Dérèglement climatique

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En Mongolie, par -50°C, un nouvel hiver extrême décime les cheptels

 

MONGOLIE - AFP - JEUDI 16 FÉVRIER 2017


Pékin (AFP)

Un phénomène climatique exceptionnel caractérisé par un hiver extrêmement rigoureux a décimé cette année dans les steppes mongoles plus de 40.000 animaux d'élevage et menace des dizaines de milliers de nomades, a averti la Croix-Rouge jeudi, lançant un appel international.

La Mongolie est de nouveau frappée cette année par un "dzud", phénomène climatique caractérisé par une vague de froid extrême en hiver faisant suite à un été caniculaire, a expliqué dans un communiqué la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge (IFRC).

La raréfaction des pâturages pendant l'été empêche les chèvres, moutons et vaches de se nourrir suffisamment pour supporter ensuite les rigueurs hivernales, lorsque les températures tombent sous les 50 degrés Celsius. Un givre et un enneigement excessif viennent encore compliquer l'accès des animaux aux couches de verdure.

Quelque 42.500 animaux ont déjà péri de faim et de froid, selon des chiffres des autorités mongoles actualisés début février. Or, un dzud avait déjà frappé le pays lors de l'hiver 2015-2016, tuant au moins 350.000 bêtes.

Mais "le chiffre d'animaux morts cette année devrait s'envoler de façon exponentielle dans les mois qui viennent", indique la Croix-Rouge.

En effet, "au printemps, lorsque les animaux donnent naissance, mais sont exténués par l'hiver, les risques sont très élevés qu'ils ne puissent trouver une nourriture suffisante, ni même les abris et les soins vétérinaires dont ils auraient besoin, et qui font défaut", a expliqué Nordov Bolormaa, secrétaire général de l'IFRC en Mongolie.

Un désastre de grande ampleur dans ce pays peu densément peuplé où un habitant sur trois se nourrit des bêtes qu'il élève.

La répétition pour la deuxième année consécutive de la catastrophe météorologique met "en danger" plus de 157.000 personnes, prévient l'organisation internationale, qui va apporter une aide d'urgence à 11.000 des foyers les plus durement touchés.

Lors de l'hiver 2015-2016, de nombreux éleveurs endettés avaient fini par vendre leurs animaux survivants, faisant chuter les prix sur le marché -- ce qui avait en retour amoindri les revenus des petits éleveurs, souligne Gwendolyn Pang, responsable de la Croix-Rouge à Pékin.

La perte de leur cheptel prive les familles d'éleveurs de leurs moyens de subsistance, les obligeant à émigrer vers les centres urbains, en lisière desquels elles installent leurs tentes, grossissant des bidonvilles dépourvus d'infrastructures élémentaires, indique-t-elle.

De l'avis de l'organisation, l'aide internationale reste très insuffisante face à cette tragédie mongole -- dont le caractère lent et peu spectaculaire rend plus difficile la sensibilisation de l'opinion.

En 2009-2010, lors d'un dzud dévastateur, qui avait amené l'hiver le plus froid de mémoire humaine dans le pays, au moins 8 millions d'animaux d'élevage étaient morts, selon des chiffres officiels. Carcasses gelées de chèvres, os et crânes jonchaient alors la steppe.

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Une synthèse de 80 études publiée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) s'alarme de la fréquence des évènements climatiques / © AFP/Archives/JOEL SAGET

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Le monde sous la menace d'évènements climatiques plus fréquents

MARRAKECH - AFP - MARDI 8 NOVEMBRE 2016


Marrakech (Maroc) (AFP)

Le réchauffement favorise déjà des évènements météorologiques extrêmes, en particulier des sécheresses et des vagues de chaleur : ce constat d'un rapport de l'ONU devrait inciter les pays réunis à la COP22 à Marrakech à agir vite pour éviter un emballement du système climatique.

"Le changement climatique provoqué par les activités humaines a favorisé de nombreux événements météorologiques extrêmes enregistrés entre 2011 et 2015", affirme l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans cette synthèse de près de 80 études publiées sur le sujet.

