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  • En congés forcés

    Là, ça en devient véritablement pitoyable...C'est étrange tout de même cette profession qui n'attire plus grand-monde alors que c'est une situation "privilégiée" de fonctionnaires planqués toujours en vacances...

     

     

    Certains professeurs se retrouvent en congés forcés parce que l\'Éducation nationale ne valide pas leur mutation. Photo d\'illustration.
    Certains professeurs se retrouvent en congés forcés parce que l'Éducation nationale ne valide pas leur mutation. Photo d'illustration. (MAXPPP)

    "C'est totalement absurde" : quand des professeurs sont en vacances forcées parce qu'on ne finalise pas leur mutation

    Par Anne Lamotte – Radio France

    Mis à jour le  – publié le 

    Le samedi 21 octobre marque le premier jour des vacances de la Toussaint. Les 861 000  professeurs et enseignants français sont donc en congés. Si pour la plupart cette situation est temporaire puisque ces vacances durent deux semaines, pour d'autres, ce sont des vacances forcées depuis la rentrée. En effet, l'Éducation nationale refuse de finaliser la mutation de certains professeurs, ce qui engendre souvent des situations absurdes, à l'image de ce que vit Chloé, une institutrice de 38 ans. 

    Grenoble dit oui à sa mutation, Paris refuse

    Institutrice depuis plus de 10 ans, Chloé est aujourd'hui complètement désabusée : "C'est totalement absurde", déplore la jeune femme. En début d'année, son mari et elle prennent une décision : ils vont quitter Paris avec leurs deux enfants pour la Haute-Savoie. Dans la foulée, avant l'été, l'institutrice fait une demande d'ineat et d'exeat, c'est-à-dire qu'elle requiert à l'académie de Grenoble de l'accepter dans ses rangs et réclame à l'académie de Paris de la laisser partir. 

     

    Le reportage d'Anne Lamotte

    C'est d'abord l'académie de Grenoble qui lui écrit, en juin dernier. Une réponse positive. L'académie manque d'instituteurs et accepte que Chloé vienne travailler chez elle. Logiquement, la jeune femme pense alors que sa mutation est validée. "Je me dis que si on m'a acceptée dans l'académie de Grenoble où je veux aller travailler, c'est sûr que Paris va me lâcher puisque, de toute manière, à Grenoble ils ont besoin de moi."

    Une situation "tristement banale" 

    Problème : une semaine plus tard, Chloé reçoit, cette fois-ci, la réponse de Paris. Elle est négative. Faute d'effectifs suffisants, l'académie refuse de céder Chloé. L'institutrice, qui a pu tout de même suivre sa famille jusqu'en Haute-Savoie, n'exerce donc plus. "Je n'ai rien à faire", résume-t-elle. Elle s'énerve : "Je trouve ça complètement absurde, étant donné que j'arrive dans une académie où ils ont besoin de profs." Les opportunités ne manquent pas en Haute-Savoie, selon elle.

    Je sais que je pourrais travailler. Il y a des postes qui attendent, ils ont besoin de moi.

    Chloé, institutrice de 38 ans

    à franceinfo

    La situation de Chloé est "tristement banale", selon Véronique Maury, secrétaire générale du syndicat Snudi-FO. L'année dernière, environ 600 professeurs des écoles ont demandé à quitter l'académie de Paris. Un peu moins de 200 ont obtenu satisfaction. Le manque de professeurs dans la capitale n'est pas le seul problème. "C'est partout pareil. Ce ne sont pas des témoignages d'un département vers un autre département, ce sont des témoignages qui sont généralisés."D'après elle, cette situation est de plus en plus inquiétante au fil des années. "Il y a dix ans, il y avait environ 40% des collègues qui étaient mutés. Là, on est passé à un peu plus de 20%." La solution, d'après les syndicats, passe notamment par le recrutement.

     

  • Indisponibilité émotionnelle

     

    Je confirme...A un an et demi de la retraite, je ne pensais pas assister sur ma carrière à une telle "dévastation" sur le plan émotionnel. Pour résumer en quelques mots, je dirais que "les enfants ne sont pas là." Ils sont partout ailleurs, dans une instabilité chronique et rédhibitoire pour l'enseignement. La perte de temps pour réussir à les "capter", EFFICACEMENT, durant quelques minutes, c'est juste affolant.


     

    Pourquoi les enfants d’aujourd’hui sont devenus émotionnellement indisponibles pour apprendre à l’école

     

     

     Article publié dans Développement personnel le  par 

    Selon Victoria Prooday, ergothérapeute, les enfants d’aujourd’hui viennent à l’école émotionnellement indisponibles pour apprendre. Il existe de nombreux facteurs dans notre mode de vie moderne qui contribuent à cela.

    Comme nous le savons, le cerveau est malléable. Grâce à l’environnement, nous pouvons rendre le cerveau «plus fort» ou le rendre «plus faible». Malgré toutes nos bonnes intentions, nous entraînons malheureusement le cerveau de nos enfants dans la mauvaise direction. Voici pourquoi.

