Cohésion vibratoire

 

 

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"L'impression d'être au-dessus de leurs deux corps unifiés, une conscience qui s'observe. Il contemplait la danse de ses bras, les ondulations de son bassin, les arabesques de ses cheveux, il s’émerveillait du balancement hypnotique de ses seins.

Elle était venue le chevaucher, elle avait pris son sexe dressé entre ses mains et elle l'avait guidé entre ses lèvres...Embrasement, flamboyance, des galaxies d'étoiles pétillantes...

Il avait déjà connu cet état de conscience modifiée. C'était une nuit sans lune, des étoiles comme des flocons punaisés sur le tissu noir de l'Univers. Il était sorti manger une pomme. Il aimait ce rituel pendant les nuits d’écriture… Comme s’il laissait se reposer ses personnages, comme s’ils devaient élaborer eux-mêmes la suite de l’histoire avant de la lui transmettre.

 Un instant suspendu dans le silence de la nuit, l'immobilité du monde.

Il avait croqué une première bouchée, il avait longuement mastiqué, tourné la chair dans sa bouche, il s'était délecté du jus glissant dans sa gorge, il avait fermé les yeux et le noir de l'Univers l'avait envahi...

Deuxième bouchée. Le bruit de la chair déchirée, comme un don de vie, une création emplie d'énergie solaire coulant en lui, venant nourrir la Vie qui ruisselait dans ses fibres...Transfert d'énergie. La Vie se nourrissant elle-même.

Oui, c'était cela.

La pomme n'était pas une pomme. Et il n'était pas lui-même le bénéficiaire.

La matière n'était qu'une apparence mais il y avait autre chose à saisir.

Troisième bouchée...

Tout ce que nous mangeons a été nourri par la Vie et c'est la Vie qui vient nourrir la Vie en nous.

C'est là qu'il a senti qu'il n'était pas en lui. Une observation extérieure. Il avait conscience de manger une pomme mais il avait surtout conscience d'être en état de conscience.

J'ai conscience.

Je suis une conscience.

Les deux tournures n'avaient pas la même portée. Un choc immense.

La première expression maintenait l'individu dans une identification égotique. "J'ai conscience"...Comme on dirait "j'ai réussi", "j'ai de l'argent", "j'ai bien gagné ma vie". Une idée de l'avoir comme un objectif suprême.

La conscience n'était plus dès lors qu'une possession, une excroissance sortie d'un mental dominant, une raison qui s'observe...

Non, ça n'était pas cela, c'était trop insignifiant, trop réducteur, trop humain finalement. Un détournement du Réel pour enjoliver une réalité adorée.

"Regardez-moi, regardez-moi, j'ai conscience d'être moi..."

Dérisoire, d'une immaturité effroyable.  

Il n'avait pas conscience de tout cela... Il était la conscience de tout cela.

Et c'est là que tout avait basculé.

Il était la conscience. Et non pas lui-même. Il ne mangeait pas une pomme. Il mangeait la conscience matérialisée de la Vie.

Il avait déjà vécu cet état.

Non, mauvaise tournure.

Il avait déjà été dans cet état.

Non, mauvaise tournure.

Il avait déjà été cet état.

Oui, voilà, c'était cela.

Il était la conscience. Il n'était pas dans un état de conscience. Puisqu'il n'était rien d'autre qu'un support.

Il était en dehors du support. Il était en dehors de la réalité matérielle.

Il était le Réel. Il était la conscience.

Non, mauvaise tournure.

La conscience était en lui... Inversion des appartenances. Rétablir les hiérarchies. Il n'était qu'une expérience, une excroissance, une forme chargée d'explorer la Vie en elle-même. 

Nous étions tous des parcelles d'une conscience et l'acte d'aimer plongeait les individus dans la joie sublime de l'Univers qui s'observe.

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Elle s’était allongée sur lui, les pointes tendues de ses seins contre son torse. Enflammée par le désir.

Il avait plongé en elle comme au coeur d'un soleil. Il avait senti cascader dans ses fibres des particules vivaces, comme des courants électriques.

