TOUS, SAUF ELLE : un 13 ème roman.

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TOUS, SAUF ELLE.

Le 13 ème roman.

La suite de l'histoire "LES HÉROS SONT TOUS MORTS."

Une suite qui aura elle-même une suite. Je suis donc parti dans une trilogie.

D'un simple polar, je bascule dans un roman d'anticipation pour ce tome et dans un roman apocalyptique pour le final qui s'appelle pour l'instant "JÉRICHO".

J'ai lu énormément depuis trois ans tout ce qui concerne le survivalisme et la collapsologie.

Je sais que beaucoup de personnes voient dans cette idée de fin de civilisation un certain sectarisme. 

Pour ma part, je le considère comme une voie d'anticipation et je pense que la montagne m'a beaucoup enseigné dans ce domaine. On ne part pas en montagne sur un coup de tête quand on a dans l'idée d'escalader une paroi et donc de s'engager dans une "aventure" incertaine.

Il faut tout anticiper de ce qui relève de la responsabilité de l'individu et anticiper sur la réaction à avoir dans le cadre de ce qui ne peut pas être anticipé mais qui peut néanmoins survenir.

La première fois que nous avons pris un ferry en famille, j'ai commencé par chercher l'emplacement des gilets de sauvetage. Ensuite, nous avons profité du voyage.

Voilà ce que j'appelle l'anticipation. Il ne s'agit pas de se faire peur et de se priver de la beauté de la vie mais bien au contraire de faciliter la sérénité parce que l'imprévisible est géré au mieux. 

J'entends parfois dire que c'est une vision pessimiste de l'humain et même de la vie.

Je ne me considère ni pessimiste, ni optimiste. Mais réaliste. 

Si je recherchais tous les liens éparpillés sur ce blog et qui traite de l'état de la planète et des risques d'effondrement du "monde moderne, il me faudrait des heures de recherches...

Non seulement, je ne veux pas vivre béatement en imaginant que le vaisseau est insubmersible ou que le capitaine et ses hommes méritent toute ma confiance mais je tiens même à participer à ma mesure au maintien à flot du vaisseau. Non pas pour ma simple petite existence mais parce que je fais partie du groupe humain et que j'ai donc une responsabilité sur le délabrement du navire. 

 

 

Dans le cas de panique liée à une catastrophe, des scientifiques ont étudié ces états de stress intense et les ont rapprochés de ce qu'on appelle la sidération. Les gens frappés par cet état invalidant sont des personnes qui n'ont jamais, absolument jamais accepté d'entrevoir une situation d'urgence. Bien souvent par éducation et parfois par simple ignorance ou déni du danger.

Elles sont donc dans une incapacité totale à gérer leur stress et elles font partie tout "naturellement" des premières victimes.

Il y a une deuxième catégorie de personnes. Celles-là combattent la sidération en basculant dans un état de déraison complet. Elles peuvent prendre des décisions contraires au bon sens ou même devenir violentes et potentiellement dangereuses pour tous. Ce sont celles qui par exemple vont user d'une arme à feu...

 

Le seul moyen d'éviter ce genre de "dérapages" particulièrement dévastateurs, c'est d'amener les individus à anticiper. Dans leurs pensées mais également dans leurs actes.

C'est là que nous sommes heureux d'avoir emmené nos trois enfants en montagne dès qu'ils ont su marcher, à leur avoir fait vivre des situations particulières, engagées, parfois stressantes. Leur gestion émotionnelle et leur connaissance d'eux-mêmes sont des atouts indéniables.

Qu'en sera-t-il des individus "confortablement protégés" de tout, n'ayant jamais eu l'expérience de la peur, de l'urgence, du stress, de la nécessité de prendre des décisions vitales ?...

Ce roman explore ces questions.

Le dernier tome de la trilogie doit mettre en scène les quelques survivants...

 

CHAPITRE 1

Mossoul. 29 juin 2017

Un séisme sans fin, un chaos qui n’a plus de limite. Aucun bâtiment n’était épargné, aucune rue n’était praticable. Il ne restait que des débris, des ruines noircies par les incendies, des façades perforées, éventrées, suspendues dans des équilibres précaires, des murs criblés d’impacts de balles, des trous d’obus, de missiles, de roquettes, des gravats ou des pans entiers de maisons jonchant le sol, des voitures calcinées, retournées, projetées dans les airs par les bombes, des trottoirs éventrés comme des tombes ouvertes, des fenêtres béantes comme des orbites de cadavres.

Un cataclysme guerrier, un déluge de feu et de sang, une ville entière dévastée par les combats, des mois de luttes et de ravages.

Tariq scrutait la rue par le trou d’un obus dans le mur. L’engin n’avait pas explosé. Il avait traversé l’intégralité de l’appartement dévasté, cloison après cloison et il avait disparu.

