Jardin partagé.

Evidemment que c'est une voie à suivre. La Creuse est un territoire modèle :) 

 

En Creuse, il y a déjà une liste d'attente pour profiter d'une parcelle au tout nouveau jardin partagé de Saint-Vaury

Publié le 12/10/2023 à 10h04

En Creuse, il y a déjà une liste d'attente pour profiter d'une parcelle au tout nouveau jardin partagé de Saint-Vaury

Inauguration du jardin partagé à Saint-Vaury © Floris Bressy    

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La commune de Saint-Vaury a inauguré samedi 7 octobre un jardin partagé qui profite à quatorze familles. Le projet est victime de son succès. Il y a déjà une liste d’attente pour bénéficier d’un lopin de terre en plein cœur du bourg.

Colyne, 11 ans, est la benjamine du jardin partagé. Jean-Pierre, 75 ans, est le doyen. Le hasard du tirage au sort leur a attribué des parcelles voisines. Ils se sont lié d’amitié. « On ne se connaissait pas avant, confie le septuagénaire. J’ai discuté avec ses parents. On va faire un barbecue. Il y a tout ce qu’il faut sur place : des bancs, des tables… »

Ouvert il y a seulement six mois, le jardin partagé de Saint-Vaury semble déjà remplir l’une de ses promesses : créer du lien social, de la convivialité entre les habitants. Depuis le mois de mai, les jardiniers ont pris possession de leur petite parcelle de 25 m2. Ils n’ont pas de loyer à payer.

Des familles ukrainiennes

Des familles ukrainiennes accueillies dans la commune y cultivent des légumes. Le maire Philippe Bayol a rappelé la genèse du projet, lors de l’inauguration, samedi dernier : « C’est une idée qui a germé dans notre campagne électorale, ça faisait partie du programme solidaire de notre campagne. » Preuve que ce jardin répond à un réel besoin, « les quatorze parcelles ont été prises d’assaut, il y a même une liste d’attente ».

Il faut dire que le cadre est agréable, « bucolique » comme l’a souligné le maire. Le grand terrain de 2.400 m2 est situé dans le bourg de Saint-Vaury, sur les hauteurs de la ville, juste à côté de la chapelle Saint-Michel. La commune l’a acheté en 2019 à une propriétaire privée, Marie-Christine Dallier, qui souhaitait que cette friche reprenne vie. Son vœu a été exaucé. « C’est un vrai bonheur », a-t-elle lancé, samedi, en voyant les parcelles fleuries.

Les arbres ont été conservés. Des bancs et des tables en bois ont été installés par les services techniques de la commune. Un chalet permet d’entreposer le matériel mis à disposition des jardiniers (outils, brouettes, arrosoirs).

C’est le CFA du lycée d’Ahun qui a réalisé l’aménagement du jardin. « Beaucoup de partenaires ont été associés au projet : le centre hospitalier de Saint-Vaury, le collège, l’école », a détaillé Armelle Martin, adjointe au maire. Le centre hospitalier de La Valette a d’ailleurs une parcelle pour faire des activités thérapeutiques.

Un jardin bio

 

En ce début d’automne, il reste quelques légumes et des fleurs dans les carrés potagers. « Le jardin est destiné à produire des légumes que les gens vont consommer. C’est un projet social », a rappelé Philippe Bayol. La charte de fonctionnement précise que la culture doit être bio.

Sébastien a pu bénéficier d’une parcelle. Il habite dans le bourg de Saint-Vaury, tout près du jardin partagé. « Nous avons un terrain, mais il est trop petit pour faire un potager », explique le père de famille. Avec son épouse, ses deux enfants et sa belle-mère, il a pu faire pousser tout un tas de légumes cet été : courgettes, pommes de terre, salades, poivrons… « On voulait montrer aux enfants comment les légumes poussent, comment on jardine, poursuit-il. Et il y a le plaisir de manger de bons légumes. On a eu pas mal de courgettes et de tomates. » Sa belle-mère, Odile, a fait de la ratatouille qu’elle a congelée.

Colyne, la plus jeune à être titulaire d’une parcelle, a aussi eu une belle récolte. « C’est elle qui a tout planté. Son papa a juste préparé le terrain », raconte sa mère. L’adolescente aime jardiner. Elle a un grand potager à la maison, mais elle voulait venir ici pour retrouver ses copines ukrainiennes de l’école. Cabanes, goûter et pique-niques partagés ont animé le jardin cet été.

Des lectures et des concerts

 

« Il y a eu une diversité de légumes époustouflante, se réjouit Claude Lutrat, adjoint à l’environnement. Pour cette première saison, le bilan est positif. Et ce n’est qu’un début. » La mairie aimerait que les jardiniers constituent une association pour assurer la pérennité du site.

Elle souhaiterait aussi que le jardin devienne un lieu culturel et de rencontres. « Il y a la possibilité de créer des événements sur ce terrain, assure Armelle Martin. Actuellement, l’atelier tricot vient au jardin. Pourquoi pas développer des activités culturelles autour de ce jardin et avec la chapelle, comme des lectures ou des concerts ? »

Quel coût ?
Le projet de jardin partagé a coûté 50.000 euros. Il a été subventionné à 80 %. Les différents partenaires financiers sont l’Europe (Leader), la région Nouvelle-Aquitaine et la commune. La propriétaire du terrain a presque « donné » la parcelle de 2.400 m2 à la commune (elle a été vendue 1.500 €).

 

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