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Discours de la servitude volontaire
Par
Thierry LEDRU
Le 13/07/2010
Etienne de la Boétie en 1549
Un texte d'actualité...
"L’état de nature voudrait donc que les sociétés soient « égalitaires » où personne ne pourrait détenir du pouvoir sur les autres. C’est-à-dire le contraire de la servitude que connaissent les peuples. La première cause de la servitude est donc l'oubli de la liberté, et la coutume de vivre dans une société hiérarchisée où règne la domination des uns sur les autres. "La première raison de la servitude volontaire, c'est l'habitude"; "la première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c'est qu'ils naissent serfs et qu'ils sont élevés dans la servitude".
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire
L’une des raisons de ce maintien de la servitude est que les tyrans usent de plusieurs stratagèmes pour affaiblir le peuple. D'abord, le peuple est engourdi par le théâtre et les passe-temps ludiques. La Boétie condamne ainsi ces « drogueries » : Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie. Le tyran allèche ses esclaves pour endormir les sujets dans la servitude. Il accorde des largesses à son peuple sans que celui-ci se rende compte que c'est avec l'argent même soutiré à ses sujets que ces divertissements sont financés. Ils font parfois, avant de commettre leurs crimes, de beaux discours sur le bien général et la nécessité de l'ordre public. D'autres utilisent l'artifice de la religion pour susciter la crainte du sacrilège, utilisant la tendance de l'ignorant à la superstition. La Boétie, dans un siècle pourtant marqué par les guerres de religion, distingue Dieu du pouvoir. Le pouvoir n’est pas d’origine divine, mais vient bien de la servitude des hommes.
Par
Thierry LEDRU
Le 26/06/2010
Le principe fondamental du gouvernement démocratique et populaire, c’est-à-dire le ressort essentiel qui le soutient et le fait mouvoir (…), c’est la vertu (…)." C’est en ces termes qu’en 1794 Robespierre définissait les principes de morale politique devant présider à la conduite des affaires publiques. Ce n’est pas pêcher par anachronisme que d’affirmer que cette logique garde, aujourd’hui encore, toute sa validité. Pourtant, le dernier ouvrage d’Yvan Stefanovitch, La caste des 500. Enquête sur les princes de la République, tend à mettre en lumière la tendance de la classe politique hexagonale à former un microcosme de plus en plus fermé et fort de privilèges exorbitants. Quelles sont la signification et les implications de l’existence même de la "Caste", cette excroissance que l'on ne retrouve pas sous une telle forme dans les autres démocraties occidentales? S’il est difficile de contester que cette "Caste" existe en soi, existe-t-elle pour soi ? Si à l’évidence les "500 princes de la République" ont en commun divers vues, parcours et intérêts, partagent-ils réellement une conscience de "Caste" ?
La politique, un métier à part entière ?
Yvan Stefanovitch renforce le constat selon lequel la politique est devenue un métier. Il n’est d’ailleurs pas le seul à le penser et à l’écrire, à l’étranger comme dans l’Hexagone. C’est, par exemple, le cas de Peter Oborne en Grande-Bretagne. Ce journaliste politique a, en effet, publié en 2007 un livre au titre éloquent : The triumph of the political class. Cette professionnalisation de la vie politique est allée de pair avec une certaine oligarchisation, laquelle n’est toutefois ni un phénomène récent ni propre à la politique. Elle représente la tendance manifestée par un groupe social restreint, collectivement défini à travers la naissance, la fonction et les possessions, à se réserver l’essentiel du pouvoir, sous la forme d’une oligarchie. En grec, d’ailleurs, oligarchia signifie commandement de quelques uns. L’oligarchie s’oppose, par définition, à la fois à la monarchie et à la démocratie. Pourtant, c’est ce qui semble se passer en France avec l’émergence de véritables dynasties républicaines, avec tous les paradoxes que l’expression suppose et toutes les virtualités antidémocratiques que la généralisation du phénomène implique.