    Pourquoi les enfants d’aujourd’hui sont devenus émotionnellement indisponibles pour apprendre à l’école :

    1. LA TECHNOLOGIE

    L’utilisation de la technologie en tant que « service de garde gratuit pour enfants » n’est, en fait, pas gratuite. Le paiement vous attend juste au coin de la rue. Nous payons avec le système nerveux de nos enfants, avec leur attention, et avec leur capacité de gratification différée. Par rapport à la réalité virtuelle, la vie quotidienne est ennuyeuse.

    Lorsque les enfants viennent en salle de classe, ils sont exposés à des voix humaines et à une stimulation visuelle adéquate, contrairement au bombardement des explosions graphiques et des effets spéciaux qu’ils ont l’habitude de voir sur les écrans.

    Après des heures de réalité virtuelle, le traitement de l’information dans une classe devient de plus en plus difficile pour nos enfants, car leur cerveau s’habitue aux niveaux élevés de stimulation que fournissent les jeux vidéo.

    L’incapacité de traiter des niveaux inférieurs de stimulation laisse les enfants vulnérables aux défis scolaires. La disponibilité émotionnelle des parents est le principal nutriment pour le cerveau de l’enfant. Malheureusement, nous privons progressivement nos enfants de ce nutriment.

    2. LES ENFANTS OBTIENNENT TOUT AU MOMENT OÙ ILS LE VEULENT

    « J’ai faim ! » «Je m’arrête au prochain drive promis » « J’ai soif! » « Il y un distributeur automatique. »  « Je m’ennuie! » « Prends mon téléphone!» La capacité de retarder la gratification est l’un des facteurs clés pour la réussite future. Nous avons les meilleures intentions, nous voulons rendre nos enfants heureux.

    Mais malheureusement, nous les rendons heureux sur le moment mais malheureux sur le long terme.

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    Être capable de retarder la gratification signifie être capable de fonctionner sous stress. Nos enfants deviennent de moins en moins équipés pour faire face même à un stress mineur, ce qui finit par devenir un gros obstacle à leur réussite dans la vie.

     

    3. LES ENFANTS DIRIGENT LE MONDE

    « Mon fils n’aime pas les légumes. » « Elle n’aime pas aller au lit tôt. » « Il n’aime pas prendre son petit déjeuner. » «Il ne veut pas s’habiller seul. » « Elle est trop paresseuse pour manger seule ». C’est ce que les parents disent tout le temps. Depuis quand les enfants nous dictent comment les élever?

    À quoi servons-nous en leur donnant ce qu’ils veulent quand on sait que ce n’est pas bon pour eux?

    Sans une nutrition adéquate et une bonne nuit de sommeil, nos enfants arrivent à l’école irritables, anxieux et inattentifs. De plus, nous leur envoyons le mauvais message. Ils apprennent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent et ne pas faire ce qu’ils ne veulent pas.

    Malheureusement, pour atteindre nos objectifs dans la vie, nous devons faire ce qui est nécessaire, ce qui peut ne pas être toujours ce que nous voulons faire. Nos enfants savent très bien ce qu’ils veulent, mais ont beaucoup de mal à faire ce qui est nécessaire pour atteindre leurs objectifs. Cela entraîne des objectifs inaccessibles et les enfants finissent déçus.

    4. L’AMUSEMENT SANS FIN

    Nous avons créé un monde amusant artificiel pour nos enfants. Il n’y a pas de moments ennuyeux. Dès que l’environnement devient calme, nous nous efforçons de les divertir à nouveau, car sinon, nous estimons que nous ne faisons pas notre devoir de parent. Nous vivons dans deux mondes distincts. Ils ont leur monde « amusant », et nous avons notre monde de « travail ».

    Pourquoi les enfants ne nous aident-ils pas à la cuisine ou à la lessive? Pourquoi ne pas leur faire nettoyer leurs jouets? Il s’agit d’un travail monotone basique qui entraîne le cerveau à travailler et à fonctionner sous «ennui», qui est le même «muscle» qui doit finalement apprendre à l’école.

    Quand ils viennent à l’école et qu’il est temps d’écrire à la main, leur réponse est « Je ne peux pas. C’est trop dur. Trop ennuyeux. » Pourquoi? Parce que le «muscle» ne reçoit pas d’entraînement à cause d’un plaisir sans fin. Il s’entraine en travaillant.

    5. LES INTERACTIONS SOCIALES LIMITÉES

    Nous sommes tous occupés, alors nous donnons des gadgets numériques à nos enfants et les rendons « occupés » aussi. Avant, les enfants jouaient à l’extérieur, où, dans des environnements naturels non structurés, ils apprenaient et développaient leurs compétences sociales.

    Malheureusement, la technologie a remplacé le temps passé à l’extérieur. En outre, la technologie a rendu les parents moins accessibles pour interagir socialement avec leurs enfants. De toute évidence, nos enfants sont en retard … le gadget pour garder les enfants n’est pas équipé pour aider les enfants à développer leurs compétences sociales.

    Le cerveau ressemble à un muscle qui s’entraine constamment. Si vous voulez que votre enfant sache faire du vélo, vous devez lui apprendre des compétences en vélo. Si vous voulez que votre enfant sache attendre, vous devez lui apprendre la patience.

