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Je réclame le lynchage

Par Le 28/06/2013

"Monsieur R.

 

Je vous adresse cet exemplaire de mon roman car je revendique le droit au lynchage médiatique. En effet, je ne suis qu’un instituteur perdu dans une petite vallée des Alpes, je ne connais personne dans le gotha des people, je n’ai pas accès aux médias et, comme de surcroît, je suis pétri de principes moraux dont je n’arrive pas à me défaire malgré une longue psychothérapie, je suis condamné à rester incognito et à continuer à vendre mes écrits dans des volumes misérables.

Je réclame par conséquent le droit à bénéficier de ce lynchage médiatique si puissant pour les ventes, cette reconnaissance de tous, cette mise en lumière, l’intégration à cette masse frénétique des stars conspuées mais rentables.

 

Je n’ai pas de femme de ménage par manque de moyens financiers et surtout parce que je trouverais cela inconvenant et même si c’était le cas, une agression sexuelle proférée par un instituteur n’intéresserait personne d’autre que le correspondant local du journal régional. Insuffisant pour doper les ventes de mes romans. Je pourrais à la rigueur agresser la dame qui fait le ménage dans ma classe le soir, quand l’école est déserte et qu’elle manie avec dextérité le manche…à balai. Je pourrais facilement la menacer de renvoi si elle venait à se plaindre. Je lui suis supérieur tout de même. Mais voilà, je n’arrive pas à me faire à cette idée d’une quelconque supériorité sociale. Je sais bien que vous trouvez cela absurde mais je vous l’ai dit, je suis un cas irrécupérable.

 Bon, alors, je pourrais m’en prendre à mes élèves et pratiquer des attouchements sexuels. Jamais, ils ne se plaindraient, ils auraient trop peur. Mais rien que d’avoir écrit ça, j’ai envie de vomir. Je n’ai pas d’histoire de pédophilie à raconter, ni actuelle, ni ancienne. Et d’ailleurs, si jamais, je venais à être informé de quoique ce soit de ce genre, je déclencherais aussitôt un tsunami policier et judiciaire. Ça me semble tellement évident. Vous voyez, je n’aurais même pas pu entrer dans les Ordres.  

Toujours ces principes moraux qui me condamnent à rester incognito.

 Je pourrais peut-être proférer des paroles racistes envers les enfants maghrébins de ma classe mais, moi, je ne suis pas un politicien et je serais certainement condamné, je perdrais mon poste et je ne pourrais plus subvenir aux besoins de ma famille sans être certain que le scandale suffise à assurer les ventes de mes livres. Le risque est vraiment trop grand. Pas assez de sécurité au regard de l’audimat.

 Je pourrais éventuellement entrer en string dans un magasin et brailler comme un goret dans un mégaphone, un guignol a usé de cette technique, j’ai oublié son nom mais je sais qu’il est aujourd’hui très riche et célèbre ou encore mieux pendant la montée des marches au festival de Cannes, là où je serais filmé mais c’est tout simplement ridicule et c’est une des grossières erreurs de l’évolution des espèces de n’être pas parvenu à tuer tous ceux qui postulent volontairement au ridicule et à l’outrage. Le problème de la surpopulation aurait été réglé.

 

Je pourrais aussi raconter dans mes romans des turpitudes adultères et révéler au grand jour, la vie privée de mes amantes mais je n’en ai pas étant donné que j’aime infiniment la femme qui partage mes jours et que je me satisfais de contempler la beauté ineffable de la gente féminine. Et d’ailleurs, il aurait fallu que je sois déjà un célèbre ex présentateur du journal de TF1 pour que ça ait une incidence réelle sur la vente de mes romans.

 

Voilà  d’ailleurs, le fond du problème. Pour exploser les scores des écrits, aussi insignifiants soient-ils, il faut déjà être célèbre. Je n’ose imaginer les ventes des prochains livres de tous les protagonistes de ces différentes affaires. Leurs ignominies sont si bien mises en scène.

 

Alors que moi, simple instituteur, ma vie ne sera jamais étalée au grand jour, c’est trop insignifiant. Je n’aurai jamais l’aura de ces puissants, je n’aurai jamais cette couverture médiatique.

 

Et mes principes moraux me condamnent à l’anonymat.

 

Je pourrais essayer de passer dans une télé réalité mais je ne suis pas une blonde à forte poitrine, ni un ancien sportif, ni un éphèbe, ni un macho décérébré, ni un border line, ni un acteur délaissé, enfin rien de tout ce qui remplit les castings. Juste un instituteur totalement basique et on sait à quel point aujourd'hui, ce métier ne porte aucune aura.

