Là-Haut

Blog

Goutte d'eau (2)

Par Le 23/09/2013

                                  

     montagne-nuages-roraima.jpg

Partie 2

Je flottais désormais à la surface d’une houle longue et soutenue.

Je ne pouvais détacher mes regards de ce plafond céleste. La chaleur du soleil était délicieuse et les froids abyssaux me semblaient d’autant plus redoutables.

J’ai longtemps navigué sur des crêtes ourlées de dentelles, j’ai lancé mes regards au plus loin, du haut des citadelles liquides, j’ai plongé en riant sur des toboggans réjouissants, je découvrais le jeu des mers dansantes, les arabesques des eaux agitées, j’ai côtoyé des gouttes anciennes, de celles qui avaient déjà réalisé le Grand Voyage, j’ai lu dans leurs prunelles cristallines des paysages mirifiques, des horizons insoupçonnables, j’aurais aimé les supplier de tout me dire, de me raconter les enseignements préservés mais j’avais appris la patience et je ne pouvais renier ce qui m’avait fondé, je ne pouvais souiller la confiance des Grands Sages. Alors, j’ai laissé la vie me vivre et je n’ai plus rien attendu.

C’est au zénith du soleil que j’ai senti les premiers frémissements. La chaleur pétillait en moi et j’avais l’impression d’être remplie de bulles, comme agitée par une énergie inconnue. Un trouble en moi car je ne savais rien des temps à venir. Devais-je résister aux phénomènes entamés, devais-je m’accrocher à la masse, plonger peut-être dans des profondeurs protectrices, rejoindre mes compagnes des ombres, devais-je accepter l’inconnu et ne pas refuser l’impensable ? Je ne savais rien et mon imagination prenait le pouvoir.

J’ai vu alors dans les regards de mes congénères des bénédictions salutaires et cette empathie m’a rassurée et convaincue. Je n’étais en danger qu’à l’ombre de mes enceintes, je n’étais perdue qu’au centre de mes inquiétudes. Comme une geôle fabriquée que je devais rompre. 

Je me suis abandonné, j’ai lâché toutes les résistances, j’ai cessé d’avoir peur.

 

L’agitation de mes atomes a pris une tournure indescriptible.

Le corps de l’Océan semblait lui-même se contracter et je devinais autour de moi des poches liquides qui se rompaient, des myriades de particules microscopiques qui s’arrachaient à la masse et s’élançaient dans le vide, j’ai tenté de les suivre du regard mais la multitude m’étourdissait, la vitesse d’ascension m’affolait, à peine séparée de l’immensité, elles disparaissaient dans les limbes. Une aspiration verticale qui relança en moi le goût amer de la peur. Je dus me reprendre pour ne pas manquer l’envol, je dus penser aux Grands Sages et à la confiance qu’ils m’accordaient.

Évaporation. Le mot m’est revenu. Je l’avais entendu dans les nasses sombres et je n’avais pas compris. Comment concevoir qu’on puisse s’évaporer quand on souffre d’être écrasée ? Je n’avais pu fabriquer aucune image.

Je me suis sentie aspirée et ce fut comme une déchirure. Perdre le contact avec le corps océanique était inconcevable, une hérésie, une folie qui pouvait me tuer. Une peur brutale, comme un dessèchement insupportable.

Je me suis forcée à penser aux Grands Sages. Ils ne pouvaient m’avoir jeté dans un piège fatal, je devais maintenir ma confiance.

Je me suis calmée jusqu’à laisser la fascination m’emporter.

J’avais passé cent mille ans dans les abysses et maintenant, je volais.

Pour quelles raisons aurais-je laissé ma peur gâcher l’expérience ? Était-elle justifiée ? Avais-je besoin d’être sauvée ?

Rien de tout ça.

 

 

Compréhension.

Libération.

Il n’y a pas pires entraves que l’amour qu’on porte aux prisons intérieures.    

J’entendis parler autour de moi de cette évaporation et les plus anciennes parmi nous se réjouissaient d’aborder un nouveau cycle.

Je vis s’éloigner à une vitesse vertigineuse le grand corps de ma mère, je pris la mesure de son immensité et je ressentis un amour infini pour elle.

Je vis les mouvements de sa masse s’étendre jusqu’à la courbure de la Terre, ses balancements apaisants qui m’avaient câlinée depuis si longtemps déjà, même dans les pires noirceurs et c’est comme si en moi, je portais tout cela, comme si en moi vivait pour toujours cet amour ineffable. Jaillit même l’idée que j’étais moi-même une mer mais je ne compris pas cette pensée et je l’abandonnais. 

Les cieux nous aimantaient.

Nous plongions vers le haut dans une sarabande indescriptible, une cohue joyeuse, une cacophonie de bulles enchantées.

Je perçus peu à peu un changement de températures et j’en fus à regretter ce plaisir de la moiteur initiale. Sans comprendre le phénomène, je vis se souder à moi des contingents de gouttes, toutes aussi surprises de la tournure des évènements. J’aperçus heureusement, encore une fois, quelques anciennes âmes et ces airs impassibles qui les caractérisaient.