    Si vous voulez que votre enfant puisse socialiser, vous devez lui apprendre des compétences sociales. Il en va de même pour toutes les autres compétences.

    ENTRAÎNEZ LE CERVEAU

    Vous pouvez faire une différence dans la vie de votre enfant en formant son cerveau afin que votre enfant réussisse sur les plans social, émotionnel et académique. Voici comment:

    1. Limitez la technologie et reconnectez-vous avec vos enfants de façon émotionnelle

    Surprenez-les avec des fleurs, partagez un sourire, chatouillez-les, mettez un mot d’amour dans leur sac à dos ou sous leur oreiller, surprenez-les en mangeant avec eux un midi un jour d’école, dansez ensemble, rampez ensemble, faites des batailles d’oreillers.

    Faites des dîners de famille, des soirées de jeux de société, faites du vélo, faites des promenades en plein air avec une lampe torche la nuit.

    2. Apprenez-leur la gratification différée

    Faites-les attendre !!! Il est bon d’avoir le temps de s’ennuyer, c’est la première étape pour la créativité. Augmentez progressivement le temps d’attente entre «Je veux» et «Je reçois».

    Évitez l’utilisation de la technologie dans les voitures et les restaurants, et apprenez-leur à attendre en parlant et en jouant à des jeux. Limitez le grignotage constant.

    3. N’ayez pas peur de définir les limites. Les enfants ont besoin de limites pour devenir heureux et en bonne santé!

    Définissez un horaire pour les repas, les heures de sommeil, un temps limité pour la technologie.
    Pensez à ce qui est bon pour eux, pas à ce qu’ils veulent / ne veulent pas. Ils vous remercieront plus tard dans la vie.

    L’éducation parentale est un travail difficile. Vous devez être créatif pour leur faire faire ce qui est bon pour eux parce que, la plupart du temps, c’est exactement le contraire de ce qu’ils veulent.

    Les enfants ont besoin de petit-déjeuner et d’une alimentation riche en nutriments. Ils doivent passer du temps à l’extérieur et aller au lit à un horaire raisonnable pour pouvoir être attentifs à l’école le lendemain.

    Transformez les choses qu’ils n’aiment pas faire / essayer en jeux amusants et émotionnellement stimulants.

    4.  Apprenez à votre enfant à faire un travail monotone dès les premières années, car c’est la base du travail

    Laver, plier, nettoyer les jouets, accrocher les vêtements, déballer les courses, mettre la table, faire le déjeuner, faire le lit.

    Soyez créatif. Il faut que ce soit stimulant et amusant afin que leur cerveau l’associe à quelque chose de positif.

    5. Enseignez-leur les compétences sociales

    Apprenez-leur à prendre, à partager, à perdre, à gagner, à faire des compromis, à féliciter les autres, à utiliser « s’il vous plaît et merci ».

    Aidez vos enfants à réussir dans la vie en entraînant et en renforçant leur cerveau le plus tôt possible.

    Source : Pourquoi les enfants d’aujourd’hui sont devenus émotionnellement indisponibles pour apprendre à l’école est écrit par Claire C. pour ESM & deeprootsathome.com

  • La vie silencieuse

    "Le monde des hommes a oublié les joies du silence et la paix de la solitude qui sont, dans une certaine mesure, nécessaires à la plénitude de la vie. Si tous les hommes ne sont pas appelés à devenir ermites, tous ont besoin d’assez de silence et de solitude pour permettre à la voix intérieure secrète de leur être véritable de se faire entendre, au moins de temps en temps. Et lorsque cette voix n’est pas entendue, lorsque l’homme ne peut arriver à la paix spirituelle qui vient d’une union totale avec son être vrai, sa vie est toujours malheureuse et épuisante.

    Car il ne peut vivre longtemps heureux s’il n’est en contact avec les sources de vie spirituelle cachées au fond de son âme. S’il est constamment exilé de chez lui, dans l’impossibilité de retrouver sa propre solitude spirituelle, il cesse d’être une personne. Il ne vit plus en être humain. Ce n’est même plus un animal sain. Il devient une sorte d’automate, fonctionnant sans joie parce qu’il a perdu toute spontanéité. Il n’est plus mû de l’intérieur, mais seulement de l’extérieur de lui-même. Ce n’est plus lui, ce sont les autres qui décident pour lui. Au lieu que ce soit lui qui agisse sur le monde extérieur, c’est le monde extérieur qui agit sur lui. Il avance dans la vie par une suite de collisions avec les forces du dehors. Sa vie n’est plus celle d’un être humain, mais celle d’une boule de billard sensible, d’un être sans but et sans aucune réponse vraiment valide à la réalité."
    Thomas Merton « La vie silencieuse » p 174, 175. Ed du Seuil, la vigne du carmel

    L’image contient peut-être : ciel, nuage, crépuscule, plein air et nature

  • Sur la chasse (6)

    Cerf tué dans un jardin à Lacroix-Saint-Ouen : le chasseur lynché sur les réseaux sociaux

     

    © Anymal / Facebook © Anymal / Facebook

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    Alain Drach, maître d’équipage ayant achevé un cerf sur une propriété privée samedi dernier, attire les foudres sur les réseaux sociaux.

