L'agitation

Ce monde est agité.

j'ai regardé sur internet les informations du soir et j'en suis ébahi. On passe d'un paquebot en panne de moteur à un adolescent poignardé puis un restaurateur qui a obtenu trois étoiles, le salon de l'agriculture, l'oscar de Dujardin avec des questions totalement stupides de la part de la journaliste, "Êtes-vous heureux ? ", la saison de ski qui profite d'un enneigement exceptionnel, fermeture d'une usine, visite des guignols présidentiables, les prévisions météo pour les stations de ski, la nomination d'un grand couturier chez jesaispasqui, en prévision des prochaines "tendances", j'hallucine ou quoi...hop, de la pub, les prévisions météo nationales, de la pub, le film du soir, de la pub, le programme de demain, de la pub...Bon, là, j'avoue, j'ai craqué, j'ai éteint...

Ce monde est follement agité. Egaré. Halluciné. Cet effet de fragmentation du monde est effroyable. La vitesse des images est consternante. Dans le cas du meurtre de l'adolescent poignardé, j'ai vu deux femmes qui pleuraient, deux secondes, ça pourrait très bien être filmé à l'autre bout de la planète, ça pourrait très bien dater d'il y a cinq ans, vingt ans, rien n'a changé. Même pas le temps de réaliser ce dont on vient de nous parler. De toute façon, on est déjà passé à autre chose. Pub.

On vit donc dans un monde ultra connecté, avec une vitesse de diffusion des informations absolument stupéfiante mais rien n'a changé, fondamentalement. Je suis certain que si on regardait les informations télévisuelles des années 1960, on retrouverait le même fond de commerce. La raison en est très simple : nous n'avons pas évolué.

Technologiquement, le bond est phénoménal mais d'un point de vue philosophique, existentiel, spirituel, nous sommes dans le même état. En tout cas, pour une bonne partie de l'Humanité.

Quels sont les changements ?

"Dès le premier tressaillement de la réflexion, l'esprit d'inquiétude nous tourmente ; car la réflexion n'est pas là pour confirmer les évidences, mais au contraire pour les contester."
Jankélévitch

 

Et bien, ce monde-là ne veut pas de contestation. Le monde économique qui dirige le monde ne peut pas fonctionner dans la contestation. Il n'y a qu'à voir l'écroulement de l'économie tunisienne depuis le "printemps arabe". Alors, bien entendu, les économistes, les politiques, tous les pisse froids s'écrient que la contestation est un désastre et qu'il faut à marche forcée reconstituer "le vivier industriel, touristique, minier etc etc...Et c'est reparti pour un tour. Effet de la mondialisation ? Non, absolument pas. Juste l'effet multiplié à l'infini des "moi-encapsulé".

Les révoltes arabes n'ont pas donné ce que j'espérais. C'est facile pour moi de l'écrire, dans le confort de mon petit salon. Je le sais bien et je ne leur reproche rien. De quel droit le ferais-je ?

 

La route est encore longue avant de voir le début de l'ombre d'une évolution planétaire.

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Commentaires (1)

Max
Rendez-vous dans cinq mille ans, Thierry. Je suis prêt à parier lourd (facile, j'ai si peu en poche !) que rien n'aura changé non plus. La "folle agitation" remonte du fond des âges, c'est notre miel amer à nous. Tous les moi du monde ont vocation à être encapsulés. Point d'effet de mondialisation, non, juste du bon vieil effet d'humain, cet accablant boiteux, perdu dès lors qu'il inventait demain...

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