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L'amour dans mes romans
- Par Thierry LEDRU
- Le 29/04/2016
VERTIGES : L'amour onirique
NOIRCEUR DES CIMES : L'amour comme dernière ressource.
LÀ-HAUT : L'amour comme point ultime de la quête.
JUSQU'AU BOUT : De l'amour vénal à l'amour sacré.
LES HEROS SONT TOUS MORTS : L'amour de l'argent.
À COEUR OUVERT : L'amour épuré.
LES ÉGARÉS (non publié): L'amour de la vie en soi.
KUNDALINI : La sexualité au coeur de l'amour.
J'ai réalisé cette nuit que tous mes romans explorent la dimension de l'amour.
Je n'avais jamais pris conscience en fait à quel point tout est construit dans l'optique de cette quête amoureuse et que tous mes textes sont reliés par cette Source commune.
Et que finalement, rien d'autre, n'a d'importance.




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"La belle vie" (film)
- Par Thierry LEDRU
- Le 28/04/2016

"Si heureuse de vous annoncer la projection de LA BELLE VIE
en ouverture du Festival Etonnants Voyageurs à St Malo.
Samedi 14 mai à 10h (Reprise le Dimanche 15 mai à 10h)
N'hésitez pas à partager et à venir!...plein de mercis"Marion GERVAIS
Quatre garçons.13 ans à tout casser.
Quatre garçons et leur bande, qui dévalent en skate les routes de leur village, entre la mer, la campagne et la ville. Skater toujours plus vite pour s’échapper. Echapper à la vie ennuyeuse, à l’école qui rapetisse les rêves, aux adultes qui ne rient plus.
Oh comme j'aurais y être pour voir ce film et rencontrer Marion.
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Le moi et le Soi.
- Par Thierry LEDRU
- Le 28/04/2016