    Par Célia Mascre 

    "Assassin", "dangereux terroriste"... Les qualificatifs ne manquent pas sur les réseaux sociaux pour décrire Alain Drach, qui a tué un cerf dans le jardin de particuliers samedi dernier à Lacroix-Saint-Ouen. 

    Les faits se sont déroulés avec l'aide des gendarmes qui ont mis en place un périmètre de sécurité et contacté les propriétaires qui auraient indiqué vouloir que "la traque prenne fin". Pourtant, les voisins restent profondément choqués, tout comme le maire de la commune, qui rappelle qu'un arrêté municipal interdit la chasse à courre dans les rues de Lacroix-Saint-Ouen.

     
     

     

    Une pétition en ligne contre Alain Drach et destinée au maire de la ville a déjà reçu 18 658 signatures, et le chiffre est en évolution constante. Même l'activiste de la cause animale Rémi Gaillard a réagi sur son compte Twitter :
     

     


    Le chasseur a annoncé au Courrier Picard ce matin qu'il comptait porter plainte car il aurait reçu 150 menaces de mort"J’ai reçu 500 messages sur Messenger, 50 SMS, 150 mails… J’ai déposé une lettre recommandée pour exiger que soient retirés les propos diffamatoires tenus à mon encontre", explique-t-il.

    La Société de vénerie se dit "embarrassée par cet incident rarrissime" et a ouvert une enquête pour en comprendre les circonstances de cet événement.
     

  • Sécheresse en 2017

    Le sud-est de la France subit une sécheresse exceptionnelle

    « Le problème du changement climatique est en train de s’accélérer. Il est dommage que l’on n’en ait pas pris la mesure il y a dix ou quinze ans. »

    Déficits pluviométriques majeurs et températures élevées : la sécheresse que connaît le sud-est de la France est la plus importante jamais mesurée. De plus, sous l’effet du réchauffement climatique, ce phénomène deviendra la norme d’ici à 2050, selon les climatologues. Il est urgent de s’adapter.

    Les fourrages « La production a chuté de 80 %, les éleveurs doivent en acheter. » La vigne ?« Les fruits sont beaux, mais il y en a 30 à 40 % de moins que prévu. » Les châtaignes « Les fruits sont tombés avant d’être mûrs. Ils sont très petits et secs. » Les agrumes « Il y a une perte de volume, et ce malgré l’irrigation. » Sébastien Cabot, animateur de la Via Campagnola — branche corse de la Confédération paysanne —, fait les comptes. Sur l’île de Beauté, « il n’a quasiment pas plu depuis le mois de mars », raconte le salarié syndical. « L’an dernier était déjà une année marquée par la sécheresse et un réchauffement des températures… Cette année, ça a commencé encore plus tôt ! Les hivers et les printemps sont secs. Les précipitations se concentrent sur l’automne, elles sont brutales et provoquent d’autres calamités ».

    Même scénario sur le continent, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. « Depuis fin avril, on n’a pas dû avoir plus de 10 millimètres de pluie, gémit Jean-Pierre Grosso, agriculteur à Puyricard, dans les Bouches-du-Rhône. On a aussi eu des températures hautes, surtout en août, et du vent qui dessèche les cultures. Dans les vignes, la sève n’arrivait pas à monter jusqu’aux feuilles ! » Cet adhérent de la FRSEA (Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles) rapporte une baisse de production allant de 30 à 60 % selon les cépages. Sur les oliviers, « on ne ramassera pas grand-chose pour ceux qui ne sont pas irrigués », poursuit-il. Concernant les grandes cultures, « en ce moment, on doit planter le colza. On n’y arrive pas, la terre est trop dure ! »

    « Ces records de chaleur pourraient désormais se produire tous les 10 à 15 ans » 

    Depuis plusieurs mois, en particulier dans le sud-est de la France, les agriculteurs ont beau scruter le ciel à la recherche de la moindre goutte de pluie, elle ne vient pas. « Les déficits pluviométriques ont été absolument exceptionnels », constate Frédéric Nathant, prévisionniste à Météo France. Le météorologue égrène les derniers chiffres :

    • Nîmes (Gard) : 281 mm de pluie entre le 1er janvier et le 24 octobre, soit 52 % de moins que la valeur de référence ; le record de la sécheresse de 1952 est battu ;
    • Carpentras (Vaucluse) : 59 % de pluie de moins sur la même période ; là, c’est le record de 1989 qui est dépassé ;
    • Calvi (Haute-Corse) : 62 % de déficit ; même en 1960, précédent record, ce n’était pas autant.

    Ajoutez à cela des températures élevées — en moyenne 1°C de plus ces six derniers mois sur la région sud-est d’après Météo France, la situation devient critique. « Au 1er octobre 2017, les indices de sécheresse des sols (...) sur le Gard, l’Hérault, le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence et la Haute-Corse sont à un niveau record pour cette période de l’année. Il s’agit de la sécheresse la plus importante jamais mesurée à cette date en au moins 60 années de mesures », note encore sobrement Météo France.

    Ailleurs en France, la situation est moins critique. Mais les restrictions d’usage de l’eau continuent de sévir dans de nombreux départements. Reporterre vous l’avait déjà rapporté au printemps : la Bretagne et la côte ouest étaient notamment concernés. C’est encore le cas en cette fin octobre.

