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J.K. Rowling, quel pudding !

Créé le 10-10-2012 à 17h53 - Mis à jour le 12-10-2012 à 09h43

La maman de Harry Potter publie donc «Une place à prendre». Attention, concours de poncifs.

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J.K. Rowling a trouvé «Une place à prendre»: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne. (©Lefteris Pitarakis / AP / Sipa)

J.K. Rowling a trouvé «Une place à prendre»: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne. (©Lefteris Pitarakis / AP / Sipa)
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Où diable se situe la ville de Pagford? «Dans un écrin de verdure.» Forcément, le ciel du petit matin est «livide», la vue «imprenable», le panorama «grandiose», le vallon «profond» et le vent, «cinglant». Il y a également un fleuve, qui «scintille à travers l'ajour des feuillages». Ainsi qu'une église, où se déroule l'enterrement du notable Barry Fairbrother. Et là, surprise, «la foule endeuillée tout de noir vêtue» progresse sur un chemin «noir de monde »au milieu des «chapeaux de paille noirs», bref, «tout Pagford est dans ses habits les plus sombres». Je crois qu'on a compris: il s'agit bien d'obsèques.

Et c'est ainsi pendant 680 pages. Mortelles, les pages. La France avait Marceline Desbordes-Valmore, alias «Notre-Dame-Des-Pleurs», l'Angleterre nous offre J.K. Rowling, une desperate housewife qui se prend pour Dickens.

En résumé: le monde est moche, les maisons de riches sentent la cire et les gourbis de pauvres sentent la sueur, les enfants bourgeois sont propres et les bébés défavorisés ont des croûtes sur les fesses, les vieilles sont catarrheuses et les épiciers ventripotents, les jeunes baisent et se shootent.

Lorsque la maman de Harry Potter n'ajoute pas le manichéisme à la tautologie, elle semble participer à un concours de poncifs, façon jeux floraux. Dès la page 33, le ton est donné: 

Ses cheveux bruns aux reflets cuivrés ondoyaient en une cascade de vagues soyeuses qui s'en allaient caresser le creux de ses omoplates; la finesse exquise de son nez à peine retroussé soulignait le dessin saisissant de ses lèvres charnues; dans ses grands yeux écartés pétillaient des iris dont la robe noisette piquetée de vert évoquait le duvet de certaines pommes rousses.» 

Ce n'est plus une jeune fille, c'est un poster d'Arcimboldo. On voit qu'il y avait «Une place à prendre» (Grasset, 24 euros), et Mrs Rowling l'a prise: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne, qui est une saison mélancolique.

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