L'amour et le besoin (spiritualité)

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Il se peut que l’amour réponde à un besoin et que la personne concernée par cet amour ressenti soit essentiellement un individu qui éprouve un manque, un vide, une place à prendre.

Mais dans ce cas-là, qu’en est-il réellement de la personne « aimée » ?

Que deviendra cet « amour » si pour une raison imprévisible, ce manque venait à être comblé ?

Est-ce l’individu qui était réellement  « aimé » ou le fait qu’il vienne apaiser ce besoin ?

Est-ce que le fait d’éprouver un besoin d’amour est compatible avec l’apparition de cet amour ou vient-il l’alourdir d’une charge incompatible avec sa durée et surtout sa qualité ?

Il se peut effectivement que l’amour réponde à un besoin d’amour. Mais il en est dès lors de ces amours qui s’étiolent. Car le besoin une fois assouvi laissera un vide et que ce vide aura besoin d’être comblé par un autre amour ou que ce faux amour une fois révélé s’étiolera dans  un simple « voisinage »…

Il n’est pas possible d’aimer dans le besoin d’aimer. C’est une prise d’otage. De l’autre et de l’amour lui-même.

Il n’est d’amour que dans l’absence de besoin, dans la complète plénitude de l’individu qui s’offre à l’autre en ne lui demandant rien parce que rien ne lui manque.

Sinon, il se peut même que ce "besoin de l’amour" devienne comme dans toutes les addictions "l’amour du besoin".

Ils existent ces individus qui ne se sentent vibrer qu’à travers l’excitation et l’euphorie, le désir et l’impatience envers des besoins sans cesse renouvelés. La possession de l’objet (ou de l’individu…) désirée ne les intéresse pas finalement. C’est l’état généré par ce besoin qui leur plaît. Ce qu’ils aiment, c’est leurs besoins. Mais comme dans toute biologie vivante, les besoins procèdent de l’évacuation, du rejet, du nettoyage et de l'oubli…

Il en sera de même dans les relations humaines. L’autre ne sera, un jour, qu’un besoin excrété. Avant qu’un autre besoin ne vienne relancer la machine.

Il n’est pas d’amour dans le besoin.   

Et tout besoin s’oppose à l’amour.

L’amour ne procède pas d’un versement dans une amphore à moitié vide des éléments nécessaires à l’existence. L’amphore se doit d’être pleine, à priori.

Le mélange du contenu des amphores conduit sinon à l’ivresse amoureuse…. et à la migraine ou même à la nausée.

La rencontre de deux amphores, qui n’ont conjointement aucun espace à combler en elles, entretient la lucidité des individus dans le bonheur des âmes qui s’accompagnent.

Cette lucidité n’est pas une simple affaire. Bien souvent, elle réclame du temps, beaucoup de temps, de bienveillance et de patience. Elle réclame de l’amour en quelque sorte.

Alors, comment agir si le besoin existe malgré tout ? Le besoin de câlins, de tendresse, de plaisir, d’affection, de soutien, de confiance, de sérénité, d’apaisement, d’énergie…Si tous ces besoins existent encore, et il en reste inévitablement, comment gérer ce manque sans que l’amour n’en soit capturé et détourné ?

L’analyse de soi. Et donc un regard intérieur. Non pas dans une exploration de notre lien avec l’être aimé mais juste et uniquement dans notre propre fonctionnement. Car il n’est pas suffisant  de se savoir triste ou en colère, ou dépité ou euphorique. Encore faut-il comprendre fondamentalement de quoi se nourrissent ces états. On pourrait répondre que c’est « l’autre » qui les génère mais ça serait croire que l’autre est tout en moi…Ce qui est faux. L’autre fait réagir en moi des éléments que peut-être je ne connais pas et dont je n’ai pas conscience.

Il est là le vide fondamental, celui qui créée ces fameux besoins.

Nous avons besoin de nous connaître. Chacun, individuellement.

Et alors nous n’aurons plus besoin de l’amour de l’autre pour combler la part de vide.  

Et alors l’amour pourra exister.

Hors de cette lucidité, l’amour est juste en survie.

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