 

C’est pour toutes ces raisons que je réclame votre indulgence et souhaite par-là bénéficier de toutes les critiques les plus virulentes, que mes écrits soient vilipendés, qu’ils soient jetés en pâture dans les griffes les plus acérées de vos chroniqueurs les plus acerbes, qu’ils abandonnent toute retenue et profitent de cette opportunité pour mettre en lumière leurs immenses talents. Je suis tout disposé à subir les pires outrages et à en remercier les auteurs.

Je ne cherche pas la reconnaissance du milieu littéraire mais juste l’étalage au grand jour de mes insuffisances d’écrivain. Ce lynchage médiatique sera pour moi un fabuleux tremplin. Comme pour tous les autres.

 

Mes principes moraux m’interdisent toute autre voie.

Je compte sur votre rage.

 

Recevez Monsieur l’assurance de mes sincères salutations.


Réponse : (Mille mercis à Eléa (site IPAGINATION)

Monsieur L, 
 
Nous sommes au regret de ne pouvoir donner une suite favorable à vos adjurations. Vous comprendrez bien qu'un petit instituteur, reclu dans un coin perdu des Alpes où l!air est pollué d'oxygène ne peut décemment faire l'objet d'une quelconque médiatisation même des plus négatives.
Il nous parait évident que si notre lectorat et/ou nos téléspectateurs se rendaient compte de l'existence de valeurs morales, nous assisterions à une vraie débâcle, un cataclysme sans précédent. Vous affirmez que votre petite vie n'intéresserait personne mais personne ne devrait savoir que des gens tels que vous existent! 
Enfin, que diable, réfléchissez! Croyez-vous que la ménagère de moins de cinquante ans ait envie de découvrir l'existence d'un monde sans prétention? Et que faites-vous des parts de marché, du mercantilisme et pire de notre Société de consommation?
Vous citez en exemple les figures de demain qui seront des références comme jadis Hugo l'aura été pour certains d'entre nous!!! 
Encore une fois croyez-vous que le métier même d'instituteur ne soit  pas suffisant à votre malheur? Qui rêve encore d'apprendre aux enfants à lire, écrire et compter? Voyez comme le monde tourne, Monsieur L et finissez par croire que votre talent est désuet! Pourquoi parler donc de promouvoir votre écriture même dans le mauvais sens quand bientôt on nous dira que lire et quoi penser???
Nous ne pouvons donc pas prendre le risque que votre talent, vos bons sentiments et votre sens moral envahissent le paf!
Recevez, Monsieur L, l'expression de nos sentiments intéressés.
 
Ps: ci-joint le numéro d'un très bon psychothérapeute et allez vous faire soigner! ;)

Autobiographique

Par Le 25/06/2013

Message de Magali Aïta, l'auteure de "L'amour au bout du clic", un roman sur les rencontres par internet.

"Aujourd'hui, j'ai eu un appel peu ordinaire... Celui d'une journaliste, Zone Interdite, Capital, Investigations, Reportages etc... J'ai été repérée chez Ladies Room. Elle pensait que mes textes, mes nouvelles, étaient du vécu. Et bien non, je suis mariée avec trois enfants, tout va bien."

Dimanche 23 juin 2013

1ère de couv L'Amour au bout du clic

"J'allume mon ordinateur, je suis bien installée sur la table basse du salon, la télé en fond sonore. J'ai les mains moites, comme si j'allais commettre une bêtise, honnêtement je suis un peu stressée. Ce que je suis en train de faire va à l'encontre de mon éducation catholique et de mes valeurs personnelles auxquelles je suis tant attachée. Je suis arrivée à un tel point de solitude, que je suis prête à passer au-delà et à me laisser tenter par l'amour virtuel. J'essaye de me rassurer comme je peux en me disant que des tas de personnes le pratiquent déjà et qu'elles en sont contentes.
Ce sera mon secret, personne ne sera au courant. Un pan de ma vie rien qu'à moi, dont mon entourage n'aura pas connaissance. À compter de ce jour, c'est sûr tout va changer. Un nouvel univers m'ouvre ses portes, j'accède à un monde inconnu, que je m'étais jusqu'alors interdit."

220 pages - ISBN : 9782342006063 - Romans - Edition brochée

Disponible en format papier ou ePub.

 


 C'est très révélateur du système cet appel téléphonique.

L'auteur ne doit pas être un individu "ordinaire". C'est lui qui sera "vendu" et pas son livre. Si Magali avait dit que c'était autobiographique, demain elle passait à la télévision...

Je devrais avouer que "Jusqu'au bout" est entièrement autobiographique, de toute façon, je n'ai laissé aucune trace de mes meurtres, personne ne me coincera. J'ai eu des relations homosexuelles, j'ai couché avec Natacha, la transsexuelle, j'ai tourné dans un film porno, je fume du shit, j'ai dézingué Brohou, Jacquot, Kernaïs, la Pennec, le curé, j'ai démoli les deux casseurs de bouteilles à Pen-Hir, j'ai tiré sur les CRS à Plogoff avec mon lance-pierres.

