Suicide

Une prof retrouvée pendue dans sa classe

Publié le lundi 17 décembre 2012 à 17H26 - Vu 1481 fois

Philippe Robin

VILLENEUVE-SAINT-GERMAIN (Aisne). En début d'après-midi, une professeur de Bio-technologie du collège Louise-Michel a été retrouvée pendue dans sa salle de classe. Elle avait une cinquantaine d'années.

Vers 14 heures, les cours vont bientôt reprendre au collège Louise-Michel de Villeneuve-Saint-Germain, près de Soissons (Aisne). Une enseignante de bio-technologie n'est pas là pour accueillir ses élèves de 4e SEGPA qui attendent devant la porte. Des collègues s'inquiètent et entrent dans la salle de classe... et font la macabre découverte. L'établissement est sous le choc.

Jean-Luc Lanouilh, vice-président conseil général de l’Aisne n'a pas tardé à réagir : "Je suis choqué et impressionné du nombre d’enseignants qui souffrent d’un mal-être et qui, parfois, portent ainsi atteinte à leurs jours. Ce drame traduit une crise profonde de cette profession".

Une enquête a été ouverte par le commissariat de Soissons, mais le parquet s'oriente d'ores et déjà vers la thèse du suicide.













Un drame de plus dans un milieu qui les cumule. Combien d'enseignants en dépression, combien d'enseignants qui ne peuvent plus gérer la difficulté de cette mission éducative et cognitive ?

Comment est-ce possible que l'institution laisse se dérouler de tels drames ?

Comment peut-on envisager que l'enseignement prodigué par ces personnes considérablement affaiblies soit de qualité et à la mesure de la tâche ?

Combien faudra-t-il de drames du même ordre pour que l'institution réagisse ?

Que va-t-elle dire cette fois encore ? Qu'il s'agissait d'une personne "souffrant de difficultés personnelles ? Mais alors, pourquoi n'a-t-elle pas été accompagnée, soutenue, réorientée si nécessaire ? Pourquoi laisse-t-on des individus en souffrance face à des jeunes qui savent très bien entrer dans les brèches et renforcer ce mal être ?

Il est IMPOSSIBLE de mener à bien cette tâche si on ne dispose pas de toutes ses facultés et il est inadmissible de laisser des enseignants et des élèves se confronter. Il y DANGER. Pour tout le monde. Bien entendu qu'il est impossible d'être constamment performant mais ces situations témoignent d'un manque cruel de suivi psychologique.

A mon sens, il y a un problème immense dans ce domaine : personne dans les établissements n'est véritablement formé pour prendre en charge un enseignant en détresse. Les psychologues scolaires sont submergés de travail, ils ne peuvent pas gérer les enseignants, ils sont de toute façon dramatiquement trop peu nombreux pour le faire.

Il faut revoir le statut de directeur, proviseur, chef d'établissement. Ces gens, s'ils veulent obtenir ces postes, doivent suivre une formation en psychologie du travail, gestion du groupe, psychologie enfantine, ils doivent AVANT TOUT être aptes à entendre, à analyser, gérer des situations existentielles douloureuses. Au lieu de ça, les chefs d'établissement sont aujourd'hui avant tout des gestionnaires administratifs. Bien sûr que certains tentent de pourvoir aux besoins psychologiques mais ils n'ont bien souvent aucune connaissance dans le domaine, aucune analyse de la pratique et ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Les études sont pourtant innombrables, très fouillées, les analyses sont connues dans le secteur privé, les DRH sont formés à ce genre de pratique. Et le milieu enseignant pourrait se passer de toutes ces connaissances ??? C'est soit une prétention criminelle, soit une lenteur archaïque qu'il est urgent de faire voler en éclat. Mais c'est en tout cas tout bonnement hallucinant et il n'est pas étonnant qu'on finisse par trouver des enseignants pendus dans leur classe...Ou des élèves...

Un désastre absolu. Une négation de l'individu jusqu'à la mort alors qu'il s'agit d'oeuvrer à la vie de chacun.

Les gouvernements se succèdent et enchaînent réformes sur réformes. Avec quels effets ? Qui donc aura enfin le courage d'établir un état des lieux existentiels de ce milieu??

Le niveau scolaire n'est pas une cause du désoeuvrement de la population, enseignants et élèves... C'est l'inverse. 

 

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