce que je n'avais plus le temps de participer à la section commentaire des autres auteurs et que je ne voulais pas demander un service que je ne pouvais pas assurer en retour. En quelques années, l'écriture a pris une importance considérable dans ma vie. Tout mon temps libre y est consacré. Je ne lis plus rien. Je suis soit instituteur, soit montagnard, soit écrivain. En dehors bien entendu de ma vie familiale qui reste évidemment la priorité. L'écriture sur mon blog a pris aussi une place importante. Il me permet d'affiner par l'écrit des pensées essentielles pour moi. Et de les partager.

Le forum JE a eu un impact très important dans une certaine période. Je ré-écrivais "Une étrange lumière" et "Plénitude de l'unité" et les commentaires que j'en recevais m'ont considérablement servi. Il y a eu ensuite "Les Eveillés" qui reste pour moi une véritable "épreuve" tant ce roman est autobiographique et qu'il était douloureux pour moi de plonger dans cette introspection nécessaire. Là encore, les commentaires du forum et de certaines personnes qui se sont attachées à ce texte m'ont été extrêmement utiles. 
Cette période de ma vie reste fortement ancrée dans ma participation au forum et j'en garde des souvenirs très beaux. De belles "rencontres" aussi. Je ne veux pas citer de noms de peur d'oublier quelqu'un et de lui causer de la peine. Chacun et chacune se reconnaîtra. 



4) Pré édition :
Un fois ton projet finalisé. Vers combien d’éditeur l’as-tu envoyé ? Combien de réponse (avec leurs délais) ? 
L’éditeur qui hérita du ‘bébé’ est Laura mare ? Pourquoi ?
Peux-tu nous en dire plus. Comment c’est passé votre rencontre ? Les négociations ont-elles été difficiles ? Combien de temps ont-elles durée ? Des anecdotes ?
Peux-tu nous parler des négociations financières ?


Je n'ai envoyé le manuscrit de Jarwal qu'à Laura Mare. J'avais déjà signé avec elle, c'était évident pour moi que je n'avais pas à aller chercher ailleurs avant d'avoir son avis. Il n'y a pas eu de négociations financières étant donné que ça n'a aucune importance pour moi. Je sais très bien que je ne vivrai jamais de ma plume, en tout cas, je ne l'envisage pas. L'argent que ça me rapportera n'entre pas en ligne de compte


5) L’édition :
Une fois ton projet accepté. Les modifications ont-elles été importantes ? En as-tu refusé certaines ? Peux-tu nous donner le temps que dura cette phase de finalisation ?

6) La suite : Les 8 tomes et les droits.
J’avoue que le nombre de suite peut surprendre. Peux-tu nous en dire plus ? Avais-tu pensé à autant de suite ? L’idée vient-elle de l’éditeur ? Si non, comment a-t-il réagit ?
Ou en es-tu dans l’écriture des autres tomes ?
Les droits : As-tu géré les droits de ces 8 tomes, comme le premier ?


Il n'y a eu aucune demande de modification de la part de Laura Mare pour aucun de mes manuscrits. Je les aurais faites bien évidemment si elle m'en avait fait la demande. 
Pour l'instant, je n'ai pas de réponse de Laura pour le tome 2. Mais l'idée de la série lui a plu dès le départ. Il faut voir maintenant si l'histoire et l'écriture continuent à lui plaire. j'imagine également que la suite de l'aventure éditoriale dépendra de la réussite ou de l'échec financier de ce premier tome. C'est tout le problème d'une série...



7) Peux tu nous parler de ce projet audio ?
Cette idée est-elle venue de toi, de l’éditeur ?
Les différances dans l’approche entre la partie livre et CD ?


Le projet audio que j'avais sur ce bouquin ne s'est pas fait car les difficultés techniques se sont avérées insurmontables pour moi. Pas l'équipement ni les compétences techniques pour ça. Le travail d'oralisation sur un roman entier est vraiment une tâche énorme que je n'imaginais pas. 

Le forum des Jeunes Ecrivains et toi
8 ) Tu t’es inscrit en Mai 2008, peux tu nous refaire une rapide présentation (avec mise à jour depuis ton inscription).
9) Tu fais partit du cercle (très) fermé des violets (âme du forum). Dis nous en deux mots ce que tu penses du forum JE, ses points forts/faibles et une idée qui te tiendrais à cœur afin de l’améliorer.
10) Un petit mot pour les nouveaux membres du forum ?


