Pour la décroissance

« Dix propositions pour prospérer sans croissance »

coverNos amis décroissants de Barcelona ont publié dans plusieurs médias européens « Dix propositions pour prospérer sans croissance ». Nous nous retrouvons totalement dans leur démarche, en particulier dans cette logique de création de convergences à gauche, autour des idées de la Décroissance. De même, ces dix propositions rejoignent ce que nous mettons souvent en avant. On regrette toutefois l’absence de références à l’extension des sphères de la gratuité, et donc à la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie, à une remise plus claire de l’économie à sa juste place, en particulier de la finance, pour une ré-appropriation politique des banques centrales et de la création monétaire comme outil de transition vers plus de soutenabilité et de bien-être. Enfin, nous manque aussi une réflexion sur la démocratie et en particulier sur la notion d’autonomie…

La transition est en marche, les convergences se construisent, merci pour ce texte percutant, clair et important :

logodegrowth2 copyDix propositions pour prospérer sans croissance – Libération – 16 février 2015

On assiste à l’avènement en Europe, de l’Espagne à la Catalogne, de la Grèce à la Slovénie et à la Croatie, d’une gauche nouvelle dont la nouveauté tient non seulement aux idées mais aussi au jeune âge de ses membres. Cette gauche sera-t-elle aussi une gauche verte et proposera-t-elle un modèle coopératif alternatif pour l’économie inspirée des idées de la décroissance ?

Ou, à l’instar de la nouvelle gauche d’Amérique latine, conditionnée par les exigences du capitalisme global, cette nouvelle gauche reproduira-t-elle la logique expansionniste du capitalisme en se bornant à substituer les sociétés multinationales par des sociétés nationales, répartissant un peu mieux les miettes entre la populace ?

Comme contribution à ce débat, n ous présentons ci-après dix propositions, inspirées par la décroissance, que nous avons rédigées pour le contexte espagnol. Néanmoins, moyennant certaines modifications et adaptations, elles sont applicables à d’autres contextes et pertinentes pour les partis de la gauche radicale, ainsi que les formations écologistes partout en Europe.

Audit citoyen de la dette. Une économie ne peut être contrainte de croître pour réparer des dettes accumulées qui ont elles-mêmes contribué à une croissance fictive dans le passé. Il est essentiel non seulement de restructurer mais aussi d’annuler une partie de ces dettes.

Partage du travail. Réduction de la semaine de travail à 32 heures. Ceci devra être agencé de telle sorte que les pertes de salaire résultant de la réduction du temps de travail ne se répercutent que sur la tranche de revenus des 10% les plus riches.

Revenu de base et revenu maximum. Fixation d’un socle de revenu minimum d’entre 400 et 600 euros par mois pour tous les résidents espagnols, disponible sans contraintes ou stipulation. Le revenu maximum d’une personne – revenu du travail aussi bien que du capital – ne peut dépasser une valeur égale à plus de trente fois le revenu de base (12 000-18 000 euros par mois).

Réforme fiscale verte. Mise en œuvre d’un système de comptabilité visant à transformer, à terme, le système fiscal d’un régime essentiellement basé sur le travail à un régime basé sur l’utilisation d’énergie et de ressources.

Arrêter les subventions et les investissements destinés à des activités hautement polluantes en aiguillant les fonds publics libérés vers une production respectueuse de l’environnement.

Pour une société alternative, solidaire. Soutenir au moyen de subventions, d’exonérations fiscales et de législations, le secteur économique coopératif à but non lucratif florissant en Espagne et inclure les réseaux alimentaires alternatifs, les coopératives et les réseaux dédiés aux soins de santé de base, les coopératives s’occupant de logements partagés et d’enseignement, de même que les artistes et autres professionnels.

Optimiser l’utilisation des espaces et immeubles. Arrêter la construction de nouveaux logements et rénover le parc de logement existant tout en facilitant la pleine occupation des logements disponibles avec taxes dissuasives sur les résidences à l’abandon, vides et secondaires.

Réduction de la publicité. Etablissement de critères très restrictifs en matière d’autorisation de la diffusion publicitaire dans les espaces publics, partant de l’exemple de la ville de Grenoble. Mise sur pied de commissions chargées du contrôle quantitatif et qualitatif de la publicité autorisée dans les médias de masse.

Etablissement de limites environnementales. Fixation de plafonds absolus et dégressifs sur le total des émissions de CO2 autorisées pour l’Espagne et la quantité totale des ressources matérielles qu’elle utilise, y compris les émissions et les matériaux intervenant dans les produits importés, qui proviennent souvent des pays du Sud.

Abolition du recours au PIB en tant qu’indicateur de progrès économique.Si le PIB est un indicateur trompeur, nous devrions arrêter de l’utiliser et nous mettre à la recherche de nouveaux indices de prospérité.

Ces propositions sont complémentaires et doivent être mises en œuvre de façon concertée. A titre d’exemple, la fixation de plafonds environnementaux pourrait réduire la croissance et générer de l’emploi, cependant que le partage du travail avec un revenu de base garanti aura pour effet de découpler la création d’emplois et la sécurité sociale de la croissance économique.

