L'illusion de la quête

L'illusion...Oui, c'est bien cela. Lorsque mes hernies discales ont disparu, lorsque j'ai retrouvé ce bonheur de la marche, que les auras bleutées me parlaient la nuit, j'ai cru que j'étais passé à un autre stade, que j'étais entré dans une autre dimension, que je n'en sortirai plus jamais, que je baignerai infiniment dans cette ultime compréhension de la vie...Il n'en est rien.
J'ai récupéré le droit de marcher, je suis sorti de cette douleur immense, j'ai recommencé à vivre "normalement", les évènements exogènes ont repris le dessus, parce que je ne suis qu'un mari, père, instituteur, montagnard, écrivain. J'ai détesté cette rechute spirituelle, j'ai pleuré pour cet arrachement, cette disparition du bien être, j'ai réintégré ce petit moi. Mais là encore je me trompais. Je ne voyais que les effets de mon mental, ce joueur invétéré qui tenait là le moyen de se glorifier. J'ai mis longtemps à accepter cette vie, l'instant présent, j'ai mis longtemps à bénir ces "révélations" au lieu de ne voir que leur disparition. Rien n'avait disparu. C'était toujours là, en moi ou en Soi.
Tout ce que j'avais vécu ne venait pas de moi. C'était un cadeau. Ma colère devant la disparition de cette béatitude salissait ce cadeau.
Alors j'ai appris lentement, pas à pas, comme quand je marche vers les sommets, à aimer l'instant, à aimer cette vibration en moi, ce flux vital qui un jour s'était révélé au-delà de l'imaginable.
J'ai appris à ne plus être ce prétentieux qui réclamait davantage.

Aller vers le vide pour pouvoir recevoir, ne rien attendre, ne rien vouloir, je sais pourquoi j'aime autant ces paysages infinis dans lesquels rien de significatif ne surgit, rien de particulier, rien auquel le regard ne s'accroche. Tout ce qui accroche est un ancrage et on en oublie de se laisser porter.

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