Particulièrement discrète, cette "Caste" compterait environ 500 membres cumulant mandats parlementaires et territoriaux. Ils vivent pour et de la politique. Certes ils incarnent la Nation, mais depuis les années 1970 les membres de ladite caste ne font l’objet d’aucune forme de contrôle. "Conjuguant la visibilité de leurs fonctions avec l’opacité de leurs moyens, de leurs privilèges et de leur pouvoir" , les informations les concernant ne sont pas pléthore. Bien qu’opaque et relativement officieuse, la "Caste" serait incontournable. L’essence de son pouvoir est "monarchique". Yvan Stefanovitch avance, à cet égard, deux éléments explicatifs : d’une part, les évolutions de la législation n’ont pas suffi à enrayer la montée en puissance du cumul des mandats ; de l’autre, les lois de décentralisation adoptées depuis 1982 ont élargi les champs de compétence des collectivités territoriales et ont permis aux parlementaires de se hisser à la tête d’exécutifs locaux. "Ainsi débarrassés du contrôle tatillon des préfets, continue Y. Stefanovitch, ces énarques, fonctionnaires et apparatchiks de parti sont devenus les princes de la République, parlementaires respectés à Paris, voire ministres, et roitelets féodaux dans leur lointaine province."
Titre du livre : La Caste des 500. Enquête sur les princes de la République
Auteur : Yvan Stefanovitch
Éditeur : Jean-Claude Lattès
Collection : T'as pas cent balles
Date de publication : 20/01/10
N° ISBN : 2709629879
L’incroyable défense d’Eric Woerth
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-incroyable-defense-d-eric-woerth-77237
On savait que Nicolas Sarkozy était un champion de la défausse, voilà qu’il vient d’être rejoint par Eric Woerth qui vient de gagner la médaille d’or du cynisme et de l’invraisemblable. Ce cher (ah ah) homme a utilisé deux arguments :
- que cet enregistrement du majordome de madame Bettencourt n’a été fait qu’en prévision de la future réforme des retraites, tout en sachant à l’avance que ce serait un an et demi plus tard Woerth le futur ministre ;
- que la fille de Liliane Bettencourt n’a remis à la police cet enregistrement qu’uniquement pour mettre des bâtons dans les roues du cher ministre et certainement pas pour servir ses intérêts ;
- que le procès, qui va avoir lieu début juillet, n’a eu sa date fixée qu’uniquement en prévision anticipée de la future nomination de Woerth au ministère du travail et que la justice avait calculé la date en regard de celle de déclaration d’Eric Woerth des décisions sarkozyennes pour régler le problème des retraites.
- soit en tant que ministre il est d’un incompétence rare car il ignore tout de la première fortune de France - qu’est-ce qu’il faisait donc au ministère du budget ? - soit il ment ;
- soit en tant que trésorier de l’UMP il avait un poste fictif soit il connaissait d’évidence les plus grands donateurs à son parti - comme le prouve l’article du Matin ainsi que le repas offert au Bristol à ceux-ci avec la présence de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République(ce qui n’est qu’un scandale de plus) et il ment ;
- soit son épouse (que les conversations enregistrées donc libres et par évidence ne pouvant être un jeu pour accuser l’un ou l’autre), engagée à sa demande (selon ces mêmes conversations enregistrées) dans la société qui gère la fortune de la fortunée dame, n’ignorait rien de ce à quoi sert ce genre d’officine (la fraude fiscale massive) - et le double fait d’être l’épouse d’un ministre et que celui-ci fût celui du budget ne fait qu’empirer les choses - et cela est gravissime (je serais Hermès, je ne serais pas très heureux de cette nouvelle recrue) soit c’est un engagement fictif pour complaire à un ministre du budget et c’est à nouveau gravissime. L’un c’est dire que la femme du ministre - au passage il ment quand il dit qu’il a révélé la liste des fraudeurs, il n’a fait qu’en parler et n’a fait que négocier avec certains fraudeurs - qui a pour vocation de lutter contre l’évasion fiscale, l’organise, l’autre c’est dire que l’on a engagé sa femme fictivement pour obtenir en échange un retour de son ministre de mari car c’est sur son insistance que cela fut fait.
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Thierry LEDRU
Le 20/06/2010
Toujours cette alternance en moi du désir d'être le plus possible informé et un rejet de ce monde...
Est-il si essentiel d'être informé, conscient de la "réalité" de cette humanité étant donné que j'y évolue ? Est-ce que j'ai besoin de ces "connaissances" pour pouvoir me positionner et adapter mes actes, m'engager à mon niveau dans des luttes incessantes ? Le vomi constant des médias qui se repaissent de tout et de rien ne contribue-t-il pas à une certaine forme d'aliénation ? Toutes ces pensées qui se bousculent ne deviennent-elles pas un obscurcissement d'un cheminement intérieur ? Mais si ce cheminement s'exclut de son environnement et se concentre sur une dimension intérieure, est-il dans une illusion forcenée, une fuite édulcorée par des relents de "sagesse", de connaissance spirituelle ? A quoi cela va-t-il servir dans le marasme de l'environnement ? Est-ce que cela va contribuer à améliorer la situation ou ne va-t-elle pas contribuer à la valider par une absence d'engagement ?
