JUSQU'AU BOUT : un commentaire

 

Laura est une fidèle lectrice et je la remercie chaleureusement de son attachement à lire mes ouvrages.

Je me doutais que ce livre la dérangerait, que le personnage de Pierre la rebuterait. Je lui avais d'ailleurs déconseillé la lecture de "Les héros sont tous morts" où la partie sombre des individus est encore plus profonde. Dès lors, je me réjouis quelque peu de son article et de l'effet que Pierre a eu sur elle bien que j'aurais préféré que sa lecture ne lui soit pas si "douloureuse".

Je voulais décrire un "héros" perturbant, un personnage dont la détermination dépasse toutes les limites puisque le meurtre ne l'arrête pas et qu'il le justifie à chaque fois. Que ce roman dérange répond par conséquent à l'objectif que je me fixe lorsque j'écris.

J'en ai décrit les raisons ici Divertir ou bousculer ?

 

Il y a malgré tout au long de l'histoire un rapport à la nature qui apporte son lot d'apaisement, tout autant que l'histoire d'amour avec deux jeunes Hollandaises.

Il n'empêche qu'à la lecture de l'article de Laura, c'est la violence meurtrière de Pierre qui reste l'élément principal.  Sur l'ensemble du livre, les passages violents représentent pourtant 1/10 ème du roman. Il faut croire que ces scènes sont particulièrement bien décrites !

Est-ce que je dois le regretter ou m'en réjouir ? En tant qu'écrivain, je m'en réjouis. En tant qu'individu, je les réprouve. 

Il n'en reste pas moins que la question doit être posée : à partir de quel seuil de révolte, l'individu peut-il s'accorder le droit à la violence ? 

http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/?fbclid=IwAR07JqKEgq1uBzO91-Fw48rXtZ4PhqQxF5LiHTmU2GoBTBm0VY3ZTXNUqGE

« JUSQU’AU BOUT » de Thierry LEDRU aux éditions du 38

 

De Thierry LEDRU, j'ai déjà lu :

Noirceur des cimes : http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2016/08/16/noirceur-des-cimes-de-thierry-ledru-edite-chez-altal-editio-5836830.html

Vertiges : http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2016/05/16/vertiges-de-thierry-ledru-aux-editions-la-fontaine-de-siloe-5802619.html

Là haut : http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2015/07/05/la-haut-de-thierry-ledru-au-editions-a-o-andre-odemard-5651547.html

 Kundalini  : J’ai eu l’honneur de le lire avant qu’il ne soit édité, raison pour laquelle je n’ai pas écrit de billet sur ce livre. C’est un roman absolument magnifique et grandiose.

Le livre :

Pierre est un instituteur, jeune, son 1er poste. Avant il était éducateur.

Il a une haute opinion des enfants et de l’éducation qu’ils doivent recevoir, de ce qu’ils doivent trouver à l’école. Il possède aussi un grand respect et amour de la nature.

Il ne supporte pas les personnes qui dégradent la nature, ceux qui ne comprennent rien aux enfants et ne s’en occupent pas ou sont à la limite de la maltraitance. Nous aussi on déteste ces gens-là, mais généralement on s’arrête là. A la critique et l’incompréhension. Pas lui. Lui, va jusqu’au bout de son idée.

Même si je comprends le raisonnement de Pierre, j’ai eu du mal avec ce héros, je ne l’ai pas aimé. Il est inquiétant. Dérangeant. Souvent, j’ai eu peur de ce que Pierre allait faire.

Faut-il aller jusqu’au bout pour sauver la planète ? L’éducation des enfants ?

Les passages avec sa classe sont plus doux, apaisants, rassurants.

Ce livre est volontairement perturbant. L’écriture ciselée de Thierry LEDRU augmente chaque moment de tension et aussi chaque moment de bonheur simple.

Cette lecture a été un sacré voyage, un peu douloureux.

Tous les livres de Thierry LEDRU nous incitent à réfléchir sur des sujets sensibles et importants, à ouvrir les yeux et à être lucides, même si ce n'est pas très confortable.

 

 

 

10:59 Publié dans Le talent des autres | Lien permanent | Commentaires (0)

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