Le survivaliste

Je découvre ce blog aujourd'hui et j'adhère intégralement à la présentation qui est faite du survivaliste. C'est ainsi que je le vis et Nathalie aussi. 

 

http://lesurvivaliste.blogspot.com/p/presentation.html

lesurvivaliste

 

Tendre a une autonomie intelligente et durable, travailler et affirmer une indépendance des plus résolue…le survivaliste influence pragmatiquement et simplement les possibilités de son centre d'influence immédiat.

La tribu des Nez Percés du nord ouest Américain, était une des seule tribu qui ne mourrait pas régulièrement de faim pendant l'hiver. Les Nez Percés sont aujourd'hui plus connus pour l'élevage et la sélection du cheval Appaloosa, mais ce que je retiens principalement de leur mode de vie, est qu'il était fondé sur la prévoyance et la préparation.

Un survivaliste, est tout simplement une personne qui, comme le Nez Percé, est d'abord prévoyant.

Aujourd'hui, cette prévoyance n'est plus seulement liée a l'hiver ou toutes autres contraintes environnementales…aujourd'hui, le survivaliste doit prendre en compte la totalité de notre univers…univers devenu extrêmement complexe.

Cette complexité, est inévitablement source de dépendance.

Ce sont nos réseaux électriques, nos systèmes de distribution, nos énergies, nos économies, la production de notre nourriture…bref, tout ce qui, tel un ventilateur de soins intensifs, maintient la vie telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Admettons-le, nos vies "civilisées" sont un labyrinthe de dépendances plus ou moins évidentes, plus ou moins importantes.

Le comportement d'un survivaliste est souvent interprété comme étant opposé a une vie simple et harmonieuse…comment pourrait il en être autrement ? Après tout, cet individu ne cesse de se nourrir de sphères qui tendent a la survie, au risque, a la catastrophe, a la préparation, a l'anticipation, a la négociation, a la gestion, a un matériel spécialisé, au manque et que sais-je encore…

Le fait est, que le mot "survivaliste" est sans aucun doute chargé et lourd d'une émanation médiatique, qui la plupart du temps se borne a un sensationnalisme déplacé.

Ces dernières années, d'autres termes moins controversés comme "prepper" (individu se préparant a…) ou "self-sufficient" (autosuffisant - autonome) ont fait leur apparition dans le milieu de la préparation, sans doute dans un effort de trouver un terme pouvant décrire une position sociale plus abordable et acceptable par le collectif que celle de survivaliste.

Même si ces termes plus "doux" ont réussit a nous distancer d'un héritage lourd d'extrémisme, ils n'ont, a mon avis, fait que perpétuer notre avarice quand a la propagation de termes toujours plus politiquement corrects les uns que les autres, véhiculant ainsi le désir d'adoucir tout et n'importe quoi dans l'idée d'être accepté et donc d'assouplir notre champ d'action social.

A la construction mentale de ce blog, son titre m'a pourtant parut évident, et quand bien même redéfinir le survivalisme n'est pas son but premier, il est inévitable de constater l'évolution pertinente du survivalisme au sein de nos cultures.

Un survivaliste, est avant tout un individu qui travaille et entretient son indépendance, et donc une certaine liberté.

Cette "désobéissance" n'a rien a voir avec du fanatisme religieux, un extrémisme politique quelconque ou une paranoïa sans fin…mais tout a voir avec une responsabilisation et un devoir que notre monde moderne refuse et condamne.

Quand mes grands-parents se préparaient a l'invasion de Paris par l'armée Allemande durant la seconde guerre mondiale, quand ils se préparaient a l'hiver, quand ils avaient un stock de nourriture, quand ils réparaient leurs outils, quand ils faisaient de la cueillette et de la chasse pour complimenter leur jardin et qu'ils étaient financièrement conservateurs…ils étaient des survivalistes.

Ils travaillaient a optimiser et stabiliser leur indépendance et leur liberté. Ils n'étaient pas des victimes de leur environnement, ou dépendant a 100% de nos systèmes de support…ils étaient des adultes responsables.

