Formation et évolution

Sacrément puissante cette formation en sophrologie analysante, très profonde, existentielle, philosophique, spirituelle, émotionnelle... Alors que je vis dans une quasi solitude volontaire, je me retrouve à évoluer dans un groupe. Et je dis bien "évoluer" dans le sens complet du terme. Je bouge et je me transforme...

Et si je repense à toutes ces heures de formation que j'ai reçues pendant ma carrière d'enseignant et à l'insignifiance absolue des contenus, l'absence totale d'évolution de ma part, simplement parce qu'il n'y avait aucune raison que j'utilise dans ma classe des outils insignifiants, lorsque je pense à ces centaines d'heures perdues, gâchées, anéanties, alors que nous avions tous la possibilité d'évoluer, de grandir intérieurement, de nous découvrir, de comprendre nos fonctionnements, d'identifier des comportements connus chez les enfants, alors que nous pouvions entrer dans des pratiques réellement justes, utiles, bonnes, alors que nous avions la possibilité d'être des êtres et nons des fonctionnaires endormis par le ronron technocratique des conférenciers, quand je repense à ce gâchis et que je le compare à la puissance merveilleuse de la formation que je fais actuellement, je prends conscience, encore une fois, de la misère intérieure de ce milieu enseignant, non pas les enseignants eux-mêmes mais TOUS CEUX QUI GRAVITENT AUTOUR et ne sont que des parasites qui ne compprennent rien, hors leurs théories fumeuses qui n'ont jamais contribué au bien-être et à l'évolution des enfants. JAMAIS. 

En 32 ans de carrière, je me souviens de trois journées de formation professionnelle :

une sur les débats philosophiques (passionnant parce que l'intervenant connaissait réellement les enfants)

une sur la pratique du rugby (qu'est-ce qu'on s'est mis sur la tronche ^^)

une sur la création littéraire libre.

Trois en 32 ans de carrière en sachant qu'il y en a plusieurs, chaque année...

Il y en a peut-être eu d'autres qui contenaient quelques éléments applicables en classe. Ne pas jeter la salle de bain avec la baignoire et encore moins le bébé...Mais en tout cas, l'eau est sale...

Ce que je trouve consternant, c'est que cette formation professionnelle n'était pas dans son intention première une formation personnelle. 

Nous passons pourtant toute notre vie professionnelle face à des enfants et avec la charge immense de les accompagner au mieux. Et non au pire. 

Comment accepter l'idée que la formation professionnelle ne soit pas d'abord et avant tout une formation personnelle?

Je veux devenir thérapeute et je comprends pleinement cette nécessité absolue d'avoir éprouvé en soi les affres des patients. Il est évidemment impossible que je connaisse tout ce qui existe dans le domaine du mal-être mais j'en connais au moins les effets à défaut d'en connaître toutes les causes. 

Alors comment un enseignant peut-il être juste et bon s'il ne connaît pas toutes les étapes évolutives d'un enfant, s'il ne connaît pas les tourments qui l'assaillent, s'il ne parvient pas à identifier un symptôme, s'il n'analyse pas sa pratique autrement qu'avec son "cahier du jour" et ses progressions, s'il ne ressent pas dans le regard inhabituel d'un enfant un trouble incompatible avec le moindre apprentissage, s'il ne cherche pas à développer son intuition en la nourrissant de connaissances psychologiques ? 

Un enseignant est un thérapeute qui se doit de faire en sorte que ses patients ne tombent jamais malades par sa faute. C'est un thérapeute chargé de maintenir le bien-être tout en instaurant avec rigueur des apprentissages nécessaires.

Il y en a, ils existent ces enseignants-là, ils sont nombreux, eux aussi. Mais on ne les entend pas, ils ne font pas de bruit, ils ne cherchent pas à se faire connaître. Pour une raison très simple : L'institution ne les aime pas et les pourchasse.  

La classe est leur espace d'expression. 

Mais aujourd'hui, que leur reste-t-il ? 

L'espace se réduit, se réduit...

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