Ni certitude, ni vérité

«Il faut une grande maturité pour comprendre que l’opinion que nous défendons n’est que notre hypothèse préférée, nécessairement imparfaite, probablement transitoire, que seuls les très bornés peuvent faire passer pour une certitude ou une vérité.»  Milan Kundera.


Je sais très bien que je n'ai pas forcément raison au regard de la situation de l'école. Peut-être que cela fonctionnera, peut-être que j'ai une vision trop pessismiste.

Mais il est une chose dont je suis certain, c'est que si je cautionne les directions prises par la continuité de mon engagement dans la classe, je trahirai mes convictions.

Ces convictions sont peut-être erronées et il serait peut-être bon que j'accepte de les remettre en question.

Mais je ne peux pas m'y résoudre.

Cette impression de me trahir, de nier tout ce que j'ai fait pendant trente ans.

J'ai considérablement changé ma façon de travailler, j'ai considérablement évolué, je n'ai jamais cessé de réfléchir, d'écrire, d'expérimenter, d'observer les effets, d'analyser chaque situation. Je n'ai pas attendu les directives de mes Inspecteurs successifs pour m'engager dans cette mission.

Par contre, désormais, cet engagement personnel, porté par des convictions existentielles, est totalement bridé. Il ne reste qu'un embrigadement forcené, une main mise étatique sur la pédagogie, jusqu'à l'organisation même de chaque journée.

L'enseignant est devenu un ouvrier qui gère des marchandises et qui doit rendre des comptes chiffrés, établr des graphiques et dont le travail doit correspondre à des statistiques.

Je ne peux pas. Physiquement, philosophiquement, existentiellement. C'est impossible.

Peut-être que je me trompe. Mais il s'agira au moins de ma dernière liberté.

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