Le centre

Il existerait à l'intérieur de nous "un point central." Pour les scientifiques modernes, il s'agirait du cerveau. Dans l'Egypte antique et plus tard la Grèce puis Rome, il s'agissait du coeur ou du foie. Ailleurs on le situe à la base de la colonne vertébrale, tantôt au niveau du nombril, la glande pituitaire (Angleterre du XIX è siècle), l'hypothalamus (pour les Indiens). L'hypothalamus est un organe du cerveau. Dans certaines religions orientales on le considère comme le siège de l'âme. Il se trouve là où beaucoup d'anciens situaient "le troisième oeil". Il contrôle les émotions, les perceptions et de nombreuses fonctions mentales. Il est responsable des symptômes du stress mais c'est lui aussi qui inverse le processus. Il fait baisser le rythme cardiaque et la pression sanguine, régule la température et contrôle le métabolisme. Il nous tient en état de conscience et de veille, il contrôle les influences psychosomatiques sur la santé.

Tout ça relève de la science. Je ne le nie pas mais ça m'importe peu en fait. Et d'ailleurs, ça ne reste que des études scientifiques, on sait combien elles restent soumises au passé...Quand on travaille sur des acquis antérieurs on avance dans la voie de ces acquis...

 

Lorsque je suis dans le calme, lorsque je suis assis au sommet d'une montagne, que je sens dans mon corps le flux sanguin qui s'apaise, le ryhtme cardiaque qui se cale sur le silence de la Terre, lorsque mes yeux s'amusent des chevelures de poudre sur le fil tranchant d'une arête, ça n'est pas mon hypothalamus qui vibre mais mon amour de la vie. Il n'y a pas de centre de réception mais un abîme intérieur dans lequel tombent en cascade les émerveillements, les bénédictions, les hommages pour cette Terre.

Le coeur, l'hypothalamus, le foie, le nombril, la colonne vertébrale, le troisième oeil où mes oreilles, mes yeux, mon cerveau, mes entrailles, les picotements dans mes jambes harassées de pentes raides, la peau de mes joues piquetées de froid, que m'importe de savoir s'il y dans tout ça un centre, un organe récepteur, un processeur ultra performant et qui gère l'ensemble...

Que serait ce centre sans les montagnes, la neige, le ciel, les nuages, ma sueur, les paysages, le froid, le vent, le soleil, la soif, la fatigue, le désir d'altitude, le goût de l'effort, le bonheur de suivre mes deux garçons, de marcher désormais dans leurs traces, de surprendre parfois leurs regards attentifs sur "le père" ?

Que serait cet organe sans ces nourritures ?

Un ordinateur sans flux électrique.

L'amour de la vie comme connexion. Du haut débit.   

Commentaires (2)

Thierry
  • 1. Thierry | 20/04/2010

Merci Lucie :)

Lucie
  • 2. Lucie | 20/04/2010

En philo on a justement un cours de "philo de l'esprit" qui traite du vieux probl... See Moreème du mental et du physique, de la conscience, des croyances, de la place de l'esprit dans un monde matériel, de la survenance du mental sur le physique, etc. etc.
C'est très intéressant, je ne le nie pas. Le problème c'est que tous les livres qui traitent de ce sujet commencent par avouer leur échec à trancher. Mais l'encre continue de couler à flots parce qu'aujourd'hui, la grande bataille concernant l'esprit a lieu entre les philosophes et les scientifiques, les premiers refusant de léguer aux seconds cet héritage qui a toujours été leur apanage, sans mauvaise rime. Ca ne débouche que sur des apories. Les problèmes sont intéressants mais souvent, je me "réveille" et me demande à quoi ça sert. Découper le problème de l'esprit comme on évide un poisson, c'est, à mon sens, passer complètement à côté du sujet. A quoi bon se poser toutes ces questions si on ne te dit pas pourquoi ces choses ont lieu, je déplore que la philo prenne les gants des scientifiques : ils ne font que décrire comment (et encore, c'est sans compter sur les multiples exceptions qui confirment soi-disant la règle, pour ne pas remettre en question toute la doctrine) telle chose se passe, du style "douleur = oscillation cortico-thalamique" et se rient de tous ceux qui réclament un peu plus de prise en compte d'un côté humain, puisque c'est bien de cela dont nous parlons, en les taxant de mystiques. Non, je pense que le problème vient vraiment de cette confiance populaire, et à mon avis excessive, envers la science. Il suffit de voir le monopole des filières S sur les L, cette hiérarchie du "débouché". Et la culture passe pour un truc de vieux et de chômeurs. Ne reste plus qu'à attendre que le modèle s'écroule sur lui-même comme il est sans doute voué à faire, compte tenu du manque d'unité, mais je ne suis même pas sûre que son monopole s'éteindra. On criera aux tâtonnements nécessaires de l'avancée du savoir. Bref, j'arrête mon roman, mais j'avais envie de réagir, Thierry, parce que je ressens à peu près ce que tu écris.

Continue ton blog. ;)

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