Processus de deuil (2) (spiritualité)

Les étapes de deuil (Kübler-Ross)

Elisabeth Kûbler-Ross a défini 8 étapes du processus de deuil, qui s’appliquent également dans tout changement (il faut faire le deuil de la situation antérieure).
Il est intéressant de noter :

  • Qu’on passe séquentiellement par toutes ces étapes
  • On reste plus ou moins longtemps sur chaque étape : certaines sont quasiment instantanées et d’autres peuvent être très longues. Cela dépend de chaque individu et du type de changement
  • Dans certains cas difficiles, certains acteurs restent bloqués à une étape et n’arrivent pas à faire leur deuil jusqu’au bout

Les 8 étades de deuil de Kübler-Ross

 

  • Choc, déni : cette courte phase du deuil survient lorsqu'on apprend la perte. C'est une période plus ou moins intense où les émotions semblent pratiquement absentes. C'est en quittant ce court stade du deuil que la réalité de la perte s'installe.
  • Colère : phase caractérisée par un sentiment de colère face à la perte. La culpabilité peut s'installer dans certains cas. Période de questionnements.
  • Marchandage : phase faite de négociations, chantages…
  • Dépression : phase plus ou moins longue du processus de deuil qui est caractérisée par une grande tristesse, des remises en question, de la détresse. Les endeuillés dans cette phase ont parfois l'impression qu'ils ne termineront jamais leur deuil.
  • Acceptation : dernière étape du deuil où l'endeuillé reprend du mieux. La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. L'endeuillé peut encore ressentir de la tristesse, mais il a aussi réorganisé sa vie en fonction de la perte.

 

Ce modèle est intéressant car il permet de comprendre

  • Que le changement peut être long et douloureux,
  • qu’on passera par des phases difficiles et que cela est normal (changement implique crise)
  • mais qu’il faut maintenir l’effort pour arriver jusqu’à la phase d’acceptation sans quoi le changement ne sera pas réellement ancré.

 

http://www.georgeleboulanger.com/9_19_Contribution_1.html


 

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Commentaires (10)

Thierry LEDRU
  • 1. Thierry LEDRU | 10/03/2016
Aïe, je ne peux plus le récupérer Valérie, la suppression est définitive :( Il n'y a pas de "corbeille" sur le blog. Je suis désolé. Je vous avais par contre répondu par mail ensuite.
Au plaisir Valérie
Valérie
Oh Thierry, vous avez publié puis retiré mon post. Pourriez-vous me le renvoyer à mon adresse mail s'il vous plait? J'ai besoin de me relire. Je suis attentive en général aux signes sur ma route et j'ai grand besoin de calme pour mieux m'entendre et ce n'est pas toujours aisé, bref, aujourd'hui était un jour ordinaire en apparence mais le temps était suspendu pour moi en tout cas. Une volonté bienveillante m'a poussée jusqu'à "vous" aujourd'hui. Je dois rendre grâce et remercier cette énergie vitale qui s'est manifestée et vous a choisi comme vecteur de message. Vous êtes spécial vous alors ;)
Valérie
Merci encore Thierry, je relirai vos précieux conseils plus tard, à tête reposée.
Inutile de publier mon dernier post bien entendu, j'ai trouvé ici une occasion de mettre des mots sur tout ça. Tout n'est pas dit bien sûr. Merci encore pour votre blog, cette "porte ouverte" providentielle pour moi.
Thierry LEDRU
  • 4. Thierry LEDRU | 10/03/2016
1)Je ne peux pas la pleurer. Je l'avais perdue il y a longtemps.
2)l'amertume d'une vie gâchée,
3)je suis "libérée" de nos relations,
4)je suis épuisée par ces années de lutte.
5)je reste bloquée car ce serait dire que je me réjouis de sa perte.......

Bonjour Valérie.
Je suis très touché par votre témoignage et j'y réfléchis depuis que je l'ai lu ce matin.
J'ai repris les passages qui me semblent importants et sur lesquels il conviendrait de revenir.
C'est difficile de vous répondre par écrit car ça sera inévitablement insuffisant, voire erroné, ou inutile mais je vais tenter de vous donner ma vision de la situation au regard de ma propre expérience. Mais j'ai bien conscience que tout ça touche à des émotions très profondes, anciennes et limitantes et que cette "analyse" très partielle ne vous sera d'aucune utilité parce que le cheminement est complexe et très ancien.