Personne a cette époque n'aurait eu l'idée de pointer du doigt leur manière de vivre et d'appréhender ce monde…parce que tous vivaient plus ou moins ainsi.

Avoir quelques mois de réserves de nourriture était normal, avoir une arme a feu était normal, et anticiper l'hiver et le manque était…normal, pour ne pas dire logique.

La définition même du mot "survivaliste" qui s'inscrit dans nos dictionnaires, est une définition qui renforce l'idée que le terrain psychologique du survivaliste est bancale, et que son intention n'est centrée qu'autour d'un événement catastrophique particulier. Il est plus ou moins ici gouverné par une peur irrationnel d'un événement qui est peu probable et dramatique.

Survivaliste :

Adjectif singulier invariant en genre.

1-Relatif a un mouvement américain préparant la survie après un éventuel holocauste nucléaire.

Nom singulier invariant en genre.

2-Adepte d'un mouvement américain préparant la survie après un éventuel holocauste nucléaire.

Je comprends des lors en lisant cette définition simpliste et obsolète, que nous soyons ici dans l'effort d'adopter de nouveaux termes pour designer un rapport au monde qui n'est pas d'un conformisme aveugle, mais d'une conscience qui s'organise et se responsabilise.

Le fait est, que le survivalisme a énormément évolué depuis son apparition aux USA durant la guerre froide. Le survivalisme n'est plus un mouvement américain, mais un mouvement mondial…et les survivalistes ne se préparent plus a la survie après un éventuel holocauste nucléaire, mais travaillent a prévenir, réduire et éliminer des tensions toujours plus complexes.

Quand bien même l'événement dramatique était la cible d'une attention particulière il y a 30/40/50 ans, et le reflet d'un certain univers politique, social et culturel, le survivaliste "moderne" est d'une indépendance catégorique quand a nos systèmes de support, et donc beaucoup plus large dans son anticipation et son raisonnement.

La définition du survivaliste ci-dessus est donc la représentation du survivaliste d'hier, et n'a rien a voir avec l'engagement intellectuel et physique que nous rencontrons aujourd'hui, ou qui s'applique sur les pages de ce blog.

Rares sont d'ailleurs les survivalistes "moderne" qui s'abandonnent a la construction d'un abri anti-atomique, et répondent a la définition que nous connaissons.

Aujourd'hui, le survivaliste est cet individu qui s'investit dans la permaculture, il est cet individu qui prépare sa voiture pour l'hiver, qui installe des panneaux solaire sur son toit, qui refuse de participer a un endettement financier systématique. Il est ce citoyen qui se responsabilise, et qui anticipe une rupture des systèmes de supports pour minimiser son impact sur les services d'urgence, il est ce citoyen qui se demande ce qu'il peut faire pour son pays, et non ce que son pays peut faire pour lui.

Le survivaliste moderne est aussi cet individu qui refuse intelligemment de perpétuer une attitude et un rapport au monde qui est du pillage des ressources naturelles, d'une pollution a outrance, d'une dépendance aveugle de nos systèmes juste-a-temps, d'un consumérisme conséquent et non-soutenable, et d'un future bancale pour nos enfants.

Nous sommes bien loin d'un survivaliste individualiste et anxieux, qui creuse un trou dans son jardin pour peut être survivre une guerre atomique. Nous sommes bien loin d'une organisation "placentique", ou le trou en question est remplit de nourriture et d'armes, et ou l'individu cesse tout rapport direct avec le monde pour s'engloutir dans la peur du lendemain.

La manière de vivre du survivaliste "moderne" germe de la raison. Le survivaliste est avide d'indépendance et refuse de se voir être la victime d'un événement lié a la rupture momentanée ou permanente de nos systèmes de support par exemple. En ce sens, il nous rappel une génération moins prête a reléguer certaines responsabilités quant a son rôle au sein de nos sociétés, et d'un rapport au monde qui n'est pas de l'adoucissement systématique de tout et de rien, ou d'un laisser aller paralysant.

Cette manière de vivre le monde, influencée par un rapport a l'énergie du plus haut rendement, pousse invariablement le survivaliste a adopter des systèmes soutenables, et donc a s'écarter d'une relation au monde qui ne prend pas en compte les générations future.

