Je suis prof et je désobéis.

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Je suis prof et je désobéis

Un prof qui désobéit ? En novembre 2008, Bastien Cazals, directeur d’une école maternelle dans l’Hérault, prend cette décision en toute conscience – refuser d’appliquer certaines réformes mises en œuvre par le ministre Xavier Darcos – parce qu’il estime qu’elles trahissent l’idéal pour lequel il s’est engagé. Il a le sentiment désagréable que « sa mission, dorénavant, se réduit à préparer un individu sélectionné, formaté, fiché dès sa plus tendre enfance ». Dans ce livre courageux, documenté, il révèle l’état de l’école aujourd’hui : « un désastre républicain », à ses yeux. 

Extrait :

« En sept années de « réformes » de l’enseignement primaire, tout ce en quoi je croyais est mis à mal, sans concertation préalable, sans l’adhésion des professionnels et sans véritable information des parents : le statut de l’école, le rôle de l’instituteur, la place de l’enfant. Égrenées année après année, ces transformations ont pu sembler diffuses. En vérité, elles s’avèrent d’une grande cohérence. Au travers des restrictions budgétaires et du désengagement de l’État, elles servent le double objectif de diminuer la qualité du service public d’éducation et de préparer l’ouverture d’un marché concurrentiel. Ainsi, l’État fera des économies et le privé, lui, des profits !

L’éducation n’est pas un coût, mais un investissement. Ses bénéfices ne sont pas financièrement quantifiables mais humainement indiscutables. Comme ce fut le cas à l’hôpital – et la future loi hôpital, patients, santé et territoires ne fera qu’aggraver la situation -, je vois entrer à l’école, sous couvert de modernisation, les principes économiques et les outils de management qui régissent le monde professionnel que j’ai voulu quitter, écœuré par l’idée que les vies humaines comptent moins que les enjeux financiers. Parti de l’entreprise pour aller vers l’école, je suis en train de vivre la mutation de l’école en entreprise !

L’école souffre des mêmes maux que notre société : le délitement des libertés individuelles et collectives, l’abandon des valeurs humanistes, l’inégalité des chances. J’ai le sentiment désagréable que, dorénavant, sa mission se réduit à préparer un individu sélectionné, formaté, fiché dès sa plus tendre enfance. Seul un nouveau projet de société généreux et ambitieux – depuis la crise financière, nous savons tous qu’il est possible de trouver beaucoup d’argent lorsque c’est jugé nécessaire – permettra à l’école publique de renouer avec sa vocation républicaine : offrir à tous les enfants, sur tout le territoire, le même enseignement élémentaire et fondamental, pour permettre une véritable émancipation sociale.

Début novembre 2008, cette réalité m’apparut définitivement insupportable. Je contactai un syndicat pour savoir si je pouvais démissionner du jour au lendemain. La réponse fut négative. Fin novembre, je pris ma plus belle plume et écrivis une Lettre au président de la République. Un cri d’alerte ! Resté sans réponse… Comme d’ailleurs tous les appels à un grand débat public, portés par les mouvements citoyens actuels.

Que me restait-il à faire ? En toute conscience : désobéir ! »

Je suis prof et je désobéis par Bastien Cazals, avril 2009, n° ISBN : 978-2-911939-68-6

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