Pour ce qui est de ma présentation, elle n'a pas changé depuis mon inscription. Marié, trois enfants, instituteur, montagnard, écrivain. Je vis en Savoie, au pied des montagnes. J'aime le silence de la Nature, je hais la ville, j'aime la solitude, je supporte mal la foule, je n'ai aucune vie sociale en dehors de mon travail avec les enfants. Je vis un peu en dehors du monde tout en l'observant quotidiennement...

Je me suis inscrit sur le forum JE en 2008 et j'y ai connu des moments très forts, des échanges très intéressants. Je m'y suis beaucoup impliqué à un moment et puis l'écriture des Eveillés est venue marquer une distanciation progressive. Un travail intérieur que je devais mener dans mon coin. Neuf mois d'écriture quasi quotidienne et un an de relecture. 
Une traversée du désert ensuite, comme une grande fatigue qu'il fallait que je laisse s'éteindre.
Jarwal a pris la suite. 
Je m'accorde davantage de "sorties" sur le net depuis quelques temps et c'est ici que j'ai eu envie de revenir. Je suis heureux de voir que l'activité y est encore plus intense, que l'amour des mots attire toujours autant de monde. Il y a un peu pour moi, une espèce de réconciliation avec le monde quand je viens ici, à travers cet attachement aux livres chez de "jeunes" personnes. Cette envie de progresser, d'apprendre, de se dévoiler aussi dans ces textes partagés, c'est quelque chose que j'aurais aimé connaître dans ma lointaine jeunesse 
Je ne pense pas d'ailleurs qu'il existe sur le net l'équivalent en quantité et surtout en qualité dans un forum de littérature et je serais bien prétentieux d'envisager améliorer quoique ce soit ici. Il y a des personnalités indétrônables qui le font très bien.
Pour les nouveaux inscrit(es) sur le forum, je dirais simplement : écrivez sans relâche, ne jetez jamais rien. Vos anciens écrits sont les traces de ce que vous avez été. Ecoutez les critiques non pas comme un jugement mais comme l'opportunité de ce que vous pouvez devenir.



Un petit mot de plus ?:

Voilà, j'ai relu ce que j'ai écrit hier soir sur le tome 3. Rituel quotidien. Je commence toujours par relire avant de continuer. Je prolonge l'histoire le soir et je replonge dedans le matin avant de continuer pendant la journée si j'en ai le temps. Aujourd'hui, il pleut à boire debout alors ça sera "écriture" toute la journée. 
Il est très important pour moi de ne pas décrocher de l'écriture lorsque je suis dans une histoire. Comme si tous les jours, je venais écouter ce que les personnages ont à me dire. C'est sans doute cette présence constante des personnages en moi qui m'a conduit à une solitude aussi importante. Une priorité qui s'est installée peu à peu. 
Il m'arrive parfois d'en rêver la nuit. 
Dans l'écriture de "Noirceur des cimes", alors que le personnage principal était dans une très mauvaise posture, j'ai rêvé de lui, il m'appelait au secours, un visage extrêmement net, le vide de la montagne, le froid, la peur, c'était d'une précision incroyable. Je me suis levé et j'ai allumé l'ordi. Il fallait absolument que je le sauve...J'étais son seul recours. 
Cette vie intérieure, au coeur de ces personnages, finit par leur donner une existence, une forme, une présence, une "réalité"...C'est un peu étrange mais au fil du temps, lorsque les traits les plus essentiels de ces personnages sont installés, je leur trouve une vie plus réelle que celle de nombre de gens que je croise...Cette introspection exacerbée par les situations dans lesquelles ils se trouvent leur confère une présence plus puissante que la vie futile d'un bon nombre de "vivants".

