"Je veux arrêter d'être prof"

"Je veux arrêter d'être prof: j'adore mes élèves, mais j'ai du mal avec l'Education nationale"

 

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Les résultats d’admission du CAPES 2017 sont tombés la semaine dernière et 1.300 postes restent vacants à l’issue de ces épreuves, selon Le Monde. Fatima Aït Bounoua est venue expliquer les raisons d’un tel désamour pour cette profession, ce mardi, dans les Grandes Gueules.

 

Cette année encore, des milliers de places de profs sont restées vacantes à l’issue du CAPES 2017. Une impopularité de la profession toujours plus grandissante qui devient sérieusement problématique. Fatima Aït Bounoua, elle-même professeur de lettres, a apporté son analyse dans les Grandes Gueules, ce mardi.

Pour Fatima Aït Bounoua, les premières explications résident dans les réformes menées par le précédent ministère de l’Education mais aussi dans la faible attractivité financière. "Pour l’allemand et les lettres classiques, ce n’est pas un hasard. Vous n’êtes pas sans savoir que la réforme portée par l’ancienne ministre s’est attaquée à l’allemand et au latin. Donc effectivement, c’est un peu logique que certains se disent qu’être prof de latin n’ait pas d’avenir. Pour les maths, ce n’est pas non plus surprenant, le recrutement a changé et se fait après la licence. Pour le même nombre d’années d’études, en faisant un parcours scientifique, c’est plus attractif d’aller vers un métier d’ingénieur, où on est nettement mieux payé, que prof en commençant à 1500 euros".

"Il y a l'idée qu'être prof est socialement bas"

Si le point des salaires a son importance, ce n’est pas le seul. L’image sociale négative qui entoure la profession compte probablement davantage, pour Fatima Aït Bounoua. "L’attraction financière, oui, mais il y a aussi le regard social. Il y a l’idée qu’être prof est socialement assez bas et je me suis rendue compte qu’on avait vraiment changé de génération. Alors qu'à mon époque, en étant fille d’ouvrière, être prof représentait l’ascension sociale, c’était être utile, transmettre le savoir, quelque chose de magnifique.", détaille-t-elle.

 

 

"Lorsqu’on dit prof maintenant, on pense aux Profs, du film avec Kev Adams, avec le côté tir-au flan et ridicule ou Entre les murs, le professeur soit victime, soit tyran. Une image très négative du prof qu’est pas forcément attractive, et il y a une forme de réalité. Les clichés, même hyperboliques partent d’une réalité.", a-t-elle poursuivit.

"On a transformé la bienveillance en laxisme"

Une image dégradante qui pousse à présent Fatima Aït Bounoua à changer de vie. "Si je change de métier, parce que j’ai l’intention de changer de métier alors que j’adore ma matière, j’adore les élèves mais j’ai du mal avec l’Education nationale et j’ai du mal avec le déni. On a transformé le mot bienveillance en laxisme."

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