Coupes rases.

Depuis quatre ans qu'on est là, on n'a jamais vu autant de coupes rases. On marche beaucoup, on court dans les bois, on roule à VTT et à vélo de route. Il n'y a pas une sortie où on tombe sur des zones ravagées. Ne pas entendre un concert de tronçonneuses, c'est devenu rare. A croire que tous les "exploitants" forestiers du pays sont ici.

Demain, on part, on a vendu la maison. On change de région. Ici, dans dix ans, il n'y aura plus de forêts, de vraies grandes et riches forêts. Il n'y a aura que des plantations de résineux. 

On recommence tout à zéro. On laisse 350 m² de potager, une mare et plus de deux-cents plantations.

 

"C’est pas de la gestion forestière, c’est du pillage" : en Creuse, l'association Canopée dénonce les coupes rases

Ce mardi, l’association Canopée est passée par la Creuse et les coupes rases qui sévissent à Châtelus-le-Marcheix et laissent les habitants dans un profond désarroi.

 

Article réservé aux abonnés

Par Julie Ho Hoa

Publié le 25 mars 2025 à 20h16 • 

A Châtelus-le-Marcheix, dans l'ouest de la Creuse, plusieurs coupes rases ont défiguré le paysage. Le même constat est fait dans le reste du département. © BARLIER Bruno

« Ça  me donne envie de pleurer, franchement. » Régine Foltzer n’ose même pas se retourner vers la coupe rase qu’elle est venue dénoncer. Un pan de massif épluché à perte de vue, des sols retournés jusqu’aux rives du Thaurion qui coule en contrebas. Pas loin d’une dizaine d’hectares d’une forêt de feuillus coupée à blanc sur des parcelles appartenant « à un groupement forestier, des gens qui n’habitent même pas là ».

@Bruno Barlier

Les premières coupes ont eu lieu il y a un an et depuis « ça s’amplifie. Dans tous les coins de la commune et partout autour, partout sur la Creuse », constate cette habitante de Châtelus-le-Marcheix et ancienne adjointe. Elle a profité du passage en Creuse du chargé de campagne forêts françaises de Canopée, Bruno Doucet, pour organiser un rassemblement sur cette coupe rase « d’une ampleur impressionnante ».

Une forêt entière de feuillus destinée au chauffage et au papier

En longeant les grumes de chênes et de hêtres de bons diamètres, on croise les estampilles « CBB » (pour Comptoir des bois de Brive, filiale de découpe de Sylvamo), « tritu » (pour trituration c’est-à-dire broyage) ou encore « chauffage ». Ce bois est sans doute destiné, en grande partie, à l’usine papetière de Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne), une autre partie à faire des plaquettes ou des granulés.

Cette vidéo peut vous intéresser

Feed digiteka

@ Bruno Barlier

@ Bruno Barlier


 

« J’ai vu qu’il y avait un petit peu de hêtres, beaucoup de chênes, quelques résineux aussi plus bas. C’était une forêt qui était mélangée, qui est venue naturellement il y a peut-être 60-80 ans. Donc c’est le genre de forêt que l’on peut tout à fait améliorer, sans la détruire, avec d’autres pratiques sylvicoles », explique Bruno Doucet.

Partager :

Châtelus-le-MarcheixEconomieEnvironnement

 

 

blog

Ajouter un commentaire