KUNDALINI : Yoga nu.

   
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Le yoga nu, nouvelle tendance bien-être pour accepter son corps et se sentir libre

 

Le yoga nu est la nouvelle tendance dont tout le monde parle sur Instagram. Des clichés de jeune fille nue sur internet ? Mais encore ? On trouve de tout et souvent n’importe quoi sur les réseaux sociaux, surtout lorsqu’on parle “beauté bien-être”. Certains sont d’ailleurs très ingénieux (ou pas) pour faire parler d’eux. Alors… le yoga nu est-il une mode passagère ou un réel mouvement

Le yoga nu est une tendance “body positive” lancée et médiatisée par l’instagrameuse Nude Yoga Girl. Photographe et mannequin, cette jeune femme au physique longiligne s’expose en posture de yoga dans son plus simple appareil. Elle est grande, blonde, belle. Les postures sont maîtrisées, les photos ressemblent à des oeuvres d’art, le concept plaît déjà à plus de 700.000 personnes. Des followers qui s’intéressent à la qualité des photos et au message véhiculé. À la suite de quoi s’est créé le hashtag #NYGyoga pour recenser les clichés toujours plus nombreux des nouveaux adeptes.

Accepter son corps et le trouver beau

pour reconquérir sa paix intérieure ?

Selon l’ambassadrice, l’avantage principal du yoga nu est d’inciter les pratiquants à s’accepter tels qu’ils sont. Au magazine américain The Cut,elle explique : “Grâce à ce compte, je veux inviter les gens à se rendre compte que leur corps est beau et qu’il est capable de faire des choses incroyables.”

Le yoga m’a appris que le plus important est ce que je ressens et non ce à quoi je ressemble. NYG

La jeune femme de 25 ans, qui souhaite rester anonyme, avoue suivre un régime strict à partir d’aliments sains qui lui permettent de s’accepter (en plus de la pratique quotidienne du yoga). “Le yoga m’a appris que le plus important est ce que je ressens et non ce à quoi je ressemble.” Elle avoue également que la nudité lui procure un sentiment intense de liberté. À vous de juger.

 

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KUNDALINI

"Elle reprit son avancée et se dirigea vers l’extrémité du bassin, en amont. Elle traversa le cours d’eau à son endroit le plus étroit et rejoignit un parterre de dalles qu’elle longea sur une centaine de mètres. L’eau était d’une clarté absolue et entre les roches, là où le courant s’était éteint, il était difficile de situer la surface sans y poser la main.

Une cascade d’une quinzaine de mètres de haut fermait les lieux, plusieurs ressauts accumulant des bassins. Un débit limité, nul vacarme liquide mais un chant de carillons qui ruisselait dans un couloir verdi par des mousses. Une imposante barrière rocheuse limitait la poursuite de l’exploration. Il aurait fallu un matériel d’escalade complet.

C’est en atteignant l’extrémité du bassin qu’elle le vit. Il était sur l’autre rive. Debout, dans une posture étrange. Un large bloc descendant jusqu’à l’eau l’avait caché jusque-là.

Un homme. Nu.

Une jambe pliée à angle droit, comme s’il était assis sur une chaise, l’autre posée sur la cuisse horizontale, les bras levés au-dessus de la tête. Elle n’aurait jamais imaginé une telle position.

Les yeux fermés semble-t-il. Parfaitement immobile. Les mains tournées vers le ciel, paumes ouvertes.

Le crâne chauve, lisse. Et pourtant un corps qui paraissait jeune. Elle devinait des muscles saillants, des reflets noueux.

Elle redescendit vers l’aval pour ne pas rester face à lui. Le bassin les séparait d’une vingtaine de mètres. Elle ne voulait pas paraître intrusive.

Séance de méditation. Une certitude. Elle ne pouvait affirmer qu’il l’avait vue.

Elle posa son sac, sans bruit et libéra ses cheveux.

Un instant d’hésitation.

Elle se déshabilla. Un adepte du naturisme, elle n’avait aucune raison de gâcher sa journée. Elle était venue là pour le soleil et l’eau sur son corps. Sur tout son corps.

Elle entra doucement dans le bain, mouilla sa nuque et ses épaules, puis avança. Elle s’allongea et fit quelques brasses. La fraîcheur la ravit, ce bonheur sensuel du contact sur sa peau. Elle ne comprenait pas les gens qui se privaient de cette étreinte.

Elle lança un regard rapide vers l’homme. Il n’avait toujours pas bougé… Elle en était fascinée. Elle connaissait pleinement la difficulté de l’épreuve. Cette immobilité totale, dans une telle posture, réclamait un effort physique redoutable.

Elle rejoignit la berge et sortit. La sensation délicieuse que sa peau s’était contractée sous l’effet du froid, comme un bain de jouvence. Elle se sécha rapidement et huila son corps avec attention. Personne pour s’occuper de son dos.

