La désobéissance fertile

La désobéissance fertile : vivre en symbiose avec la Nature

 

Le choix de Marine :

Marine, intra-terrestre.

Marine, Rémi, Léo

 

 

https://lareleveetlapeste.fr/la-desobeissance-fertile-vivre-en-symbiose-avec-la-nature/

« Nous avons choisi d’habiter un lieu d’une profonde poésie qui n’est pas animé par une haine du système, mais habité par du beau et du vivre-ensemble. La désobéissance fertile s’oppose à la destruction du vivant pour régénérer notre environnement. En assumant ce choix de vie, nous souhaitons que celles et ceux qui veulent vivre au plus près de la Nature ne soient plus traités comme des marginaux. » Jonathan Attias, pionnier dans la désobéissance fertile

29 avril 2019 - Laurie Debove

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La révolution aurait-elle lieu dans les bois ? Vivre au plus près de la Nature tout en participant à la régénération du vivant, sans attendre que la législation évolue en faveur de notre environnement : voici venu le temps de la désobéissance fertile.

Peuple de la forêt, hors-la-loi ?

Après la désobéissance civile, place à la désobéissance fertile ? Partout en France, des personnes expérimentent d’autres modes de vie, au plus près possible de la Nature, avec pour « objectif absolu de régénérer la Vie, sans se préoccuper des lois existantes ». Où la désobéissance civile dénonce une injustice perpétrée par une institution pour la changer, la désobéissance fertile veut permettre l’expérimentation et la création de nouvelles sociétés respectueuses du vivant, sans que ses habitants soient inquiétés par les forces de l’ordre.

« Aujourd’hui, c’est toujours l’économie qui prend le pas sur la Nature pour promouvoir de nouvelles lois. En étant obligés de chiffrer les bénéfices de la Nature pour la protéger, on perpétue unsystème basé sur l’accumulation de richesses et de profits, comment alors espérer un vrai changement ? Face à l’urgence climatique, il y a une réelle nécessité d’apprendre à vivre autrement, de sortir de l’anthropocène pour aller vers un « Naturocène ».Ces quatre dernières années, je me suis beaucoup investi dans les lois et j’ai vu la lenteur avec laquelle les choses évoluent. La loi peut faire jurisprudence sur une situation donnée, mais il faut que nous puissions avant tout expérimenter par nous-mêmes.» Jonathan Attias, pionnier dans la désobéissance fertile

Jonathan et Caroline ont choisi d’habiter dans une forêt en Corrèze avec leurs deux enfants de façon autonome dans une communauté d’une dizaine de personnes. La maison leur a coûté moins de 1 000 euros alors qu’elle est bioclimatique. Ils ont construit eux-mêmes leur cabane de 40m2 avec des matériaux trouvés sur place : du bois, de la terre et du foin. Ce choix de vie radical n’est pas un long fleuve tranquille, ils ont énormément réduit leurs besoins pour vivre en accord avec leurs valeurs :  récupération de baies vitrées en déchèterie, un poêle à bois pour la maison, une machine à laver avec pédalier, un chauffe-eau solaire, et bientôt la transformation d’huile de friture en carburant. Ils refusent également toute aide sociale comme le RSA.

Crédit Photo : Jonathan et Caroline

Créer une solidarité

Ce droit à l’expérimentation se veut populaire et accessible à tous. En effet, de nombreux éco-lieux restent assez élitistes avec un prix d’achat pouvant aller de 300 000 à 1 million d’euros, loin d’être à la portée de toutes les bourses, même quand des personnes se constituent en groupe pour les acheter. Jonathan veut ainsi créer une plateforme internet pour que les propriétaires de terrains sensibles au concept puissent le mettre à disposition des gens qui veulent créer ce genre de projet. Les propriétaires pourraient en échange bénéficier de biens produits sur les lieux : nourriture, vannerie, menuiserie…

Ses créateurs proposent de voir la désobéissance fertile comme une posture philosophique que chacun-e peut s’approprier, pas besoin d’adopter soi-même ce mode de vie pour y participer : un médecin peut décider de soigner gratuitement les habitants, un magasin mettre à disposition ses invendus, un urbain décider d’investir dans un terrain, des soutiens intellectuels ou pragmatiques, etc.