Moi : entité mêlée à un environnement social et ne réagissant qu'à travers lui.
Je : entité ayant appris à se libérer de ce conditionnement. (ou tentant de le faire...)
Soi : entité incluant le Je dans une osmose avec l'Un.Le moi est une identification historique.
Il se construit bien entendu, du premier jour au dernier. Il n’est pas figé, fixe, constant. Il évolue, en bien ou en mal. Cette perception est fondamentalement « expérientielle. » Toutes les situations, tous les évènements, des plus anodins aux plus traumatisants concourent à cette construction et à sa progression dans le temps. Mais je vois une distinction profonde entre cette « existence » perçue par ce moi et la « vie » perçue par bien autre chose.
L’existence est constituée par tout ce que le moi accumule.
La vie n’a pas besoin d’accumuler quoique ce soit. Elle est. Constante et immuable.
Est-ce que le moi peut réellement la saisir, est-ce que le moi, dans le chaos de ses pensées, dans le fatras incommensurable de son existence peut réellement percevoir cette conscience du soi et de la vie.
Le moi est une entité individuelle modelée par d’autres entités individuelles, par d’innombrables imbrications dans lequel le moi s’identifie.
On peut clairement se demander si la notion de Soi et la conscience de la vie lui sont accessibles. Que peut-il saisir dans son fonctionnement, sinon, une idée mentalisée ? La vision d’un Tout et l’appartenance du Soi à ce Tout sont-ils de pures hallucinations d’un mental qui se gargarise d’un cheminement spirituel, comme un piédestal à sa magnificence ?
Il serait bien plus profitable et honnête que ce soit le Soi qui conçoive le moi, que ce soit lui qui observe les agitations frénétiques de ce petit individu mais dans cette soumission de l’individu à son identification, c’est le moi qui part à la recherche d’un Soi dont il a entendu parler et qui comblerait son désir de séduction. Car il se dit que celui-là qui est au cœur de son Soi est beau et sage…
Vaste mystification.
Que peut saisir une entité centrée sur elle-même quand elle se dit être en quête du Tout ?
La fourmi a t-elle conscience de la forêt dans laquelle elle travaille, de la planète sur laquelle elle existe, de l’Univers ? Possédons-nous une conscience plus élaborée que celle de la fourmi ? Oui, bien évidemment ou alors c’est que la fourmi cache bien son jeu…
Bien, et alors ? Dès lors que le moi part à la recherche d’un Graal qui dépasse son entendement, que peut-il trouver d’autre qu’une entité à sa dimension, c'est-à-dire bien autre chose que le Soi ?
Alors, il nous faut peut-être chercher sur le chemin des religions… Mais les religions sont issues du mental. Aucune religion ne peut être un tremplin. Elles ne sont qu’une boucle qui ramène le moi vers lui-même. Puisqu’il en est l’instigateur. De toute façon, tant que le raisonnement, la linguistique, la dialectique, la logique, la rhétorique entrent en action, c’est le moi qui cherche ce qui ne lui est pas accessible.
Dès lors qu’il y a un observateur et une quête, l’individu reste dans un cheminement mentalisé et par conséquent le moi…Il a conscience de sa recherche et s’en glorifie et imagine dès lors être sur la voie. C’est juste celle qui le ramène à lui-même. Mais par des chemins enluminés de métaphysique, ce qui donne un aspect valorisant à la quête…
Vaste mystification.
La métaphysique est lucide quand elle est capable de juger de son insuffisance. C’est le moi qui se regarde par des fenêtres plus larges. Mais il n’y a pas de nouvel horizon. Pas celui du Soi.
Faut-il donc passer par un autre canal que le moi pour saisir le Soi ? Mais s’il n’y a plus de moi, on pourrait penser qu’il n’y a plus de conscience, de vigilance, qu’il n’y a plus rien qui puisse saisir puisque tout a disparu… Ça serait considérer que seul le mental a la capacité de saisir… Je ne pense pas que ça soit le cas. Là, il s’agit juste d’un formatage. On a appris à penser pour saisir. « Je pense donc je suis. » Sacrée catastrophe que cette affirmation.
« Je pense donc je fuis. » Je fuis la possibilité d’entrer dans une dimension qui m’échappe dès lors que je pense. Ça ne nous donne pas de piste quant à la quête de ce Soi. Pour l’instant, il reste insaisissable. Mais n’est-ce pas justement la solution à l’énigme ?
Puisque le moi ne peut pas saisir un Soi, autre qu’une enveloppe grossie de son propre moi, puisque le Soi ne peut pas être conscience de lui-même puisque cela reviendrait à concevoir un Soi détaché du Tout, c'est-à-dire immanquablement une individualité, ce qui serait antinomique dans l’idée du Tout, il n’est dès lors pas possible de saisir le Soi par le moi. Tout simplement.
Le Soi aperçu par le moi est nécessairement une entité séparée du Tout et par conséquent autre chose que le Soi.
Le Soi est Conscience et non croyance. Il ne peut pas être conscientisé car il faudrait qu’il s’individualise et qu’il s’identifie à l’observateur.
Le ciel ne peut pas voir le ciel. Il faudrait qu’il prenne de la hauteur !! L’Univers ne peut pas s’observer. Le Soi ne peut pas se connaître. Ni par lui-même puisqu’il ne serait plus le Soi mais une entité séparée du Soi, ni par le moi qui ne peut pas connaître ce qui le contient.
Mais alors qu’en est-il des expériences mystiques ? Des révélations qui font basculer parfois en quelques instants, des individus « basiques » à des êtres éveillés ?
Qu’ont-ils aperçu, ressenti, perçu, « compris » (pas de façon rationnelle bien entendu…), que leur est-il arrivé ? Est-ce que le moi peut basculer dans une dimension qui ne serait pas le Soi mais un « simple » état de conscience modifiée ? Comment considérer que ces gens puissent évoluer dans un monde mentalisé en ayant eu accès à une vision unifiée de la vie ? Comment gérer ce genre d’antagonismes ? Comment passer du haut en bas, de l’intériorité mentalisée à l’universalité dés-identifiée ? Les voyageurs des NDE ? Les guérisons « spontanées » et inexpliquées ? Que s’est-il passé ?