« Condensation, » m’annonça l’une d’entre elles. Sans doute mon air interloqué. Elle avait senti que j’avais besoin de données claires.

Je compris alors la structure de ces grands navires gris et blancs qui tapissaient les cieux.  

Toutes unies, nous devenions les fondements mêmes de ces grands vaisseaux de pluie.

C’est un Grand Sage qui me rappela le nom, il s’offrait un cent millième voyages.

« La pluie est une expérience éblouissante, imagine une mer fragmentée qui se déverse. Mais il nous faut d’abord rejoindre les terres émergées. »

 

Des souffles d’altitude, comme des courants océaniques, nous ont poussés vers les rivages. Je ne saurais raconter ce que j’ai vu, il me faudrait des milliers d’années. Les plages blondes bordées de forêts comme autant de sentinelles, des fûts serrés qui tenaient position contre les assauts venus du large, des plaines aux mosaïques de couleurs, des prés, des champs de blé, des terres labourées et des fleuves qui serpentaient comme des serpents de mers, des villes immenses aux cieux enfumés, des grisailles bruyantes qui souillaient jusqu’aux nuages, j’ai vu tant de choses, entendu tant de bruits, humé tant de parfums, des plus hostiles aux plus suaves, j’ai deviné tant de vie que mon imagination me paraissait ridicule.

« Aucune conscience sur cette Terre ne peut englober en une vie tout ce qui existe. Il faut être un Dieu pour y parvenir. »

Un Grand Sage.

C’est cette intervention qui me fit réaliser que les Grands Sages lisaient dans les pensées. Ou que mes pensées m’échappaient et tombaient en eux.

 

 

Les houles du vent prirent une ampleur surprenante et je sentis rapidement les températures baisser fortement. Nous montions, c’était évident, poussés par des airs entêtés, décidés à nous lancer sur les flancs des montagnes.

Les montagnes.

Je les vis se dresser telles des murailles, des pentes aussi imposantes que des fosses abyssales mais les palettes de couleurs qui les habillaient criaient de vie, des chants puissants dont les mélodies se répandaient dans les couloirs rocheux, les forêts impassibles, les gorges sombres et les coteaux ensoleillés, les alpages ruisselants d’herbes grasses et les pierriers immobiles. Montaient de ces lieux éblouissants des symphonies millénaires, des invitations à se perdre dans les méandres géologiques pour trouver en soi les enseignements essentiels. Je me mis à rêver de précipitations, l’ouverture soudaine des cales de notre vaisseau, le déversement de toute l’eau accumulée mais nous continuions à monter.

C’est là que je sentis germer en moi des cristaux solides et je ne compris pas dans les premiers instants. Comme un fluide qui courait au plus profond et gelait mes atomes, un poison qui me solidifiait sans que je ne puisse rien faire.

L’inconnu, l’impensable. La peur qui jaillit.

Je me souvins alors de mes expériences récentes et je parvins à me ressaisir. J’étais responsable de ma peur, elle n’était pas tombée en moi par hasard, j’étais la proie et le prédateur et il ne servait à rien que j’entretienne le conflit. C’est là que j’ai appris à rester calme et attentif, à ne pas succomber à des phénomènes intérieurs et à en accuser les évènements.

J’ai aperçu dans le chaos des particules le sourire confiant d’un Grand Sage. Il m’observait.

J’ai compris alors que nous étions veillés, que nous n’étions jamais abandonné mais qu’il ne fallait rien attendre, rien espérer. Les Grands sages n’intervenaient qu’à bon escient, ils ne dirigeaient pas, ils n’influençaient pas, ils n’imposaient rien. Ils nous accompagnaient et nous observaient avec bienveillance. Peut-être suffisait-il de le savoir pour se sentir aimanté par la lumière, peut-être suffisait-il d’avoir conscience de leur immense lucidité pour en recevoir une part, comme si nous pouvions à notre tour plonger dans la source des éveils.

Mes pensées m’avaient détaché de mon état physique.

J’étais flocon, j’étais de glace, je sentais mes atomes dessiner des dendrites et des cristaux, des géométries parfaites et uniques, des symétries inimitables, des singularités qui me plongeaient dans une béatitude inconnue. J’étais unique et constituée simultanément d’un assemblage partagé par un peuple innombrable. Je me demandais aussitôt s’il en était de même pour toutes les formes vivantes. Toutes uniques et toutes constituées par une énergie vitale commune.

Mes compagnes de voyage étaient toutes habillées de neige et nous voletions follement au cœur de la masse. Des convois de nuages en épaisseurs redoutables s’accrochèrent aux sommets les plus hauts et ce fut le début du déluge. De chaque déchirure s’échappèrent des avalanches silencieuses, des myriades d’étoiles cristallisées. Je me laissais tomber avec une curiosité insatiable. Le ciel n’avait peut-être jamais connu une telle abondance. Des vents joueurs nous soulevaient avant de nous abandonner et nous dansions dans une joyeuse sarabande une chorégraphie moelleuse. Je sais que dans des temps anciens, j’aurais souffert de cet abandon absolu, de cette dépendance totale, je ne dirigeais rien, j’ignorais tout de ce qui allait advenir. Dans les grands fonds, il n’y avait aucune surprise et cette monotonie finissait par être rassurante. C’est cela d’ailleurs que certaines de mes congénères refusaient d’abandonner. Rester dans le connu et se croire à l’abri des mésaventures. Je n’y voyais que rouille et dégénérescence. J’ai longtemps attendu, j’ai longtemps lutté, sans jamais me plaindre, pour faire valoir mon désir de lumière et d’exploration.

