La bande de Gaza

Quand j'étais petit et que j'entendais l'expression, "la bande de Gaza", je croyais que c'était une bande de potes et que le chef s'appelait Gaza....

J'étais petit; un minot....

Mais la bande de Gaza est toujours là....


Guerre à Gaza: des témoignages accablants de soldats israéliens

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Beit Hanoun, Bande de Gaza, le 5 aout 2014. L'ONG Breaking the silence a recueilli les témoignages de soldats sur les terribles destructions infligées au territoire.

Beit Hanoun, Bande de Gaza, le 5 aout 2014. L'ONG Breaking the silence a recueilli les témoignages de soldats sur les terribles destructions infligées au territoire.

 

Reuters/Suhaib Salem

L'ONG israélienne Breaking the silence vient de publier les témoignages accablants d'une soixantaine de soldats ayant participé à l'opération "Bordure protectrice", l'été dernier.

"Je me souviens. Tous les tanks étaient alignés. Je demande personnellement à mon chef: 'Sur quoi on tire ?' Il m'a dit: 'choisissez, là où vous avez envie'. Puis, plus tard, au cours de discussions avec les autres gars - chacun avait choisi sa propre cible, le commandant a dit, via notre radio : 'Bonjour al-Bureij'". 

L'ONG israélienne Breaking the Silence, a recueilli les témoignages anonymes de plus d'une soixantaine de soldats ayant participé à l'opération "Bordure protectrice", lancée l'été dernier par l'armée israélienne dans la bande de Gaza. L'ensemble de ces témoignages a été rassemblé dans un rapport intitulé Voici comment nous avons combattu à Gaza.  

Les soldats étaient soit en cours de service militaire, soit réservistes, attachés à divers corps de service (armée de terre, marine, armée de l'air). Un quart de ces témoins sont des officiers, précise l'ONG pacifiste. L'objectif du rapport est de "combler les lacunes béantes entre ce que l'armée israélienne et le porte-parole du gouvernement ont déclaré au public israélien sur la manière dont les combats se sont déroulés, et la réalité décrite par les soldats qui ont participé à l'opération." Extraits. 

Destructions systématiques des habitations palestiniennes

Plusieurs soldats décrivent la destruction systématique des maisons après leur passage: "Au bout d'un moment, nous avons compris que ça marchait comme ça. Vous quittez une maison et c'en est fini de cette maison. Le D9 (un bulldozer) arrive et l'écrase (...) on a commencé comme ça dans un quartier, du nord vers le sud (...) après notre départ, le quartier était un champ de ruines..."  

"A ce stade, nous sommes retournés dans un secteur où nous avions stationné auparavant. On ne reconnaissait pas le quartier parce que la moitié des maisons avait tout simplement disparu. Tout ressemblait à un film de science-fiction, des vaches errant dans les rues (...) un degré de destruction que nous n'avions pas vu lors de l'opération Plomb durci." 

La question des civils

Les témoignages laissent transparaître que pour l'Etat-major, les civils n'avaient pas à se trouver en zone de guerre. Et ce alors que la bande de Gaza et une minuscule bande de terre surpeuplée dont la population est encerclée, sans possibilité de quitter le territoire. A la question "Vous a-t-on dit quoi faire si vous vous retrouviez face à des civils?", un sergent répond "Personne ne nous a parlé de ça. Selon eux, il ne devait y avoir personne".  

Un autre soldat est interrogé sur les maisons détruites après des tirs préventifs utilisés pour prévenir les habitants avant que leur maison ne soit la cible d'une frappe aérienne. "Etiez-vous tenu de vous assurer qu'aucun civil n'était présent dans une structure avant de la bombarder", interroge l'ONG. "Ce n'est pas obligatoire. La cible était le commandant adjoint d'un bataillon [du Hamas] à Shuja'iyya. Une attaque devait être lancée si le nombre de civils n'était pas trop élevé. Par trop élevé, je veux dire un nombre à deux chiffres." 

"J'avais vraiment envie de lui tirer dans les genoux "

"Il y avait cette fille, visiblement une handicapée mentale; les tirs à proximité de ses pieds la faisaient rire -le soldat a auparavant expliqué qu'il s'agissait d'une pratique pour tenir la population à distance des soldats. Elle continuait de s'approcher de nous. Personne ne lui tirait dessus. (...) J'imagine qu'elle s'était échappée de chez ses parents. Je ne crois pas qu'ils l'avaient envoyée ici exprès... Mais c'était peut-être une feinte. J'admets que j'avais vraiment envie de lui tirer dans les genoux parce que j'étais convaincu que c'en était une." 

Plus que les dérapages de tel ou tel individu sur le terrain, l'ONG dénonce une politique délibérée: "le principe du 'minimum de risques pour nos forces, au risque de causer la mort de civils innocents ', indique-t-elle dans l'introduction du rapport est à l'origine d'un préjudice massif et sans précédent pour la population et les infrastructures civiles dans la bande de Gaza." 

"Vous devez tirer sans hésitation"

Après l'échec d'un cessez-le feu, les officiers disent à leurs troupes qu'il s ne sont pas supposés rencontrer des civils dans le secteur dans lequel ils se trouvaient. Ce qui signifiait que toute personne qui s'y trouverait serait considérée comme "terroriste". Face aux doutes des soldats, la "réponse typique d'un officier était "C'est une situation complexe. Je réalise que dans certains cas, des innocents peuvent être tués, mais vous ne devez prendre aucun risque, ni ne faire prendre aucun risque à vos camarades. Vous devez tirer sans hésitation. Les instructions étaient de tirer tout de suite. Quelle que soit la personne repérée, armée ou désarmée, peu importe. Les instructions étaient très claires. Toute personne qui entre dans le secteur, que vous voyez de vos yeux, tirez pour tuer. C'est une consigne explicite." 

Au total, 2220 Palestiniens dont au moins 1500 civils ont été tués au cours de l'opération "Bordure protectrice", selon l'ONU. Côté israélien, 73 personnes ont été tuées, dont 67 soldats. 

 


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