Il était au-dessus des deux corps unifiés et il voyait l'aura lumineuse enlacer d'une clarté orange les arabesques dansantes de l'amour en eux.

Connexion. Comme deux entités aimantées, imbriquées, emboîtées, fusionnées. Leurs sexes comme le point de rencontre du flux originel, reconstitution de l'Un dans les deux.

Se brancher sur l'énergie et la laisser se diffuser, user du canal corporel pour créer une passerelle.

Il avait plongé dans ses yeux et il avait vu la création se réjouir. Elle n'était pas elle, il n'était pas lui. Ils étaient l'énergie.

Il ne caressait pas simplement le corps de la femme qu'il aimait mais les particules unifiées d'une conscience et cette conscience les observait et jouissait de l'amour qu'elle diffusait en eux.

Du haut des cieux, il vit son corps se tendre et son sexe gonfler, il sentit le corps de sa Déesse s'ouvrir au flux électrique, il sentit le placenta qui les unifiait se charger de crépitements, il vit les étincelles, il suivit dans ses fibres le torrent se répandre, grimper dans sa colonne et jaillir de toutes parts, embraser le haut de son crâne, fondre en lui comme une avalanche de magma.

Et sitôt la marée répandue, son sexe se chargea de nouveau de la même puissance, érigé comme un canal lumineux et il vit l'antre adoré de sa compagne absorber le flux et se répandre en cascades, contracter les tissus, enlacer la verge de toute son ardeur. Comme au franchissement d'un col, il découvrit les horizons affamés de l'utérus, l'impatience de l'espace qui s'étend et réclame d'être comblé. La lumière cristalline se répandait comme une aurore, enflammait les cieux intérieurs, grimpait le long de la colonne, illuminait de frissons colorés chaque centre énergétique...

Il serra dans ses bras le corps électrisé et plongea plus haut encore. Comme si chaque pause se diluait à des altitudes inespérées, comme si les horizons à atteindre se révélaient inexorablement, infiniment...Infiniment...

Elle dansait sur lui, concentrant l’énergie dans son ventre, gémissante, envahie, désirante, elle voyait les parois les plus profondes gorgées de désirs, affolées, ruisselantes, cette idée soudaine qu’elle n’était plus elle, qu’une entité inconnue ouvrait en elle des espaces inconnus, que les explorations à venir contenaient des trésors dont elle ne pouvait avoir conscience, qu’elle devait laisser couler en elle le torrent qui ouvrait les brèches, brisaient les murs anciens, dévoilaient les horizons écarlates de l’Amour fusionnel. 

Elle libéra une nouvelle fois l'énergie contenue dans un spasme interminable.

Ils étaient la conscience de l'Univers et l'Univers jouissait en eux.

Cohésion vibratoire… »

 

 

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Je pense que notre exploration de la dimension sexuelle est incomplète.

S’il ne s’agit que d’un plaisir partagé, aussi puissant soit-il, s’il ne s’agit que de la conception d’un enfant, aussi extraordinaire que cela puisse être, il manque une expérience, il manque un maillon de la chaîne pour que la boucle soit fermée et qu’elle s’ouvre dès lors à cette dimension cosmique de l’extase…

C’est la cohésion vibratoire qu’il convient de trouver… Être avec l’Autre au cœur d’un champ énergétique, dans l’effacement de l’individu, dans le saisissement du flux vital en nous et hors de nous…

C’est là que le massage et la méditation deviennent incontournables.

Non pas à un massage comme une source de préliminaires mais un massage qui ouvre le champ des possibles quant à cette cohésion vibratoire…Il s’agit de se relier…

Celui qui donne est concentré sur ce qu’il transmet. Celui qui reçoit est concentré sur ce qui vient en lui. Et cette concentration crée une passerelle, un point de jonction spirituel, émotionnel, sensuel, méditatif…

Il ne s’agit pas simplement de masser un corps mais bien de créer une synergie, comme une bulle, une aura, une fusion de particules, une reconnaissance cellulaire.

Chaque geste, chaque contact, chaque pression, se doit d’être chargé en Amour. Un Amour sans autre intention que cette rencontre vibratoire.

