Là-Haut

S'adapter

Thierry LEDRU Par Le 27/06/2026 0

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S'adapter.

Les gouvernants usent à l'envi de ce terme mais c'est absurde.

Répondre séparément à chaque urgence, c'est appliquer un pansement sur la plaie mais être incapable d'anticiper sur l'accident suivant.

Changer durablement ne signifie pas que nous devons trouver les moyens de nous adapter. Cela signifie que nous devons cesser de fabriquer les conditions qui conduisent aux situations d'urgence.

Et ça, les gouvernants ne le veulent pas parce qu'ils sont persuadés que la population n'est pas prête à délaisser le mode de vie qui conduit l'humanité et une grande partie de l'ensemble du vivant à sa fin. Et il est malheureusement vrai que l'évolution des mentalités est si lente que les gouvernants n'ont encore, pour l'instant, aucune raison de changer de voie.

Chaque situation d'urgence sera inévitablement un cran au-dessus de la précédente.

Nous sommes en train de vivre l'année la plus froide du reste de notre vie. 

On n'en pouvait plus de voir le jardin-potager-verger dépérir. On a fait tout ce qu'on pouvait pour le protéger. On est parti une semaine faire des sommets dans les Pyrénées. Monter vers 3000 mètres en pleine canicule, c'est clair qu'on n'était pas nombreux. J'en arrive même à me demander si l'été ne va pas finir par devenir la saison la plus abominable. Les quelques personnes avec lesquelles nous avons discuté étaient effarées par les températures qu'on avait sur les sommets et bien évidemment tous les gens du coin nous répétaient qu'ils n'avaient jamais vu ça. 

Il leur suffira d'attendre l'année prochaine pour voir que ça n'était qu'une étape.

On ne s'adaptera pas à une augmentation générale de 4 degrés sur la Terre. On en périra, les uns après les autres. 

J'imagine que les milliers de scientifiques qui l'ont annoncé depuis les années 1970 sont partagés par deux sentiments : la satisfaction de voir que leurs études étaient justes et la désolation de voir qu'elles n'ont servi à rien. 

On est rentré pendant la nuit et ce matin, à 6 heures, on a fait le tour du terrain. 

Les protections ont limité les dégâts. La pergola au-dessus du potager et les paillasses qui la couvrent, les tipis que j'ai installés avec des vieilles planches au-dessus de chaque jeune arbre, les cagettes récupérées sur les marchés, les voiles d'ombrage, toutes les installations bricolées sauvent de la mort les plus résistants. 

Mais nous ne sommes qu'à la fin juin.

Si une autre canicule de la même ampleur arrive pendant l'été, les pertes, ici et partout en France, seront très, très grandes.

On attend la pluie...En espérant que ça ne soit pas de la grêle.

Et je me demande comment les maraîchers vont faire pour tenir le coup, physiquement, moralement et financièrement. 

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