La petite mort (sexualité sacrée)

Une expression inappropriée à mon sens. 

La petitmort

L'orgasme.

http://www.expressio.fr/expressions/la-petite-mort.php

Origine

L'origine de cette expression remonte au XVIe siècle, à l'époque d'Ambroise Paré (Lien externe), cet homme qui a appris sur le tas l'anatomie humaine et la chirurgie, que ce soit sur des cadavres à l'Hôtel-Dieu ou bien sur des hommes encore vivants, au cours de batailles.

A cette époque, "la petite mort" désignait la syncope ou l'étourdissement, mais aussi et surtout les frissons nerveux.
En ce qui concerne l'évanouissement court, on peut effectivement l'assimiler à une 'petite' mort, contrairement à la 'grande', la vraie, la définitive.

Les heureux Hommes qui ont déjà vécu ça, savent que l'orgasme provoque, de manière plus ou moins fugace, des symptômes proches de ce que désignait autrefois la locution (le 'grand' frisson).
C'est pourquoi le langage érotique se l'est appropriée puis nous l'a transmise.


 

S'il s'agit d'un acte dans lequel les deux partenaires envisagent la venue d'un enfant, comment peut-on attribuer à cette merveille de la création un terme de mort ?...

S'il s'agit d'un acte dans lequel les deux partenaires envisagent une osmose énergétique, une communion cellulaire, une fusion vibratoire synchronisée, je n'y vois absolument pas l'antichambre de la  mort, ni dans la symbolique, ni dans les effets propagés. 

J'imagine la mort comme une descente, une plongée intérieure, un retournement de soi mais jamais comme une élévation. L'élévation concernera l'âme si jamais elle existe. 

L'orgasme, quant à lui, est une élévation superbe, non pas une disparition mais un moment de conscience absolue à travers chaque fibre, chaque parcelle de ce corps ébloui, transcendé, transformé en brasier. Et tout comme la lumière d'un feu, l'énergie dispensée entraîne l'individu là-haut, dans les sphères éthérées.

Je n'imagine pas que la mort puisse survenir dans une absence de pensées. Même dans un état d'inconscience, il restera jusqu'au dernier instant une activité cérébrale.

il existe par contre dans l'orgasme un instant suspendu dans lequel les pensées sont bannies. La raison n'a plus d'emprise, le mental est éteint, l'analyse est figée...Il ne reste que l'explosion sensorielle dans laquelle l'esprit se révèle, non pas un mental agité mais bien l'esprit unifié à l'énergie des particules. 

Les hommes qui attribuent le terme de petite mort à cette expérience n'ont pas conscience de ce qu'ils vivent.

La sacralisation de l'acte sexuel est une démarche incontournable et limiter cette expérience a une quête orgasmique est tout aussi trompeur que d'y voir une petite mort. 

L'amour est un orgasme, aimer est un orgasme, toucher est un orgasme, regarder les yeux de l'être aimé est un orgasme, masser un corps qui s'abandonne, le parfumer d'huiles, respirer avec lui, dans une danse identique, un mouvement circulaire, de l'un à l'autre, de l'autre à l'un, infiniment, sans autre intention que de ne pas en avoir, être là, sans pensées, sans tourments, aimer le silence dans ses bras, laisser venir le sommeil comme au coeur d'une citadelle, vivre chaque instant, pleinement, avec la même joie, avec ce don inconditionnel de soi...

Chaque instant d'amour est un orgasme émotionnel et lorsque la fusion des corps aura lieu, ces instants chargés de leur énergie, ruisselleront avec délice dans les corps et nourriront l'embrasement. On n'espère pas un orgasme. On le nourrit. A chaque instant. 

Qui donc voudrait nourrir la mort à chaque instant ?

Nous ne mourrons qu'une fois mais il nous appartient d'explorer la Vie en nous, du sommeil à l'euphorie, de l'absence à la Présence, du déni à l'acceptation, de l'inconscience à la lucidité, de la faiblesse à la force, de la contemplation à l'orgasme le plus intense. Celui de chaque instant.  

 

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