"Plein les yeux..."

Après "A COEUR OUVERT, sur la prothèse de coeur Carmat, j'ai plus qu'à écrire un roman sur la vision...J'ai délà le titre : "PLEIN LES YEUX"


Pixium redonne la vision aux aveugles

Le prix des appareils, implants, lunettes et ordinateurs de poche, atteindra 80.000 à 100.000 euros.

L’entreprise développe un implant rétinien connecté à des lunettes.

Pixium vise la Bourse. La société qui fabrique des implants rétiniens capables de rendre la vue aux aveugles s’introduira mi-juin en levant jusqu’à 44 millions d’euros. La fourchette indicative de prix est comprise entre 8,28 euros et 10,12 euros par action, ce qui valorisera Pixium à près de 117 millions d’euros. Plusieurs des actionnaires actuels - Sofinnova Partners, Bpifrance, Omnes Capital et Abingworth, qui ont déjà apporté plus de 24 millions d’euros à la société avant 2014 - prévoient de participer à l’augmentation de capital.

«Avec l’argent levé, nous devrions pouvoir mettre sur le marché, fin 2015 en Europe et en 2018 aux États-Unis, nos implants rétiniens Iris, qui utilisent la technologie la plus mature, explique Bernard Gilly, président de Pixium. Nous espérons, par ailleurs, obtenir le marquage CE pour nos implants sous-rétiniens de type Prima, actuellement en développement préclinique.»

Depuis 2013, Pixium équipe déjà cinq patients. Une demi-douzaine d’autres personnes testeront les appareils dans les prochains mois, dans le cadre des premiers essais cliniques. Devenus aveugles il y a vingt ou trente ans, ces patients ont recouvré, en partie, la vue. Ils peuvent distinguer des formes, des mouvements et des objets grâce au système mis au point avec José-Alain Sahel, directeur de l’Institut de la vision.

Iris, le premier système développé par Pixium, est composé d’un implant intra-oculaire rattaché à la rétine, de lunettes équipées d’une minicaméra et d’un système de transmission sans fil. Les lunettes sont reliées à un ordinateur de poche qui transforme l’image obtenue par la caméra en signaux électriques renvoyés sur l’implant rétinien, afin de stimuler le nerf optique et générer des images. Un programme de rééducation est ensuite nécessaire pour que les patients puissent interpréter ces images. Leur capacité visuelle se développe au fur et à mesure de l’utilisation des lunettes.

Un vaste marché

La deuxième génération d’équipement, Prima, déjà en développement, sera dotée de plus de 1000 électrodes, soit dix fois plus que le système Iris. Dans quelques années, les patients équipés d’un système de restauration de la vision seront même capables de lire, à vitesse réduite, prévoit Bernard Gilly.

«Stimuler la rétine est une idée banale», explique le patron de Pixium. Mais, la caméra de la start-up, qui a déjà déposé 250 brevets, est spécifique. Elle fonctionne comme une rétine et ne capte pas l’environnement comme une série d’images, comme le fait une caméra classique. Au contraire, la caméra de Pixium s’intéresse aux changements survenant sur l’axe optique des photorécepteurs des patients. Le système est économe en mémoire vive, énergie, puissance de calcul… Un mécanisme très éloigné de celui de Second Sight, société américaine qui commercialise depuis un an son propre système de restauration de la vision, moins efficace que celui de Pixium, selon les scientifiques proches de la société française.

Pixium prévoit, à terme, de commercialiser ses systèmes dans plus de vingt centres spécialisés dans la vision en France et en Europe. Le prix des appareils, implants, lunettes et ordinateur de poche, atteindra 80.000 à 100.000 euros, hors opération (1 500 euros) et rééducation par des orthoptistes. Le marché est vaste. Au-delà des victimes de rétinite pigmentaire, un marché évalué à plus de 350.000 personnes en Europe et aux États-Unis, Pixium cible la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), très développée chez les personnes âgées de plus 75 ans.

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