Vouloir combler le vide et l'agrandir

"Pourquoi posséder des objets ? Là est une question existentielle des plus captivantes. De nos jours, nous avons découvert une nouvelle drogue dont on est, sans le savoir, totalement dépendant. Cette drogue se nomme « le plus », mais du coup, la question qui devrait nous venir à l’esprit est de savoir pourquoi ? Pourquoi vouloir toujours plus ? Nous remplissons nos vies à un point inimaginable, entre nos obligations professionnelles, familiales, nos loisirs, nos projets. Rares sont les instants où l’on peut enfin se poser. Et lorsque c’est le cas, on prend un livre, on écoute de la musique, on regarde un film, une série, le dernier gadget que l’on a acheté, toutes ces occupations qui, au final, nous possèdent totalement. Mais quel vide cherche-t-on à tout prix à combler dans cette recherche illimitée de toujours plus quelque chose pour remplir notre existence.  Combien de personnes de nos jours souffrent de solitude, d’ennui de tout ce qui nous met au final face à ce vide que l’on refuse de voir ? Et pourtant, si la solution à notre bien-être se trouvait justement dans ce vide que l’on tente à tout prix de combler ? Et si le vide que l’on ressent était l’éloignement que ce système nous impose face à notre enfant intérieur qui ne demande qu’à s’exprimer, et vivre pleinement ?  Ne serait-il pas temps de libérer de l’espace dans notre vie et accorder du temps pour écouter l’enfant qui est en nous et remplir réellement ce vide intérieur qu’on cherche à tout prix à combler ?"

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Une évidence pour moi. Il me suffit de regarder vivre mes élèves, de les écouter parler. C'est là, dans la petite enfance que les mécanismes se mettent en place.

Par imitation.

L'agitation tournée vers le matériel est un mode de vie. La possession est proportionnelle au vide intérieur, à cette incapacité à explorer l'espace spirituel, à s'arrêter totalement, cesser toute agitation et penser. Ou ne plus penser. Et observer ce qui se révèle.

Il m'arrive parfois de me repousser dans mon fauteuil, de caler le dos, de poser mes mains sur les cuisses, de fermer les yeux et de me retirer. Totalement. Il n'y a rien, aucune pensée, aucune émotion, un vide absolu et c'est là, dans ce silence absolu, que les horizons inconnus se dévoilent...

C'est là que les désirs d'agitation s'effacent, irrémédiablement car ils n'ont plus aucune emprise, aucun point d'ancrage, aucun rappel possible. Ils tombent inévitablement dans le néant du Soi. Puisque le Moi se tait.

Vouloir combler le vide par des possessions dépossèdent l'individu. C'est comme une accumulation de déchets qui s'entassent sur le trésor. Mais le plus effrayant est de réaliser que c'est le propriétaire du trésor qui agit ainsi. Personne ne l'oblige. Il pense avoir effectué un choix. Le choix de posséder. Il a travaillé à l'école pour ça. Il a obtenu des diplômes, il a décroché un travail. Maintenant, il va pouvoir commencer à profiter de tous les efforts accomplis...

Non. Maintenant, il va juste continuer à mourir en remplissant les jours de lampions, de cotillons et de mirages.

Je regarde parfois mes élèves dans la classe. Ils travaillent sur leurs cahiers, ils sont appliqués, ils répondent à mes directives...Je suis leur "patron". Je pourrais me contenter de leur demander d'être productif...Mais j'aurais tellement honte de moi...Tellement honte.

Alors, je les regarde, je les aime, ils me bouleversent, toutes ces vies lancées sur un chemin qu'ils ignorent, j'ai vu tellement de visages en trente ans, plus de mille enfants...Que sont-ils devenus ? Ont-ils exploré en eux les territoires inconnus ? Possèdent-ils une maison, une belle voiture, un écran plat et un smartphone? Qu'ont-ils accompli ? Ont-ils oeuvré au bien être de l'Humanité ? Qu'ont-ils fait de leurs talents ?

Si seulement, si seulement, quelques enfants que j'ai connus pouvaient prolonger en eux les explorations entamées...Si seulement, si seulement, quelques enfants parvenaient à s'extraire du chaos matériel et à tendre leur esprit dans une quête d'éveil...

Mais que puis-je contre les forces en présence ? Que suis-je, sinon une poussière insignifiante dont la voix ne porte pas. 

Je sais que si je prolonge cette interrogation, la souffrance va m'envahir.

Les espoirs sont des poisons, je le sais bien.

Je n'ai aucun espoir. Les enfants seront ce qu'ils doivent être.

Et j'aurai fait ma part. Non pas pour qu'ils soient ce que j'aurais pu imaginer mais juste pour être en paix avec moi-même.

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Commentaires (2)

Thierry
  • 1. Thierry | 01/02/2016
Bonjour Aiyana
Très heureux de savoir que ce blog vous plaît et que vous puissiez y trouver des échos à votre existence actuelle. C'est clair que le nettoyage matérialiste contribue grandement au nettoyage intérieur puisque toutes les pensées attachées aux objets disparaissent avec eux :) Beaucoup de place de récupérée du coup et une grande sérénité pour en profiter pleinement. Au plaisir de vous lire puisque je vois que de nombreuses valeurs nous sont communes.
Aiyana
  • 2. Aiyana | 01/02/2016
Je suis profondément touchée par ce blog car c'est justement là que j'en suis dans mes réflexions personnelles... Belle synchronicité ;) Plus je vide; plus j'ai un sentiment de plénitude. J'ai fait ni plus ni moins que 10 voyages de choses superflues que j'ai donné; choses que je possèdais ou plutôt qui me possédait... C'est fou le bien être que j'ai ressenti et je crois être en mesure de pouvoir encore donner davantage. C'est comme si je me nettoyais l'intérieur à chaque boîte que je sors . Vive l'essentiel! Vive la simplicité! Vive les vraies choses qui ont de l'importance: La famille, l'amitié, l'amour, le partage, la compassion, la méditation, le yoga, la lecture!

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