Je n'ai juste pas eu le courage d'enlever mes élèves. Mais il n'est pas dit que je ne passerai pas à l'acte un jour, il suffira que je les aime assez pour ça.

Message lancé aux journalistes. Je suis un auteur déglingué, prêt à faire exploser l'audimat. J'ai également gardé des photos des meurtres et de mes ébats.

Le premier qui me contacte touchera le jackpot.


Où j'ai rangé mon shit, bordel.

 

Ipaginablog.

Par Le 23/06/2013

iPagination, un véritable passeport pour l’édition !

Publié par admin le 23 juin 2013

livre-qui-s'envole

iPagination, avec l’implication de ses membres, travaille farouchement depuis près de deux ans à faire valoir le talent d’auteurs qui ne bénéficient pas ou peu d’une visibilité suffisante pour accéder au graal de l’Edition.

iPagination Editions définit actuellement sa ligne éditoriale ainsi que sa charte graphique avec pour objectif d’être non seulement digne des trente-trois auteurs bénéficiant déjà d’une publication, mais aussi de préparer les futures éditions, notamment celles d’ici à la fin de l’année, mettant à l’honneur onze nouveaux talents.

Notre projet prend également sens auprès des éditeurs conventionnels, et nous en sommes fiers.

Deux de nos membres, au parcours identique, ont récemment trouvé un éditeur et nous avons décidé de leur laisser la parole pour témoigner de l’apport d’iPagination sur leur route vers l’édition.

Une inscription, un texte puis un premier commentaire qui marque : « C’est Marcel Faure qui a été le premier à commenter. Il disait avoir envie de lire la suite… », se souvient Thierry Ledru qui vient de signer un contrat d’édition numérique avec Numeriklivre.

Puis très vite, le partage et l’échange offrent une bouffée d’oxygène dans une passion jusque-là solitaire :

« J’ai vu des âmes qui ruisselaient de mots, des mains tendues à travers les écrans, des tristesses camouflées au creux des virgules, des apothéoses dans les trois points suspendus, j’ai vu les sourires se dessiner à la lecture des commentaires reçus, comme des bonheurs propagés, j’ai senti ce goût lumineux des nourritures spirituelles. La communion des âmes qui écrivent. J’avais trouvé le refuge espéré. »

Magali Aïta, alias La Chouette Bavarde, a elle aussi usé de la voix numérique pour se faire connaître grâce à son blog personnel avant d’intégrer iPagination pour élargir son lectorat et amplifier sa visibilité :

« Un chapitre chaque soir sur mon blog, avec Internet on abolit les frontières, c’est toujours surprenant. J’ai ensuite rejoint iPagination où j’ai déposé des nouvelles, mon roman, des poésies… c’est un succès immédiat. »

Au-delà du fait même de se faire connaître, c’est l’occasion aussi de se mesurer, d’éviter de se fourvoyer, de se remettre en question comme nous l’exprime Thierry :

« Cet instant où la souris clique du museau sur l’étiquette « commentaires » […], c’est parfois un rappel à l’ordre qui vient nourrir le goût immodéré du travail et je reprends l’ouvrage, j’affûte mes outils, je me pose devant la page, je retourne et triture dans tous les sens les suggestions proposées puis je cisèle, je découpe, je dissèque, je polis. »

A force de travail, d’humilité et de partages, Magali et Thierry finissent par s’ouvrir les voies de l’Edition. Thierry nous invite à cette phase de découverte :

« J’avais mis déjà quelques textes lorsque j’ai été contacté par une éditrice. Elle avait lu mes textes et souhaitait en lire l’intégralité. Une éditrice qui me contactait par le biais d’un site de littérature ? Depuis vingt ans que je les coursais et qu’ils se débrouillaient toujours pour me renvoyer au fin fond des jungles du doute et de la désespérance, je n’y croyais pas…

J’ai pensé à une embrouille. Elles foisonnent et se nourrissent de cette fameuse désespérance, contre vastes monnaies discordantes, des compliments somptueux jusqu’à l’émergence de l’espoir halluciné. »

iPagination n’est pas peu fière de ces résultats, car la Chouette avait déjà bénéficié d’une publication dans le recueil collectif Sens interdits des Editions éponymes avec sa nouvelle, Qu’importe le prix, racontant l’histoire d’une jeune fille participant à la révolution de Jasmin, en Tunisie. Son talent n’était pas passé inaperçu.

De même pour Thierry Ledru qui, à plusieurs reprises, a pu bénéficier des sélections des conseillers d’iPagination et prendre conscience de son talent et de ses prédispositions flagrantes à transmettre par l’écrit.