J’étais comblée désormais.

Nous nous sommes toutes posées, dans un silence d’abysses.

Je réalisai que la branche d’un arbre m’avait servi de zone d’atterrissage. J’ai vu des fûts à perte de clarté, une forêt dense qui se couvrait sans dire mot d’un tapis givré.

Et la nuit est tombée.

J’étais épuisée, j’ai dormi comme un fossile. Immobile dans ma gangue de glace fragile.

J’ai rêvé des grands fonds et de toutes ces gouttes diluées dans la masse, satisfaites et repues, comblées de suffisance et heureuses d’être informes. J’ai pleuré pour ce gâchis des vies perdues.

 

Goutte d'eau (1)

Par Le 22/09/2013

L'idée de ce texte m'est venue en classe. Nous avons travaillé sur le cycle de l'eau en sciences et pour clore ce dossier, j'ai demandé aux enfants de raconter ce voyage d'une goutte d'eau, à la première personne du singulier, dans un ordre chronologique et avec obligation d'utiliser des mots précis : évaporation, condensation, précipitations, infiltrations et ruissellements, source, ruisseau, rivière, fleuve et mer.

Un mélange de données scientifiques avec un travail littéraire.

Et puis, je me suis dit qu'il y avait là un exercice qui me plaisait.

Alors voilà..

                 


  

 38cdf0c4.jpg

                                                         Goutte d'eau

Partie 1

 

J’étais une goutte d’eau vivant dans les grands fonds. J’avais fait dix mille fois le tour de tous les océans. J’avais frôlé les baleines et les calmars géants, j’avais erré longuement dans les chevelures des laminaires, j’avais vu des milliers de poissons, je m’étais mirée dans leurs pupilles, percevant quelques reflets de ma transparence au gré de rares phosphorescences. J’avais entendu parler de la lumière, celle de la surface, celle qui était réservée aux Grands Sages. J’avais même entendu dire que des êtres à deux jambes possédaient un pouvoir redoutable et que les eaux de surface étaient de plus en plus souillées mais que la lumière des cieux restait malgré tout un paradis flamboyant, que le voyage de l’eau pouvait prendre la forme d’un cycle merveilleux, un éblouissement de chaque instant. J’ai rêvé longuement, au gré des courants les plus lents, au gré des obscurités les plus effroyables, j’ai rêvé pendant des siècles à cette accession au monde de là-haut.

Me parvenaient parfois des échos de la surface, des paroles qui descendaient jusqu’aux profondeurs insondables par d’interminables commérages. Je ne parvenais pas à savoir si les distances parcourues et le nombre incalculable de congénères concernés falsifiaient le message originel. Tout ce que j’entendais paraissait si irréel. Un soleil, des cieux infinis, des couleurs, des montagnes, et des fleuves, des forêts tropicales, la pluie, la neige, le vent et les nuages, j’ai même entendu parler d’un Dieu tant l’éblouissement permanent semblait contenir une intelligence infinie.

J’avais beaucoup de mal à avoir une vision claire de ce monde, comme si les noirceurs, dans lesquelles je vivais, étouffaient mon imaginaire, limitaient les extensions possibles, enfermaient mon potentiel. Je sentais mon âme enserrée. Oui, je sais, il peut paraître étrange que je parle d’une âme insérée et pourtant…Cette énergie qui assemble mes atomes, cette information reçue, elle a une origine, elle a une intention, le hasard n’a rien à y voir et d’ailleurs, s’en remettre au hasard pour expliquer l’impensable, c’est se condamner à ne rien voir, à ne rien comprendre, à s’interdire même de chercher.

J’ai passé ma vie à essayer de comprendre, je n’ai jamais cessé de penser et dans le noir le plus opaque, la seule lumière disponible ne peut s’éveiller qu’à l’intérieur. Je me suis même surprise à bénir parfois les ténèbres. Elles étaient à la source de mes désirs.

J’ai aussi souvent pleuré, ajoutant au corps océanique une infime parcelle. Mais je n’ai jamais renié mon rôle. J’appartenais à la masse des grands fonds. Il y avait nécessairement un projet qui m’était attribué, une intention que je devais découvrir. Il ne pouvait s’agit d’un hasard, ni d’une condamnation, je n’avais rien commis pour mériter pareille sanction.

Il y avait nécessairement une issue, une voie d’ascension, un cheminement à trouver, une volonté à ériger, une détermination à préserver.

Je n’ai jamais abandonné.