    « On a eu un été très sec en Gironde, confirme Claire Laval. Cela suit un printemps, un hiver, et un automne secs… Cela fait un an que nous sommes en déficit hydrique. Pour l’instant, les vignes n’ont pas trop souffert de la sécheresse, mais on n’a pas de réserves d’eau, c’est inquiétant pour l’an prochain, raconte la vigneronne, porte-parole de la Confédération paysanne dans le département. On est pourtant en Aquitaine, donc, d’après son nom, le pays de l’eau ! »

    Cette situation inhabituelle n’a pas manqué d’attirer l’attention des climatologues. D’autant que le phénomène ne s’est pas limité à la France. « Sur l’ensemble de l’été 2017, les températures maximales en Méditerranée ont atteint des records, note Robert Vautard, climatologue au Laboratoire des sciences, du climat et de l’environnement (LSCE). Sur le sud de la France, l’Espagne, l’Italie, et le nord de l’Afrique. On a donc voulu voir si le changement climatique favorisait l’apparition de telles températures. »

    Climate Central, une ONG centrée sur la recherche et la communication sur le climat, a ainsi réuni plusieurs chercheurs afin de déterminer si cet épisode de chaleur n’était dû qu’à la variabilité naturelle du climat, ou si la probabilité qu’un tel événement se reproduise avait augmenté en raison du changement climatique. Le rapport, publié fin septembre, est formel : « La probabilité qu’une vague de chaleur similaire se reproduise est aujourd’hui dix fois plus importante que s’il n’y avait pas de changement climatique, indique Robert Vautard. On estime que ces records de chaleur pourraient désormais se produire tous les 10 à 15 ans. »

    « Cela aura un impact sur la ressource en eau, l’agriculture, la santé, le risque incendie » 

    Les scientifiques ont utilisé et comparé plusieurs modèles de simulation climatique pour arriver à ce résultat. Ils ont aussi projeté l’impact d’ici 2050. « Des températures telles que celles de cet été ou supérieures se produiront une année sur deux. Au milieu du siècle, ce sera donc un été normal, dans la moyenne, pour le sud de la France », explique-t-il.

    L’été 2017 ne serait donc qu’un avant-goût de ce qui nous attend d’ici peu… Côté température, même dans un scénario global de 2°C de réchauffement sur la planète (très probable), le sud de l’Europe connaîtrait lui une augmentation des températures allant jusqu’à 3 à 4°C l’été. Le futur des précipitations est plus difficile à prévoir, la France étant sur la ligne de séparation des climats nord et sud, que l’on ne sait pas exactement situer. « Pour le sud de la France, il pourrait y avoir moins de pluies en été. Et même s’il continue de pleuvoir autant, avec des températures plus élevées les sécheresses seront plus fortes », poursuit le climatologue.

    Il faut donc penser à s’adapter dès maintenant : « Cela aura un impact sur la ressource en eau, l’agriculture, la santé, le risque incendie », avertit-il. Les paysans s’en rendent bien compte. « Météo France est venu nous faire une présentation. À Ajaccio, en 2050, on aura le climat de Tunis », indique Sébastien Cabot.

    « Mais on ne sait déjà pas comment on va faire aujourd’hui, reprend-il. Autant l’État que les collectivités territoriales n’ont pas réussi à faire face à l’urgence. On a organisé une action de solidarité syndicale pour pouvoir acheter du fourrage. On est loin de pouvoir se préparer à ce qui risque d’arriver demain… »

    « Le problème du changement climatique est en train de s’accélérer. Il est dommage que l’on n’en ait pas pris la mesure il y a dix ou quinze ans », regrette de son côté la vigneronne Claire Laval.

  • Chacun pour soi.

    Hier, en rentrant de notre séjour en Lozère avec le camion, on entre sur l'autoroute vers Grenoble et j'aperçois à quelques centaines de mètres une voiture qui semblait arrêtée au milieu de la chaussée. Je ralentis et effectivement, on réalise qu'un véhicule est immobilisé sur la voie, en plein milieu et que les voitures et les camions slaloment pour l'éviter. 

    Consternation.

    PERSONNE ne s'arrête pour aider l'automobiliste. 

    Je me range sur la bande d'arrêt d'urgence, warning enclenché et je descends immédiatement. Je cours sur le bas-côté et à hauteur du véhicule, je regarde les usagers qui passent de chaque côté de la voiture. Pas un seul ne s'arrête...

    Nathalie est sortie et agite le gilet jaune de sécurité en se tenant sur le bord de la chaussée. 

    Je rejoins le véhicule arrêté et je dis aussitôt au conducteur de sortir pour venir m'aider à pousser son véhicule sur la bande d'arrêt d'urgence. 

    Le conducteur, crâne rasé, blouson de cuir fermé jusqu'en haut (il fait pourtant bien chaud) et le passager, cagoule de survêtement sur la tête (il ne tourne même pas son visage vers moi). Une troisième personne sur la banquette arrière. Pas eu le temps de l'observer.

    Le conducteur me parle en Polonais ou en Moldo slovaque de Transylvanie des Carpates en s'obstinant à redémarrer. 

