Mise au point (1)

A ceux ou celles qui penseraient que mes propos sont exagérés et que les manifestations doivent être "contenues", que l'Etat n'est pas "violent" mais juste et que les gens qui se comportent "normalement" ne risquent rien, je rappellerais brièvement ce que je vis depuis un an et demi. J'ai refusé de collaborer à la destruction planifiée de l'école et après 33 ans de carrière comme instituteur, l'institution considère que je n'ai droit à aucune reconversion. Mes deux dernières demandes viennent d'être refusées. Surveillant en collège ou Maître G (travail sur le comportement). Je n'ai pas les formations adéquates...En même temps, l'Etat a fermé la formation des Maîtres G et donc, le Rectorat ferme les postes puisque personne ne peut les demander...Et surveillant de collège, ça n'est pas une "reconversion"....

J'ai été convoqué quatre fois en hôpital pyschiatrique, les personnes qui m'ont reçu ont dit que j'étais dans "une grande confusion mentale et que je devais suivre une thérapie longue" pour obtenir un congé. J'ai été humilié, détruit, pyschologiquement, et je suis effectivement tombé malade. De multiples pathologies dont certaines inquiétantes...

Aujourd'hui, plus personne ne s'occupe réellement de mon dossier et après les mensonges et l'incompétence des personnels de l'IA, je ne mets plus les pieds dans les bureaux du rectorat. J'ai été mis à demi-salaire pendant cinq mois et il a fallu que je me batte juridiquement pour récupérer mes droits. Je n'ai aucune autre option que de retourner en classe et par conséquent de renier mes convictions, uniquement parce qu'elles s'opposent aux injonctions gouvernementales. Je dois me trahir et me soumettre.

Alors, qu'on ne vienne pas me dire que mes propos envers cet Etat sont exagérés ou que je suis dans une grande confusion mentale. Si je n'avais pas eu à mes côtés une femme infiniment aimante et trois ados qui me soutiennent, je ne sais pas où j'en serais aujourd'hui... 
La confrérie des "collègues enseignants" du secteur m'a unaniment tourné le dos. 
Je vis depuis un an et demi, reclus et tenu de rester à mon domicile. Pour me rendre six jours chez mes parents en Bretagne, il a fallu que j'en demande l'autorisation un mois et demi à l'avance et attendre la réponse officielle, par écrit, avant de m'organiser. Je peux être convoqué n'importe quand. 
 

Je fais donc une thérapie avec une psychiatre privée puisque c'était la condition essentielle pour l'établissement de mon congé. Cette femme médecin est consternée de l'attitude destructrice du Ministère et elle me soutient intégralement. Non seulement, elle affirme que je ne suis absolument pas dans une "confusion mentale" mais que l'analyse macroscopique que j'ai construite pendant trois ans relève d'un esprit parfaitement lucide. Elle a téléphoné à mon médecin généraliste pour lui donner ses conclusions et il m'a raconté qu'elle trouvait en moi "un raisonnement extrêmement abouti, sans aucun trouble psychologique avéré sinon une très profonde souffrance et culpabilité au regard des enfants. "
 

Alors, non, je ne suis pas "fou" et je sais parfaitement de quoi je parle.

Je ne sais pas comment tout ça se terminera mais j'aurai au moins pour moi, et c'est l'essentiel, la certitude de ne pas avoir trahi celui que j'ai toujours essayé d'être.


 

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