Yuka et Marine

 

Un jour, Marine est revenue d'une balade dans les bois avec un petit chien, une boule de poils adorable. Il était maigre, affamé, il têtait mon doigt, il mangeait de l'herbe.

C'était Yuka.

Il est impossible de décrire la fusion qui existe aujourd'hui entre ma fille et son chien. Ce chien et sa Maîtresse. L'un et l'autre s'appartenant.

 

J'ai roulé sur le chien de ma fille, sur ce qui emplit sa vie d'amour et de joie.

J'ai vu ma fille tout prendre en main, dans les premières minutes, là où moi, j'étais incapable d'agir.

Depuis un mois, je vois ma fille changer des pansements sur une plaie de cinq centimètres de long, deux centimètres de large, la chair à vif....

Elle tamponne avec des compresses, enlève des filets de pus, reconstitue le pansement avec des sangles passées dans des boucles cousues à même la peau....Un travail minutieux de 45 minutes répétés deux ou trois fois par jour selon l'incontinence...

Je carresse Yuka pendant ce temps-là et je l'empêche de bouger quand il a mal. Et Marine doit continuer à le soigner en sachant qu'elle lui fait aussi du mal. Yuka n'a pas la notion du temps. Il est dans l'instant. Et même si Marine lui parle, lui explique, le rassure, le réconforte, le carresse, que peut-il comprendre de tout ça ?

On n'en sait rien mais on continue à lui parler malgré tout. 

...

J'ai vu ma fille craquer et rebondir, pleurer et se réjouir.

Je l'ai vue dormir dans le garage à côté de Yuka qui avait de la fièvre. Essuyer son anus plusieurs fois par jour et devoir recommencer encore quand on vient juste de réussir à l'allonger sur sa paillasse. Je l'ai vu le câliner des heures durant et en oublier de penser à elle. Laver les couvertures toute la journée, laver Yuka cinq, six, sept fois par jour, se relever pour les besoins de la nuit.

Je l'ai vue rire avec lui alors qu'elle pleurait seule, dans son camion, dix minutes avant. 

Je sais l'amour infini qu'elle porte à Yuka.

Le même que je lui porte.

 

Celui que je porte à Marine n'est de toute façon pas mesurable. 

 

Il est de ces épreuves qui portent un message. Je n'ai pas encore décrypté celui-là parce que l'épreuve est en cours et que je n'ai pas le temps pour ça....

Marine, non plus.

Mais un jour, on comprendra. 

 
 
 
 
 
 

 

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