Le terme "survivaliste" reste cependant férocement complexe, tant nos projets internes sont énormes, et tant le voyage de notre conscience est particulier.      

L'éventail de gestes et de pensées au sein du survivalisme est donc ici sans limites, et le survivaliste en évolution constante.

De ma fenêtre, la démarche du survivaliste n'est pas la promesse d'une catastrophe, ou l'espoir inconscient d'une implosion de la fabrique pour pouvoir enfin revêtir nos parades camouflées et sortir le calibre 12 tacticool, mais bien la construction d'un mode de vie qui nous invite a matérialiser toujours un peu plus d'indépendance, d'autonomie, de résilience et de liberté.

Le survivalisme est le reflet physique, presque symbolique, d'une prise de conscience particulière, qui exprime non pas l'idée de s'affranchir du système par la destruction de celui-ci, comme un enfant frustré et ne pouvant pas briller ou s'assumer devant les règles de jeu en place, mais bien par la construction, en parallèle, d'une manière de vivre que nous pouvons comprendre et qui nous est utile au quotidien.

Je ne m'intéresse pas a la Permaculture pour survivre a la faim dans le cadre d'un effondrement total et systémique du monde tel que nous le connaissons. Je m'intéresse a la Permaculture pour contribuer a la construction d'une vie locale stable et cohérente avec mon environnement, pour pouvoir manger des aliments sains, pour limiter le trajet de certains produits, et m'affranchir (c'est a dire avoir la liberté de choisir de participer ou non) de l'agri-business, de la monoculture et plus largement de l'agriculture intensive. 

Je ne m'intéresse pas a la chasse pour le plaisir de tuer un animal, ou pour pouvoir me nourrir de viande tous les jours, je m'y intéresse pour m'affranchir de la manière dont nous concevons aujourd'hui l'élevage, et plus largement notre rapport a la nourriture.

Je ne m'intéresse pas a des énergies alternatives pour pouvoir continuer d'utiliser mon frigo quand la troisième guerre mondiale éclate, je m'y intéresse pour réduire l'impact de mes factures mensuelles sur mes finances, pour ne pas être dépendant du système pour mon électricité en cas de pannes, pour m'affranchir du monopole énergétique de compagnies douteuses et de certains enjeux écologiques que devrons subir nos enfants…

Je ne m'intéresse pas a l'hygiène et la santé pour pouvoir me faire des points de sutures après une fusillade quand l'effondrement de l'économie globale nous aura plongée au 18eme siècle…je le fais pour pouvoir intelligemment porter assistance a une personne victime d'un accident et blessée, a mon voisin, pour pouvoir fabriquer mon propre savon bio sans tests sur les animaux, pour pouvoir éviter de tomber malade et m'interdire la productivité, pour faire des économies, pour peut être réduire l'impact sur le monde hospitalier du pouvoir des grandes compagnies pharmaceutiques…

Je ne fais pas de la récupération des eaux de pluie pour pouvoir continuer de boire durant la prochaine pandémie, je le fais pour réduire le gaspillage ambiant d'une ressource critique, pour réduire mes factures, pour arroser mes légumes, pour ne pas être dépendant du système si il y a une coupure d'eau, parce que c'est facile et que ça a du sens.

Je ne m'intéresse pas aux armes a feu pour tuer quelques pilleurs de riz durant une guerre civile, je m'y intéresse pour avoir un moyen adapté de défendre la vie de mes proches dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour pouvoir récolter ma propre viande, aussi dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour contribuer a un certain équilibre de la force, et finalement pour le plaisir que me procure le tir le dimanche entre amis.


Je ne fais pas des réserves de nourriture pour pouvoir bouffer quand tout le monde a faim, je le fais pour m'affranchir d'un système de distribution "juste-a-temps", pour faire des économies, pour mitiger les fluctuations de prix causées par la spéculation sur les produits de base, pour ne pas avoir a prendre la voiture le dimanche matin quand je m'aperçois que je n'ai plus de sucre ou de sel, et donc payer plus de taxes, utiliser plus d'essence…

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