Il convient ici de souligner que l’enrichissement mutuel permet de franchir des étapes importantes, et que commenter le travail d’autrui est également nécessaire, comme nous le précise Thierry :

« Je n’ai pas délaissé les bonheurs de lecture pour autant. J’ai vu se créer une relation respectueuse de liseur et de lu, un échange de procédés humanistes puisque l’humanité se regarde quand l’humain l’écrit, l’opportunité d’apprendre aussi. Et j’ai beaucoup appris. »

Que ce soit avant ou après, cet apport compte comme le conclue Thierry Ledru : « Dans cette histoire, iPagination a joué un rôle inattendu. Avec le contrat d’édition signé, j’aurais pu succomber à l’appel de l’euphorie, des illusions ranimées, imaginer des succès planétaires, des milliers de courriers reçus, des invitations littéraires. Non, rien de tout ça parce que je lisais mes compatriotes et qu’ils étaient mes garde-fous, le maintien de mes pensées dans l’écrin de la lucidité, le goût immodéré du partage et de l’accompagnement bienveillant, fasciné, enthousiaste, ému jusqu’à en rêver la nuit. »

Vous retrouverez l’ensemble du témoignage de Thierry sur son texte, « Mille mercis ». Vous pouvez également vous procurer son livre « A cœur ouvert » aux éditions Numériklivres.

La Chouette Bavarde quant à elle, est déjà en phase de promotion et vous pouvez vous procurer son livre, « L’amour au bout du clic », aux éditions Mon petit Editeur. En fin d’article, vous trouverez les articles réalisés par le Dauphiné libéré, l’allevardin ou encore Magali en une de 20mn, l’édition de Grenoble pour relayer la sortie de son livre, mais aussi cette nouvelle forme de promotion qu’offre iPagination au service de ses auteurs.

Nous souhaitons à notre Chouette Bavarde et à Thierry Ledru, toute la réussite possible pour cette première sortie.

Ces résultats sont autant de succès pour iPagination qui rencontre actuellement de nombreux acteurs de l’édition professionnelle pour élaborer avec eux des projets d’avenir. Dans la volonté de partage qui nous anime, nous sommes pleinement disposés à répondre aux sollicitations qui pourraient survenir. Le succès des auteurs est au cœur du projet d’iPagination avec l’appui de toutes les bonnes volontés.

Chouette bavarde Dauphiné libéré

 

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L'arrière boutique.

Par Le 23/06/2013

Note de lecture

Titre :

 

Avis général sur le texte : Une vie brisée, un regard acide sur la société, une errance de plus en plus grande, des tentatives d’intégration avortées, des amitiés perdues, des amours gâchés, la destruction entretenue par des drogues de plus en plus dures, une désespérance associés aux mensonges de famille, au rejet parental, aux silences, aux non-dits, aux secrets les plus lourds…Le néant effroyable d’une vie.

 

 

Dans le tableau ci-dessous, points positifs / points négatifs :

 

+

Une puissance indéniable dans le récit, froid, dur, violent, une désespérance progressive, une fin inéluctable, les relations humaines, les silences, les mensonges, les secrets familiaux.

Les phrases surlignées en jaune doivent absolument être reprises. Il est inutile de vouloir faire de grandes tirades dans ce registre littéraire, le décalage avec l’histoire brise parfois le rythme mais rien de rédhibitoire.

Une narration cinématographique, des réflexions parfaitement imbriquées dans le scénario, des pensées redoutables, destructrices.

Il manque des virgules dans les phrases de type : Comp CIR+ GS+V+COD. Le Comp CIR DOIT être isolé par une virgule.

La dégradation humaine, nourrie par des règles sociales qui conduisent les êtres au désenchantement, à la haine, au rejet, à l’errance. Une noirceur effroyable…

Un titre qui ne parle pas, trop neutre au regard de la noirceur de l’histoire. « Inéluctable » conviendrait mieux, par exemple.

Notation (de 0 à 5)

Ecriture (niveau de langue) :

 

Orthographe : 4

 

Intérêt de l’histoire : 5

 

Personnages : 5

 

Qualité de l’intrigue : 5

 

 

Conclusion :

(en quelques lignes, avec avis de publication ou pas)

 

 Une qualité narrative indéniable : les sentiments, le mal être, la routine, la lassitude, les ruptures familiales, sociales, une société qui broie, humilie…Une capacité à maintenir une tension parfois insoutenable, la certitude des drames à venir, des flash back très bien construits, des révélations qui surgissent et éclairent le lecteur. Les relations père-fils, patron-ouvrier, mère-fils, les amitiés, les amours brisés…Rien ne peut sauver ces individus…Des scènes extraordinairement bien racontées (la mort de Pierre), des phrases couperets, tristes à pleurer, des violences ravalées qui nourriront les actes futurs, toujours plus loin dans les noirceurs, des flics violeurs qui finissent séropositifs et qui se flinguent…Une alternance magnifique entre les situations et les conclusions qui s’imposent, inéluctables. C’est le plus effrayant dans ce récit : tout devient inéluctable. Jusqu’au suicide…Finalement dans cette histoire, aucune vie ne vaut la peine d’être vécue, tant la peine qu’elle impose est destructrice…Terrifiant.