« Nous avons choisi d’habiter un lieu d’une profonde poésie qui n’est pas animé par une haine du système, mais habité par du beau et du vivre-ensemble. La désobéissance fertile s’oppose à la destruction du vivant pour régénérer notre environnement. En assumant ce choix de vie, nous souhaitons que celles et ceux qui veulent vivre au plus près de la Nature ne soient plus traités comme des marginaux. » Jonathan Attias, pionnier dans la désobéissance fertile

Crédit Photo : Jonathan et Caroline

Vivre en régénérant la forêt et le vivant

Jonathan et Caroline n’ont pas choisi de s’installer en forêt par hasard. Les forêts françaises sont en danger : elles souffrent de malforestation et deviennent peu à peu d’immenses monocultures sans vie, bradées pour les secteurs privés. La désobéissance fertile souhaite encourager le rachat et la protection des forêts pour empêcher leur annihilation, et leur laisser le temps de se régénérer.

Dans cette lignée, l’association Faîte et Racines s’est ainsi constituée en Corrèze pour acquérir une forêt mixte de 8ha, comprenant principalement des châtaigniers et pins sylvestres, mais aussi du hêtre, du chêne, du bouleau, de l’épicéa, du charme et du merisier. L’association veut empêcher la coupe rase de cette forêt pour favoriser des usages vivriers ou professionnels en accord avec son rythme de vie, et sans détruire toutes les espèces qui y vivent.

Dès juin et juillet, Jonathan, Caroline et leurs pairs vont ouvrir leur lieu de vie pour former gratuitement ceux qui le souhaitent à la construction de cabanes à partir de matériaux naturels, et de la vie en pleine nature. Leur but : inspirer la création d’autres lieux de désobéissance fertile.

29 avril 2019 - Laurie Debove

 

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Commentaires (8)

Thierry LEDRU
  • 1. Thierry LEDRU | 10/06/2019
Une page facebook qui pourra permettre une prise de contacts:

https://www.facebook.com/desobeissancefertile/?__tn__=K-y.g&eid=ARCxYx8SWduTDAq6jcI4DAdQY5vOmUH8MNjyjG3NBZ0OlRtsGirelleoFMrTGj2wWmmIpERDW0X7L6kd&fref=mentions&__xts__[0]=68.ARCXoKqDnGVNvE5JT-8XW7HUmpJLMlDLTKIeCTxjXDyc-ij_7N4PTVkCSnXLdpk7iijZu9dNdkggSlTeEPNt9RYX34yxHiV4LcfKtG86yJIyDDNbDCxgL7ZgCnDw3OqhRDVmsxDjXUW52yHkC0pMa3WxOCJw7OjRHKCJhmL-1QKYT5OmscqX50IMUwXN4Q4aDSrETKK5MqVu2oyY_CRLng3csYyzXnWvEN3vnZt1ftHRktcd8zWef1xTXvuQmgwPITeSHB55JEAysQr9VoC5A0jS6npQAnj5GsP7fww1qHlVXMiwFT_V8tLbQA1QtIm9niGpxsiLVNjeifgPo2XUh8GpZufnfBnNHnS8PCcSRnpYZZZ0-Ld5EytUiQCnuolE

Bien à vous
Thierry
Thierry LEDRU
  • 2. Thierry LEDRU | 08/06/2019
En réponse à Jérémy et Patricia
Je suis désolé de vous décevoir et de ne pouvoir répondre à vos demandes car je ne suis qu'un "partageur d'informations" dans cette histoire et nullement l'instigateur de ce projet.
Cet article vient du site "La relève et la peste" et il serait peut-être capable de vous donner les informations que vous cherchez.
Bien à vous
Thierry
Patricia Magnin
  • 3. Patricia Magnin | 08/06/2019
Bonjour,

Votre projet m'intéresse beaucoup et aimerai pouvoir faire un séjour dans cette forêt.
Je voudrai sincèrement m'investir dans un lieu comme celui-ci et aimerai en connaitre d'avantage.