Le moi, dans ces expériences extrêmes, n’a rien à voir. Il est bien trop futile et insignifiant pour s’engager dans des voies aussi radicales.
Écoutons les paroles des « expérimentateurs»…
C’est stupéfiant. Tellement éloigné de notre vision mécaniste et rigoriste de la vie. Le Tout s’est-il laissé découvrir, le Soi s’est-il révélé ?
Mais alors, tout ce que j’ai écrit au-dessus ne tient pas. Tout ça ne serait donc bel et bien que du charabia métaphysique. C’est sans doute qu’il faut chercher ailleurs. Et se passer même du langage.
La souffrance devient-elle la clé pour ouvrir l’enceinte ? Lorsque plus rien ne permet au geôlier de prendre conscience qu’il fabrique lui-même la prison qu’il s’obstine à ignorer, la souffrance réelle, physique, psychologique, existentielle, ne devient-elle pas l’ultime accès à la liberté ?
Cette rupture, totale, incompréhensible, imprévisible, comme si parvenu à une altitude inconnue, le mental n’avait plus d’oxygène, que les pensées et les résistances ne pouvaient plus prendre forme, n’avaient plus de nourriture, une perte d’identification. La douleur a tout rongé, jusqu’à la dernière image, les rôles les plus essentiels, ni mari, ni père, rien, il ne reste rien que cette douleur insoutenable jusqu’à ce qu’elle disparaisse à son tour. Cette rupture, ce vide. Cette absence de tout, plus rien, aucune sensation, plus de corps, plus de peur, aucune pensée, le néant sans rien pour le voir, rien…
Comment expliquer qu’il n’y a rien. Ni même rien pour s’en rendre compte. Toute la difficulté pour l’exprimer vient du fait qu’il n’en reste rien. Puisqu’il n’y a plus rien pour s’en souvenir, pour que ça se grave. Rien ne s’est gravé dans ce rien.
Et pourtant, j’ai entendu cette phrase, soudaine, au milieu d’auras bleutées.
« Tu n’es pas au fil des âges un amalgame agité de verbes d’actions conjugués à tous les temps humains mais simplement le verbe être nourri par la vie divine de l’instant présent. »
Ça n’était pas moi. Ça venait d’ailleurs. C’était trop long pour que je l’élabore moi-même dans cet état d’hébétude. Qu’est-ce que c’était ? « Qui » était-ce ? Des nuits entières à me poser cette question, de mois, des années, des heures à y penser en marchant, sur mon vélo, assis dehors, sous les étoiles, à tenter de retrouver dans ce vide environnant une source, un point de départ, un noyau de clarté, un point lumineux d’où aurait jailli cette fulgurance. Dans ce vide intersidéral que la douleur avait engendré, dans cette incapacité à être moi, à penser même, comment une telle complexité pouvait-elle se concevoir ?
Il existerait donc un autre émetteur ?...Et je pourrais recevoir ces émissions inconnues ?...Le Soi ? Ce vide, était-ce cela « la vacuité ? »
S'éveiller à la vacuité est-ce voir que personne ne souffre ici, qu’il y a une sensation mais personne pour en prendre livraison. La douleur porte-t-elle un enseignement salvateur?
Pointe-t-elle vers ce qui est au-delà de la douleur ?
« Les quatre nobles vérités qui sont à l'origine du bouddhisme sont: la vérité de la souffrance ou de l'insatisfaction inhérente, la vérité de l'origine de la souffrance engendrée par le désir et l'attachement, la vérité de la possibilité de la cessation de la souffrance par le détachement, entre autres, et finalement la vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance, qui est la voie médiane du noble sentier octuple. »
Je ne sais pas ce qu’est ce sentier octuple. Je comprends par contre cet attachement à la douleur, comme à tout le reste. Toutes les identifications qui s’opposent au Soi, qui le couvrent comme autant de salissures. La douleur est un purificateur forcené. Elle brise la coquille et libère le noyau.
Mais ce noyau n’est pas une entité individuelle.
Il est le flux vital.
L’énergie créatrice.
Et dans l’amour inconditionnel, ineffable, incommensurable de l’énergie, il n’y a pas de mal, pas de douleur, pas de traumatisme puisqu’il n’y a plus de moi et que le moi entretient tout ce à quoi il est identifié. N’être plus rien efface jusqu’au mal tout comme il efface le bien. Il n’y a que ce qui est. Et ce qui est ne porte pas les fardeaux mentalisés du moi.
Bien et Mal ne sont que des rumeurs.
La douleur comme la libération du Tout en moi. Comment pourrais-je y voir du Mal ?
Ce Bien dans lequel je m’imaginais exister et qui m’avait brisé.
Bien et Mal, juste deux termes qui n’ont aucune réalité dans le flux vital. Cette absence de lucidité qui entretenait ces rumeurs. Et en venir à honorer la douleur lorsque le moi est éteint. Il y a autre chose. Une autre réalité, sans doute la seule. Lorsque le rêve éveillé est brisé et que toutes les rumeurs s’éteignent dans la lumière de la Conscience. Pas « ma » conscience mais l’Autre. Celle qui libère et unifie.
Plutôt que d'attendre que la douleur nous sorte de notre torpeur spirituelle, il est toujours temps de se tourner vers la sexualité sacrée et donc le bonheur.
Au lieu de se contenter d'une sexualité identitaire, égotique, inquiète ou inconsciente, insignifiante et réductrice, il est préférable de s'élever conjointement dans la dimension consciente des âmes unifiées dans le cocon des corps et le battement des coeurs, le souffle de vie.
La sexualité sacrée est un éveil du Soi avec l'Autre.
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L'habituation (Nature)
- Par Thierry LEDRU
- Le 28/04/2016
Et si les organismes les plus primitifs étaient capables d'apprendre...
Des chercheurs français affirment que l'amibe Physarum polycephalum est capable d'une forme simple d'apprentissage. Une première. Explications.
PAR CHLOÉ DURAND-PARENTIPublié le | Le Point.fr

