Jeux vidéo

Si, si, à ce qui paraît, l'espèce humaine est la plus évoluée...


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La Corée du Sud combat l’addiction aux jeux sur Internet

Une législation unique au monde, en vigueur depuis un mois, permet aux parents de contrôler l’accès de leurs enfants aux jeux en réseau.

Café Internet à Séoul. Le gouvernement estime à 10 % la proportion d’adolescents concernés par le...

(KIM JAE-HWAN / AFP)

Café Internet à Séoul. Le gouvernement estime à 10 % la proportion d’adolescents concernés par le problème de l’addiction aux jeux.

Le gouvernement prend très au sérieux les dangers de la « dépendance à Internet », à laquelle l’industrie des jeux est désormais sensible.

Les jeux vidéos servent de refuge pour des adolescents frustrés par une compétition scolaire exacerbée.

Avec cet article

La société sud-coréenne se considère avec fierté comme la plus connectée du monde. Mais, dorénavant, ses enfants seront aussi les plus surveillés de la Toile : depuis le 1er  juillet, les parents peuvent décider des horaires pendant lesquels leur progéniture est autorisée à jouer en ligne. La loi s’applique aux 100 jeux en réseau les plus populaires au pays du Matin calme. Après s’être identifiés sur un site Internet gouvernemental, les parents indiquent les jours et les horaires de jeu autorisés. Le site permet aussi de contrôler à quels jeux leurs enfants sont inscrits, et combien d’argent ils y ont dépensé. Quand l’enfant s’inscrit à un nouveau jeu, une autorisation parentale est désormais obligatoire.

Ces nouvelles mesures s’ajoutent à la fameuse « loi Cendrillon », mise en place en début d’année malgré la forte opposition de l’industrie du jeu vidéo, qui oblige à couper automatiquement l’accès au réseau des joueurs de moins de 15 ans entre minuit et 6 heures du matin. « La nouvelle loi est vraiment excellente. Elle permet à chaque famille de gérer de façon autonome le jeu des enfants »,  se félicite Cho Eun-sook, directrice d’un centre d’aide contre la dépendance à Internet à Séoul. « Mais ces outils ne seront efficaces que si les parents s’en servent,  tempère-t-elle. Pour le moment, aucun plan n’est prévu pour les sensibiliser au problème. »  

Le centre d’aide de Cho Eun-sook est financé par le gouvernement, qui a fait de la lutte contre l’addiction aux jeux sur Internet un de ses nouveaux chevaux de bataille. « Les jeux en ligne sont comparables à une drogue » , a ainsi affirmé à la télévision Choi Young-hee, ministre de la famille. Une série de faits divers sordides a frappé l’opinion et encouragé les autorités à réagir. Le plus récent a eu lieu en avril : une joueuse a accouché dans les toilettes d’un café Internet, puis a tué son bébé avant de reprendre sa partie.

«Certains n’arrivent pas à trouver leur place dans la société»

Les patients de Cho Eun-sook sont en majorité des enfants « qui présentent tous les symptômes d’une dépendance : état de manque, besoin maladif de jouer, accoutumance »  : « Certains abandonnent l’école, ils vivent reclus chez eux et ne font rien d’autre que jouer. »  Le gouvernement estime que 10 % des adolescents sont concernés, à divers degrés de gravité.

Les nouvelles mesures de contrôle semblent être mieux acceptées par la puissante industrie du jeu vidéo. « Le système n’est pas parfait et les enfants peuvent toujours le contourner. Mais c’est une bonne chose pour les parents »,  reconnaît Han Hye-young, représentante de l’une des principales entreprises coréennes du secteur. Sa société a déjà installé de sa propre initiative des systèmes de contrôle parental.

 « L’industrie du jeu est en train de changer,  observe Cho Eun-sook. Les entreprises ont compris que, pour survivre, elles doivent répondre à la question de l’addiction. »  La psychologue rappelle cependant que la législation, aussi utile soit-elle, ne s’attaque pas aux véritables racines du problème : une compétition scolaire exacerbée dès le plus jeune âge et un culte de la réussite sociale, facteurs de profondes frustrations.

 « Certains n’arrivent pas à trouver leur place dans la société et se sentent exclus » , explique Hoon-hyun, lycéen de 18 ans. Pour sa génération, l’endroit naturel où s’amuser entre amis à la fin des cours, c’est le café Internet et les mondes virtuels. « Quand on dispose d’un niveau de technologie élevé, comme en Corée ou au Japon… eh bien, le moyen le plus facile d’échapper à ses problèmes, c’est de se réfugier dans les jeux vidéos. »  

FRÉDÉRIC OJARDIAS, à SÉOUL

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