Merci de me prévenir par mail et ainsi prendre contact si possible avec les personnes.

J'habite vers Annecy haute-Savoie.

Bon weekend.
Patricia
Jérémy Tainmont
  • 4. Jérémy Tainmont | 08/06/2019
Bonjour,
Je fais une petite web-série sur les alternatives. Je viens de voir votre vidéo avec Brut et aimerai venir vous voir.

https://www.youtube.com/channel/UCoTM9SHikhcRYUbnw0N-lyQ?view_as=subscriber

Voilà ce qu'on fait
Thierry LEDRU
  • 5. Thierry LEDRU | 06/05/2019
Bonsoir Vincent
"J'aime trop la forêt pour accepter l'idée qu'elle puisse subir les assauts de ceux qui prétendent la protéger pour se l'accaparer. "

Il y a toujours, dans toute forme de projet et d'idées, des éléments qui déplaisent, irritent ou deviennent même rédhibitoires.
Je ne trouve pas que cette volonté de retourner vers la nature, la forêt, les montagnes, la campagne comporte un risque majeur pour ces lieux. Je préfère y croiser ces gens-là que des industriels ou des promoteurs immobiliers.
Bien sûr qu'il serait agréable de rester à l'identique quand on jouit des bienfaits de la nature mais je pense qu'il devient urgent de réunir davantage de gens pour protéger ce qui est encore épargné. Le petit nombre n'est rien devant les projets financiers. Des communautés solidaires et réellement convaincues, intègres, des gens aimants et attentifs, il me semble qu'ils ont encore une chance de s'en sortir. Et de préserver ce qui peut l'être.
Je pense que chaque individu, avec ses spécificités et ses compétences, peut avoir une place utile et justifiée. L'isolement n'a aucune chance de gagner la bataille du territoire. Les peuples autochtones qui parviennent aujourd'hui à gagner des procès se sont réunis et agissent de concert. C'est pitoyable de les forcer à vivre ça mais ils n'ont pas le choix.
Nous non plus, Vincent. Il nous faudra accepter les "autres" dans nos territoires préservés. Ou ils disparaîtront.
Bien à vous.
Thierry
vincent
  • 6. vincent | 06/05/2019
Ah bein oui c'est super ! Si les médecins continuent à medeciner, les commerçant à commercer, les urbains à s'urbaniser, et que tous ces braves gens veulent bien nous arroser de leurs bienfaits pour qu'on vive leurs fantasmes à leur place, pourquoi se priver !? Remplacer le RSA par l'aumône, en voilà un projet un projet foncièrement libéral (et libéré de toutes ces lois qui empêchent les humains de s'accaparer n'importe quel lieu, notamment sauvage, pour s'y installer...). J'aime trop la forêt pour accepter l'idée qu'elle puisse subir les assauts de ceux qui prétendre la protéger pour se l'accaparer.
Bien cordialement
Un amoureux de la nature et de la liberté
Thierry LEDRU
  • 7. Thierry LEDRU | 06/05/2019
Bonjour Savoye
Je suis ravi que cette idée vous inspire mais je ne suis qu'un transmetteur d'informations et non le réalisateur de l'idée.

Il existe une page Facebook sur laquelle vous pouvez retrouver Jonathan Attias
https://www.facebook.com/jon.attias

Bien à vous
Thierry
savoye
  • 8. savoye | 06/05/2019
Bonjour,

j'aime beaucoup votre projet !
C'est ce que souhaite faire depuis un moment, vivre en harmonie avec ce que nous sommes réellement...
des êtres de la nature.

Sans savoir comment m'y prendre, j'ai toujours hésité à me lancer.
D'abord par non connaissance des lois, de ce que l'on peut et ne pas faire lorsque nous sommes encore dans une "obéissance"
Et puis parce que j'ai encore quelques peurs dû à ce confort moderne !

C'est pour cette raison que j'ai très envie de participer à vos formations sur la construction de cabanes et autres.
Pouvez-vous me donner des informations plus précises concernant ces formations s'il vous plait !

J'habite en Franche-Comté une belle région très boisée, plus précisément Besançon !

Merci d'être,
Au plaisir de vous lire.

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