Ce cliché montre la surface de Physarum polycephalum, qui bien qu'étant une seule et même cellule, présente des structures assimilables à des veines. © Romain Boisseau Peut-on apprendre sans avoir de cerveau, ni même de système nerveux ? La question vous semble inepte ? Des chercheurs français de l'université Paul Sabatier de Toulouse (CNRS) se la sont pourtant posée. Et leur réponse est pour le moins surprenante. Selon eux, un organisme, non seulement sans l'ombre d'un système nerveux, mais tout bonnement unicellulaire, une amibe baptisée Physarum polycephalum, vivant dans les sous-bois, est bien capable d'une forme d'apprentissage basique, appelée habituation.
Quèsaco ? « L'habituation consiste en l'atténuation d'une réponse comportementale face à la répétition du stimulus l'ayant déclenchée. Une faculté que l'on observe chez des organismes simples comme chez certaines catégories de plantes, les carnivores et les sensitives. Touchez délicatement un mimosa de manière répétitive et vous verrez que ses feuilles, qui, au départ, se recroquevillent aussitôt, réagissent de moins en moins », explique Romain Boisseau, l'un des auteurs de l'étude qui paraît cette semaine dans la revue scientifique britannique Proceedings of the Royal Society.
Une mince extension de la cellule en éclaireur
Pour les Physarum polycephalum de l'expérience toulousaine, des cellules géantes visibles à l'œil nu, le « jeu » consiste non pas à s'habituer aux touchers d'êtres humains curieux, mais à traverser un pont enduit d'une substance amère pour atteindre leur nourriture. Un groupe d'amibes est confronté à un pont imprégné de quinine et un deuxième à un pont enduit de caféine, deux substances perçues comme potentiellement toxiques par ces organismes, mais, en réalité, totalement inoffensives. Le tout alors qu'un groupe de référence est mis face à un pont vierge de tout répulsif. Que se passe-t-il donc ?
Les premiers temps, tandis que les amibes du groupe témoin étendent tranquillement leur « corps » extensible sur leur pont pour se sustenter, celles des deux autres groupes déploient timidement une sorte de « doigt » appelé pseudopode, une extension de leur « corps » la plus fine possible, de manière à limiter au maximum les contacts avec la substance amère. Un peu comme une armée enverrait un soldat en éclaireur. Toutefois, au cours de l'expérience, le comportement de ces dernières évolue rapidement. Jour après jour, le pseudopode déployé sur la substance amère est de plus en plus large. L'organisme unicellulaire explore le pont imprégné avec une confiance croissante. Tant et si bien qu'au bout de six jours, le comportement des trois groupes se révèle parfaitement identique.
Qui dit apprentissage dit mémoire
L'illustration de droite montre comment l’organisme unicellulaire Physarum polycephalum apprend par habituation à ignorer la présence de quinine (substance amère) lors de son trajet vers la nourriture. Cette habituation se traduit par une augmentation de la largeur du pseudopode (une des excroissances de la cellule visibles sur l'image de gauche ) utilisé pour rejoindre cette nourriture. © Audrey Dussutour Les Physarum des deux premiers groupes « ont appris respectivement que la quinine ou la caféine dont leur pont est enduit ne constitue pas un danger et ne s'en méfient plus », explique l'étudiant, enthousiaste. « Pour nous, ce résultat a été une surprise. D'autant que, lors des expériences préliminaires, nous n'avions rien vu, se souvient-il. Parce que nous ne regardions pas au bon endroit. Nous étions focalisés sur la vitesse des amibes pour arriver à la nourriture alors que ce qu'il fallait regarder, c'était la forme de l'extension déployée par la cellule pour aller chercher cette nourriture », ajoute-t-il.
Que se passe-t-il si l'on soumet les amibes du groupe quinine à de la caféine, ou bien inversement ? « Les Physarum qui ont appris à ne plus se méfier de la quinine demeurent tout aussi méfiants vis-à-vis de la caféine et inversement », répond Romain Boisseau. « Par ailleurs, si on cesse de mettre ces amibes en contact avec la substance amère à laquelle elles ont été « habituées », elles retrouvent leur méfiance au bout de seulement deux jours ». En résumé, s'il y a apprentissage, c'est que l'organisme en conserve la mémoire, même si, dans le cas de Physarum, celle-ci est à relativement court terme.
Mais alors, sans cerveau ni système nerveux, où cette mémoire peut-elle bien siéger ?
Un mécanisme mystérieux
« À ce stade, nous ne savons même pas vraiment comment Physarum perçoit les signaux chimiques de la présence de quinine ou de caféine. Toutefois, on peut raisonnablement supposer qu'il y a, sur la membrane de la cellule, des récepteurs capables de les recevoir et, à partir de là, spéculer sur différents mécanismes », explique Romain Boisseau. « Par exemple, on peut imaginer qu'à chaque exposition à la substance amère, les récepteurs soient un peu altérés et, ainsi, deviennent, au fil du temps, de moins en moins sensibles à celle-ci. Après quoi, si on attend quelques jours sans réexposition à la substance, ces récepteurs, ayant été régénérés ou remplacés, réagissent de nouveau comme au premier contact. Une autre piste, plus complexe, fait intervenir un mécanisme épigénétique, c'est-à-dire qui touche à l'expression des gènes sans intervenir sur la séquence ADN elle-même. En clair, la réception des signaux chimiques, au niveau des récepteurs, entraînerait une cascade de réactions moléculaires de nature à provoquer une modification transitoire dans l'expression de certains gènes. »
Deux pistes principales parmi d'autres que les chercheurs ont l'intention d'explorer, tout en tentant en parallèle d'autres expériences sur des organismes plus simples que Physarum. Car s'il s'agit bien là d'un organisme unicellulaire, il est d'un genre un peu particulier. En effet, s'il possède bien une membrane cellulaire unique, il est en revanche doté de millions de noyaux. « Ce qui en fait une sorte d'organisme intermédiaire », concède Romain Boisseau.
Cet apprentissage simple qu'est l'habituation est-il vraiment quelque chose de répandu chez les organismes vivants ? Voilà la question principale à laquelle les scientifiques vont devoir tenter de répondre. Tout simplement parce que, si c'est le cas, alors les mécanismes qu'elle implique sont potentiellement apparus très tôt dans l'évolution, bien avant la première ébauche de système nerveux. La découverte des chercheurs de Toulouse pourrait alors éclairer les origines de l'intelligence.
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Identité existentielle.
- Par Thierry LEDRU
- Le 27/04/2016