L'augmentation de la température moyenne mondiale a "augmenté les risques d'évènements extrêmes tels que vagues de chaleur, sécheresses, records de précipitations et inondations", a souligné dans un communiqué Petteri Taalas, le secrétaire général de l'OMM.

Les travaux de l'OMM, qui dépend de l'ONU, complètent la dernière synthèse du groupe mondial d'experts sur le climat (Giec), publiée en 2013.

S'il est impossible d'attribuer un évènement particulier au seul changement climatique, les travaux des climatologues démontrent que les épisodes extrêmes seront plus nombreux à mesure que le réchauffement sera plus marqué. D'après l'OMM, ce phénomène, coûteux en vies humaines et en dégats matériels, est déjà à l'oeuvre.

En passant en revue 79 études publiées par la Société américaine de météorologie, ses experts ont constaté que près de la moitié établissent un lien entre le réchauffement et l'évènement extrême en question. La probabilité d'avoir des températures extrêmes aurait "été multipliée par dix et même plus" sur la période étudiée (2011-2015).

 

Le président de la COP22 Salaheddine Mezouar, lors de la cérémonie d'ouverture du sommet à Marrakech (Maroc) / © AFP/FADEL SENNA

Plusieurs exemples sont cités : records saisonniers et annuels de températures aux Etats-Unis en 2012 et en Australie en 2013, étés chauds en Asie de l'Est et en Europe de l'Ouest en 2013, vagues de chaleur au printemps et en automne 2014 en Australie, record annuel de chaleur en Europe en 2014, vague de chaleur en Argentine en décembre 2013.

Contrairement aux températures, le lien entre réchauffement et précipitations extrêmes n'est pas écarté mais n'est pas aussi clairement établi sur la période 2011-2015, nuancent les auteurs du rapport.

- L'Afrique très touchée -

Les pays du monde entier sont réunis depuis lundi et jusqu'au 18 novembre au Maroc pour la COP22, qui doit faciliter la mise en oeuvre de l'accord de Paris scellé l'an dernier et qui vise à limiter le réchauffement à 2°C.

 

 

Au-delà de ce seuil, les scientifiques estiment que de nombreuses zones seront inhabitables, et redoutent un emballement des dérèglements climatiques. Or l'étude de la période 2011-2015 montre une accélération du réchauffement.

Juste derrière 2014, l'année 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée et a dépassé de plus de 1°C celle d'avant la Révolution industrielle.

 

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Les années 2011-2015 ont été la période de cinq ans la plus chaude pour tous les continents, sauf l'Afrique (2e période la plus chaude) : la température moyenne a été 0,57°C au-dessus de la moyenne de 1961-1990.

Le niveau de la mer a gagné en moyenne 3 mm par an depuis 1993 contre 1,7 mm/an entre 1900 et 2010, sous l'effet de la fonte des glaces (glaciers et Arctique) et de la dilatation provoquée par une température plus élevée.

Un autre rapport publié mardi à Marrakech a établi la liste des pays les plus touchés en 2015 par des évènements climatiques extrêmes.

 

 

L'Afrique, dont la contribution à l'explosion des émissions de gaz à effet de serre à l'origine du réchauffement est très faible, a été particulièrement touchée : le Mozambique arrive en tête, suivi de la Dominique, du Malawi, de l'Inde, du Vanuatu, de la Birmanie, des Bahamas, du Ghana, de Madagascar et du Chili.

De 1996 à 2015, près de 11.000 épisodes extrêmes ont tué plus d'un demi-million de personnes dans le monde et ont coûté plus de 3.000 milliards de dollars (2.700 mds d'euros), selon l'organisation Germanwatch qui a publié le rapport.

A la lumière de ces constats, les pays les plus vulnérables ne manqueront pas de faire entendre leur voix à Marrakech, notamment pour demander que davantage d'aide internationale soit consacrée à prévenir l'impact des catastrophes naturelles (systèmes d'alerte, digues, systèmes d'irrigation, plan d'urbanisme, système assurantiel, etc.).

© 2016 AFP


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