Tariq avait aimé le frisson dans son corps quand la mort l’avait frôlé. Comme une maîtresse perverse qui vous effleure ou vous frappe. Impossible de connaître à l’avance son humeur ou l’intérêt qu’elle vous portera. À chaque fois qu’il avait eu ce frisson, il s’était débrouillé, avec grands risques si nécessaire, de tuer un ennemi. Le même frisson, à chaque fois. Le baiser de la mort. Comme une excitation si puissante que l’orgasme du sang devenait vital.

Dans les silences prolongés, il pouvait imaginer la déflagration de la prochaine explosion, le prochain missile anti-char, la prochaine rafale d’AK-47, la prochaine grenade, le prochain cri, le râle plaintif d’un mourant.

Il n’y avait plus de silence en lui. 

Wallid était mort dans ses bras, crachant le sang de son poumon perforé, Hassan avait été écrasé par une dalle de béton pulvérisé par un tir de char, sa tête dépassant de la chape, les yeux exorbités, ses entrailles vomies maculant son visage, Zina avait déclenché sa ceinture d’explosifs quand les mécréants l’avaient encerclée. Il y avait des frères de lutte gisant dans tous les quartiers, des corps abandonnés à la pourriture, des blessés agonisant pendant des heures, des hurlements qui déchiraient les rares accalmies, des tirs de mortiers qui visaient les mourants, leurs cris comme des appels à la délivrance finale, des silences insupportables dans l’attente des combats, le danger permanent des snipers, l’odeur âcre de la poudre qui se mêlait à celui des viandes brûlées, les chenilles des chars qui déchiquetaient les blessés, la folie de la mort quand elle tient les rênes, des haines viscérales qui servaient de guide suprême.

Il avait tué tant d’infidèles qu’il en jouissait à les compter mais il avait perdu la dernière femme qu’il aimait, celle qui avait pris les armes à ses côtés, les autres, ils les avaient abandonnées à leurs peurs, juste des chiennes sans honneur.

Il avait perdu ses amis, il avait perdu la bataille de Mossoul.

Il craignait par-dessus tout de perdre l’estime de Dieu.

Il avait failli. Mossoul était tombée.

Il avait senti dans les nuits sans sommeil cet effacement de toute limite. Il pourrait mourir sans aucune retenue, sans la moindre peur, le moindre regret, il n’y avait plus rien de vivant en lui, sinon la rage, la volonté de tuer encore et encore. Il avait aimé la décapitation du capitaine de la milice. Les soubresauts du mourant, il avait senti la mort jouir dans ses mains. Il ne vivait plus que pour la mort. Celle des ennemis tout comme la sienne.

Lorsque Farid était tombé, il avait décidé de quitter la ville. Son frère, abattu par un tireur d’élite, la tête éclatée, en pleine course. Il l’avait vu s’effondrer devant lui, la chair et le sang giclant dans un éclair. Il n’avait rien pu faire.

Il aurait pu mourir à Mossoul mais la joie de ses ennemis lui aurait été insupportable.

Il avait rasé sa barbe, abandonné son fusil et son arsenal, il avait traversé les quartiers en ruines à travers les réseaux souterrains creusés par les frères. Il avait une mission désormais. Une autre mission.

Tous les frères morts seraient vengés.

 

 

CHAPITRE 2

Des visages sans relief. Des peaux lisses qui l’observaient scrupuleusement, la détaillaient intérieurement. Elle sentait leurs regards sur son âme, comme des brises tièdes qui l’enveloppaient. Elle ne savait dire ce qu’elle était malgré le flot puissant de ressentis. Elle avançait sans aucun mouvement, elle n’était plus qu’un souffle d’air, un rayon de lune, l’éclat tremblotant d’une étoile naine et pourtant, chacune de ces âmes rencontrées la parcourait comme le ferait le flux sanguin de la matière. Elle les voyait et simultanément elle les sentait en elle.

Elle ne possédait pourtant plus aucune matière. C’était une certitude. Mais tout était là. L’air sur sa peau, le son du silence, le toucher des parois circulaires qui crépitaient et tous ces visages lisses qu’elle croisait. Où que se posent ses regards, elle ne discernait qu’une myriade de présences.

Elle avançait à des vitesses stupéfiantes dans une immobilité absolue. Une aimantation vers le fond de l’Univers. Un plongeon intemporel vers les étoiles. Elle était subjuguée par ce puits vertical et elle aurait été incapable de préciser le sens de son déplacement. Comme s’il n’y avait plus d’espace, pas plus que de temps.

C’est là que Figueras s’était interposé et avait stoppé sa progression. Elle avait reconnu le sourire flamboyant de ses prunelles. Les mots avaient résonné quelque part en elle.

« Tu n’as pas fini ton parcours. Retourne d’où tu viens et réintègre ta matière. Jéricho est la réponse.»

Tout était là sans qu’elle n’y comprenne rien."


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