Avis très positif.

 


Voilà un exemple des fiches de lecture que j’écris pour mon éditeur.

 

Une réflexion qui s’impose.

J’ai eu la chance d’être directement contacté par Numeriklivres pour la publication de « À cœur ouvert ». Je sais pourtant que beaucoup d’auteurs se tournent vers l’édition numérique par dépit, que les refus des maisons classiques s’entassent sur leur bureau.

S’il en est de même pour ce roman, comment expliquer les refus ? Rien ne peut les justifier. C’est remarquablement bien écrit, même si quelques passages méritent d’être encore travaillés. Alors, quel est le problème ?

C’est très simple : cet auteur est inconnu. Comme moi et les milliers d’autres en France qui ne parviennent pas à décrocher le Graal. Un éditeur parisien me l’a dit un jour : « Vous écrivez très bien mais vous avez un gros défaut. Vous ne vivez pas à Paris et personne ne vous connaît. » Ça avait le mérite d’être clair.  

Il n’est qu’à voir le lynchage en direct orchestré par l’équipe de Ruquier envers une auteur qui a été publiée après un beau parcours sur un site littéraire. Une petite maison d’édition, aucun contact médiatique, aucun « sponsor people », les chroniqueurs s’en sont donnés à cœur joie. Eux, ils savent, eux, ils jugent, ils sont les maîtres à penser, ils détiennent le pouvoir…

 

Il reste donc l’édition numérique. Mais l’image qui lui est associée est celle d’une arrière boutique, des recoins sombres et malodorants, des produits délaissés qui tentent de survivre… C’est consternant mais très bien entretenu par les maisons classiques qui ne veulent pas lâcher l’os qu’elles rognent depuis des décennies. « Vous êtes publiés en numérique ? Bon, alors, c’est que ça ne vaut rien. »

 

Il semblerait donc que je ne sache pas écrire. Les médias que j’ai contactés ne répondent même pas. Pour eux, je ne suis pas un auteur digne de ce nom. Et puis de toute façon, pourquoi iraient-elles s’intéresser à un auteur inconnu ? Qu’est-ce que ça pourrait leur rapporter ? Et des romans à visées philosophiques en plus ! N’importe quoi…Le roman que je viens de lire par exemple ne les intéressera pas : « Une vision cauchemardesque de la société ? Non, mais vous n’allez pas bien, mon bon monsieur, c’est invendable ! »

 

La réussite, la voilà :

« Cinq nuances de Grey », meilleures ventes sur Fnac, Amazon et autres.

Résumé :

Romantique, libérateur et totalement addictif, ce roman vous obsédera, vous possédera et vous marquera à jamais.
 
Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier, jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête. 

Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble. 

Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets? 

 

Consternant…

 

Alors qu’en est-il pour ces quelques auteurs qui parviennent à entrer malgré tout dans des petites structures classiques, qui tiennent dans leurs mains leur ouvrage en papier. Et bien, ils les vendent à leur famille, à leurs amis, ils vont dans des salons et tentent d’intéresser une dizaine de lecteurs. Deux paramètres rédhibitoires : Personne ne les connaît et un roman-papier, ça coûte cher. Peu de gens sont prêts à payer quinze euros un auteur inconnu. Au moins, quand ils achètent du Lévy ou du Musso ou n’importe qui d’autre dont ils entendu parler à la télé, qui ont eu un article dans le Figaro ou autres boîtes soudoyées, ils sont rassurés…Ils entretiennent bien entendu l’abattoir littéraire, ils n’entendront jamais parler de tous les auteurs mort-nés. C’est de la cul-ture. Nabila sait se vendre, elle, et sa petite entreprise rapporte gros. Denisot qui l’invite au Grand Journal…On s’enfonce dans la fange…

Donc, il me reste à virer transsexuel, à me faire greffer deux lolos ou bien à enlever mes élèves, à éviscérer mon Inspecteur, enfin, à tenter par tous les moyens de passer dans la lucarne.

 

Revenons au numérique.

 

Le prix des romans est abordable comparé au livre papier mais soit les lecteurs ne sont pas prêts à franchir le pas technologique, soit ils ne connaissent pas l’auteur. Retour à la case départ.

Qui a acheté mon roman ces derniers jours ? Les gens qui ont lu mon blog ? Les gens qui me connaissent un peu ? (vu que je ne vois absolument personne, ça limite grandement…)

Je ne passe pas dans le Figaro magazine, Denisot n’a jamais entendu parler de moi, je ne gonflerai pas l’audimat. Fin de l’histoire.

