La source est à sec.
Le potager survit péniblement. Les jeunes arbres souffrent le martyr.
On ne peut plus rien, nous sommes démunis.
Je pourrais poster des dizaines d'études, des constats, de tout ce qu'il faudrait engager à l'échelle de la planète toute entière et je sais que rien n'adviendra. Pour les gouvernants, la situation n'est pas encore assez grave et c'est effrayant de l'écrire. Ils nous parlent de climatisation, c'est à dire une méthode qui aggrave le problème général. Des fous.
Les services de pompiers alertent, les incendies ont démarré.
La mortalité chez les animaux ne peut même pas être comptabilisée. Celle des humains ne fait que commencer.
Les sécheresses sont générales sur le pays. Ici, dans "l'Ardèche verte", les champs sont grillés. Encore une ou deux semaines et on commencera à voir les feuillages jaunir dans les forêts.
Je n'ai pas envie d'écrire ici et je ne lis plus rien sur les réseaux sociaux. Quand je vois des smileys rigolards sur des articles climatiques, j'ai juste envie de tuer ces gens.
Je vais faire comme les arbres, entrer en "survie".
Qu'est-ce que le stress hydrique ?
Hêtre dépérissant - ©Lilian DUBAND/ONF
Un léger manque de pluie n'affecte pas les arbres. L’éponge que constitue le sol va leur permettre de bénéficier de l’eau emmagasinée lorsque les pluies ont été plus abondantes. Tant que la terre n'est pas trop asséchée, les arbres peuvent donc se développer sereinement.
En revanche, la situation se complique lorsque le manque de précipitations se prolonge et que le réservoir en eau du sol n’est plus rempli qu'à 40 % et moins. A ce stade, les arbres souffrent du manque d'eau, plus difficile à extraire par les racines, on peut alors parler de stress hydrique. Les gros et vieux arbres, qui ont besoin de plus d'eau que les jeunes, sont particulièrement touchés.
C’est ce qu’on constate quand les sécheresses se succèdent ou sont plus intenses. Les feuilles des arbres flétrissent, roussissent puis tombent pour leur permettre de faire des économies d’eau. Les fortes températures brûlent également les feuilles qui ne deviennent plus fonctionnelles et tombent.
Quand les arbres arrêtent de transpirer, l’humidité atmosphérique qui protège les feuilles des rayonnements du soleil disparaît. Les feuilles situées en plein soleil sont brûlées et tombent quand celles demeurées à l’ombre restent vertes .
Brigitte Musch, cheffe de département ressources génétiques forestières à l'ONF
Le manque d’eau, un risque réel pour les arbres
La défoliation précoce
Si les sécheresses se répètent ou se prolongent, lorsque chaleur et sécheresse se conjuguent, les arbres n’ayant plus d’eau à disposition dans le sol, ferment leurs stomates et se débarrassent de leurs feuilles pour limiter leur transpiration et leur respiration. Les moyens de défense en place les affaiblissent.
Avec une fermeture partielle des stomates voire une chute trop précoce des feuilles, les arbres se retrouvent alors "sous-alimenté en carbone" car ils ne peuvent plus faire suffisamment de photosynthèse et doivent puiser dans leurs réserves. Or, ils ont en besoin l'année suivante pour refaire des feuilles. Les arbres deviennent également moins aptes à se défendre contre les insectes, les champignons et les maladies.
"La défoliation peut également s'accompagner de mortalité de petites branches, puis de branches plus importantes, or moins il y a de branches, moins il y a de feuilles. Et si la sécheresse dure, les arbres peuvent aussi produire de plus petites feuilles l'année d'après. Ils font ainsi moins de photosynthèse, moins de réserves pour l'hiver… C'est un cercle vicieux" précise Brigitte Musch, cheffe de département ressources génétiques forestières à l'ONF.
La cavitation
Quand le besoin en eau de l’arbre est trop élevé par rapport à l’eau disponible dans le sol et que les stomates ne sont pas totalement fermés, des bulles d'air se forment dans les vaisseaux de l'arbre et empêchent la conduction de l'eau, créant une embolie qu’on appelle cavitation.
« Quand il n’y a plus d’eau dans le sol, les arbres aspirent de l’air. Comme chez les humains, les bulles d'air bouchent les vaisseaux et causent la mort des branches qui étaient irriguées par ces vaisseaux » explique Brigitte Musch.
La sensibilité à la cavitation est très variable d’une espèce forestière à l’autre : certaines espèces comme les saules y sont très sensibles, d’autres comme les cyprès, adaptés à des climats chauds, sont plus résistantes.
La conjonction du manque de réserves, de la sensibilité face aux attaques diverses et du niveau de cavitation peut entraîner le dépérissement de l’arbre et à terme sa mort.
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