1) Il y a clairement un attachement douloureux au passé dans vos paroles. Le deuil de votre mère existait déjà dans une rupture relationnelle ou une situation conflictuelle datant de bien longtemps. Vous aviez déjà le sentiment profond d'avoir "perdu" votre mère de son vivant et maintenant, la mort est venue "finaliser" cette rupture sans que rien n'ait pu vous rapprocher. Il existe donc une forme de "condamnation" au regard de ce passé qui ne peut plus être rectifié, apaisé, résolu.
Et vous ne pouvez plus rien y faire.
Mais c'est justement dans cette impossibilité désormais à vous réconcilier qui génère peut-être une certaine "colère", une rancœur supplémentaire, une "interdiction" à vous sentir "libérée".
Maintenant, on peut voir les choses sous un autre angle : Puisque ce passé entre vous deux ne peut plus être repris, il ne vous reste qu'à le poser. C'est inéluctable, vital et dans ce terme, le mot "vie" apparaît.

2) A mes yeux, une vie ne peut pas être gâchée. On peut par contre gâcher son existence ou avoir en tout cas, cette impression très lourde de l'avoir ratée. Mais la vie, elle, ne peut pas être atteinte. Sinon, vous ne seriez plus de ce monde. On pourrait penser que ce ne sont que des mots mais cette précision est pourtant capitale.

3) Cette "libération" vous culpabilise parce qu'il reste cette "colère" non résolue et cette lassitude qu'elle génère. On ne peut pas tenir dans la colère sur le long terme, elle est redoutablement épuisante. Maintenant et peut-être que ça va vous heurter, mais la mort de votre mère représentait peut-être la dernière solution pour que cette vie en vous reprenne vigueur. Ce qui signifie que cet enfermement dans la dimension temporelle issue du passé est un étouffoir et qu'il n'y avait que la mort qui puisse vous en libérer. Imaginons même que ça soit une "décision" inconsciente de votre mère, une forme de "cadeau", la rupture d'une chaîne. Imaginons que votre mère ait "choisi" de se libérer et de vous libérer par là même...
Autant il est possible de ne retenir de cette mort qu'une condamnation à errer dans les souvenirs sombres, autant il est possible d'y voir l'ouverture vers un nouvel horizon. Je n'ai pas assez de données sur votre vie commune pour affirmer quoi que ce soit mais ce regard "aimant" sur la vie à saisir dans votre existence reste pour moi une évidence. Parce que je l'ai vécu...

4) Cet épuisement est un rappel à soi. Ce qui doit désormais être effacé. Il ne s'agit pas de rejeter les émotions mais de réaliser qu'elles ne sont que les effets des interprétations nées de ce passé douloureux. Je ne dis pas que vous vous trompez dans vos ressentis mais qu'il est possible désormais de vous en extraire. La solution existe dans le saisissement de l'instant présent. C'est là qu'on en revient à la conscience de la vie en soi.

5) Non, je ne pense pas que le fait de se sentir "libérée" signifie que vous vous réjouissez de la mort de votre mère. Vous vous réjouissez simplement de la possibilité que la vie vous offre de vous sentir libre. Le fait d'éteindre ce bonheur sous la culpabilité est une forme d'identification à votre passé. C'est à dire à votre existence. Mais l'existence n'est pas la vie, elle en est son excroissance, sa matérialisation, son expérimentation. Et la vie n'oeuvre jamais à son propre malheur. Il n'y a que l'existence des individus qui parfois reste attachée à cette forme sombre. C'est là que la dimension spirituelle devient indispensable. Sortir du processus chaotique et enfermant des pensées ressassées. Vos pensées vous ramènent systématiquement à votre passé, c'est à dire à la négation de la vie en vous. Vous n'êtes pas votre passé, vous n'êtes pas votre "colère, ni votre "culpabilité", ni même votre "lassitude". Tout cela prend forme dans le mental ou l'ego. Il n'y a aucun jugement de ma part dans ces termes. Nous sommes tous confrontés à cette dimension mentalisée et à ces assauts constants.
Il convient donc d'y adjoindre une autre forme de conscience. Celle de l'instant présent. Vous ne pouvez pas changer ce passé mais vous avez le choix de le poser. L'incapacité à régler les conflits du vivant de votre mère, quelles qu'en soient les raisons s'est muée en une disparition définitive d'un des protagonistes. Et je le redis, il s'agit peut-être d'un "choix d'âme" de la part de votre mère. Ce qu'elle vous offre désormais, c'est la possibilité d'inverser intégralement votre regard sur la vie et par conséquent sur votre existence.
Oui, vous êtes "libre". Il vous est même possible de l'expliquer à votre mère, de lui dire que vous êtes triste et fatiguée de cette vie passée et de ses effets sur votre existence et que vous la remerciez d'avoir disparue. Il s'agit d'un échange d'âme à âme et non de mental à mental et que vous espérerez, sincèrement, qu'elle a enfin atteint le repos, la plénitude. C'est l'opportunité d'une autre conscience. Il existe des êtres vivants qui se préfèrent morts. C'est leur décision. Mais, vous, vous êtes en vie. Et votre décision présente consiste à définir ce que vous voulez faire de cette vie à travers votre existence.