Quand on me demande ce que je fais, si je réponds que je suis instituteur, je m’identifie à une tâche, un métier, un rôle.
Et bien, c’est ce que nous faisons très souvent, dans de nombreuses situations et pas seulement professionnelles.
Je suis montagnard, je suis écrivain, je suis cycliste, je suis marié, je suis père, je suis Français.
Et bien, non, je ne suis rien de tout ça.
Ces informations correspondent à des situations précises, temporelles, évènementielles, mais elles ne font pas de moi autre chose que ce que je suis. Elles ne sont que des situations qui peuvent très bien se révéler provisoires ou évolutives.
Il est par conséquent préférable, à mon avis, d’associer ces situations à des actes.
Je ne suis pas instituteur, j’exerce le métier d’instituteur.
Je ne suis pas montagnard, je parcours les montagnes.
Je ne suis pas marié, j’aime la femme qui partage ma vie.
Je ne suis pas père, j’élève mes enfants. (qui ne sont pas à moi d'ailleurs, mais à la vie)
Je ne suis pas Français, je vis en France.
On pourrait me dire que ça n’a pas d’importance et que c’est juste de la sémantique ou de la dialectique mais je pense que ça va bien plus loin que ça.
Si une de ces situations venait à disparaître et que pendant des années, je me suis identifié à elle et qu'en plus "j'existe" au yeux des autres sous cette identification, qui serais-je puisque le « je » est effacé ?
Si je perds mon travail, si ma femme me quitte ou décède, si mes enfants s’éloignent (ce qui arrivera nécessairement), si la vieillesse finit par m’interdire les sommets (ce qui arrivera nécessairement)… Qui serais-je ?
C’est avant cela qu’il est nécessaire de se poser la question.
Combien de dépressions lorsque les identifications tombent ? Combien de drames ?
L’extrême difficulté vient de ce conditionnement éducatif qui s’installe dès les premières années de vie.
Je suis élève, je suis footballeur, je suis supporter, je suis guitariste, je suis une princesse, je suis spectateur, je suis fan, je suis consommateur, je suis gamer, ipodeur, je suis majeur, je suis chômeur, je suis citoyen, je suis indigné, je suis déprimé, je suis révolté.
Rien, il n’y a rien de vrai là-dedans. Pas plus d'ailleurs lorsqu'il s'agit des couleurs de peau : "je suis blanc, je suis noir, je suis jaune, violet à rayures...Je suis blond, châtain, roux, brun, épilé, poilu, barbu, imberbe, chauve...
"Je suis, je suis, je suis..."
Eh bien, non, je ne suis rien de tout ça.
Ce ne sont que des situations et tout est fait, dans notre environnement, pour que nous adhérions à ces paravents. En 2017, on entendra de toutes parts que nous devrons être électeurs.
Et ensuite, nous serons les déçus des suites électorales.
Je m’égare…
On pourrait penser que ces identifications ont un intérêt lorsqu’elles se révèlent positives.
Je suis reçu à mon examen.
Je suis le premier de la course.
Je suis le second du patron.
Je suis le plus beau.
La dernière affirmation fait habituellement sourire mais les autres sont toutes aussi absurdes.
« Je », dans ces situations n’est rien de ce qui lui est attribué.
Et si l’individu prend le risque de s’égarer dans ce genre de mensonges existentiels, il ne devra pas se plaindre si les évènements ne tournent pas en sa faveur. Il aura été le seul bâtisseur de sa souffrance.
Les évènements et les conditions de ma vie ne font pas ce que « je » suis. Elles sont des peaux que j’enfile comme des habits mais je me dois d’apprendre à les retirer avant de me persuader qu’elles sont la réalité.
Quelle est cette réalité ?
Et bien, déshabillez-vous...Intérieurement...
Pour quelle raison, ce marchandage constant entre l’individu et les instances qui proposent des rôles à tenir se perpétue-t-il depuis si longtemps ? Pour quelle raison, l’individu accepte-t-il de perdre son intégrité existentielle en échange de risques majeurs ?
Tout simplement parce qu’il envisage uniquement le meilleur. Et qu’il balaie négligemment tout accident de parcours. Une certaine immaturité qui dure, parfois, une vie entière.
Retour de flamme obligatoire.
L’embrigadement est extrêmement bien mené aussi, il faut le reconnaître. L’école y joue un rôle prépondérant et terriblement assassin. Un des premiers piliers de la société des rôles.
Je pourrais donc parler de ces enseignants ou de ces psychologues, orthophonistes et autres professions enserrant les enfants et toutes ces étiquettes qui sont attribuées et qui en viennent à persuader l'enfant qu'il est ce qu'on lui dit :
"Je suis dyslexique, je suis hyper actif, je suis rêveur, je suis introverti, extraverti, dysorthographique, dyscalculique, dys, dys dys...je suis, je suis, je suis...
Un désastre qui enferme, un chaos qui a des conséquences qu'on n'imagine pas. Non, ils ne sont rien de tout ça. Ces étiquettes ne sont que les formes de pouvoir que ces adultes diplômés veulent appliquer pour leur propre contentement.
"Ah, j'ai bien fait mon job, j'ai encore trouvé un dyslexique."
Et donc, l'enfant n'est plus que ça, un numéro de plus dans les statistiques du Ministère.
Nous passons un temps infini à nous identifier à ces rôles, un Hollywood permanent. À se demander d’ailleurs pourquoi autant de gens vont au cinéma quand on prend conscience du nombre de rôles qu’ils tiennent.
Mais alors pourquoi ?
Quel est le nerf de cette guerre existentielle ? Qui entretient cet atelier de poterie pour les âmes, cet effroyable moulage unique, reproduit à des milliards d’exemplaires ? Quel est le moteur ou le carburant ?
L’argent, bien entendu. Et ceux qui le possèdent.
L’attribution des rôles est associée à toute une économie qui lui correspond. Tout le système repose sur les rôles.
Si vous enlevez les identifications, si les individus prennent conscience qu’ils ne sont pas leurs actes et que ces actes ne correspondent à aucune réalité profonde mais ne sont que des évènements, des phénomènes, alors ces individus apprennent à limiter leurs besoins, ces individus n’éprouvent plus aucune euphorie à participer aux phénomènes de ceux qui jouent les mêmes rôles que ceux qu’ils tenaient, ils se détachent, s’éloignent, se libèrent, se simplifient extérieurement pour œuvrer enfin à une exploration intérieure qui ne rapporte rien à personne, qui n’est pas mercantile, qui ne peut pas être dupliquée.
Le système économique ne peut pas se le permettre. Les financiers en mourraient. Et les politiciens n’auraient plus de valises de billets à faire porter. Les puissants ne peuvent pas autoriser la puissance existentielle des gens de s’exprimer. Il faut la brider dès que le fœtus est lancé. Les puissants ont des batteries de rôles pour ce petit d’homme qui arrive. Tout est prêt. S’en prendre à la mère est le meilleur moyen d’atteindre l’enfant. "Parce qu’elle le vaut bien…"
J'en viens même à me méfier terriblement de tous les mouvements de masse associés à la quête spirituelle. Payer des mille et des cents un séjour dans un Ashram pour écouter religieusement un "Grand Maître", c'est tout simplement à mes yeux, la main mise des financiers sur l'identité existentielle. On entre dans le même fonctionnement que les religions. Quelqu'un va vous dire ce que vous êtes...Comment vous devez vous comporter, il va cartographier l'itinéraire que vous devez suivre, c'est à dire le sien.
Heureusement que tous les "Maîtres" n'agissent pas de la sorte mais le risque est grand, malgré tout, pour celui qui cherche, de s'identifier à la voie qu'il pense la plus juste. Je ne suis pas bouddhiste, athéiste, agnostique, pantéiste, je ne suis pas "raélien", ni adepte du "temple solaire" ou de "la confrérie des esprits supratomiques", je ne suis pas catholique, musulman ou juif.Tout ça ne sont que des habits, des vêtements, des signes de reconnaissance, des appartenances, la constitution des communautés. Et de toutes les violences qui les accompagnent.Je rêve d’un monde où les Etres humains seraient nus.
Comme avant le premier jour, avant même la conception, quand ils n’étaient que des âmes en instance…
C'est aussi ce que raconte "KUNDALINI"
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La voie orientale (spiritualité)
- Par Thierry LEDRU
- Le 25/04/2016