Elle ne comptait plus les situations qui lui rappelaient sa solitude. Même la plus insignifiante surgissait immanquablement. Les caresses des mains de Laurent sur son dos n’entraient pas dans le registre des choses insignifiantes mais de celles qui la faisaient désormais souffrir par leur absence. Elle sortit ses lunettes de soleil et s’allongea.

Cesser de penser à un temps fini. S’ancrer dans l’instant. Laisser la vie mener son existence.

L’expression la surprit. Ces pensées insolites qui jaillissaient depuis peu en elle, ces associations inhabituelles de mots, ces verbalisations percutantes, des observations intérieures qui ne lui ressemblaient pas.

Elle avait du mal à se les attribuer. Comme si les données émanaient de l’extérieur, qu’il ne s’agissait pas d’elle mais d’une compréhension nouvelle qui lui était proposée, comme si un élément récepteur s’était enclenché.

Elle ne comprenait même pas ce qu’elle imaginait.

Elle osa un regard discret.

L’homme avait changé de posture. En équilibre sur les mains, les jambes à la verticale. Parfaitement aligné, droit, immobilité absolue.

Les jambes descendirent doucement dans le dos et les deux pieds se posèrent sur l’arrière du crâne. Il bascula légèrement sur le côté et leva un bras.

Aucun tremblement visible, aucun vacillement. Une perfection totale dans l’exécution, une maîtrise qu’elle n’avait jamais vue. Une sculpture improbable et superbe.

Elle pensa soudainement à ce documentaire sur les moines Shaolin. Une soirée télévision pendant sa période sombre. Elle avait été subjuguée par la maîtrise physique et mentale de ses hommes. Uniquement des hommes d’ailleurs. Comme si cette perfection n’était pas accessible aux femmes.

Il lui plaisait de participer à sa mesure à une autre image de la femme mais elle devait bien admettre malgré tout que la maîtrise de son mental était dérisoire au regard de ces moines. Elle avait certainement atteint un haut niveau dans sa pratique physique mais elle ressentait maintenant un manque indéfinissable. Un vide en elle qui semblait l’aspirer.

Plusieurs jours que l’idée la tourmentait.

Sans qu’elle ne s’explique ce trouble.

Il s’était allongé. Sur le dos. Pas de serviette au sol. Il monta les jambes puis le bassin et suspendit une chandelle rectiligne. Il garda la position trois ou quatre minutes puis laissa ses jambes descendre et se replier en tailleur. Comme s’il était assis en lotus mais à l’envers. Chaque geste était exécuté avec une lenteur infinie et une précision remarquable.

Il enchaîna encore une succession de postures toutes aussi exigeantes.

Elle ne parvenait plus à le quitter des yeux sans se libérer pourtant d’une certaine gêne. Est-ce qu’il l’avait vue ? Est-ce qu’il lui reprochait de perturber sa séance ? Est-ce qu’il la trouvait incorrecte ?

Malgré les interrogations, elle ne pouvait se détacher de la beauté de ce corps et de ses arabesques. Elle aimait dans le yoga cette maîtrise physique et elle éprouvait en regardant cet homme une étrange plénitude, comme si le bien-être visuel coulait en elle, comme si une énergie invisible flottait dans les airs et la parfumait.

Il lui prit l’envie soudaine de s’asseoir en lotus et de poser les paumes sur les genoux, tournées vers le ciel, pouce et index joints.

Elle prit une longue inspiration en gonflant la poitrine et le ventre, cuisses ouvertes puis elle enchaîna plusieurs respirations abdominales, langue posée, mâchoires détendues.

Elle sentit vibrer dans son corps un flux inconnu, une source de chaleur qui la ravit, des ondes qu’elle ne reconnut pas.

Elle ne put s’empêcher d’ouvrir les yeux, persuadée de façon incompréhensible que quelqu’un effleurait sa peau.

Elle croisa son regard et devina un sourire. Il était assis comme elle, mains jointes devant son plexus. Il déplia les bras et dans un geste lent et appliqué dirigea ses paumes vers elle. Comme s’il envoyait un salut, une prise de contact.

Elle frissonna. De la tête aux pieds.

Il ramena les paumes contre sa poitrine, leva les bras au-dessus de la tête et ouvrit les mains. Un geste empli de respect, comme une offrande."

 

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Commentaires (2)

Thierry LEDRU
  • 1. Thierry LEDRU | 29/11/2020
Bonjour Walter
Personnellement, je ne le conçois pas autrement ce qui implique que désormais je le pratique chez moi. En France, je ne sais pas si un professeur propose du yoga nu en groupe. Ca existe dans d'autres pays.
C'est en tout cas cette pratique que j'ai essayé de traduire dans le roman "Kundalini" . Médiation et yoga nu dans la nature. A mon sens, rien n'est plus profond comme expérience dans ces deux domaines.
Bionne continuation et merci pour votre commentaire.
Walter Cabrita
  • 2. Walter Cabrita | 29/11/2020
J'ai découvert le Yoga Nu et jamais je ne suis senti aussi bien et en phase avec moi même...
Je me suis "trouvé", j'ai pris enfin connaissance de mon moi profond.

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