 

Et puis les Grands Sages m’ont convoquée. Le Conseil avait lieu dans une fosse immense, un abysse que les plus jeunes d’entre nous habitaient. Il en était ainsi dans le monde de l’eau. Pour s’élever, il fallait accepter les millénaires d’errance dans les noirceurs, il fallait éprouver au cœur de nos atomes l’humilité la plus grande, la patience et l’acceptation.

J’avais tout accepté, jusqu’aux mers polaires dans lesquelles je m’étais retrouvée figée pendant des saisons interminables, j’avais accepté l’immobilité la plus désespérante, suspendue indéfiniment dans des mers si profondes qu’elles en paraissaient fossilisées, cette pression exercée par mes compagnes au-dessus de moi, je l’avais acceptée, sans aucune rébellion.

Les Grands Sages.

Ils avaient le pouvoir de redescendre se mêler au peuple d’en bas. Et de remonter vers la surface tout aussi facilement. Cette liberté extraordinaire, je l’avais perçue parfois comme une injustice. Et je savais aussitôt, au plus profond de moi comme au plus profond des abysses que cette jalousie n’était pas justifiée. Eux aussi avaient connu les errances millénaires. Ce pouvoir qu’ils possédaient désormais, ils l’avaient acquis. Ils n’avaient rien volé.

J’étais convoquée.

Je me suis présentée, craintive et enthousiaste, euphorique et apeurée. Qu’allais-je donc apprendre ? Je refusais de m’abandonner à des espoirs infantiles. Je n’en étais plus là.

Les Grands Sages m’ont parlé. Ils m’ont expliqué. Je les ai écoutés sans jamais les interrompre, fascinée par l’incroyable luminosité qui émanait de leurs molécules, similaires à ces lampes phosphorescentes que portent les cyclothones des abysses.

Ils aimaient mon respect de la patience, ils aimaient mon abnégation à tenir mon rôle de goutte d’eau, ils aimaient également en moi ce désir de lumière. J’ai été surprise et ils m’ont expliqué que beaucoup de gouttes d’eau après des millénaires dans les noirceurs délaissent à tout jamais le désir de lumière, que l’abandon les comble et qu’elles se satisfont de leurs conditions soumises. Jusqu’à parvenir à s’en réjouir.

Il était de coutume que les Grands Sages les observent au-delà de cent mille ans avant de décider de la suite. Mon temps d’observation était clos. Je n’avais jamais abandonné mes rêves d’ascension.

Je ne comprenais pas comment d’autres pouvaient le faire. J’aurais préféré mourir dans les déserts dont j’avais entendu parler, des étendues plus sèches qu’un os de seiche.

C’est ce désir de lumière en moi qui avait donc convaincu les Grands Sages de m’accorder le voyage. Je devenais une Élue.  

Ils m’ont prévenue que le choc serait à la mesure des étendues océaniques. En cent mille ans, n’étant jamais repassée deux fois au même endroit, ayant absorbé dans ma mémoire d’eau des immensités si vastes qu’une mémoire de baleine n’en pourrait contenir, j’avais été tourmentée quelques instants par cette découverte à venir.

Tout ce que j’avais entendu était-il vrai, insignifiant encore ou totalement exagéré ?  

L’ascension a débuté. J’avais été invitée à suivre l’assemblée. Une remontée verticale absolument stupéfiante. J’ai rapidement senti l’allègement de la pression, j’ai eu l’impression de grandir, comme si durant tout ce temps, j’avais été comprimée par l’océan. Une masse sourde, muette, indifférente. C’est ce que j’avais longtemps cru. Il n’en était rien. Je devinais sur mon passage des regards réjouis, des saluts amicaux, comme si mon ascension venait offrir à mes compagnes une fenêtre vers le haut, comme si mon élévation venait insuffler en elles le goût de la lumière. Je comprenais au fil de ma remontée qu’il faut s’élever soi-même pour nourrir en l’autre les désirs d’éveil. J’espérais que le sillage qui se dessinait servirait de balisage.

« Tu n’as pas à espérer pour les autres, avait dit une voix monocorde en moi. Ce que les autres décideront ne t’appartient pas. Enseigne-toi et laisse aux autres le choix de s’enseigner eux-mêmes. »

Un Grand Sage.

 

J’avais écouté et retenu. N’avoir aucun autre espoir qui ne soit à moi, n’établir aucune projection vers mes congénères mais que je sois seulement la preuve vivante que tout restait possible.   

À vingt mètres de la surface.

C’est lorsque j’ai aperçu la première coulée de lumière que j’ai cru défaillir. Comme si une nageoire de squale m’avait coupé en deux. J’en ai eu les larmes au cœur. Je n’avais jamais connu un tel éblouissement, un tel chaos émotionnel, l’impression de vivre ma propre naissance, la certitude soudaine que le monde allait se découvrir, que la pleine lumière allait enfin m’être donnée, que j’allais quitter définitivement l’antre sombre et froid du placenta des grands fonds.

Cent mille ans de patience sur le point d’éclore.

J’allais naître à la lumière.

Tout s’est accéléré.

J’ai vu s’étendre autour de moi l’azur bleuté et les scintillements de rayons fragmentés, des traits de soleil plongeant leurs lames, j’ai vu enfin tout ce que les échos lointains des particules élues laissaient couler jusqu’au peuple des grands fonds.