Si je regarde sur Amazon, les livres numérisés existent déjà en papier. Dans ce sens-là, l’exploitation commerciale est possible et le transfert technologique intéresse les éditeurs. S’il ne s’agit que d’un roman numérisé, c’est comme s’il n’existait pas. Il faut rester lucide…

 

Y a-t-il une solution ?

Oui.

Elle passe par les lecteurs. C’est à eux de sortir des sentiers balisés, des tranchées dirais-je…C’est à eux d’entrer en résistance au lieu de collaborer aveuglément. Le même phénomène existe avec la télévision ou la musique.

Peut-on l’envisager, y a-t-il un espoir ?

 

Ou alors, si je ne sais pas écrire, qu’ils me le disent et qu’on en finisse. J'écrirai juste pour moi. J'aime bien ce que j'écris. C'est déjà pas mal. Il m'aura fallu vingt ans pour y parvenir. 

Les lecteurs ne comptent pas

Par Le 21/06/2013

C'est très symptomatique d'un mal profond.

Les médias décident de ce qui est bon ou pas, une nomenklatura "intellectuelle", le parisianisme dans toute sa "splendeur".

Et je sais de quoi je parle vu qu'un éditeur m'avait répondu que je savais écrire mais que j'avais un défaut rédhibitoire.  Je n'étais pas Parisien et je ne connaissais personne de connu.

Consternant.

Il ne reste plus qu'à vous, lecteurs et lectrices, de faire savoir ce que vous pensez et pas ce qu'on aimerait que vous pensiez.


Article
19 juin 2013

« On n’est pas couché » invite Agnès Martin-Lugand : que de mépris !

Agnès Martin-Lugand est maintenant plus célèbre pour son aventure littéraire que pour sa littérature : elle dépose son ouvrage sur le net en Décembre 2012, se retrouve trois mois plus tard en tête du hit parade du numérique d’Amazon avec plus de 8500 exemplaires vendus.

Elle est alors contactée par Michel Lafon qui décide de l’éditer, en respectant ses exigences. Les ventes démarrent. L’aventure est close et l’auteure est heureuse. Lui restera à prouver si elle est une vraie écrivain dans le temps ou tout du moins une écrivain honnête, ce qui est une autre histoire, la sienne. Mais on a envie de bien l’aimer quand à la question : quand devient on un auteur ?  Elle répond « quand on a un lecteur ». Car c’est la vraie question.

 

Ce conte moderne ou la fée bienfaitrice s’appelle internet, est symboliquement un signal fort sur la révolution de l’édition.  Il ne faut pas s’y tromper : le vrai débat est sur le dysfonctionnement des Maisons d’édition et leurs incapacités à révéler et surfer dignement (mais aussi commercialement) sur ce qui plait aux lecteurs. Il n’est pas question ici de parler de qualité (elles en sont capables). Mais nous le savons bien : elles sont toutes prêtes à plonger pour « Cinquante nuances de gris » ou pire si cela peut les sauver. Demain quel sera le vrai circuit pour se faire éditer quand on est inconnu (et qu’on a peut être du talent) ?

 

La télévision est sensée porter ces messages modernes et nous aider à comprendre l’aventure d’Agnès Martin-Lugand à travers son autopromotion accélérée sur les réseaux sociaux, nous faire comprendre en quoi elle est annonciatrice d’une nouvelle révolution de l’édition: le pouvoir est aussi à ceux qui lisent, pas seulement à ceux qui décident ce que l'on va lire. .

Agnès Martin-Lugand accède à la célébrité paradoxalement mieux que les journalistes qui l’interrogent et qui bénéficient eux de réseaux d’influence. Les temps changent.

 

Nous assistons à une descente en règle de notre écrivain à l’émission de Ruquier, expliquant que ce n’était pas du Proust (Marcel est donc le référent de ce que l’on doit sortir, c’est nouveau), que c’était un roman de gare (on ne peut donc plus lire dans les trains), qu’elle était psychologue et que c’était d’autant plus décevant (nos anciens métiers font de nous des bons ou mauvais écrivains). .. Et les journalistes de lire sur des tons grotesques la prose de notre invitée (Même Rimbaud n’y aurait pas résisté)…

 

Mais la palme de l’incompréhension revient à  Aymeric Caron qui déclare : « ...puisque le livre est mauvais, il n’a pas trouvé d’éditeurs ». Cela est grave, car (outre les milliers de livres édités de qualité désastreuses) cela témoigne de l’incompréhension de ce qui est entrain de se produire sur le marché du livre. Cette auteure a trouvé un éditeur malgré l’archaïsme des éditeurs (sauf un) par la seule magie de la rencontre d’un auteur et de ses lecteurs. Ces lecteurs ne se sont pas demandés s’ils lisaient du Proust, et s’ils avaient le droit de lire dans le train, et si l’auteure était une bonne psy. Cela signifie que pour une partie de la nomenklatura journalistique, le lecteur compte pour du beurre. Pas étonnant qu’on lise de moins en moins…

Christophe lucius

http://www.monbestseller.com/actualites-litt%C3%A9raire/1110-on-nest-pas-couche-invite-agnes-martin-lugand-que-de-mepris

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La mer gelée en nous...

