Terra Incognita

Cette formation en sophrologie analysante a des effets révélateurs pour moi.

Cette conscience soudaine que mes fonctionnements au regard de l'altérité sont construits sur une volonté archaïque de me protéger, jusqu'à avoir établi une armure, une carapace défensive, une enceinte au coeur de laquelle très peu de gens sont conviés. 

Mais cette défense, au regard des interférences extérieures, c'est également une geôle dans laquelle j'entretiens ce qui m'empoisonne. 

Imaginons un château-fort, une citadelle imprenable habitée par une population malade qui ne peut sortir. Les "assaillants" seront repoussés mais la population du château dépérira malgré tout, contaminée par ses propres tourments. 

À vouloir me protéger, j'entretiens mes propres poisons, je ne peux pas m'en libérer, je ne peux pas les extraire, je ne peux même pas les observer, tout occupé que je suis à penser devoir lutter contre d'éventuels "assaillants"...

Il ne s'agit pas pour autant d'ouvrir l'enceinte à n'importe quelle invasion. Il s'agit de concentrer l'énergie disponible à la compréhension des phénomènes internes. À lutter contre des entités invasives, j'en oubliais de m'explorer. 

Non pas sur un plan intellectuel mais sur un plan émotionnel... C'est là qu'il faut aller chercher. Je sais qu'en écrivant "Les  Éveillés", je m'offrais l'opportunité d'une exploration mais je n'ai pas su entrer dans l'inconscient parce que j'étais absorbé par les règles de l'écrit et la nécessité de rendre tout ça compréhensible...

Il manquait donc un espace de plénitude, non pas cette dimension intellectuelle que je suis parvenu à établir durant toute la période d'écriture mais un espace "dé-mentalisé", un espace corporel, émotionnel, cellulaire. 

C'est là  que la sophrologie analysante a un impact considérable qui s'amplifie jour après jour. 

Le fait de tenir le rôle de thérapeute puis de devenir à d'autres moments le "thérapé", crée une alternance au coeur de laquelle, les résistances s'ébrèchent, se fissurent, s'entrouvent...

Il y a quelques jours, il m'est arrivé un événement considérable. Quelque chose qui peut paraître anodin pour beaucoup d'autres personnes mais qui pour moi relevait de l'impossible...

J'écrivais en écoutant de la musique et je me suis levé pour aller chercher un fruit. Je me suis arrêté au milieu de la pièce et j'ai eu envie de fermer les yeux. J'ai retourné mes regards et j'ai laissé la respiration m'envahir, en pleine conscience. Et là, la musique s'est mise à couler en moi, à me remplir, comme une chaleur, comme une lumière et j'ai commencé à bouger les bras, puis tout mon corps...

Et j'ai dansé. les yeux fermés. Jusqu'à en oublier mon corps, jusqu'à m'en détacher totalement, jusqu'à ne plus sentir que des mouvements, que l'air, que la présence en moi de la musique et de la lumière...

Un instant suspendu...

Ce regard habituel que je me portais dans cette situation avait disparu. Je ne sais pas danser et je me suis toujours senti ridicule dans cette pratique. 

Mais là, je ne dansais pas...Ça dansait en moi...Comme une énergie qui avait pris les commandes. 

Une émotion considérable. Un instant que je n'aurais jamais pu imaginer il y a quelques jours. 

J'y repensais la nuit dernière...

Ces instants "d'ouverture" qui se succèdent depuis quelques temps...Cette conscience totale en mangeant un fruit, en buvant de l'eau, en regardant les montagnes,en écoutant de la musique, en méditant... En aimant la femme que j'aime.

Cette sensation que "ça" se fait en moi, comme un canal qui s'ouvre, comme des murailles qui s'effacent, sans aucun bruit, sans aucun cataclysme. Avec douceur. 

Ce rêve du chaman qui est revenu.


Un rêve ancien...


Cette conscience qu'en moi se trouve un espace que je ne connais pas encore alors que je m'astreins depuis si longtemps à comprendre le monde extérieur...

La dimension intellectuelle est insuffisante pour s'éveiller. C'est une certitude. Il se pourrait même que les connaissances ne deviennent que des enceintes dès lors que l'individu s'identifie à ce qu'il pense connaître. Mais connaître n'est pas encore une naissance. 

Le monde intérieur de la pensée n'est qu'un espace limité mais nullement l'intégralité de ce qui est à découvrir. 

L'Orient et ses pratiques peuvent apparaître ésotériques dans notre fonctionnement cartésien. Personnellement, il me suffit de m'observer depuis que je pratique la méditation pour réaliser à quel point, je n'en sais que très peu sur moi...

J'ai éprouvé déjà cette Kundalini ou en tout cas quelque chose qui y ressemble. "Ça" rayonnait en moi sans que je ne maîtrise rien du phénomène. Diverses situations, des instants suspendus.

Il est en nous des espaces inconnus, des "Terra Incognita" qui nous attendent, patiemment...Depuis très longtemps...

Des horizons qui sont au-delà même de notre imagination. 

Je veux explorer jusqu'à mon dernier jour. 

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