L'ego, le mental, les pensées. (roman)

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"Elle a essayé de joindre Luc à la radio mais elle n'a rien obtenu. Après quelques minutes d'errances intérieures, imaginant les drames comme les fins heureuses, les disparitions comme les retrouvailles, elle s'est allongée sur le ventre, elle a ouvert son carnet. 

Elle écrit :

"L'erreur de Descartes a été d'amalgamer la pensée à l'être et d'affirmer que l'identité dépend de la pensée, que cette pensée est un acte de maîtrise, le fondement de l'espèce humaine et de sa supériorité. Peut-on véritablement parler de contrôle et d'hégémonie alors qu'une bonne partie de nos pensées se fait de façon compulsive, anarchique, fragmentée, que ce flot de pensées ressemble davantage à une errance, à une dispersion effroyable. Cette incapacité à diriger réellement cette pensée volage condamne l'individu à un bruit mental constant qui lui interdit d'accéder à un espace intérieur apaisé. 

"Je pense donc je suis prisonnier de moi-même", ne conviendrait-il pas davantage ?

Notre impuissance à nous arrêter de penser relève de l'invalidité. L'intellectualisation de notre activité cérébrale, la nécessité imposée de raisonner, d'établir une démarche scientifique, d'enchaîner chaque découverte par une nouvelle hypothèse, de laisser défiler des remarques dérisoires, des enchevêtrements d'idées disparates, toute cette agitation mentale, qu'elle soit dérisoire, et en cela l'être humain est performant ou récompensée par un prix Nobel, ce qui est plus rare, n'est jamais que la preuve de notre escalvage. 

L'ego est notre maître. Le mental est son serviteur.

Ce mental nous cloisonne dans une carapace qu'il façonne lui-même, fabriquant une image, des rôles, une histoire, un futur, des contacts, des jugements, une mroale, des concepts, des certitudes, des errances, tout un fatras de pensées qui agit comme un écran entre l'ego et l'être réel. 

Finalement, il serait possible de dire "je pense donc je suis mort". Mort à moi-même, coupé de ma vie profonde, totalement manipulé par ce mental que je crois posséder alors qsu'il se sert de moi, m'empoisonne, m'épuise par son agitation perpétuelle et valorise par tous les moyens l'ego qui l'entretient. Refoulant dans des contrées lointaines l'être réel qui n'a pas les moyens de combattre. Et qui souffre dde l'unité perdue, de la plénitude brisée, de la paix intérieure étouffée.

Il faut que l'ego soit brisé pour que l'être réel puisse émerger.

"Ce que tu n'apprends pas par la sagesse, tu l'apprendras par la souffrance."

Ce texte écrit au frontispice d'un temple grec nous mettait en alerte.Combien s'en sont servis ?"

 

Elle ferme le carnet et se demande si elle peut affirmer qu'elle est sur la voie de la sagesse. Et aussitôt, l'idée de la souffrance la terrifie.


 

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