Histoire courte pour toute la vie.

 

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" Un beau jour, devant un énorme mur, au fond d'un grand parc où se trouvait leur étang, des milliers de grenouilles se retrouvèrent.

Quelqu'un avait eu l'idée d'un défi. Grimper au sommet de cette immense muraille pour voir ce qu'il y avait de l'autre côté. 


Plusieurs candidates se présentèrent et le jour du défi arriva.

La foule des grenouilles s'étaient installée dans l'herbe et plusieurs groupes s'étaient constitués pour supporter les différents favoris.

Une à une, les téméraires essayèrent de grimper, mais l'épreuve était de taille. Certaines zones offraient des prises mais à d'autres, il n'y avait rien. Les chutes se multiplièrent. 

Au fur et à mesure, les grenouilles commencèrent à parler entre elles en disant qu'il était peut-être impossible de monter...

Des moqueries montèrent de la foule.

A chaque fois qu'une nouvelle grenouille se lançait dans l'ascension, toutes celles qui étaient retombées au sol répétaient qu'elle n'y arriverait pas, que c'était impossible...

Et il en fut ainsi...

Toutes les grenouilles tombèrent les unes après les autres...

Puis, une petite grenouille, qui avait longuement observé la scène, décida de tenter sa chance.

Au premier saut, toutes les grenouilles commencèrent à lui dire d'arrêter, qu'elle allait se faire mal, que c'était impossible, que toutes les autres grenouilles avaient déjà essayé en vain et qu'elle était bien trop petite pour réussir un tel défi.

Mais, la petite grenouille continua ses petits sauts, les uns après les autres, concentrée, adroite, lucide, déterminée.

Devant la masse incrédule, elle parvint au sommet de la muraille.

La petite grenouille observa les horizons. Emerveillée. 

Puis, elle se pencha vers ses compagnes et vit que la foule l'applaudissait. 

Elle n'entendit rien des cris d'admiration et des claquements de pattes.

Elle était sourde."

 


 

"VERTIGES"

Mon premier roman.

Lorsque je me suis décidé à envoyer le manuscrit à un éditeur, j'ai attendu avec impatience une réponse que j'imaginais positive. 

Il y a eu en fait une dizaine de réponses négatives. 

Je me suis entendu dire que ce milieu était impénétrable pour un inconnu, pour un "petit instituteur provincial" qui n'a aucune entrée dans la presse, aucun soutien, aucun mécène, que des milliers de manuscrits sont envoyés aux éditeurs et qu'une infime partie est retenue, que mes écrits n'avaient donc quasiment aucune chance d'être publiés. 

J'ai arrêté d'écrire.

Pendant quelques années.

Puis, les épreuves de l'existence sont revenues me tourmenter.

Il a fallu que je pose mes pensées sur le papier.

C'est là que j'ai vraiment cessé d'écrire en pensant aux éditeurs et à tout ce que j'avais entendu et lu, à tout ce que je devais "imiter", reproduire, à tous les cadres, aux catégories, aux habitudes des lecteurs, aux attentes des maisons d'édition, aux grands auteurs...

J'ai écrit en pensant uniquement à ce que j'entendais dire en moi.

J'ai écrit pour écrire. 

J'ai repris "VERTIGES", je l'ai réécrit et il a été publié.

Bien sûr que j'avais "grandi" entre la première écriture et sa deuxième mouture, bien sûr que j'avais appris mais encore fallait-il que le désir d'écrire soit plus puissant que toutes les forces contraires, encore fallait-il que je reste sourd aux bruits extérieurs pour entendre ce qui se racontait en moi et reprendre mon "ascension".. 

Je n'avais pu retirer de toutes les lettres de refus des éditeurs aucun conseil, aucune piste, aucun cadre de travail. Juste des lettres impersonnelles.

Mais j'avais "grandi", un peu, et je savais désormais que pour grandir encore, je devais écrire. Pour moi. 

Le sens de tout ça. 

Ne rien écouter qui détourne de soi. Ne rien décider qui ne serait que l'effet d'une influence extérieure. Ne pas considérer que le parcours de vie des autres doit entraver le mien. Rejeter l'idée que la force d'inertie de la masse me condamne aux mêmes tourments. 

C'est souvent difficile à réaliser. 

Mais il faut au moins y penser et tenter de s'en nourrir.

 

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Commentaires (2)

Thierry LEDRU
  • 1. Thierry LEDRU | 01/01/2019
Mille mercis Laura pour tes vœux et ton soutien inconditionnel depuis des années, le partage de mes écrits et tous tes encouragements lorsque la fièvre de l'écriture connaît des périodes "glaciaires" :)

Je te souhaite d'écrire encore sans te soucier d'une suite possible. Même si bien entendu, une publication est un accomplissement, l'écriture porte en elle-même sa finalité. Il y a effectivement trop de paramètres qui nous échappent pour nous focaliser uniquement sur l'édition.
Advienne que pourra :)
Laura Millaud
  • 2. Laura Millaud (site web) | 01/01/2019
Tu as diablement raison, "reste sourd aux bruits extérieurs pour entendre ce qui se racontait en moi et reprendre mon "ascension".. , moi aussi je n'arrive plus à ecrire avec tous ces refus et ces silences.
"J'ai écrit pour écrire. " : Oui, c'est ça !
L'edition a peut-etre trop de regles qui ne me correspondent pas ? Ou des regles que je n'ai pas comprises ? Et faut-il les suivre ?
Et comment faire, comme la grenouille, pour se concentrer sur soi, uniquement sur soi et ne pas ecouter tous les sons parasites ?
En ce 1er janvier, je suis heureuse pour toi et je te souhaite un garnd succès pour tous tes livres magnifiques et en particulier Kundalini ! Je l'ai offert pour Noel, je te ferai part de la réaction.
Belle année 2019 à toi !
Laura

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