Là-Haut

Euphorie de la violence

Thierry LEDRU Par Le 02/06/2026 0

 

Victoire du PSG.

Certains et certaines ont vécu leur plus belle soirée de l'année.

C'est dire...

Et dans cette euphorie survient la violence.

Elle est larvée, sous-jacente, n'importe quel événement suffit à la libérer. La masse a une propension bien connue à devenir folle.

Je poste ça parce que si jour, les trois tomes qui suivent "Les héros sont tous morts" sont publiés, si quelqu'un vient me dire que mes écrits sont exagérés, qu'ils dépassent la réalité, je rappellerai qu'un simple match de foot suffit à libérer les casseurs, que ce goût de la destruction, du pillage, de la violence envers tout le monde et n'importe qui, pas uniquement les forces de l'ordre et donc l'Etat, c'est un phénomène connu, déjà vu mille fois. Et qui se reproduira. 

Je laisse à chacun imaginer ce qu'il en serait si, un jour, pour X raisons, et ces raisons s'amplifient inéluctablement, le contrôle venait à échapper à l'Etat et que les masses devenues folles laissaient exploser cette violence. La question essentielle est simple : que deviendront les individus qui ne veulent pas de cette violence en eux ?

La dystopie en cours explore la violence, tout autant que l'amour. 

Les héros sont tous morts

Tous, sauf elle

Le désert des barbares

Terre sans hommes

Ces quatre romans décrivent une trajectoire.

Le premier explore les noirceurs humaines.

Le deuxième désigne ce qui survient quand les noirceurs nourrissent le chaos.

Le troisième montre ce qui apparaît quand les structures s'effondrent et comment s'organisent les survivants.

Le quatrième pose la question ultime : que devient le monde lorsque l'homme n'en est plus le centre ?

 

LE DESERT DES BARBARES

« Le silence. Tu n’imagines pas à quel point, j’ai rêvé de ce silence. Je l’ai même espéré. Mais je ne pensais pas que ça pourrait arriver en aussi peu de temps. L’humanité est une entité fragile, ça fait longtemps que j’en suis convaincu. Elle est fragile parce qu’elle porte en elle une puissance destructrice qu’elle n’imagine même pas. L’humanité s’est étendue depuis des millénaires avec une réussite totale, elle a tout conquis, elle s’est tout attribué mais il y a un élément qu’elle ne maîtrise pas, c’est sa folie. La folie de chaque humain, elle est en nous, en toi, en moi, n’importe qui. Nous la contenons, individuellement. Non pas juste par respect des lois, par peur des sanctions, par peur des représailles mais parce que l’amour de la vie reste le maître. Lorsque tout va bien. Mais maintenant, que la contamination est lâchée, les premiers fous libèrent les autres. Et la peur de la folie des autres réveille la folie de ceux qui ont peur. Rien ne peut arrêter ça. »

Elle ne trouva rien à répondre parce qu’elle avait connu la folie, il y a longtemps déjà, dans une autre vie, dans un aéroport, puis la folie d’un homme au volant d’une voiture, juste pour un sac de billets, pour le pouvoir de l’argent, jusqu’à décider de tuer ses propres équipiers et une femme qu’il ne connaissait pas, qui ne lui avait rien fait. La folie cachée en chacun et qui parfois prend les rênes. Est-ce qu’elle risquait un jour de basculer ? Est-ce qu’elle pourrait perdre le contrôle ? Est-ce que ce monde de chaos pourrait l’envahir au point de devenir folle à son tour ?

« Théo, il n’y a qu’une solution.

- Oui, Laure, je sais ce que tu vas me dire. Enfin, je pense le savoir. L’amour, c’est ça ?

- Oui, Théo, l’amour. Il faudra beaucoup d’amour.

- Mais je pourrais tuer mille hommes pour te sauver. Est-ce que je serais fou pour autant ? »

Elle se libéra de ses bras et se retourna. Elle devinait dans la clarté céleste l’intensité de ses yeux.

«  Il serait préférable de n’être jamais confronté à cette question.

- Nous le serons, probablement, toi comme moi. Un jour prochain, nous pourrons être obligés de tuer quelqu’un. Alors, je repose ma question. Serons-nous fous de le faire ? Et une autre question s’impose aussi. Est-ce que tu es prête à tuer quelqu’un pour me sauver, c’est à dire sauver l’amour que tu as pour moi ? »

Elle posa la tête contre sa poitrine.

« Oui. »

Il posa les mains sur ses joues et leva son visage.

« Et nous ne serons pas fous lorsque ça arrivera. Parce que c’est l’amour qui nous guidera. »

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