J’ai percé la surface avec une énergie folle, au point que je suis restée suspendue en l’air avant de retomber dans les flots.

Le ciel, j’ai vu le ciel ! Un océan immobile, auréolé d’écume et les nuages, des vaisseaux sculptés qui tendaient leurs voiles grisées.

Je ne sais pas d’où sont venus tous les mots. Il a suffi que la lumière m’environne pour que jaillisse en moi une mémoire euphorique. Comme si tous les savoirs de ce monde cascadaient en moi, comme si ma patience infinie et mes désirs d’altitude rendaient possibles les compréhensions les plus inespérées. Cent mille ans de paroles saisies au cœur des masses sombres, juste des bribes décousues, et pourtant, cet effort constant de ne rien perdre, de fixer dans ma mémoire, les images créées. La lumière avait déclenché le rappel immédiat de tous les savoirs. Les mots sont remontés des abysses intérieurs plus rapidement qu’un espadon en chasse. J’ai réalisé alors tout ce que je portais, tout ce que j’avais emmagasiné, je me suis souvenu que parfois je jugeais ce travail inutile, je pensais qu’il n’aboutirait à rien. Je bénis aujourd’hui ma persévérance. Cent mille ans de mots retenus.

J’ai vu le soleil. Mais je n’ai pas pu soutenir son regard. Il m’a transpercée. Je m’en suis voulue d’avoir été aussi impatiente. Le soleil ! Et pourquoi pas l’Univers aussi ?  Incroyable comme la prétention pouvait surgir sans prévenir. À peine émergée que je cherchais à englober la source de tout. Je craignis un instant que les Grands Sages ne reviennent sur leur décision.

« Rien de tout cela, entendis-je en moi. Tu apprendras que la compréhension est un long cheminement. Le savoir est une accumulation de connaissances mais la compréhension est la capacité à s’observer pendant l’apprentissage de ces savoirs. Tu viens de goûter à la compréhension. Maintenant, laisse vivre la vie en toi et saisis tout ce qu’elle te donne. »

Je n’eus pas le temps de remercier. Ils avaient disparu.


 

Ipagination 4

Par Le 22/09/2013

 GENIAL !!!!

Texte, musiques, juxtapositions des deux univers.

IPAGINATION EST UNE MINE D'OR DE TALENTS;


"Du Frog&Roll au Rock&Roll, la véritable histoire'

Par Firenz', Le 20/09/2013 à 17:59
http://www.ipagination.com/textes-a-lire/afficher/du-frog-roll-au-rock-roll-la-veritable-histoire-par-firenz

Au XVIIIè siècle, Jean-Baptiste Grenouille dépeçait les jeunes filles

pour créer ‘Le Parfum’.

 

Au XXè siècle, Jean-Baptiste Parfum dépeçait les grenouilles

pour étoiler son restaurant.

Il relança ainsi la consommation des cuisses de batraciens.

 

Le quotidien des Rainettes et autres amphibiens s’en trouva très affecté,

plus aucun endroit sûr pour se cacher.

 

La vie de rêve, c’était ‘avant’.

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=j8DiihvmyWI

Love is all, Roger Glover

 

Avant que cela ne tourne au cauchemar.

Il fallut envisager le départ, vers des cieux plus cléments.

Vers d’autres mares …

 

Partir, oui, mais où ?

 

La perfide Albion pouvait être une alliée.

Là-bas, nul n’aurait songé à déguster ce genre de victuailles …

Angleterre, terre d’accueil idéale.

 

De coassement en coassement « à l’aide »,

l’écho s’échoua sur les côtes d’outre-manche.

Il ne tarda pas à trouver une réponse, ça n’était pas le 18 juin,

mais, partout au pays du Général de Gaulle,

on entendit l’appel qui rugissait au loin,

‘L’appel de Londres’.

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=lotkzHsIuoA

Londong Calling, The Clash

 

Londres ? Oui, avec plaisir, mais comment faire ?

Quelques crapauds hardis avaient déjà tenté,

sur radeaux nénuphars,

l’immense traversée.

Nénuphars renversés par le vent du large,

ou bien grillés par le sel marin, crapauds itou.

Des héros, certes, mais des héros morts prématurément.

 

Comment faire pour traverser la Manche ?

 

Une idée folle, petit à petit, pénétra les esprits.

Trop dangereux par voie de mer, il fallait creuser un tunnel.

Quelques crapauds buffles furent enrôlés de force,

forces de la nature pour faire la sale besogne.

 

Le chantier démarra sous la direction d’un batracientifique.

Une armée de grenouilles fut chargée de ramener

nombre de pierres qui roulent.

Crapauds buffles harnachés s’allèrent sans conviction,

faire avancer ces pierres, de rebonds en rebonds.

 

La tâche était pénible, les privations nombreuses.

Bientôt les crapauds buffles revendiquèrent un peu.

« Jamais nous n’obtenons aucune satisfaction »,

était leur leitmotiv.