    Le pare-brise est entièrement étoilé et l'avant droit de la Laguna est enfoncé. Aucun éclat de verre ou de tôle au sol. 

    Incompréhension. Qu'est-ce que c'est que ces baltringues ?

    Enfin, le moteur repart, je me dégage de la chaussée. Il y a une bonne vingtaine de véhicules arrêtés par Nathalie.

    Les "Polonais" rangent leur épave sur la bande d'arrêt d'urgence et la circulation reprend.

    On repart également.

    Conclusion...

    Nathalie et moi, on est sidéré de l'individualisme des gens. Cette symbolique des esprits enfermés dans leur habitacle est d'une puissance morbide.

    "Tout le monde peut bien crever tant que moi, j'arrive à passer et à m'éloigner..."

    Combien de véhicules sont passées pendant ces quelques minutes ? Vingt, trente ?... 

    Lorsque j'étais sur la chaussée et que Nathalie avait réussi à arrêter les véhicules, pourquoi personne n'est venu proposer son aide ?

    Pourquoi ? 

    Il n'y avait pas de danger. Et même s'il y en avait eu un, doit-on pour autant ignorer la situation et s'enfuir ?

    Mais alors, tous ces gens qui se sont enfuis, qu'attendent-ils des autres, si un jour cette situation leur arrive ? 

    De l'aide ? ... Vraiment ?...

    Poussons la réflexion un peu plus loin ?... Que se passerait-il dans la population française si une situation chaotique de grande ampleur survenait ?

    La réponse, on l'a eue sous les yeux pendant quelques minutes...

    Chacun pour soi.

    Assurer sa "sécurité", ignorer, détourner les yeux, prôner l'indifférence, se convaincre que quelqu'un d'autre prendra les choses en main, continuer sa route, ne pas perdre de temps, maintenir sa moyenne horaire, ne pas rater l'heure du repas devant les actualités de TF1...

    Il y a des jours où ce genre humain me révulse. 

    Le pire d'ailleurs, c'est que même l'expression "chacun pour soi" ne représente plus la réalité ; il faudrait dire "chacun pour moi" étant donné que ces gens pensent que si cela leur arrivait, d'autres viendraient les aider. Le Moi est d'une bêtise incommensurable.

    Dans la collapsologie ou survivalisme, l'attitude de "la victime" esr clairement analysée. Le Moi est une victime qui doit être protégée par des instances supérieures, les institutions du Pouvoir. Dès lors, cette "victime", dans une situation inhabituelle et anxiogène par rapport à ses conditionnements victimaires, n'aura aucune capacité d'initiative : elle attendra que les instances concernées interviennent et si elle, en tant qu'individu n'est pas directement impliquée, elle s'en détournera.

    Je n'ose imaginer le chaos si les instances gouvernementales ne tenaient plus les rênes.

    C'est étonnant d'ailleurs à quel point, la vie m'envoie tout ce dont j'ai besoin pour l'écriture du roman en cours...

     

  • Musique

    Il y a comme ça des moments "magiques" qui font que vous tombez sur la musique que vous imaginiez.

    Comme ça, au hasard...

    Mais je ne crois pas au hasard.

    Je pense que cette musique que j'imaginais m'a guidé vers ce morceau.

    "Ecoute, il est là, cet air que tu as en tête, ce crescendo qui t'emporte..."

    Oui, c'est ça que j'attendais. Merci.  

  • Enseignante giflée

     

    Il est bien évidemment et tristement connue que ce sont les femmes qui souffrent de cette déliquescence de l'autorité et de la reconnaissance. Le "prof" n'est plus qu'un ennemi qui ne doit pas s'opposer à la toute puissance de l'individu roi. 

    Là aussi, il s'agit d'un "viol" physique et moral. Il n'y a pas que dans le milieu du showbiz et dans celui de la politique que la violence a pris le pas. 

    Il faudra attendre combien de temps pour voir dans la presse le récit d'une femme enseignante violée dans sa classe par une bande de déglingués qui n'avaient rien à faire dans une école. 

    Je hais ces pédagos politiciens financiers qui ont plongé ce monde humain dans la désolation des âmes noires. 

     


     

     

    Professeur de lycée giflée ou la décomposition française

    • Par  Barbara Lefebvre 
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    FIGAROVOX/TRIBUNE - Une enseignante a été giflée par un élève dans un lycée professionnel de Gagny, mardi 10 octobre. La scène, filmée par un élève, a été diffusée sur les réseaux sociaux. Barbara Lefebvre, qui a enseigné en banlieue, revient sur cette agression.

     


    Barbara Lefebvre est enseignante et co-auteur de les territoires perdus de la République (Pluriel, 2002-2015) et Une France soumise (Albin Michel, 2017)


    Il y a quelques jours, dans un lycée professionnel de Gagny, une enseignante était molestée par un élève qui, l'ayant acculée contre le tableau, lui avait asséné une gifle, pendant qu'un autre filmait et que des rires gras résonnaient dans la classe, constituant la désolante bande-son de cette courte vidéo.

    Cet événement aurait dû rester inconnu de tous, comme tant d'autres violences physiques et psychologiques déployées dans nos établissements de l'école élémentaire au lycée.

