Bilan.

J'ai commencé à écrire au lycée.

Tout a commencé dans la chambre d'hôpital où je veillais mon frère cliniquement mort. Et qui a survécu.

En 1ère, Mr Ollier lisait mes nouvelles à la classe. En Terminale, il continuait et Mme Sotirakis avait eu droit, pour la première fois de sa carrière, à corriger un exposé de 72 pages sur la passion.

Tous les deux disaient qu'un jour, je serai édité.

J'ai écrit "VERTIGES". Il a été publié en 2004 par la Fontaine de Siloé. Ce roman a eu deux prix littéraires régionaux. Cette maison vient donc de déposer le bilan.

Fin de ce roman.

J'ai écrit "NOIRCEUR DES CIMES" qui a été publié par Altal éditions. Une période critique a obligé la maison à se distribuer elle-même. Une belle rencontre avec Sarah Molina et Yann Derrien. Aucun regret. Un grand bonheur. Le seul de mon parcours éditorial.

Le dernier roman qui soit encore publié.

J'ai écrit "JUSQU'AU BOUT", l'histoire d'un instituteur qui tue, se drogue, a une vie sexuelle totalement débridée, enlève ses élèves et meurt dans un amour ineffable.

Il n'est pas publié.

J'ai écrit "ATARAXIE", l'histoire d'un guide de hautes montagnes qui perd sa femme dans l'attentat du RER à la station Saint Michel. Il se réveille à l'hôpital et découvre qu'il a été amputé d'une jambe. Near death experience. Etat de conscience modifiée. Que reste-t-il quand on a tout perdu ? La plénitude. 

Il n'est pas publié.

J'ai écrit "LES ÉVEILLÉS", un roman autobiographique. Mon parcours de vie. Que reste-t-il quand on a perdu son intégrité physique ? L'intégrité spirituelle. 

Il n'est pas publié.

J'ai écrit le tome 1 de "JARWAL LE LUTIN". Il a été publié par Laura Mare éditions pendant deux mois puis la maison a déposé le bilan.

J'ai écrit

le tome 2,

le tome 3,

j'écris le tome 4.

J'en écrirai 10.

"Jarwal le lutin" n'est plus en vente.

Je travaille actuellement, depuis le 1er septembre à l'écriture d'un nouveau roman.

"À COEUR OUVERT". Tout est parti de la mise au point d'un coeur totalement artificiel par la société Carmat et le Professeur Carpentier. Que reste-t-il de soi quand on a perdu son coeur ? Le soi originel. Et plus le soi éduqué.

J'en suis donc à 10 romans.

Et plus de mille pages en format A4 d'articles sur mon blog.

Il me reste un roman publié...

Et je continue à écrire.

Non pas parce que j'espère qu'un éditeur s'intéressera un jour à ce que j'écris mais parce que rien, absolument rien, ne m'a autant apporté, spirituellement, existentiellement, rien n'a jamais eu cette profondeur, aucune exploration n'a jamais été aussi soutenue.

Cela ne signifie pas que l'amour pour ma femme ou mes enfants n'a pas d'importance mais tout simplement qu'il ne s'agit pas de la même dimension. L'amour est un éveil aux autres. L'écriture est un éveil à soi. Les deux ne sont pas en conflit ou en compétition, ils s'accompagnent, se nourrissent mutuellement. Je n'aurai pas écrit tout ça si je n'avais pas croisé la route de la femme que j'aime, si nous n'avions pas eu nos trois enfants mais je n'aurai jamais rencontré cet amour-là si je n'avais pas écrit parce que je n'aurai pas été celui que je suis. 

Alors je vais continuer à écrire parce que c'est ma route. Quoiqu'il advienne.

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