Sentiments partagés par toutes les pierres qui roulent …

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=3a7cHPy04s8

Satisfaction, The Rolling Stones

 

Après nombre de mois, et bien plus de têtards,

on crut sentir, enfin, les beans et l’apple pie.

Emportées  par la foule, 

les premières grenouilles se trouvèrent éjectées

sur le rivage anglais.

Aveuglées de lumière, les pattes engourdies,

elles allèrent s’écraser, sur les rochers,

avant de rouler sur les galets.

 

C’est ainsi qu’on put lire dans la Gazette des Rainettes,

à la une de l’édition du soir :

« French Frogs Rock and Roll on the beach »

 

La population Britishbatracienne s’émeut de l’événement.

Alors se multiplièrent les concerts de charité,

auxquels, bien entendu, les grenouilles émigrées étaient conviées.

Coassements électriques, percussions métalliques …

ne tardèrent pas à irriter le genre humain,

dont l’humour tant souligné trouvait là ses limites.

 

Il ne fut guère de temps, avant que les critiques

ne qualifièrent ce nouveau genre de musique de ‘Frog&Roll’,

puis de ‘Rock&Roll’.

 

Ipagination 3

Par Le 22/09/2013


Encore un texte de grande qualité. Effroyable sur le fond. Remarquable dans la forme.


Un train à prendre


http://www.ipagination.com/textes-a-lire/afficher/un-train-a-prendre-par-darklulu

Par darklulu, Le 20/09/2013 à 22:13

Pour la première fois, la sonnerie du réveil le sortit de son sommeil sans qu’il éprouve l’angoisse habituelle, ce sentiment oppressant qui l’envahissait sitôt sa conscience sortie du néant nocturne.

L’angoisse, le stress et toute la cohorte de peurs et de crainte qui allaient avec étaient derrière lui désormais. Il ne pouvait plus, et surtout ne voulait plus, les ressentir. Quand il mettait sa vie en abyme, au pied de ses terreurs, il ne voyait que des îlots de lumière surnageant difficilement dans un immense océan de gâchis.

Presque sans effort, il chassa ces idées noires par celle de son départ prochain.

Ce soir il prenait le train.

Il partait, quittait tout et tout le monde pour une destination qu’il convoitait depuis longtemps. Depuis si longtemps, en réalité, qu’il aurait aussi bien pu dire toujours.

Certains naissent pour être heureux. Mais dans une symétrie imparfaite, dont seule la nature a le secret, lui était en cette contrée pour souffrir.

Il avait compris cette vérité très tôt, et, même s’il avait eu du mal, il avait fini par l’accepter. Cela rendait les choses plus faciles… parfois. Puis soudain, il en avait eu assez. Cela devait changer. C’est ainsi qu’il avait planifié son départ.

En se lavant les dents et en se rasant, il passait mentalement en revue ses affaires dans une ultime check-list, pour être certain de ne rien laisser d’important en souffrance. Ses factures étaient réglées, son loyer payé. Ses abonnements étaient résiliés comme s’il avait largué autant d’amarres le retenant à la jetée d’un port qui n’avait jamais voulu de lui.

Dans le bus qui le conduisait à son travail, il regardait défiler le paysage, sa vie ici se superposant sur la blanche monotonie de l’hiver comme des images d’Épinal. Le présent est un moment bien singulier songeait-il. C’est le seul instant où l’on peut à la fois fuir son passé et renier son futur. Une goutte pour toujours suspendue entre ciel et terre, évanouie aussitôt aperçue.

Sa destination atteinte, il se leva machinalement de son siège. Les quelques minutes à pied qui le séparaient de l’immeuble de bureaux, triste et terne, s’évaporèrent sans qu’il ne s’en aperçoive. Peu lui importait que ce fût la dernière fois qu’il faisait ce trajet. Il se débarrassait peu à peu de son ancienne vie, comme il se déshabillait le soir avant d’aller dormir.

Une fois installé derrière son bureau, il disposa ses dossiers devant lui par ordre de priorité. Il ne lui en restait que trois, et ils étaient tous bien avancés. Ce soir, quand le clocher sonnerait dix-sept heures et sa libération définitive, il pourrait partir avec la satisfaction du travail accompli.

Personne ne vint le chercher pour prendre une pause ou boire un café. Personne ne venait jamais. Il n’était pas comme eux, ils le sentaient. L’imminence de son départ prochain lui conférait un recul, une vision qui ne faisait que le conforter dans sa décision de partir. Il regardait ses semblables s’agiter pitoyablement comme un théâtre de marionnettes. Il sentait que s’il se concentrait suffisamment, il pourrait voir les fils invisibles et l’ombre de la main qui les tenait. Mais il ne s’en donna pas la peine. À quoi bon ? Il avait coupé les siens, de fils, et voir ceux des autres ne lui apporterait rien de plus que ce qu’il savait déjà.

L’heure du déjeuner venue, il sortit de son petit sac sa gamelle, préparée la veille au soir. Des pâtes froides et une boîte de thon à l’huile. Le repas fut englouti en quelques minutes. Il vérifia sur internet les éventuelles perturbations sur le réseau ferroviaire. Il n’y en avait pas, chose assez rare pour être signalée. Le train serait à l’heure, et lui aussi.