Par Le 17/06/2013

Le 3 juin 1924 disparaissait à Prague Franz KAFKA, un des plus grands écrivains de langue allemande du XXème siècle.

"Nous avons besoin de livres qui agissent sur nous comme un malheur dont nous souffririons beaucoup, comme la mort de quelqu'un que nous aimerions plus que nous-mêmes, comme si nous étions proscrits, condamnés à vivre dans des forêts loin de tous les hommes, comme un suicide - un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous."
(Lettre à Oskar Pollak, 27 janvier 1913)
Photo : Le 3 juin 1924 disparaissait à Prague Franz KAFKA, un des plus grands écrivains de langue allemande du XXème siècle.
 
"Nous avons besoin de livres qui agissent sur nous comme un malheur dont nous souffririons beaucoup, comme la mort de quelqu'un que nous aimerions plus que nous-mêmes, comme si nous étions proscrits, condamnés à vivre dans des forêts loin de tous les hommes, comme un suicide - un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous."
(Lettre à Oskar Pollak, 27 janvier 1913)

La peur d'avoir peur.

Par Le 16/06/2013

La peur est juste un manque d'entraînement. 
C'est flagrant chez les enfants.
Si on les entraîne à observer en eux, non pas la peur mais celui qui a peur, les effets de cette peur ne sont plus paralysants mais euphorisants. Les adultes qui sont toujours dans des peurs invalidantes sont à mon sens des individus qui ont toujours fui la peur comme un ennemi ou à qui toutes situations engendrant des peurs ont été bannies. Finalement, ils ont atteint l'âge adulte en ayant peur d'avoir peur. Le mal est ancré.

La peur de la mort, la peur du vide, la peur de l'eau, la peur de ne pas être aimé...Je parle de peurs "irraisonnées" ou qui en tout cas n'ont aucune cause ancienne, aucun traumatisme profond...Celui qui a manqué de se noyer, on peut facilement comprendre par exemple. Mais le travail reste possible malgré tout. Je rencontre des enfants qui ont "des peurs sans source", par exemple, celle de plonger dans la piscine alors qu'ils savent nager ou de rater une évaluation alors qu'ils effectuent parfaitement les exercices préparatoires... De quoi ont-ils peur ? De l'inconnu souvent, de conséquences qu'ils imaginent, une pression qu'ils s'imposent, des errances intérieures. Leur imagination fait le reste. C'est là qu'il faut leur apprendre à observer en eux. Sinon, au fil du temps, les peurs se seront accumulées, elles auront tracé des sillons émotionnels, l'individu fera tout son possible pour ne jamais y retomber. Il aura peur de ses peurs. Un empoisonnement. Il n'en mourra pas mais il en souffrira et il finira par avoir peur de souffrir encore davantage...

La Marseillaise

Par Le 15/06/2013

La Marseillaise obligatoire à l’école : une escroquerie

Bernard Girard
Enseignant en collège
Publié le 09/12/2012 à 17h04

Le projet de loi de programmation sur l’école dévoilé ces derniers jours se signale surtout par le flou des principes affichés, remettant à plus tard les choix décisifs.

Il est néanmoins un domaine où le ministre de l’Education nationale n’a pas attendu les futures circulaires pour imposer ses options personnelles, en accordant une place démesurée, dans la formation des élèves, à la symbolique nationale, renforçant la sollicitude dont elle fait l’objet ces dernières années.

Pour l’éducation civique, la loi entend privilégier les symboles et les valeurs

La mission attribuée à l’école primaire, dans son article 26, est ainsi définie :

« [L’école] assure conjointement avec la famille l’éducation morale et civique qui comprend obligatoirement, pour permettre l’exercice de la citoyenneté, l’apprentissage des valeurs et symboles de la République, de l’hymne national et de son histoire. »

Sous la figure tutélaire de Déroulède, Peillon revendique l’héritage de ses proches prédécesseurs, Darcos, avec l’instruction civique et morale, et Chatel, l’instigateur des inénarrables leçons de morale à destination des écoliers.

Il confirme au passage qu’on a tout à craindre de la future morale laïque dont il avait d’ailleurs annoncé la couleur, avec des accents qui sentent la blouse grise et les bataillons scolaires : « Nous devons aimer notre patrie […] Apprendre notre hymne national me semble une chose évidente. » (Journal du dmanche du 1er septembre)

L’emploi de ce possessif – « notre » patrie, « notre » hymne – comme « chose évidente » montre au passage le peu de cas que fait le ministre de la liberté de conscience, celle des élèves, des familles, des enseignants et de l’exercice de l’esprit critique quand il s’agit d’un concept – la nation – qui pourtant ne va pourtant pas de soi et se révèle d’ailleurs à l’usage tellement brumeux et inconstant que ses thuriféraires se sentent tenus de le protéger par la force.

