La conscience falsifiée. (spiritualité)

 

L’enfant lorsqu’il découvre la parole ne parle pas de lui comme une entité reconnue. Il dit « Jean a faim » mais pas encore « j’ai faim ».

Ce sont les expériences de vie et son environnement familial et social qui vont amener l’évolution vers l’ego encapsulé.

À cette époque, l’ego n’est pas encore différencié et l’enfant est très proche de tout ce qui l’entoure. Jusque-là, l’enfant se sent et ressent l’environnement, plus tard il viendra à se penser.

C’est le temps de la rupture avec l’immanence du petit animal humain. L’enfant devient une personne.

On peut supposer que cette évolution remonte au début de l’Humanité et par conséquent, je m’interroge sur les effets de cette prise de conscience dans cette existence extrêmement précaire à l’époque. La Nature était indomptée, redoutable et en même temps généreuse. Devenir une personne, c’était découvrir autour de soi un adversaire et un allié inconstant : le froid, la chaleur, le vent, les prédateurs, la faim, la nuit, l’hiver, la mort… Il est impossible de s’imaginer dans cette situation mais on peut supposer que notre cerveau limbique en porte les traces, les stigmates...

La conscience et l’ego révélé ont eu un rôle primordial dans cette lutte pour la survie. J’imagine que certains individus ont su se montrer plus forts, plus puissants, plus perspicaces, observateurs, inventifs, résistants. Les egos apeurés ou fragiles ont grandi dans l’ombre protectrice des leaders. La Nature servait de tremplins à la puissance des chefs. Elle devait être maîtrisée, conquise, explorée, dominée. Il n’était pas question de rester des proies ou des victimes. L’ego réclamait sa pitance : le pouvoir pour les uns et la vénération pour les autres.

 

L’Humanité a grandi avec ces résidus de conflits. La Nature a toujours été l’adversaire sur lequel les egos pouvaient construire leur hégémonie.

Nous en sommes toujours là : Monsanto en est l’exemple flagrant. Le pouvoir, l’argent, la Nature qui doit désormais être modifiée. La Nature est le moyen et même s’il faut la détruire, les Puissants parviendront à convaincre ceux qui les vénèrent que ce massacre est justifié.

Tout remonte aux origines de l’Humanité. Tout comme aux origines de chaque individu.

La conscience du Moi, l’ego, la personne, l’individu identifié, celui qui n’est plus « lui » mais « je », a usé de son pouvoir sur la Nature parce qu’elle représentait le piédestal idéal à son ascension.

Ceux qui tentent d’ailleurs d’inverser le phénomène et de montrer que la destruction de la Nature conduira à la fin de l’Humanité ne sont pas écoutés. Pas autant que ceux qui prônent le pouvoir de l’homme. C’est très simple en fait. C’est encore la question du désir et du manque. Les tenants de la domination ont une imagination sans fin pour créer des désirs là où il n’y a pas de manque. Les tenants de l’osmose espèrent que l’homme atteindra un niveau de conscience suffisant pour ne plus prendre la Nature comme le moyen d’assouvir l’infini recommencement des désirs qui ne sont pas issus de manques.

La pire erreur de l’Humanité est de finir par aimer manquer de désirs. Car dès lors, l’assouvissement d’un désir créera un manque insupportable, celui de l’absence de désir et dès lors l’amour de ce manque génèrera une excitation dont l’individu finira par être dépendant. Là, il ne s’agit pas d’amour car l’amour n’est pas destructeur. C’est l’individu qui se trompe en croyant aimer mais il n’aime pas l’amour, il aime le manque de désirs et il finit par estimer que l’amour n’est que désir…Effroyable imbroglio dont les conséquences prennent une ampleur inimaginable…

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