Le potier et l'argile (spiritualité)

"Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. "
Teilhard de Chardin

 

"Que pense la vie de moi ?"

Je fais une différence fondamentale entre mon existence et la vie. La première est insignifiante au regard de la seconde. Il est donc essentiel que la première s'accorde à l'intention de la seconde.

Lorsque je poste un article, j’ai une intention. Celle de transmettre un message. Pour cela, il faut qu’il y ait une réflexion. S’il y a une réflexion, c’est qu’il y a une intelligence. Il ne peut donc pas y avoir d’intention spontanée, issue de rien. S’il y a intention, il y a intelligence. 


Il y a une intention après une réflexion et cette réflexion vient d’une intelligence.


Par conséquent, si je considère que l’incommensurable complexité du phénomène vivant porte en lui une intention, c’est qu’il y a une intelligence. 
Ou alors, il faut considérer cette intention, comme spontanée et dans ce cas-là, il ne s’agit plus d’une intention mais d’un hasard dont on peut juste analyser les effets en sachant bien que le moindre changement dans les situations déclencheront de nouveaux effets.

Dans le hasard, il n’y aurait absolument aucune certitude, ni aucune reproductivité. Tout changerait constamment. 
Hors, il est à mon sens inconcevable d’observer le vivant dans l’optique du hasard. Ou alors, on pourrait lancer cinq cent mille lettres de scrabble du haut de la tour Eiffel et elles tomberont au sol en écrivant tous les mots existant dans le dictionnaire. Je n’y crois pas un seul instant, même après quatre millions d’années de tentative. 

 

Maintenant, si je considère qu’il existe une intelligence et que cette intelligence a une intention, elle ne peut pas être extérieure au phénomène vivant lui-même ou alors il faudrait considérer que nous ne portons pas d’intelligence mais qu’elle vient en nous. Et qu’en dehors de ces instants de « connexion », nous n’avons aucune intelligence. 
 

Je considère que je porte une intelligence mais je n’en suis pas la source, je n’en suis pas le créateur. Elle fait partie de moi et je peux juste t’enter de m’en servir au mieux. 
Par conséquent, le « vivant » porte en lui une intelligence délivrée par la source elle-même de la création. Il ne s’agit pas d’une intelligence ponctuelle mais bien constante. Je vois cette intelligence comme étant « énergétique » et les créations comme « matérielles ». 

 

Si je considère que cette intelligence vient d’une source autre que la vie et que la vie est l’effet matérialisé de cette intelligence, alors je suis Croyant.

Et je ne le suis pas dans l’optique d’un Dieu monothéiste.

C’est Spinoza qui répond à ma vision des choses. « Deus sive natura ». (Dieu, c'est-à-dire la Nature).
La nature est Dieu, c'est-à-dire le principe immanent d’engendrement de toutes choses. 

 

Il n’y a pas d’un côté Dieu et son intention de création mais la Nature elle-même agissant comme le Dieu anthropomorphe des humains. 


Dès lors, je considère que la vie pense en moi au regard de l’intention créatrice qu’elle insuffle. Rien ne vient spontanément. Et c’est en cela que les Peuples premiers ou les philosophies panthéistes disent que Dieu est en chacun et que la notion de Tout prend forme. 
 

La question : « Que pense la vie de moi ? » n’implique nullement la peur d’être jugé. Ou alors il faudrait croire qu’une pensée est nécessairement un jugement. Cette question est une forme de positionnement au regard d’un phénomène qui me dépasse totalement. 
 

Puisque la vie est intelligente et annihile toute option de hasard, elle porte en elle une intention. Toute intelligence œuvre dans une intention. Je réfléchis et j’écris avec l’intention de me servir de l’intelligence que la nature a insérée en moi. Si je me montre indifférent à cette intelligence, alors je suis indifférent à l’intention créatrice et dès lors, je nie cette intention…car je ne peux pas admettre l’idée que l’intelligence de la nature est de me laisser vivre dans un état léthargique.

De même que l’intention insérée au cœur de l’arbre est d‘aller vers la lumière et de grandir. Pas de s’étendre au ras du sol. Certains souffrent de circonstances douloureuses et n’y parviendront pas. Mais ça n’est pas un choix. C’est une épreuve. 
 

« Que pense la vie de moi ? » est par conséquent un d’hommage en forme d'interrogation.


Je suis un être de nature nourri par une intention issue d’une intelligence. Ma nature est donc de comprendre l’intention et de m’interroger sur la satisfaction ou la déception de la vie au regard de mes actes.

La vie en moi est identique à la vie énergétique. Je suis l'argile. Elle est le potier. Et le potier a toujours la possibilité d'intervenir sur l'argile, même après que la matière soit formée. Il est donc de mon ressort de parvenir à "communiquer" avec l'énergie, à la reconnaître et à l'aimer. Et c'est lorsque j'entre dans cette dimension "amoureuse" que l'énergie me guide.

Pourquoi l'énergie s'est-elle faite potier ?

Pour aimer l'argile.

Mais si l'argile n'aime pas le portier, rien n'est possible.  

Comment identifier le potier ?

"L'homme qui connaît le Tao ne parle pas.
Celui qui en parle ne le connaît pas." Tao te King......

 1) Je n'ai pas les capacités intellectuelles pour répondre à la question de l'origine de tout.

2) Si malgré tout, je m'obstinais à vouloir y répondre, j'entrerais dans la dimension de l'obsession. Et l'obsession de par le rétrécissement du champ de vie qu'elle implique est à l'encontre de l'amour même de la vie. Donc, je me contente d'aimer ce qui m'est accessible. Et si un jour, à force d'aimer, une porte s'ouvre, j'irai voir de l'autre côté. 

La réponse ne se rendra de toute façon pas accessible. C'est aux hommes d'aller vers elle, telle qu'elle est. Ou de décliner l'offre.

Un alpiniste qui veut aller au sommet de l'Everest n'attend pas qu'il devienne plus accessible. L'ascension elle-même ne contiendrait plus aucun intérêt.

C'est d'ailleurs là que l'amour réel prend forme. Les choses sont ce qu'elles sont. Et je n'ai aucunement le droit de vouloir les changer pour qu'elles me deviennent accessibles. Je n'ai pas accès à la compréhension de l'origine de la vie mais il m'est par contre possible d'aimer cette vie et de l'honorer en cherchant à user au mieux de ce qu'elle a inséré en moi.

L'amour est le seul moyen d'ouvrir la porte. Bien au-delà même de la connaissance, de tous les livres, de toutes les philosophies, de toutes les théories. 

Stephen Hawking a dit d'ailleurs que sans l'amour de la vie, il n'aurait rien découvert. Et quand on connaît un peu le calvaire physique et moral de cet homme, on ne peut même pas imaginer à quel point il aime la vie....Et si cet amour a pu contribuer à l'étendue extraordinaire de ses découvertes, je veux bien apprendre à aimer jusqu'à mon dernier souffle. 



 

Yin yang

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