Il se remit à ses dossiers.

À 16 h 55, il ferma définitivement la pochette cartonnée, éteignit son ordinateur, remit sa veste. Il salua de la tête les collègues qu’il croisa dans les couloirs et l’ascenseur. À 17 h, il était dehors.

Son esprit était vide et ses pieds suivirent le chemin de la gare mécaniquement. Son corps était là, mais son âme était déjà partie.

La nuit était tombée quand il arriva au terminal ferroviaire. Du regard, il chercha le panneau lumineux pour y lire l’information qu’il attendait. Quand elle fut affichée, il se dirigea vers le quai concerné.

L’endroit où il allait était une destination très peu prisée. Il fut néanmoins soulagé de voir qu’il était seul. Le haut-parleur cracha une dernière annonce.

Une mise en garde en fait.

« Voie C attention ! Passage d’un train sans arrêt. Veuillez vous éloigner de la bordure du quai s'il vous plaît. »

Mais il ne l’entendit pas. Toute son attention était prise par la lumière qui approchait rapidement. La lumière qu’il avait attendue toute sa vie. Elle venait enfin pour lui. Il sauta et ne fit plus qu’un avec elle.

 

Il avait pris son train pile à l’heure.



Harpe

Par Le 19/09/2013

J'aime infiniment cet amour entre l'interprète, son instrument et l'oeuvre.

L'homme bon.

Par Le 19/09/2013

"Statistiquement, l'homme est majoritairement bon et une minorité qui tient le devant de la scène et fait un bruit d'enfer, le pervertit. "

Michel SERRES.


J'adhère totalement à cette réflexion.

Il suffit d'aller lire les "actualités" sur la page google pour s'en apercevoir. Guerres, meurtres, viols, agressions, dilapidations de l'argent public, crise, chômage, infanticides, catastrophes...

Quel intérêt de mettre tout ça en avant, systématiquement, à outrance, quotidiennement?

La peur.

Tout simplement la peur que les gouvernants entretiennent parce qu'elle vient valider leurs discours de "sauveurs".

Et sont ignorés les millions de gens qui dans le même temps auront oeuvré à leur bonheur et au bonheur de leurs proches, voire de l'humanité entière.

Ceux qui vivent en paix, intérieurement et socialement et qui ne peuvent dès lors aucunement servir les Puissants qui ont besoin de cette peur.

La peur engendre également le besoin de se divertir et de l'oublier et dès lors, il est facile de vendre des ersatz de bonheur, des choses futiles, instables et provisoires. Le marché en regorge. La croissance se nourrit de la peur, c'est son moteur. Les Puissants ne souhaitent pas notre bonheur. Ils souhaitent uniquement notre pouvoir d'achat. La crise les dérange car elle réduit leur propre richese.

Les nouveaux milliardaires travaillent d'ailleurs, soit dans l'armement, soit dans les marchés du "loisir", soit dans les matières premières volées aux pays envahis par les "Sauveurs"...

Le bonheur se nourrit de plénitude, pas d'accumulation de biens. Les biens nourrissent juste votre peur de les perdre et par conséquent votre désir d'être "protégés" par les Puissants. Et la boucle est bouclée. 

Les actualités sont au service des Marchands et des Puissants qui les servent et qui sont rénumérés pour les services rendus.

L'Islam est une vache à lait. Le terrorisme est une mamelle qui coule sans fin. Les manipulations médiatiques entretiennent la traite. Et nous sommes les consommateurs. Ou alors, il convient de tout éteindre et d'allumer sa conscience. Pas une conscience formatée mais celle qui est tournée vers le Bien et le Beau.

Lutter soi-disant contre le Mal en l'exploitant à des fins mercantiles entretient le Mal et l'insère dans les esprits. Les enfants en sont les premières victimes, il s'agit de construire les futurs consommateurs. Intégrer en eux les processus de peur et créer déjà les appels au secours. "Sauvez-nous, par pitié". Et ne jamais comprendre qu'ils appellent à l'aide les créateurs des conflits.

"Votez pour moi, je vous sauverai. "

"Achetez le dernier ipod, achetez la dernière BMW, achetez les produits qui garderont votre beauté."

Ceux-là sont morts déjà. Ils font partie de la masse et n'ont plus d'existence propre. 

Je me souviens de ce berger rencontré dans les Pyrénées, cet été. Loin des hommes et près des humains.