Spiritualité, la voie orientale



La voie orientale

Le plus souvent, lorsque l'on parle des religions en les comparant les unes aux autres, on se limite à comparer 3 religions qui n'en font qu'une, la "religion du Livre", dont les 3 branches successives (Judaisme, Christianisme et Islam) partagent les mêmes racines, les mêmes valeurs et la même vision du monde fondée notamment sur le dualisme et l'idée d'un dieu extérieur à l'homme.Si on veut réellement découvrir d'autres visions du monde, il faut s'extraire de la sphère occidentale-babylonienne et aller vers d'autres cultures qui ont développé des visions réellement différentes.
Des alternatives nous sont données par les multiples cultures animistes ou shamanistes, et par la spiritualité orientale dont il sera question ici...

La spiritualité orientale comprend différentes branches qui partagent en réalité les mêmes principes fondamentaux, et la même vision du monde, aux antipodes de la vision occidentale. Ses principales branches sont l'hindouisme, le bouddhisme, et le taoisme.
Les spiritualités orientales voient la réalité comme un tout, en mouvement, avec des éléments unis par des relations dynamiques.
Dans la vision occidentale, notre tendance à fractionner la réalité nous fait percevoir des objets individuels, séparés et fixes. Du coup, nous nous concevons nous-mêmes comme des objets isolés. Cette vision des choses correspond à l'état "d'ignorance" (ou "avidya") dans la philosophie bouddhiste.
Les spiritualités orientales mettent l'accent sur l'unité de l'univers et l'interdépendance de tous les phénomènes. L'illumination consiste à devenir conscients de cette unité et de la corrélation de toutes choses.
"Dans la conception orientale, la division de la nature en objects disctincts est une illusion. Tout a un caractère perpétuellement changeant et fluide. La vision orientale est intrinsèquement dynamique. Elle comprend comme caractéristiques essentielles le temps et le changement. Le cosmos apparait comme une réalité indivisible, éternellement mouvante, vivante, organique, spirituelle et matérielle à la fois.(...)
De même, l'image orientale de la divinité n'est pas celle d'un souverain dirigeant le monde d'en haut (contrairement la religion du Livre et ses dérivés) mais d'un principe qui contrôle chaque chose de l'intérieur."
Fritjov Capra, "Le Tao de la physique"
Le livre du physicien Frijtof Capra "Le Tao de la physique" est une synthèse profonde, limpide et concise sur ces spiritualités orientales.
En voici quelques extraits, en commençant par la plus ancienne de ces spiritualités orientales...
L'hindouisme



"La base de l'hindouisme est l'idée que dans leur multitude, les phénomènes autour de nous ne sont que les diverses manifestations de la réalité ultime. Cette réalité, nommée Brahman, est l'idée unificatrice qui donne à l'hindouisme son caractère essentiellement moniste en dépit du culte des nombreux dieux et déesses.Brahman, l'ultime réalité, est entendu comme "l'âme" ou "l'essence intérieure" de toutes choses. Il est infini, et par-delà tous les concepts. Il ne peut être compris par l'intelligence, ni être décrit de façon adéquate par les mots. (...)
La manifestation de Brahman dans l'âme humaine est nommée atman, et l'idée qu'atman et Brahman (la réalité individuelle et la réalité ultime) ne font qu'un est l'essence des Upanishad: « Ce qui est la plus subtile essence, ce monde-ci tout entier, a cela pour âme, c'est la réalité. Cela est atman. Cela est toi. »

L'activité créatrice de la divinité est nommée lila, le jeu de Dieu, et le monde est perçu comme la scène du jeu divin. Comme la majeure partie de la mythologie indienne, , le mythe de lila a une forte saveur magique. Brahman est le grand magicien se transformant lui-même en monde, et il accomplit cet exploit avec son pouvoir magique de création qui est la signification originelle de maya dans le Rig-Veda. (l'un des textes fondateurs de l'hindouisme)
Le mot maya, l'un des termes essentiels de la philosophie indienne, a changé de sens au cours des siècles. Du pouvoir de l'acteur divin, il en est venu à désigner l'état psychologique de quiconque est sous le charme du jeu magique. Aussi longtemps que nous confondons les myriades de formes du divin lila avec la réalité, sans percevoir l'unité de Brhaman sous-jacentes à toutes ces formes, nous sommes sous le charme de maya. (...)
Le monde de maya change continuellement car le divin lila est un jeu dynamique et rythmique. La force dynamyque du jeu est le karma, autre concept important de la pensée indienne. Karma veut dire action. C'est le principe actif du jeu, l'univers entier en mouvement, où chaque chose est en relation dynamique avec les autres.
Se libérer des liens du Karma signifie réaliser l'unité et l'harmonie de toute la nature, l'être humain compris, et agir en conséquence.
Se libérer de l'envoutement de maya et briser les chaines du Karma signifie réaliser que tous les phénomènes que nous percevons par nos sens sont les éléments d'une même réalité. Cela signifie qu'il faut expérimenter, concrètement et personnellement que toute chose, y compris soi-même, est Brahman. Cette expérience est nommée moksha, ou "libération", dans la philosphie hindoue, et elle est l'essence véritable de l'hindouisme.
L'hindouisme soutient qu'il existe d'innombrables voies de "libération". On ne saurait s'attendre à ce que tous les adeptes soient capables d'approcher la divinité de la même façon, il existe donc divers concepts, rituels et exercices spirituels accordés à différents modes d'éveil. Le fait que beaucoup de ces concepts ou pratiques soient contradictoires ne trouble pas le moins du monde les Indiens, car ils savent que Brahman est de toute façon au-delà des concepts et des images."
Fritjov Capra, "Le Tao de la physique"
Pour se mettre dans l'ambiance, un peu de musique indienne !