Il m'arrive aussi de ne plus être impliqué dans cette écriture quotidienne, des périodes de silence intérieur, comme s'il était nécessaire que les choses s'installent, gagnent en intensité, s'éclaircissent, se décantent. Je ne m'inquiète plus aujourd'hui de ces phases sans écrits. Je sais que ça reviendra quand le moment sera venu. Je vois ça comme une période de transformation des personnages. Quelque chose de nouveau va jaillir lorsque ça sera clair. 
Je profite de ces moments-là pour relire, corriger, affiner. Je finis toujours par connaître le texte par coeur. C'est d'ailleurs un problème dans le sens où il devient impossible de s'en détacher. Je m'impose donc différentes relectures correctives : 
1)une relecture orthographique et syntaxique pendant laquelle je n'attache aucun importance à l'histoire.
2)une relecture scénaristique pendant laquelle je m'attache uniquement à vérifier la clarté des situations, à ne pas oublier un évènement, une description, un élément déclencheur.
3)une relecture stylistique pendant laquelle je m'attache uniquement à ressentir la constance de l'écriture, la musicalité.
4)une relecture finale d'un seul trait dans laquelle j'essaie de me mettre dans la peau d'un lecteur "lambda"...


Pour ce qui est de la promo. Vaste débat. 
Comme j'en suis à mon troisième roman édité à compte d'auteur, j'ai un certain recul. Je dois dire que j'ai vraiment mis le paquet sur la promo de "Jarwal". J'ai envoyé un mail :
aux écoles primaires de la région Rhône Alpes. (plusieurs centaines)
aux bibliothèques et médiathèques de France (plusieurs centaines)
aux librairies (plusieurs centaines)
aux revues littérature jeunesse trouvées sur le net. (une bonne vingtaine)
aux médias grand public : Ruquier, Ardisson, Le Grand Journal, France Inter, France culture, Marianne...J'avais écrit un courrier intitulé "lynchage médiatique", tu l'as peut-être vu passer sur le forum.
Je n'ai eu AUCUNE réponse. J'ai également envoyé 25 exemplaires du roman. 
Le problème est très simple : pour intéresser les gens, il faut déjà être connu ou être présenté par quelqu'un de connu. Je ne l'invente pas, des libraires, des journalistes et d'autres auteurs le disent tous. Les libraires subissent en plus une pression énorme de la part des grands groupes parisiens. Il faut que leurs livres soient présentés avant les autres, soient mis en avant au détriment de tous les autres et c'est comme ça que les libraires dégagent de meilleurs marges sur les ventes. Donnant-donnant. 
Mon premier roman" Vertiges" a eu deux prix littéraires régionaux et il est resté deux jours en vitrine à Chambéry avant d'être remisé sur une étagère parmi les autres. C'est comme ça. 
Il reste les salons du livre mais je ne veux plus donner de mon temps dans ce genre de manifestation. Les déplacements et les journées passées sur une chaise à essayer d'alpaguer un éventuel acheteur, ça n'est pas pour moi. Les we, c'est à la montagne que je les passe et de toute façon, les effets de ces salons sont extrêmement limités. Il m'est arrivé de passer un dimanche entier dans un salon sans vendre un seul bouquin.
Les forums comme JE sont évidemment une opportunité de se faire un peu connaître mais il ne faut pas rêver. Des jeunes n'ayant pas des moyens financiers extensibles à l'envie ne vont pas acheter le bouquin d'un auteur lambda. Ils se tournent vers les auteurs connus et on ne peut pas le leur reprocher. Ca n'est pas à eux de soutenir financièrement un nouvel auteur. On ne peut qu'espérer qu'ils en parleront autour d'eux. 

Je ne suis pas amer quant à cette situation. Je n'ai jamais envisagé de vivre de ma plume et je n'attends rien financièrement de cette passion. C'est juste un constat après vingt-huit ans passés à écrire et à naviguer dans ce milieu du livre.
Il s'agit certainement aussi du contenu même de mes bouquins. Beaucoup d'éditeurs m'ont reproché d'avoir une écriture trop exigeante et de développer des thèmes trop ardus. Il est indéniable qu'il existe un certain nivellement par le bas dans la publication majoritaire des ouvrages. Il ne s'agit pas de proposer une quête spirituelle mais bien avant tout de proposer un divertissement. Il y a pourtant des exceptions : Paulo Coelho par exemple avec "l'alchimiste". Il y a forcément aussi quelque part une qualité que je n'ai pas su atteindre. 
Alors, je continue à travailler.



Dernière édition par Le_conteur le Dim 7 Aoû 2011 - 19:13, édité 3 fois

 

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