Il faudrait sans doute établir un équilibre...Mais dans ce cas là, ne vais-je pas manquer par l'inconstance et la faiblesse des engagements un cheminement potentiel, comme un sportif qui chercherait à progresser un peu en vélo et un peu en course à pied alors que musculairement les deux activités sont antinomiques...Spirituellement parlant, est-il envisageable d'avancer puissamment dans les deux dimensions ? Vont-elles se nourrir mutuellement ou s'annihiler ? Comme un contre poison qui viendrait réduire les effets du poison mais agirait lui-même comme un élément toxique dans l'organisme...
Interrogations sans fin...Mais peut-être que l'interrogation elle-même est favorable à l'évolution de l'individu. Le questionnement n'est-il pas le seul remède au sommeil ? Les réponses ne sont peut-être qu'une illusion. Comme si l'épuisement venait instaurer la fin des dilemmes.
Quelle sera la prochaine question ?
Et bien, voilà, elle vient elle-même de se poser...
C'est reparti pour un tour.
Par
Thierry LEDRU
Le 20/06/2010
LE livre de ma vie.
http://www.jmrw.com/News/Moitessier/Moitessier.html
Je l'avais trouvé à la bibliothèque du lycée, j'étais en seconde, en Bretagne, j'ai commencé à le lire, pendant le cours de math, en cachette, sur les genoux, des pages au hasard et puis j'ai senti comme un four en moi, une chaleur inconnue, des frissons, les larmes, j'ai demandé à sortir, l'infirmerie, le prof m'a laissé partir, devait bien voir que ça n'allait pas, je suis allé m'asseoir dans un coin planqué et j'ai lu.
Je n'avais pas de voilier, juste une planche à voile.
Alors je me suis tourné vers les montagnes pour trouver ma longue route.
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Thierry LEDRU
Le 19/06/2010
Les enseignants qui prennent des cours...
Par
Thierry LEDRU
Le 18/06/2010
On n’arrête plus la privatisation des études. Longtemps réservée aux lycéens et étudiants, le « cours de soutien payant » s’adresse désormais aux…enseignants eux-mêmes ! La logique est la même : surfer sur la crise du système éducatif public en « offrant » de pallier à ses manques. Puisqu’il est de notoriété publique que les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) ne préparent pas les futurs profs à la réalité de leur métier, il n’est pas étonnant que des établissements privés se soient engouffrés dans la brèche.
Selon un sondage CSA publié cette semaine, seuls 16% des enseignants débutants estiment que l’IUFM leur a fourni des outils et des méthodes directement applicables en classe. Les autres, ces milliers de jeunes profs parachutés en ZEP qui éclatent en sanglots en plein cours deux jours après la rentrée, seront autant de clients potentiels : on imagine déjà les bénéfices que ces écoles pourront tirer de leurs cessions « gestion de votre première classe »…
Car ces leçons sont loin d’être gratuites. Chez Forprof, comptez 600 euros pour 30 heures de cours répartis sur une semaine avant la rentrée. C’est moins cher chez Prépa-Public, qui demande 275 euros pour 25 heures. Les deux organismes se défendent de profiter d’un système en déshérence, quand ils n’affirment pas agir par pur altruisme. « Moi aussi, je préférerais que le public joue son rôle et forme correctement les futurs enseignants !, s’insurge Carol Huron, directrice de Prépa-Public. Mais ce n’est pas le cas. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On ferme les yeux et on laisse nos enfants face à des profs mal formés, sacrifiant ainsi plusieurs générations d’entre eux, en attendant que l’Etat se réveille ? »
Les établissements privés accompagnant les aspirants profs dans la préparation du concours existent depuis très longtemps. Certains proposaient déjà des stages pour les lauréats s’estimant mal préparés à la tenue d’une classe, mais ils ne rencontraient que peu de succès. La récente réforme de la formation des enseignants, la fameuse « masterisation », leur a permis d’augmenter leurs effectifs. Concrètement, l’année d’alternance, partagée entre stages sur le terrain et cours théorique, a été supprimée : dès septembre, les jeunes profs seront envoyés devant des élèves… sans bénéficier de séances de débriefing. C’est là que les établissements privés interviennent : « refus de l’autorité, violence physique et verbale, relations avec les collègues et les parents d’élèves, tous les problèmes qui se posent à un jeune professeur seront abordés à travers des cas concrets et avec l’intervention d’une psychologue, d’enseignants en exercice et professeurs de l’IUFM », explique Carol Huron. Qui ajoute : « les jeunes enseignants savent ce que le concours réformé leur fait perdre. Du coup, on a beaucoup de retours positifs pour le stage d’août prochain ».