    Les experts en violences scolaires expliqueront qu'il s'agit d'un fait marginal, que les médias focalisent sur ces actes isolés à des fins idéologiques indignes de la noble mission de l'Ecole.

    Bien sûr, des experts en violences scolaires expliqueront qu'il s'agit d'un fait marginal, que les médias - et les néo réacs qui gangrènent la société - focalisent sur ces actes isolés à des fins idéologiques indignes de la noble mission de l'école de la République.

    Ces experts sont formels: il ne faut surtout pas répondre à la violence scolaire par un «discours sécuritaire». Tout est pédagogie, médiation, travail sur soi… Il paraît en effet que l'immense majorité des élèves sont heureux d'aller à l'école. Circulez.

    Quant à ces vieux barbons de profs qui témoignent quasi unanimement, dans les enquêtes de ces mêmes experts , d'un climat scolaire de plus en plus dégradé, il faut leur faire admettre que tout cela ne relève en rien de la crise de l'éducation dont Hannah Arendt avait analysée les contours dès 1954.

    Encore et toujours, c'est la «violence institutionnelle» qui est tenue pour responsable de la crise de l'éducation, c'est la structure bureaucratique et pyramidale de notre Ecole qui génère ces dysfonctionnements créateurs de violences... Les élèves, l'éducation familiale n'y sont pour rien, ce sont des victimes du système, eux aussi. Circulez.

    Les transformations culturelles subies par l'Homo democraticus postmoderne atomisé par la mondialisation et la métropolisation n'ont rien à voir là-dedans non plus.

    Le lycéen qui se croit autorisé à frapper son enseignante (l'aurait-il fait s'il s'était agi d'un enseignant …) révèle

    Le lycéen qui se croit autorisé à frapper son enseignante révèle l'état de déréliction du corps social où toutes formes d'autorité et de hiérarchie ont été déconstruites par le gauchisme de salon.

    l'état de déréliction du corps social où toutes formes d'autorité légitime et de hiérarchie ont été déconstruites avec minutie et délectation par le gauchisme de salon depuis cinquante ans.

    On ne dira jamais à quel point l'acculturation qui sévit dans notre société a été l'arme de destruction massive de nos civilités et de notre morale civique. Sur ce désert culturel ont poussé des plantes toxiques. Cette acculturation s'est traduite depuis presque trois décennies par une montée ininterrompue des violences dans l'école (et logiquement au-delà).

    Violences entre élèves, violences envers les adultes. Certaines de ces violences trouvent leur origine et leur expression dès la petite enfance. Mais le déni continue. Le réel est réduit à rien ou presque rien, il est donc le signe du Rien.

    Les enseignants démissionnent en plus grand nombre chaque année, la plupart d'entre eux n'iront plus au bout de leur carrière et se réorientent au bout de dix ou vingt ans, alors qu'ils devaient tenir presque quarante ans ; on baisse le niveau des concours pour recruter. Mais tout va bien! C'est pourtant le déracinement de tout ce qui bâtit une culture commune qui a lentement mais sûrement conduit à une dégradation généralisée du climat scolaire dans nos écoles.

    Sans la littérature française d'abord, la rigueur d'une syntaxe et d'une grammaire appuyée sur l'enseignement des lettres classiques ensuite, sans l'histoire enfin, il n'y a pas d'identité commune sur quoi fonder une cohésion sociétale a minima.

    Les quartiers de l'éducation prioritaire sont loin d'être les seuls concernés par les ravages de l'acculturation et des violences induites. Presque partout, on cherche à y échapper.

    Les quartiers de l'éducation prioritaire sont loin d'être les seuls concernés par les ravages de l'acculturation et des violences induites. Presque partout, on cherche à y échapper en évitant telle école, tel collège, tel lycée. A Paris même, à quelques rues d'écart, une école peut être désertée au profit d'une autre.

    Les stratégies parentales sont toujours plus complexes. Ces stratégies d'évitement ne sont pas la cause du problème, comme l'ancienne ministre de l'Education le faisait croire en culpabilisant les familles, elles sont la conséquence de la dégradation de notre école publique.

    Combien ai-je entendu de parents d'élèves regretter devoir inscrire leur enfant dans le privé, ou le faire domicilier à dix kilomètres du domicile familial s'obligeant chaque jour à d'épuisants trajets. Ils estimaient que l'Education nationale n'était plus en mesure d'assurer la sécurité de leur enfant ou proposer un niveau d'instruction suffisant.

    Ce déracinement culturel a commencé sous la présidence Giscard d'Estaing, le président jeune et moderne, passionné d'Europe et d'ultralibéralisme. Avec lui, ce fut le collège unique: une massification scolaire qui ne rima jamais avec la véritable démocratisation promise. Sous Giscard, les idéologues du pédagogisme furent promus «experts de l'éducation», ils ont ainsi occupé tous les postes clés, de la formation enseignante à la rédaction des programmes et aux instructions qui les accompagnaient.