Celui qui reçoit s’attachera uniquement à suivre méticuleusement le parcours des mains sur son corps, à ressentir intégralement le déversement en lui de cette énergie. Les pensées récurrentes sont à proscrire… Il s’agit de les laisser passer comme des grosses mouches cherchant la sortie.

C’est là justement que la pratique de la méditation prend tout son sens. Cette capacité à s’extraire des tourments quotidiens, des pensées parasites, des cheminements mentalisés, c’est à travers la méditation que l’apprentissage se fait.

Le massage, dans une cohésion vibratoire, viendra valider la pratique régulière de la méditation.

La sexualité devient dès lors, non pas seulement une expérience corporelle et émotionnelle, mais une exploration considérablement vaste de tout ce que chacun porte en lui. Comme un aboutissement, le calice divin dans lequel ruissellent tous les éléments de l’Amour.

 

 

 

Corps à corps, cœur à cœur, les âmes enlacées, ils connaissaient parfaitement le protocole, des mois de pratique, des heures à en parler.

Nus, sous les draps, les mains posées sur les peaux huilées, la douceur du patchouli embaumait le cocon de leurs corps imbriqués

Il aimait poser une main sur le creux de sa colonne, juste à l’orée des collines, il y devinait un bassin aux eaux claires, un petit lac de montagne nourri par des ruissellements de neige… Il sentait vibrer dans cette cavité des énergies cristallines. Parfois, le flux libéré cascadait entre les deux versants, dans l’ombre d’une faille… Aimanté par la Source intérieure…

L’autre main naviguait doucement sur les reliefs. Des effleurements délicats mêlés de pressions ou de rotations, dans cette dimension du don, cette réjouissance infinie du bonheur partagé.

Elle aimait poser sa tête sur sa poitrine, sentir la douceur de sa peau, le moelleux de sa musculature, rien de trop dur, rien de trop mou, un coussinet qui l’apaisait et l’invitait aux pensées suspendues.

Les mains se laissaient entraîner par l'Amour infini pour cette Présence sacrée.

Les lèvres qui se touchent, les souffles qui se mélangent, effleurements délicats, une reconnaissance cellulaire.

Accolés, corps à corps, cœur à cœur, nus, les âmes enlacées.

Respiration abdominale synchronisée.

Elle inspirait profondément et gonflait son ventre. Il expirait profondément et vidait le sien. Un mouvement parfaitement orchestré.

Ventre plein, ventre vide, ventre plein, ventre vide, l’un poussant l’autre, peau contre peau, l’autre repoussant l’un, dans une symbiose attentive, un accompagnement bienveillant, un regard tourné vers l’intérieur et l’intérieur tourné vers l’autre, une alternance hypnotique, une contemplation bienheureuse, juste cet émerveillement envers la vie qui coulait en eux dans la danse du souffle…

Longue expiration et la sensation profonde du ventre aimé qui entre en soi, une union par le souffle, par le silence, par la tendresse.

Ils sentaient battre les cœurs dans un tempo unifié et le rythme apaisé effaçait en eux toutes les pensées intrusives. Comme une bulle translucide qui les enveloppait. Deux chrysalides reliées par des étincelles vivaces, un placenta englobant leurs entités fusionnées.

Ils devinaient au bout de leurs doigts des particules agitées, comme des flux euphoriques, les parades amoureuses de leurs âmes dévoilées, sans identité, sans intention inavouée, juste cette plongée dans la Source de vie.

Longue descente intérieure…

 

 

Il sentit dans la profondeur de la respiration de sa compagne l’orée d’un sommeil qui s’installe, comme l’ombre des montagnes qui avancent sur la Terre, un drap de soie qui se pose sur les reliefs et l’agitation de la vie qui se calme, un abandon délicieux et confiant, le sourire intérieur du bébé contre les seins de sa mère, le bien-être et la pesanteur du corps qui se délie, s’ouvre au sommeil et à la paix, une citadelle métamorphosée, une terre d’accueil.

 

Les cœurs nus de leur corps enlacés, les âmes aimantées.

 

Amour tantra energie

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