Rupture totale

Par Le 18/09/2013

"Une question qui le taraudait.
— Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que vous n’êtes pas concernée par les émotions ?
— C’est une erreur. Les émotions qui me viennent de la terre me touchent immensément. Je les laisse s’étendre parce qu’elles sont neutres, gratuites, et que la Nature n’a aucune intention cachée. Celles de mes semblables ont une appartenance qui m’échappe, elles sont issues d’individus, avec leur histoire, leurs attentes, leurs fonctionnements. Et ce sont très souvent des fonctionnements inconscients. Si vous vous chargez d’émotions qui ne sont pas maîtrisées parce qu’elles émanent de personnalités endormies, vous sombrez dans leurs cauchemars ou dans leurs rêves, ce qui revient finalement au même. Vous dormez avec eux. Il m’a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Mais malgré tout, je dois avouer que votre apparition ne m’a pas laissée insensible. Loin de là.
Elle le regarda fixement, avec un sourire léger au coin des yeux.
— Pourquoi est-ce que j’ai ressenti le même trouble ?
— Parce qu’il n’y a pas de hasard. Et qu’il arrive parfois que les révélations l’emportent sur l’habitude.
— Je ne comprends pas.
— Nous vivons dans des schémas de pensées, des répétitions rassurantes sur lesquelles nous bâtissons l’identification qui nous convient et que les autres adoptent. C’est l’habitude. Un leitmotiv ronronnant. Tout ce qui porte atteinte à cette mélodie connue est considéré comme une agression, une atteinte à cette liberté que nous croyons posséder. Alors, nous renforçons les défenses. Accumulation de biens, accumulation de relations, accumulation de connaissances. Mais il n’y a aucune compréhension interne. Tout cela reste tourné vers l’environnement immédiat, une scène onirique. Personne n’est là, réellement. C’est un théâtre de marionnettes. La révélation du drame vient fermer le rideau, les acteurs disparaissent, le jeu s’arrête, le public a quitté la salle, les lumières se sont éteintes. Si les résistances sont suffisamment puissantes, l’individu concerné prend peur. Il appelle au secours, il crie, il hurle, il maudit la vie et ses épreuves. Mais si la rupture est totale, la porte s’ouvre. L’individu découvre une autre forme de perception. Il ne comprend rien, mais pourtant, tout tombe en lui comme dans un puits ouvert. Plus aucune résistance. À cœur ouvert. C’est ainsi que je nomme cet état.
"

2 « point lire »/4.99€/Littérature/Littérature contemporaine/Thierry Ledru

À cœur ouvert par Thierry Ledru – 4.99€

cœur3Dsimple

2PointLireUn infarctus. Le cœur de Paul Laskin se brise. À l’hôpital, il apprend qu’il est en sursis. Pas de greffon humain disponible, alors l’implantation d’un cœur artificiel lui est proposée. Un concentré de technologie, alimenté par une batterie électrique. Le suivi se fait par informatique, les informations collectées en direct sont analysées par les chirurgiens.

Paul n’a pas le choix. Il accepte l’opération. Il accepte d’être un cobaye.

Il n’est qu’au début du chemin. Des phénomènes incompréhensibles, une rupture totale, inexplicable, sa personnalité qui change du tout au tout, un questionnement qui prend forme. Et des craintes récurrentes. Une dépendance aussi à la source d’énergie constituée par les batteries de son cœur artificiel.

Mais malgré tout, un cheminement intérieur qui le mène vers la lumière, à la source de tout, au cœur du réel. Et l’amour comme un cadeau.

Capture d’écran 2013-08-26 à 09.34.19

Village global

Par Le 18/09/2013

Demain, j'utiliserai ce document en classe, avec mes élèves de CM2.
D'infinies travaux à venir, lectures de documents, discussions, visionnages de films...


"Le monde entier est un village global

Imaginons un instant que ce village soit composé de 100 habitants. Il y aurait :

59 asiatiques

14 africains

14 américains

13 européens

Il y aurait également 51 femmes et 49 hommes.

On compterait 50 enfants de moins de 15 ans.

20 personnes (uniquement des hommes) possèderaient 80% du village et de ses richesses.

1 femme seulement possèderait sa propre terre.

Entre 5 et 6 femmes auraient subi un viol.

42 personnes ne boiraient jamais d'eau potable.

50 personnes vivraient au sein même du petit village, 50 autres seraient éparpillées aux alentours.

33 habitants vivraient une situation de conflit armé, dont 13 seraient des femmes. 6 seraient des enfants...

5 hommes et 1 femme seraient militaires, policiers ou gendarmes.

9 enfants travailleraient dans des conditions d'esclavage et 2 petites filles seraient employées de maison sans être rénumérées.

60 personnes sauraient lire, écrire et compter. 40 seraient des hommes.

50 habitants pourraient avoir accès aux soins de santé.

8 personnes auraient accès à un ordinateur, dont 6 connectées à un réseau de type internet.

1 personne serait considérée comme riche, c'est à dire possédant plus de richesses que nécessaire pour assouvir ses propres besoins et ceux de sa famille. Elle possèderait à elle seule 50% du village et de ses richesses.

80 personnes auraient une religion, dont 40 seraient forcées de la pratiquer (sous la contrainte ou par la coutume) et 20 autres ne la pratiqueraient pas. En outre, 5 personnes la pratiqueraient malgré des risques pour leur survie.

La bibliothèque du village ne serait accessible qu'à 24 personnes, les autres en seraient interdites. La salle de cinéma serait utilisée chaque semaine par 1 personne, toujours la même.

L'électricité serait coupée environ 50% du temps, faute de moyens. 30 personnes gaspilleraient 90% des ressources naturelles et énergétiques du village.

5 personnes seraient déjà parties en vacances. On prévoierait que 10 personnes le feraient d'ici 5 ans."