Est-ce que la culpabilité vous rend heureuse ? Est-ce que la colère vous rend heureuse ? Est-ce que la lassitude vous rend heureuse ? Non, bien évidemment mais c'est là que vous vous reconnaissez, c'est dans cette dimension sombre que vous avez vécue, que vous vous êtes identifiée. Vous ne voyez plus que dans ces registres identitaires.
Il s'agit désormais de vous tourner vers la lumière de l'instant et non vers les noirceurs du passé. C'est ce cheminement que la disparition de votre mère vous propose.
Vous ne vous réjouissez évidemment pas de la mort de votre mère mais en même temps, vous êtes soulagée que cette tension relationnelle ait disparu. Oui, bien évidemment et je m'en réjouirais tout autant. Il ne s'agit pas d'en avoir honte mais d'accepter que la vie en vous se réjouisse, que vous ayez conscience que vous avez droit au bonheur puisque vous êtes en vie.
Il y a un travail important à mener, il me semble désormais. C'est de vous aimer. Et donc d'aimer la vie en vous. Et donc, au final, d'aimer votre existence. Essayez juste un instant, de vous poser devant un miroir. Juste de vous regarder jusqu'à ne plus vous regarder superficiellement mais d'essayer de saisir la vie en vous, de prendre conscience de cette présence, là, dans l'instant, en dehors de toutes pensées récurrentes, juste cette observation de la vie. Essayez d'aller marcher dans un lieu que vous aimez et d'absorber intégralement tout ce que vos sens perçoivent, sans attachement à une pensée précise, imaginez que vous êtes juste une fleur qui boit la lumière et l'accueille. Juste là, dans l'instant. Si une pensée sombre survient, faites attention aux nuages, aux fleurs, aux bourgeons, au chant d'un oiseau, à l'eau d'un ruisseau, à l'écorce d'un arbre...La pensée finira par partir comme une grosse mouche noire qui quitte la pièce où elle était enfermée. La nature est un épurateur très puissant. Faire attention, c'est se tourner vers l'extérieur, vers ce qui nous environne. C'est un travail sensoriel. Lorsque vous vous sentirez en paix, ajoutez à ce regard attentif un regard de concentration, c'est à dire à vous centrer sur vous-même, à regarder en dedans, sans délaisser pour autant la plénitude générée par votre environnement. La plénitude de vos sens, cette paix, accueillez-là, intérieurement, laissez-la couler en vous, accordez-vous le droit au bonheur de la vie.
Apprenez à méditer dans le silence des pensées, dans l'amour de la vie, allez dans des lieux qui vous apaisent, offrez à vos sens des instants de paix.
C'est un long cheminement, Valérie. Il ne s'agit pas de se "forcer" à le faire, d'être impatiente, énervée, déçue ou quoi que ce soit. Parce que tout ça, ce sont des interprétations du mental.
Il s'agit de se "dé-penser" pour vivre. Se dépenser physiquement est un bon moyen, écrire en est un autre parce que même s'il s'agit de penser à ce qu'on écrit, c'est un travail qui ne peut souffrir de pensées parasites et donc, il génère cette "concentration" si favorable à l'extension de conscience, à son développement.
Il y a en tout cas un élément indispensable qui ne me quitte pas. La vie oeuvre à son propre bonheur. L'existence, par contre, se perd parfois dans le malheur ressassé. Nous avons un choix à prendre. Vivre ou exister.
Je vous souhaite le meilleur de la vie, Valérie.
Valérie
Bonjour, et merci. Merci car cet article tombe à point nommé pour moi. Je crois en effet qu'il est peut-être plus aisé de vivre son deuil si l'on est entouré. Cependant ce n'est pas mon cas, et ce schéma impersonnel que vous présentez me permet d'entrevoir les choses différemment. Pourtant la dépression et les "cycles du malheur" ont fait partie de ma vie au point que j'ai toujours identifié mes propres phases, toujours "tenu bon", trop peut-être.. J'ai perdu ma mère il y a 7mois, elle avait juste 62ans. Rien ne laissait présager que des problèmes respiratoires l'éteindraient dans son sommeil... Je ne peux pas la pleurer. Je l'avais perdue il y a longtemps. Il ne me reste que l'amertume d'une vie gâchée, et si aujourd'hui je suis "libérée" de nos relations, j'ai 45ans et je suis épuisée par ces années de lutte. Je suis lasse, désabusée. C'est comme si je pouvais enfin vivre et je reste bloquée car ce serait dire que je me réjouis de sa perte.......
Thierry LEDRU
  • 6. Thierry LEDRU | 26/02/2016
Bonjour Nada
Il est évident que la présence aimante est prioritaire et que sans elle, tout protocole restera abscons. Le processus de deuil ne peut être "entendu" qu'à partir du moment où l'accompagnement de la personne est effectif et permet d'apaiser la douleur. Il devient éclairant lorsque la peine est reçue pour baliser le long chemin à faire. Le protocole représente uniquement une succession de balises ou de lampadaires mais seul l'amour a le pouvoir de diffuser la lumière nécessaire. Sans cet amour, le protocole ne sera qu'un assemblage de lampadaires éteints.
Bien cordialement.
RIZK Nada
  • 7. RIZK Nada | 26/02/2016
Ce processus est juste, mais le cheminement dépend de chacun. il est très difficile pour la personne qui vient de perdre un proche de le lire et l'intégrer.
Le réconfort sincère exprimé par les proches est essentiel pour soutenir la personne endeuillée et l'aider à encaisser le choc.
et, pour l'accompagner, une présence et une écoute sans mots ni principes me paraît plus réconfortantes que toute théorie abordant le sujet du deuil, présence qui s'inscrit dans la durée et selon les besoins de la personne souffrante pour aider celle-ci à admettre la brutalité et la réalité du choc et doucement se ressaisir et ouvrir son regard sur la Vie, sa vie...
Thierry LEDRU
  • 8. Thierry LEDRU | 19/02/2016
Bonjour Marie-Christine et Naabye