En supprimant l'alternance, le gouvernement a sans doute réalisé de belles et bonnes économies. Mais il a du même coup, ouvert la voie à un marché de formation privée, créneau immédiatement occupé. Seuls perdants : les jeunes profs qui devront désormais payer pour être correctement formés, ou du moins se sentir un peu plus armés pour gérer nos adorables enfants
Source: Marianne2.fr
Par
Thierry LEDRU
Le 09/06/2010
Il n'y a pas que BP qui soient coupables. C'est tout le sytème.
Des erreurs sur les noms d'experts en vie marine, des espèces menacées qui ne sont pas présentes dans la région, une sous-estimation des risques... Les plans anti-marée noire de BP pour le golfe du Mexique, validés par les autorités américaines l'an dernier, sont truffés d'omissions et d'erreurs flagrantes, montre une analyse de l'Associated Press.
Le plan régional de 582 pages et un autre de 52 pages qui porte spécifiquement sur la plate-forme Deepwater Horizon, dont l'explosion le 20 avril est à l'origine de la marée noire, minimisent fortement les dangers d'une fuite incontrôlée de pétrole tout en exagérant la capacité de la compagnie pétrolière britannique à gérer une telle situation.
Dans les scénarios de marée noire échafaudés par BP, les poissons, mammifères marins et oiseaux ne sont pas sérieusement touchés, les plages restent immaculées et la qualité de l'eau n'est qu'un problème temporaire. Et ce, pour une fuite environ dix fois plus importante que celle de Deepwater Horizon...
Loin de ces projections optimistes, Billy Nungesser, président du district de Plaquemines, en Louisiane, souligne les dégâts déjà causés par la marée noire dans sa région: "la vie telle que nous la connaissons a disparu de 1.200 hectares de marais et nous continuons à perdre de précieuses zones humides tous les jours".
Les plans de BP comportent des postulats foncièrement erronés. La méthode retenue pour calculer le volume de la marée noire est ainsi peu crédible. Elle diffère de la méthode "classique" acceptée internationalement, qui aurait donné des estimations 100 fois supérieures...
Il y a aussi des oublis fâcheux. Le courant marin qui devrait envoyer à terme une partie du pétrole vers la Floride et le long de la côte atlantique n'est par exemple mentionné nulle part.
Les plages souillées étaient censées être à l'abri de toute pollution selon les plans, BP promettant de réunir assez de bateaux pour ramasser le pétrole avant qu'il n'atteigne les côtes. Un engagement qui semble rétrospectivement absurde.
Le groupe affirmait que les moyens mobilisés permettrait de récupérer 75 millions de litres de pétrole par jour dans l'eau, soit en gros la quantité qui s'est déversée dans le golfe depuis six semaines. Pourtant, la nappe s'étend aujourd'hui sur quelque 8.500km carrés, selon Hans Graber, de l'université de Miami, et seule une fraction du pétrole a pu être récupérée. En outre, une partie de la nappe -on ignore précisément quelle quantité- a sombré au fond de la mer ou se trouve quelque part entre deux eaux.
Le plan régional de BP estime, sur la base de modèles informatiques, à 21% le risque que du pétrole atteigne les côtes de Louisiane moins d'un mois après une marée noire. Dans les faits, une traînée de pétrole a rejoint le delta du Mississippi seulement neuf jours après l'explosion de Deepwater Horizon, bientôt suivies par des boulettes de brut. D'autres zones souillées par le pétrole étaient présentées par BP comme ne courant aucun risque.
Pour les oiseaux, les tortues et mammifères marins en voie de disparition, BP s'est montré beaucoup trop optimiste, affirmant qu'il n'y aurait "aucun impact négatif" en cas de fuite de Deepwater Horizon.
Pourtant, on note déjà les effets dévastateurs de la marée noire sur la faune locale. Plus de 400 oiseaux mazoutés ont été traités et des dizaines d'autres retrouvés morts, couverts de pétrole. Plus de 200 tortues et plusieurs dauphins victimes de la pollution se sont échoués sur le rivage, ainsi que d'innombrables poissons.