    Les décennies mitterrandienne puis chiraquienne auront été leur âge d'or, culminant avec le tunnel des ministères Jospin-Lang-Allègre-Bayrou de 1988 à 2002. La droite ne fut pas plus au rendez-vous: hier comme aujourd'hui, l'éducation est un non sujet pour elle. C'est sans doute pourquoi Xavier Darcos a dû souffrir rue de Grenelle, car pour lui c'était «le» sujet.

    La droite ne connaît qu'une solution aux problèmes de l'école: donner aveuglément toujours plus d'autonomie aux établissements, encourager l'Ecole privée, réduire les effectifs (sauf pour les ZEP qui continuent de bénéficier d'une politique de discrimination positive ruineuse pour les contribuables et sans efficacité pour les publics concernés).

    Le ministère a été contraint de s'exprimer sur l'affaire de Gagny. Cela a été fait sobrement, inutile de faire de grands discours. L'Education nationale a dû réagir depuis le sommet de la hiérarchie uniquement parce que le cas a été révélé par la mise en ligne de cette vidéo sordide sur Snapshat et Twitter, véritables poubelles de la sociabilité postmoderne.

    Mais hélas cet événement n'a rien de surprenant. Ce lycée «qu'il ne faut pas stigmatiser» comme l'institution s'évertue à le clamer, avait déjà défrayé la chronique en 2009 quand une vingtaine d'inconnus cagoulés, armés de barres de fer et de couteaux avaient fait intrusion dans l'établissement. Une douzaine d'élèves avaient été blessés lors de la rixe et une enseignante avait été légèrement blessée avec une arme blanche.

    On avait lu, déjà, que ce lycée était formidable, sans histoire, que personne ne comprenait ce qui s'était passé. Des enseignants insultés, physiquement menacés, ce n'est ni rare, ni méconnu de l'institution scolaire. Des élèves harcelés, qui vont en cours la peur au ventre car leurs agresseurs sont dans l'impunité totale, depuis longtemps voire toujours, ce n'est ni rare, ni méconnu.

    Quand un enseignant a « des problèmes pour gérer sa classe » comme on dit pudiquement, il trouve rarement du soutien auprès du chef d'établissement : «pas de vague».

    Combien d'élèves dissimulent à leur entourage qu'ils vivent un cauchemar entre ces murs? Jusqu'au matin où ils ne peuvent plus se lever, écrasés par des douleurs psychosomatiques ou des crises de panique.

    Combien d'enseignants gardent pour eux ces violences intra-muros? Certains de nos collègues, par discrétion, par honte, par peur du jugement de leurs pairs, ont décidé que les murs de leur classe serviraient aussi à enfermer leur secret.

    Quand un enseignant a «des problèmes pour gérer sa classe» comme on dit pudiquement, il trouve rarement du soutien auprès du chef d'établissement qui a, en général, reçu pour consigne (implicite ou non) du rectorat ou de l'inspection académique le fameux «pas de vague».

    Le soutien est plus fréquent auprès des collègues, mais il en est toujours pour accabler l'enseignant en difficulté en lui reprochant d'en faire trop, de vouloir trop bien faire...

    Ainsi, cette enseignante qui avait confisqué le téléphone portable (raison pour laquelle le lycéen lui aurait asséné la violente gifle) a fait preuve d'autorité, elle voulait incarner le respect de la règle commune. Certains enseignants penseront qu'elle aurait dû fermer les yeux, laisser l'élève envoyer ses texto tranquillement ou supporter la sonnerie intempestive de cet objet qui devrait être interdit dans tous les établissements.

    Il y a encore une décennie, des millions d'élèves allaient à l'école sans posséder de téléphone. Des millions de parents pouvaient supporter l'idée que leur enfant ne serait pas traçable pendant les sept ou huit heures où ils l'avaient confié à l'institution scolaire! Cet objet est devenu une obligation sociale, une addiction généralisée qui invente des sociabilités, permet les délations, encourage tout à la fois le voyeurisme et le flicage.

    Le smartphone n'a pourtant rien à faire dans l'espace scolaire. Et cette enseignante a eu raison de le confisquer à l'élève.

    En cherchant à faire respecter la règle, cette enseignante a osé faire ce que tant d'autres ne font plus, soit qu'ils sont accablés par la tâche, soit qu'ils sont devenus les complices des élèves.

    C'est aussi par cet objet que son agression fut connue. Peut-être a-t-elle vécu cette publicité comme une humiliation? Mais en cherchant à faire respecter la règle et aussi une forme de common decency, elle a osé faire ce que tant d'autres ne font plus, soit qu'ils sont accablés par la tâche, soit qu'ils sont devenus les complices des élèves qu'ils considèrent comme leurs égaux.

    Pour ces enseignants-là, l'acte d'éduquer ne relève plus d'aucune forme de verticalité, ne répond plus à aucun ordre hiérarchique.

    Cette horizontalité pédagogique qu'on a cherché à imposer depuis plusieurs décennies ce n'est pas le calme plat, la paix perpétuelle de l'illusion égalitaire. C'est au contraire la mise en équivalence de toutes les passions, de toutes les impulsivités, de toutes les revendications individuelles au nom d'un «droit à» auquel personne ne veut déroger au profit du bien commun.

    La passion de l'égalité en oubliant la transmission d'une culture exigeante pour tous aura décidément conduit l'Ecole de la République dans l'impasse.