Les Guignols en 2005 (géopolitique)

[C'étaient les Guignols] LA PEUR (“Nos attentats, c’est votre sécurité”)

 

 

 

Très fine analyse prémonitoire des Guignols en 2005… RIP.

 

Ben Laden explique la manipulation du terrorisme
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Monsieur Sylvestre : Messieurs, bonjour. Davos, c’est bientôt, et je vous apprendrai rien en vous disant que notre situation est fragile. Ça patoche depuis 10 ans, marché saturé, concurrence sauvage des chintoks qui fabriquent mieux et 40 fois moins cher… (depuis les gradins, les représentants du gouvernement chinois le saluent d’un signe de la main)

Monsieur Sylvestre : Ouaih bonjour. Les matières premières qui s’épuisent… (les représentants arabes saluent également)

Monsieur Sylvestre: Salut, ouaih ouaih… Je parle même pas de la pollution et des catastrophes naturelles. Bref, c’est la merde.

Alain Madelin: Pas de panique, les Américains y vont nous sauver !

Monsieur Sylvestre: Ouaih justement, mange-boule, faut plus trop compter sur nous…

Bernadette Chirac, se signant : Jésus-Marie-Benoît !

Bertrand Meheut en aparté (Canal +) : Mon Dieu mais… À qui va-t-on acheter des séries ?

Patrick Le Lay (TF1) : Tu veux un vieux Navarro ?

Monsieur Sylvestre : Eh oh ! C’est grave ce que je dis, là ! On crée de la misère partout, les peuples n’ont plus d’espoir, on est aux limites de notre système. Alors comment faire pour éviter la révolution et garder le pouvoir ? Parce que c’est quand même ce qui nous va le mieux, hein !

Nicolas Sarkozy: Il faut libéraliser les énergies, flexibilité, baisser les impôts…

Monsieur Sylvestre : Eh, Arnold et Willy ! T’as pas entendu ? Ça fait cent ans qu’on fait du libéralisme plein-pot chez nous. Résultat on est à 65 millions de pauvres. On est mal, là !

Ernest-Antoine Seillière (Medef) : Mais, vous êtes loin de la révolution, que diantre ! Pas de grève chez vous !

Monsieur Sylvestre : Justement, t’as mis le doigt dessus : comment garder un pays calme avec des pauvres qui crèvent dedans ?

Bertrand Meheut : Le foot ?

Patrick Le Lay : Star-Academy !

Monsieur Sylvestre : Ouaih, ça joue deux minutes. Non, il faut trouver des partenariats privilégiés. Et notre partenaire privilégié du moment, c’est notre invité de ce soir. Applaudissements s’il-vous-plaît pour Oussama Ben-Laden ! (ce dernier monte sur scène, murmures dans les gradins)

Oussama Ben-Laden : Salam Aleikoum ! Je sais, ça peut choquer. Mais mettons nos émotions de côté et regardons les choses de façon pragmatique.

Bernadette Chirac : Jésus-Marie-Benoît !

Oussama Ben-Laden : Notre implantation aux États-Unis il y a quatre ans a permis de renforcer les pouvoirs de monsieur Bush.

Georges W. Bush : C’est moi !!!

Oussama Ben-Laden : Oui, Georges, merci, oui. Et grâce à nous, grâce à la peur : développements des crédits militaires sans précédent, contrôle des citoyens, Patriot Act…

Monsieur Sylvestre : Guantanamo…

Oussama Ben-Laden : Exactement ! Le pays est tenu. Espagne : nous renversons le cours d’une élection à deux jours du vote. France : vidéo-surveillance en extension, arrestations de terroristes supposés, peur générale comme thème de campagne…

Nicolas Sarkozy : Chut ! Ah non non, faut pas le dire !

Monsieur Sylvestre : Excuse, Arnold et Willy mais je te jure, ça se voit.

Oussama Ben-Laden : Bref, d’une manière ou d’une autre, nous sommes partenaires, mais hélas si fragile… Notre recrutement devient de plus en plus difficile chez vous. Je sais. Pour que notre partenariat fonctionne encore longtemps, je vous demande souplesse et flexibilité.

Nicolas Sarkozy en aparté à Fabius : Ah tu vois, c’est ce qu’on disait !

Laurent Fabius : Non non non, je suis de gauche maintenant.

Nicolas Sarkozy : Sans déconner ?!

Oussama Ben-Laden : Je suis ici pour vous demander : un, d’accentuer l’amalgame entre musulman et terroriste ; deux, de développer la misère ; trois, communiquer sur les actions d’Al-Qaïda. En échange, je vous offre… la peur ! Nos attentats, c’est votre sécurité ! Merci de votre attention. (murmures dans le public, seul Georges W. Bush applaudit quand Oussama Ben-Laden quitte la scène)

Georges W. Bush: Bravo !

Alain Madelin: Pourquoi vous ne l’arrêtez pas ? Il s’en va !

Monsieur Sylvestre : Mange-boule, t’as encore rien compris ! Tu sors ! Les autres, on passe à notre deuxième partie : comment faire entrer Al-Qaïda en bourse sans que ça se voit trop…

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