Selon BP, l'éloignement de la plate-forme, située à 80km des côtes de Louisiane, devait éviter les problèmes de pollution du littoral. Encore un jugement erroné.
Une des erreurs les plus frappantes de BP est d'avoir cité le professeur Peter Lutz dans le plan régional comme étant l'un des experts à contacter en cas de marée noire. Il est présenté comme un spécialiste de la faune de l'université de Miami. Problème: cet expert en tortues marines a quitté Miami il y a près de 20 ans pour une autre ville de Floride, Boca Raton, mais surtout, il est décédé quatre ans avant la publication du plan. Dans la même veine, les noms et numéros de téléphone de plusieurs experts de l'université A&M du Texas sont erronés.
Autre énormité: un chapitre consacré aux "ressources biologiques sensibles" dresse une liste des mammifères marins comme les morses, les lions de mer, les loutres de mer et les phoques. Pourtant aucun de ces animaux ne vit dans la région du golfe du Mexique.
Les plans de BP n'ont pas anticipé les problèmes les plus évidents et en ont réfuté certains qui se sont pourtant avérés prépondérants depuis le début de la catastrophe. En réponse à une série de questions de l'AP, des responsables de BP et du ministère de l'Intérieur, qui supervise l'autorité de régulation des forages pétroliers (Minerals Management Service, MMS), ont reconnu que les plans du groupe pétrolier posaient problème.
"Nombre des questions que vous soulevez sont exactement celles qui seront examinées par la commission présidentielle et d'autres enquêtes sur la marée noire", a assuré Kendra Barkoff, porte-parole du ministre de l'Intérieur Ken Salazar. AP
Par
Thierry LEDRU
Le 08/06/2010
Je sens bien depuis quelques temps à quel point cette humanité me pèse, en tout cas la part visible, celle qui nous est montrée par les médias parce que ce sont des thèmes vendeurs, parce que l'audimat flambe dès qu'on utilise le mot "guerre", "terrorisme", "crise," "banlieue", "islam, "Iran","Corée" etc...etc...J'ai cherché à rester informé, j'ai surfé pendant des heures pour trouver des infos parallèles, des sources épurées, indépendantes, pas les canaux gouvernementaux ou leurs vassaux.
Le dégoût. Il ne m'en reste que du dégoût.
J'enseigne à mes élèves l'Histoire de cette Humanité et rien n'a changé, aucune évolution. Je ne parle pas de la technologie, de la médecine, du confort et de ce qui fait notre quotidien dans les pays "développés", technologiquement développés, mais de la spiritualité. De la connaissance de Soi, de cette capacité à rester dans une observation constante, dans une analyse fine de ce qui constitue la part profonde de notre existence. Sur ce versant là, nous continuons à errer du même côté de la montagne...Le sommet est très loin. Alors, nous ne parvenons même pas à imaginer ce qui peut se trouver de l'autre côté.
Cette semaine, en classe, nous avons travaillé sur "le cas de conscience". J'ai proposé à mes élèves plusieurs situations. Nous avons par exemple regardé le film "Effroyables jardins", le documentaire "Apocalypse" puis "D day".
Nous avons longuement discuté de ces cas de conscience que ces hommes et ces femmes ont dû assumer...
Et je leur ai demandé aujourd'hui de réfléchir sur un cas qui les concerne : " Que feriez-vous si quelques personnes de qualité, des gens objectifs, parvenaient à prouver que notre façon de vivre condamnait le phénomène du Vivant ? Arriveriez-vous à changer vos objectifs de vie, à vous détacher du modèle proposé par la société dans laquelle vous vivez ? Comment vous y prendriez-vous ?"
La semaine prochaine, une réalisatrice qui a entendu parler de ma façon de travailler avec des enfants d'école primaire va venir filmer les enfants sur un débat dont le thème est : la responsabilité. C'est un cas de conscience essentiel.
Une expérience enrichissante.
Un peu de soleil intérieur.
Il m'est difficile en fait de me couper de ce monde extérieur qui me pèse et de rester actif dans la bulle spirituelle qui me concerne justement parce que je vis constamment avec ces enfants. Je ne peux pas leur mentir. Ce monde, ils devront l'éprouver, le supporter et si possible le changer plutôt que de se contenter de le subir et de s'y adapter au mieux. c'est sans doute notre "lâcheté" et notre désir immodéré de profiter du modernisme qui a condamné cette génération montante à oeuvrer pour une autre Humanité. Je n'ai pas le choix. Je dois rester là.