Depuis 2003 en effet, la mise en cause des symboles nationaux est érigée en « outrage » et passible de six mois de prison et de 7 500 euros d’amende. Avec ce qui ressemble à un délit de blasphème, la République, si fière de sa laïcité, n’a guère de leçons à faire aux Musulmans blessés par les caricatures de Mahomet …

Devenir français, est-ce bien nécessaire ?

Si c’est une des justifications de l’école que d’intégrer un enfant à un groupe, à une collectivité, on ne voit pas pourquoi cette intégration devrait s’accomplir, se limiter, trouver son achèvement dans le cadre étroitement borné et jamais défini d’une nation qui n’est jamais qu’un pointillé sur une carte et construction intellectuelle arbitraire.

Lorsqu’un enfant sort du ventre de sa mère, il est garçon ou fille et c’est déjà bien, pourquoi voudrait-on absolument qu’il devienne un « Français », plutôt que, tout bêtement, un homme ou une femme ?

On voit très bien que si l’école joue parfaitement son rôle lorsqu’elle travaille à intégrer des enfants à un groupe, une classe, un établissement, lorsqu’elle favorise l’entraide, la coopération entre les élèves – préoccupations que, d’ailleurs, elle ignore le plus souvent – au-delà, elle investit le champ de la conscience individuelle, du libre-choix personnel, domaines sur lesquels son intervention n’est plus légitime.

A-t-on encore le droit de considérer que les nations et leurs symboles n’ont jamais apporté rien d’autre aux siècles passés, et au nôtre encore, que des peurs, des haines, des guerres et de ruineux budgets militaires ? A l’école, manifestement, le libre-arbitre n’est pas le bienvenu.

La Marseillaise comme cache-misère

Naïve, cette obsession française pour les symboles nationaux et leur enseignement l’est certainement, comme s’il suffisait de faire s’époumoner des enfants sur le sang impur qui abreuve les sillons, pour former des citoyens.

Naïve certes, mais pas seulement, car l’apprentissage règlementaire de la Marseillaise obéit à une autre préoccupation peu avouable pour un responsable politique mais non moins évidente : mettre l’accent, à l’école, sur le côté formel des symboles de la République permet d’éviter tout questionnement, plus hasardeux, sur la justice sociale, un concept sur lequel la République n’est probablement pas irréprochable.

Pas davantage qu’elle ne l’est sur le caractère démocratique de ses institutions ou sur son respect des droits de l’homme, en dépit de l’étiquette de « patrie des droits de l’homme » qu’elle s’est abusivement attribuée.

Un abus de langage qui renvoie à la sempiternelle confusion entre nation, république, démocratie, trois notions qui ne se recoupent pas. L’attachement aux symboles de la République plutôt qu’à l’exercice effectif de ses principes : quelle signification peut avoir la devise républicaine – « liberté, égalité, fraternité » – aux yeux des enfants roms brutalement jetés à la rue la veille de la rentrée, leurs jouets, leur cartable éparpillés sur le trottoir ?

La Marseillaise permet également d’occulter que l’école reste l’un des plus redoutables outils de reproduction des inégalités, ce dont tous les gouvernements de droite comme de gauche s’accommodent. La Marseillaise est une escroquerie.

Un ministre hérité de la IIIe République

Il était un temps où la Marseillaise à l’école se faisait discrète. On ne s’en portait pas plus mal. C’est au milieu des années 80, avec les programmes officiels de 1985, rédigés sous la houlette du ministre de l’Education nationale de l’époque (un certain Chevènement) qu’elle a retrouvé son aura et son pouvoir de nuisance.

Presque trente ans plus tard, le paysage politique et intellectuel de la France a beaucoup changé : la xénophobie et le racisme s’expriment librement, la peur de l’étranger est un sentiment largement répandu, l’égoïsme national gangrène l’action politique et l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite fait désormais partie du possible.

Et la Marseillaise, en créant de toutes pièces des réflexes identitaires dans les consciences enfantines, en favorisant le développement de représentations mentales erronées et potentiellement nocives, ne serait pour rien dans cet état de fait ?

Les prochains programmes scolaires sont en cours de rédaction : ce que l’on sait déjà des intentions officielles en matière de civisme, avec un ministre dont les références idéologiques semblent incurablement calées sur la IIIe république, laisse dubitatif sur les proclamations affichées de rénovation du système éducatif.

http://blogs.rue89.com/journal.histoire/2012/12/09/la-marseillaise-obligatoire-lecole-une-escroquerie-229148