Les causes, les conséquences et la Raison.

"Si tu ne comprends rien de tes souffrances, c'est que tu ne méritais pas qu'elles prennent soin de toi. "

Jarwal le lutin.

En quoi devrais-je me réjouir d'être mal, physiquement, moralement, existentiellement ?

Vers quoi ces épreuves pourraient-elles me mener ?

N'y a-t-il pas dans cette citation une complaisance envers les douleurs ? Comme une condamnation adorée, un goût morbide pour les tourments intérieurs ? 

Comment considérer que des souffrances puissent prendre soin de moi ? 

J'ai tourné la phrase dans ma tête, cette nuit. 

Et puis, soudainement, j'ai réalisé que c'est bien moi qui l'avais écrite...Aussi étrange que ça puisse paraître, l'idée ne m'était même pas venue...

Évidemment que les douleurs sont des tremplins vers la connaissance de Soi. Non pas une simple connaissance de son anatomie et l'identification des zones concernées mais bien entendu, une introspection nécessaire vers la Source du problème. 

J'en reviens à ces trois niveaux de conscience que j'essaie toujours d'explorer : la cause,les conséquences et puis la raison, l'intention, le chemin...

J'ai un problème existentiel intense, une situation très compliquée au regard de mon parcours professionnel et de celui à venir. Ce trouble constant a des effets destructeurs sur mon physique, comme un empoisonnement. 

Mais je sais que ce sont les émotions générées qui en sont responsables ou plus précisément, mon incapacité partielle à m'en extraire, cette propension à me laisser intoxiquer par mes errances... Je ne suis la victime que de moi-même. La situation, elle-même, n'est qu'une proposition de croissance, pas une condamnation.

Je connais donc les causes et les conséquences du problème. Mais je suis convaincu depuis bien longtemps déjà qu'il existe un niveau supérieur, un palier à franchir, un territoire à explorer : celui de la Raison.

Non pas la raison dans son sens cartésien mais dans une dimension spirituelle. Au-delà de l'humain. 

Je sais que je dois apprendre encore à gérer mes émotions. C'est un niveau de conscience, un horizon à atteindre. 

Si je me contentais par exemple de demander des anti-inflammatoires à mon médecin, des anti-dépresseurs, des anxiolytiques, des somnifères et autres friandises, je ne serais que le dealer de mes propres errances. J'ai mal au dos parce que j'ai une excroissance osseuse qui pousse au niveau de mes hernies discales. Ma vésicule biliaire est totalement inopérante, remplie de cailloux gros comme des petits pois, tous susceptibles un jour de s'enfiler dans un tuyau et de me conduire aux urgences... J'ai des migraines ophtalmiques qui réduisent mon champ de vision par des vagues, des barres et des flashs incontrôlables... J'entends parfois les voix comme si j'étais dans une pièce insonorisée, un champ de coton...

Je pourrais m'arrêter à cet état des lieux... J'ai identifié des causes et des conséquences mais c'est bien évidemment totalement insuffisant. 

Il reste à en extraire la Raison. Non pas dans le cadre médical mais bien dans la dimension spirituelle. 

Et c'est là que la phrase de Jarwal le lutin prend tout son sens...

Il s'agit bien de comprendre et plus ce temps de compréhension durera, plus le déni de la Raison sera maintenu, plus les souffrances continueront à s'étendre. Elles ne sont là que pour nous élever vers la conscience. Elles prennent soin de nous. Dans une démarche qui pourrait être perçue comme un drame alors qu'il s'agit profondément d'une opportunité de croissance... Mais le regard posé par le mental est infiniment réducteur. 

"J'en ai assez d'avoir mal, je vais prendre un cachet..."

"Il faut que je trouve quelqu'un qui me soigne..."

Il n'est pas question de s'obstiner à vouloir guérir tout seul, ça serait absurde. Il est des situations qui nous échappent. Si je me casse une jambe au ski, je ne vais pas essayer de rentrer chez moi pour comprendre ce qui m'est arrivé... Il ne s'agit pas de renier la médecine et de rejeter ses bienfaits.

Il s'agit de comprendre lorsque la situation le permet. 

C'est en cela que les souffrances prennent soin de nous. Elles viennent briser les enceintes, elles viennent déchirer les paravents. 

Il ne s'agit pas d'une condamnation mais bien d'une possibilité de croissance. 

Il faut aller vers la Raison, l'intention, l'horizon spirituel. 

Il y a quelques jours, je faisais part à Hélène d'une interrogation qui me poursuit : Quelle est la Raison divine à l'existence de l'Humain ? 

Au regard de son évolution, quelle est l'intention de l'énergie créatrice ? Comment se satisfaire des errances de cette Humanité si on considère que rien n'est laissé au hasard ? 

Elle ne m'a pas donné de réponse. Elle m'a juste dit de continuer à chercher. 

Je pense au final qu'il s'agit justement pour l'Homme d'identifier les causes, les conséquences et la Raison. Et que pour l'instant, il n'a pas encore exploré sa propre dimension. Il est bien trop tôt par conséquent pour espérer le voir réfléchir au pourquoi de notre présence dans l'Univers...

Mais l'Humanité ne pourra y échapper. Ce chemin de la Raison est le seul qui puisse lui permettre de perdurer. 

Et tout ça résulte d'une phrase de Jarwal le lutin...

Sacré petit bonhomme...

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