Pour l'avoir pratiquée, je pense que la sophrologie analysante est une méthode particulièrement intéressante dans la problématique du deuil. De plus en plus de thérapeutes la proposent. Il ne s'agit pas que de sophrologie mais bien en plus d'une auto-analyse avec l'accompagnement du thérapeute. Il s'agit particulièrement d'un travail sur "L'enfant intérieur".
Vous avez un aperçu de ce que représentent les séances proposées par la sophrologie analysante dans le lien ci-dessous.

http://la-haut.e-monsite.com/pages/l-enfant-interieur.html

De nombreuses informations sont disponibles sur internet en prenant soin de différencier les différentes "écoles". Pour ma part, la sophrologie analysante est la plus favorable mais le praticien aura bien évidemment un rôle très important.

Pour ce qui est des lectures ou autres documents, je trouve les travaux du Docteur Charbonier très intéressants. La conscience de la mort évolue considérablement depuis la reconnaissance des expériences de mort provisoire et beaucoup de personnes trouvent une aide précieuse dans cette dimension spirituelle.

http://la-haut.e-monsite.com/blog/mort-provisoire-spiritualite-mort.html

http://la-haut.e-monsite.com/blog/la-vie-apres-la-mort.html

L'INREES organise des rencontres avec des personnes pouvant accompagner le deuil, partages, écoutes, échanges, conseils...
naabye
  • 9. naabye | 19/02/2016
Bonjour ,
Je viens de perdre mon père et j aimerais qq conseils pour faire un travail sur moi mm en cette pèriode de deuil ... merci
givron marie Christine
  • 10. givron marie Christine | 19/02/2016
Moi mon deuil n est pas fait depuis que j'ai plus ma maman depuis 12 ans

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