Tous les jours, je peux trouver sur FB ou ailleurs, des témoignages de ce genre.
Nos gouvernants, par la voix du roi en place, nous disent que "nous nous sommes adaptés au changement climatique."
Yann Barthès, sur son plateau télé climatisé, clame que "tout le monde a chaud", comme s'il existait une équité dans la situation.
Deux de nos enfants travaillent dehors. Ils cuisent.
On connaît des maraîchers. Ils cuisent.
Comme des millions de travailleurs.
Non, il n'y a aucune équité dans la situation de cuisson.
Certains sont morts, les personnes âgées les premières. Il y en aura d'autres dans les prochains jours.
Aucun homme ou femme politique, aucun financier, aucun milliardaire, ne va mourir de cette canicule, ni de la prochaine qui nous est déjà annoncée avant même que la nature et donc nous-mêmes n'ayons récupérés...
Yann Barthès, comme tous les autres animateurs, seront toujours là en 2040 pour nous dire que tout le monde a chaud, non, très chaud.
Je pourrais parler également des milliers de milliers d'animaux morts dans les élevages intensifs. On peut penser d'ailleurs qu'ils n'y vivaient pas avant même la canicule mais qu'ils y survivaient.
J'ai connu un exploitant en Bretagne, j'avais son fils dans ma classe, il avait un élevage de dindes, c'était dans les années 1980 et j'étais effaré par la mortalité dont il me parlait déjà à l'époque, rien que par la promiscuité... Quant aux gens qui se disent tristes devant cetté hécatombe, combien parmi eux mangent encore de la viande issus d'élevage intensif ? Ils ouvrent les yeux juste aujourd'hui sur cette horreur ? Alors, on peut considérer que cette crise est bénéfique...
L'Enracineuse
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Ca suffit !
J’en ai assez d’essayer de rester positive.
Je ne suis pas une « vraie » paysanne, de celles qui nourrissent les humains. Je ne fais que faire naître des arbres pour replanter des haies et des forêts et nourrir les autres, les non humains, les oiseaux, les insectes, les petits mammifères... prendre soin de la vie. Parce que sans eux, l’humain ne survivra pas.
Pourtant, ce soir, pour la première fois, je me suis sentie une vraie paysanne. De celles qui se débattent pour tirer de la terre de quoi nourrir le monde. J’ai compris cette attachement à la terre et ce sentiment d’impuissance face aux éléments.
Pourtant, on pourrait faire des choses… On le sait. Le GIEC et tant d’autres nous le disent depuis années, des décennies… Victor Hugo l’évoquait déjà au 19ème siècle. Des mesures concrètes sont inventoriées, publiées, proposées depuis des années.
Et ? Rien… Des petits colibris s’épuisent à chercher des gouttes d’eau pour éteindre l’incendie. Pendant que les pélicans se prélassent sous la clim et nous expliquent comment il convient de boire de l’eau.
Ce soir, je suis fatiguée. Fatiguée et en colère.
2 heures minimum d’arrosage par jour (habituellement, c’est 2 arrosages par semaine uniquement pour ne pas habituer les arbres à trop d’eau).
Des repiquages à l’arrêt sous peine de tuer les jeunes plantules qui ne supporteraient pas la transplantation avec ces chaleurs. Et donc, le risque soit de perdre tous ces jeunes plantules qui n'ont plus la place de ce développer en terrine, soit qu'elles n'aient pas le temps de grandir assez si jamais les températures baissent enfin suffisemment pour que je puisse les repiquer.
Des collectes de graines impossibles avec ces températures (d’ailleurs, les forêts sont déconseillées à cause des risques sévères d’incendie).
Le catalogue de la pépinière à réaliser en urgence pour l’envoyer aux élus et tenter de leur faire prendre des décisions indispensables pendant qu’ils se souviennent de l’horreur de cette canicule et du besoin d’arbres, avant qu’ils oublient...
Des journées à rallonge. Je tente de prendre soin des bébés arbres, de faire bouger les choses pour de bon, tout en préservant ma santé et celle de mes enfants fragilisée par les températures. Et malgré tout ce que je fais, les arrosages pluri-quotidiens, l’ombrage du sous bois, malgré tout, les feuilles commencent à cramer.
Certains de ces arbres sont issus de graines collectées en 2022 et 2023. 3 à 4 années de soin pour réussir à proposer les arbres dont nous avons besoin pour vivre.
Et ils brûlent.
Et ils crament.
Sous mes yeux.
Et les « grands » de ce monde, que font-ils ?
Plus de 40°C. Déjà 2 vagues de chaleurs fin juin. Des records explosés tous les jours. Des animaux qui meurent par milliers, des forêts qui s’assèchent, des humains qui suffoquent. « Qui aurait pu prédire ? ». « Nous nous sommes adaptés au changement climatique. » Mais les arbres meurent, messieurs et mesdames les « puissants ».
Et nous ne leur survivrons pas.
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