Méta-conscience (spiritualité)

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser ; une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer.

Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue puisqu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien.

Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser ; voilà le principe de la morale. »

« Les Pensées »

Blaise Pascal


 

Un texte qui ne plaide pas en faveur de l’homme finalement. Publié en 1670…

Je n’accorde pas la même valeur à la pensée pour la simple raison qu’elle est à mes yeux un phénomène secondaire au regard de la conscience. La pensée commente mais elle ne saisit pas.  C’est la conscience qui porte le juste.

Travaillons donc à être conscient. Et pour se faire apprenons à ne plus être soumis à la pensée.


 

« Tous les livres prétendument sacrés sont le produit de la pensée.  

La pensée a conçu la turbine et les grands temples de la terre, la fusée et aussi l’hostilité chez l’homme. La pensée est responsable des guerres, du langage que nous utilisons et de l’image créée par la main de l’homme ou par son esprit. La pensée domine la relation. La pensée a décrit ce qu’est l’amour, les cieux et les affres du malheur. L’homme adore la pensée, il en admire les subtilités, les astuces, la violence et les cruautés commises au nom d’une cause. La pensée a fait faire de grands progrès à la technologie en même temps qu’à sa capacité de destruction. Telle est l’histoire de la pensée qui s’est répétée tout au long des siècles. »

« Lettres aux écoles »

Krishnamurti


 

Pascal disait qu’il fallait penser juste, qu’il fallait travailler à bien penser, que c’était une question de morale.  Mais elle est insuffisante cette morale et elle ne suppléera jamais aux manquements de pensées des hommes. C’est bien pour cela d’ailleurs qu’il prônait l’autorité des gouvernements et même celle de Dieu.  

La pensée ne peut pas être éduquée par la morale parce que la morale, elle-même,  est issue de la pensée des hommes.  Le problème est bien réel mais le problème existe parce qu’à l’origine, la pensée a été présentée comme la délivrance, l’évolution, le tremplin. La morale devait en contenir les déviances. Elle n’y est pas parvenue.  

La pensée, elle-même,  n’est qu’une excroissance. Elle n’est pas le nœud essentiel.  

De croire que la pensée pouvait réfréner, guider, élever, canaliser, cadrer, éduquer, moraliser, relevait de l’utopie. Mais l’idée comblait le vide laissé par l’anthropocentrisme que Galilée et ses confrères avaient fait voler en éclat. La blessure narcissique pouvait cicatriser. L’homme possédait le don ultime, la pensée qui guiderait son avancée à travers les siècles.  La terre n’était plus au centre de l’Univers mais l’homme était au centre de l’intelligence par l’intermédiaire de sa pensée. Il ne restait qu’à établir un répertoire du bon usage…

Personne n’en est jamais venu à bout.

 

Qu’a-t-il donc manqué ?

L’humilité.

La contemplation.

L’amour.

La sérénité.

La plénitude des choses acquises.

La simplicité volontaire…

Il aurait suffi de ne jamais oublier la source. La méta-conscience. Non pas la conscience de soi à travers les pensées car cela n’est jamais que le rétablissement de l’anthropocentrisme mais une conscience de l’énergie vitale. Lorsque Blaise Pascal attribue à l’homme un pouvoir plus grand que celui de l’Univers, il omet l’hypothèse que nous ne soyons qu’une pensée de l’Univers.  Il préfère attribuer la création de l’homme à un Dieu et ce Dieu est bien évidemment empli de bienveillance envers l’homme. Nous sommes toujours dans l’anthropocentrisme…

Dieu, s’il existe, n’est qu’un ouvrier dont la Nature est l’architecte.  Les hommes se sont attachés à l’ouvrier parce qu’il était plus facile de le faire parler. Un esprit bourru et obstiné, facilement manipulable.

La pensée religieuse n’est qu’un tract syndicaliste.

Il faut remonter beaucoup plus en avant…

La matière est énergie et l'énergie est consciente.

La pensée, à son origine, est issue de la conscience lorsque cette pensée est consciente d'elle-même mais qu’elle parvient surtout à établir une observation de cette méta-conscience. La conscience auto-réflexive n’est qu’un serpent qui se dévore.  

Si ma pensée se nourrit de cette méta-conscience et me permet de la saisir, alors ma conscience reste reliée à l'énergie et la forme qu'a prise cette énergie à travers la matière qui me constitue est un calice dans lequel je me dois d'explorer la méta-conscience.

Il ne doit y avoir aucune rupture.

Krishnamurti disait que « si l’homme perd le contact avec la nature, il perd immanquablement le contact avec les êtres humains. »

On pourrait penser qu’au regard de la vie dans les mégapoles, les êtres humains ont cherché bien au contraire à s’extraire de la nature pour être uniquement centrés sur eux-mêmes, leurs semblables, loin des dangers et des aléas de la nature. Mais il n’en est rien finalement. Ces hommes sont effectivement séparés des êtres humains étant donné qu’il n’y a aucun être humain dans ces mégapoles… Nous sommes des êtres de nature. La méta-conscience est une énergie vitale. Pas un architecte urbain. Les hommes qui s’extraient de la nature s’extraient de leur nature. Ils ne sont donc pas des êtres humains mais des entités séparées de tout.

Il ne leur reste que les egos.

Et leurs pensées.

La boucle est bouclée.

Le désastre est consommé.

La nature est le reflet de celle qui vibre en nous. Le chant des oiseaux est un pépiement d’atomes.  Et le ballet des atomes est la symphonie d’une Conscience.

 

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