La réaffectation des investissements des activités conventionnelles vers des activités vertes et la réforme du système de taxation permettront de garantir l’émergence d’une économie plus respectueuse de l’environnement ; par ailleurs, le fait de cesser d’évaluer l’économie en termes de PIB et de recourir aux indices de prospérité assurera que cette transition soit comptée comme un succès plutôt qu’un échec. Enfin, la réforme de la taxation et la réglementation publicitaire contribueront à un relâchement de la concurrence positionnelle et réduiront le sentiment de frustration que peut engendrer l’absence de croissance. L’investissement dans les biens publics et les infrastructures partagées contribuera à accroître la prospérité sans croissance.

Nous ne nous attendons pas à voir les partis de gauche faire de la décroissance leur «bannière». Nous comprenons la difficulté que peut supposer le fait de devoir confronter, soudain, un bon sens profondément ancré. Mais nous attendons, néanmoins, de la part des partis de gauche qu’ils prennent des pas dans la bonne direction et mettent en œuvre de bonnes politiques, telles que celles que nous proposons, et ce, indépendamment de leur incidence sur la croissance. Pas facile, certes, mais depuis quand une gauche qui se veut radicale opte-t-elle pour des solutions de facilité.

Giorgos Kallis est coéditeur et coauteur avec Giacomo D’Alisa et Federico Demaria de : «Décroissance. Vocabulaire pour une ère nouvelle» (disponible en anglais, prochainement une version française aux éditions le Passager clandestin).

Par Giorgos Kallis Professeur d’économie écologique à l’université autonome de Barcelone et le collectif Recherche et Décroissance (www.degrowth.org)

Traduit par Salman Yunus.

http://www.partipourladecroissance.net/?p=9065

Le PPLD, c’est qui ?

UNE CROISSANCE ILLIMITÉE DANS UN MONDE LIMITÉ EST UNE ABSURDITÉ

Si la structure existe depuis 2005, le Parti Pour La Décroissance est relancé en 2008 par de nouvelles et nouveaux militant-e-s. C’est donc un parti jeune et divers qui s’engage dans une démarche collective pour amener la Décroissance dans le débat public. Peu à peu, le fonctionnement du parti change de fait : une gestion collective s’installe, laissant derrière elle une organisation pyramidale. Une dynamique d’ouverture débute aussi, notamment vers le reste du mouvement décroissant, qui aboutit en 2009 à la présence de la Décroissance politique lors des élections européennes de 2009 et d’avoir accès aux spots de campagne à la radio et à la télévision (motion de janvier 2009 adoptée par l’Assemblée générale).

Avec un appel signé par plus de 1700 personnes et des listes dans 6 grandes régions, la campagne Europe-Décroissance est une réussite collective pour le PPLD, en association avec le Mouvement des Objecteurs de Croissance (MOC), qui favorise l’arrivée d’une nouvelle génération de militant-e-s. Elle reste pour chacun-e un moment de convivialité, de partage et de création de liens.

PLUS QUE LE NOM, C’EST NOTRE ACTION QUI DOIT NOUS DEFINIR

Aujourd’hui, le PPLD continue son projet porteur de radicalité, visant à colporter les idées de la Décroissance pour une transition vers des sociétés socialement justes et écologiquement soutenables.

Sa démarche est multiple :

– l’approfondissement du projet y tient une place centrale, à la fois en construisant un projet désirable de décroissance et en portant la réflexion sur des thématiques spécifiques (l’agriculture, la dette, la réduction du temps de travail, les gratuités, le sport, etc.) ;

– la participation à divers rassemblements de mouvements sociaux et d’organisations politiques, dans le but de tisser des liens et d’apporter les idées de l’objection de croissance au sein d’événements dont nous sommes entièrement partie prenante (lutte contre les infrastructures inutiles comme l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, Foire à l’Autogestion, mobilisations contre les gaz de schistes, etc.) ;

– la participation à des élections, que nous refusons d’ignorer car elles sont l’occasion de rencontres, de réflexions collectives, de confrontations de nos idées vers l’extérieur. Elles permettent de faire exister notre mouvement et d’ouvrir le débat autour des sociétés de Décroissance, dans un moment de plus grande attention politique de nos concitoyens ;

– le soutien et l’initiation d’initiatives concrètes comme les ateliers vélo, les monnaies locales, les circuits-courts, Proximités, etc. ;

– l’implication de chacun et chacune de ses membres, au quotidien, dans des démarches de simplicité volontaire et de décolonisation de l’imaginaire.

Enfin, le Parti Pour La Décroissance c’est un collectif au sein duquel chacun-e contribue de la manière qui lui convient, avec ses compétences et envies propres, sans jamais se voir imposer d’autre impératif que celui de promouvoir la Décroissance que nous souhaitons voir s’installer au sein de la société.

IL FAUT QUE CHAQUE OBJECTEUR DE CROISSANCE PUISSE S’EPANOUIR LÀ OÙ IL SE SENT LE MIEUX

contact@ml.partipourladecroissance.net
http://www.partipourladecroissance.net/

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