Le bouddhisme

Suite de l'exploration avec le bouddhisme, une philosophie née en Inde il y a 2600 ans...
"Si le style de l'hindouisme est mythologique et ritualiste, celui du bouddhisme est psychologique. Le Bouddha ne se préoccupait pas de satisfaire la curiosité humaine touchant à l'origine du monde, la nature de la divinité ou des questions similaires. Il s'intéressait exclusivement à la situation humaine, aux souffrances et aux frustrations des êtres humains. Sa doctrine n'était pas métaphysique mais psychothérapique. Il indiqua l'origine des frustrations humaines et les manières de les dépasser, adoptant les concept indiens traditionnels tout en leur donnant une interprétation psychologique nouvelle, dynamique et directe.(...)
Immédiatement après son "éveil", le Bouddha exprima la formule des "4 Nobles Vérités", un exposé concis de l'essentiel de sa doctrine, assez proche de l'énoncé d'un médecin qui, en premier lieu, établit la cause de la maladie, puis affirme que cette maladie peut être guérie, et finalement prescrit le remède.
La première Noble Vérité expose la spécificité de la situation humaine, duhka, qui est souffrance ou frustration. Cette frustration vient de notre difficulté à affronter le fait fondamental de la vie, le fait que chaque chose autour de nous est changeante et transitoire.
La souffrance survient chaque fois que nous résistons au flux de la vie et essayons de nous accrocher à des formes fixes qui sont toutes maya, qu'il s'agisse de choses, d'événements, de gens ou d'idées.
Cette doctrine de l'impermanence inclut également l'idée qu'il n'existe pas d'égo, aucun soi-même ne demeurant le sujet inchangé de nos diverses expériences.
Le bouddhisme soutient que l'idée d'un soi individuel distinct est une illusion, juste une autre forme de maya, une notion intellectuelle qui n'a aucune réalité. S'accrocher à une telle notion conduit à la même frustration que n'importe quelle autre catégorie fixe de pensée.
La seconde Noble Vérité traite de la cause de toute souffrance, l'attachement.
C'est l'attachement futile à la vie, fondé sur un point de vue fallacieux nommé avidya ou "ignorance" dans la philosophie bouddhiste. Du fait de cette ignorance, nous fractionnons le monde perçu en choses individuelles et distinctes, et tentons ainsi d'enfermer les formes fluides de la réalité dans des catégories fixes forgées par l'intellect.
Aussi longtemps que prévaut cette conception, nous restons condamnés à aller de frustration en frustration.
Essayant de nous accrocher aux choses que nous voyons comme si elles étaient fixes et persistantes, alors qu'en fait elles sont transitoires et toujours changeantes, nous devenos prisonniers d'un cercle vicieux où chaque action engendre une action ultérieure, et où la réponse à chaque question pose de nouvelles questions. Ce cercle vicieux est nommé samsara, le cycle de naissance et de mort, et il est mû par le karma, la chaine sans fin des causes et des effets.

"La troisième Noble Vérité affirme que l'on peut mettre un terme à la souffrance et à la frustration. Il est possible de se libérer du cercle vicieux du samsara, de se libérer de l'esclavage du karma, et d'atteindre un état de totale libération appelé nirvana.
Dans cette situation, les fausses conceptions d'un moi distinct ont disparu à tout jamais et l'unicité de toute vie est devenue un sentiment permanent.
Le nirvana est l'équivalent de moksha dans la philosophie indienne, et étant un état de conscience au-delà de tous concepts intellectuels, il est indescriptible.
La quatrième Noble Vérité est la prescription du Bouddha pour en finir avec la souffrance, l'Octuple Sentier du développement de soi conduisant à l'état de Bouddha."
Fritjov Capra, "Le Tao de la physique"L'Octuple Sentier
Les 8 qualités qui mènent à la sagesse selon le Bouddhisme:
1. la compréhension juste
2. la pensée juste
3. la parole juste
4. l'action juste
5. les moyens d'existence justes
6. l'effort juste
7. l'attention juste
8. la concentration justeLa compréhension juste est la vision juste de la réalité.
La pensée juste est une pensée dénuée de haine, d'avidité et d'ignorance.
La parole juste consiste à ne pas mentir, ne pas semer la discorde par ses paroles, ne pas parler abusivement.
L'action juste est une action adaptée à la situation et qui ne cause pas de tort à autrui.
Les moyens d'existence justes sont ceux qui permettent de vivre sans tuer et sans faire de mal à autrui, par des moyens justes et honorables.
L'effort juste consiste à développer les conditions favorables à l'éveil, et à éviter ou surmonter les pensées négatives.
L'attention juste est la conscience aiguë des choses, de soi (corps, émotions et pensées), des autres, de la réalité.
La concentration juste est la stabilité de l'esprit libéré de l'agitation, la distraction ou l'excitation, laissant passer les pensées sans s'y attacher.

Un peu plus haut, Capra écrivait que le Bouddhisme était surtout centré sur la psychologie humaine, ce qui en fait un enseignement "horizontal" plutôt que "vertical" ou "transcendental". On retrouve cependant la dimension mystique voire shamaniste dans le bouddhisme tibétain.

Le taoïsme

Le taoïsme est une philosophie apparue en Chine à la même période que le bouddhisme, il y a 2600 ans. Le "Tao" est à la fois la voie, le tout, et la nature de chaque chose. En voici un résumé, toujours avec Fritjov Capra...
"Les taoïstes concentrent totalement leur attention sur l'observation de la nature afin de percevoir les caractéristiques du Tao.L'observation attentive de la nature, jointe à une puissante intuition mystique, conduisit les sages taoïstes à des vues pénétrantes. L'une des plus profondes découvertes fut de réaliser que la transformation et le changement sont des traits essentiels de la nature.
Selon les taoïstes, tous les changements dans la nature sont des manifestations de la relation dynamique entre les pôles opposés yin et yang. Ainsi en arrivèrent-ils à la conclusion que n'importe quel couple d'opposés forme une relation bipolaire où chacun des 2 pôles est lié dynamiquement à l'autre. Il est fort difficile à un esprit occidental de saisir cette notion d'unité implicite de toutes les contradictions. Il nous semble très paradoxal que des expériences et des valeurs que nous avons toujours crues opposées soient en définitive des aspects d'une même réalité fondamentale.

L'idée que les mouvements du Tao sont une réaction continuelle entre des énergies opposées, les taoïstes déduisirent 2 règles fondamentales concernant la conduite humaine. Chaque fois que vois voulez arriver à quelque chose disent-ils, commencez d'abord par le contraire.
L'expansion précède la contraction.
Renforce pour affaiblir.
Exalte pour éliminer.
Donne pour prendre.
Cela s'appelle subtile sagesse.Lao-tseu
D'autre part, chaque fois que l'on veut conserver quelque chose, on doit admettre un tant soit peu son contraire:Courbe-toi et tu demeureras droit.
Vides-toi et tu demeureras plein
Uses-toi et tu demeureras neuf.Lao-tseu
Telle est la règle de vie du sage qui a acquis un point de vue plus élevé, une perspective d'où la relativité et le rapport polaire de tous les opposés sont clairement perçus. Ces opposés incluent les notions de bien et de mal, interdépendantes comme le yin et le yang.Reconnaissant la relativité du bien et du mal ainsi que de toutes les conventions morales, le sage taoïste ne s'efforce pas d'atteindre le bien mais tente plutôt de maintenir un équilibre dynamique entre le bien et le mal.

La spontanéité est le principe d'action du Tao, et puisque la conduite humaine devrait être modelée sur le cours du Tao, la spontanéité devrait également être la caractéristique de toutes les actions humaines. Agir en harmonie avec la nature signifie donc agir spontanément et selon sa véritable nature. Cela veut dire avoir confiance en sa propre intelligence intuitive, inhérente à l'esprit humain, de même que les lois du changement sont inhérentes à tout ce qui nous entoure.
Le sage taoïste agit selon sa sagesse intuitive, spontanée et en harmonie avec son environnement. Il n'a besoin ni de se contraindre, ni de contraindre qui que ce soit autour de lui, mais simplement conforme ses actions aux mouvements du Tao.
Selon Huai Nan tseu, "ceux qui suivent l'ordre naturel suivent le cours du Tao".
Une telle manière d'agir est nommée wu-wei dans la philosophie taoïste, terme signifiant littéralement "non-agir" mais dont le sens est "s'abstenir d'activité contraire à la nature ou à sa propre nature".
Si l'on s'abstient d'agir contre sa nature ou d'aller "contre l'origine des choses", on est en harmonie avec le Tao, et par conséquent, nos propres actions réussiront. Telle est la signification des mots apparemment si énigmatiques de Lao-tseu, "par le non agir il n'y a rien qui ne se fasse"."
Fritjov Capra, "Le Tao de la physique"
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La pureté du talent
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/04/2016
Séquence émotion....Plus d'un "artiste" actuel en aurait à apprendre...Pour le talent et pour la vie qui en émane.
J'aimerais un jour écrire avec cette puissance émotionnelle...
Un jour...Peut-être.
J'en suis à la troisième correction de KUNDALINI et je réalise que l'art me bouleverse lorsque je vois les personnages, dans le chant ou le cinéma ou le théâtre ou la danse parfois, lorsque je les vois vivre. Et que l'écriture, pour atteindre cette dimension émotionnelle, doit être visuelle, infiniment visuelle, que l'objectif est de plonger le lecteur ou la lectrice dans la peau des personnages, qu'ils en ressentent les émotions, non pas comme devant des artistes qui jouent une composition mais comme des individus qui vivent une expérience...Et que cette expérience les bouleverse jusqu'aux larmes. Non pas par tristesse mais parce que le flot d'émotions les enflamme.
Lorsque je parviendrai à cette écriture, je serai satisfait.
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Le Qi dans la sexualité (sexualité sacrée)
- Par Thierry LEDRU
- Le 09/04/2016
Pratiques sexuelles taoïstes
http://www.ichingdao.org/tao/fr/articles/a-propos-des-pratiques/63-practicas-sexuales-taoistas.html



Texte de Juan Li
Dans la Chine antique, les maîtres taoïstes étaient bien connus pour leurs connaissances spécialisées de la vie sexuelle. Empereurs et impératrices consultaient les maîtres taoïstes pour apprendre les secrets de la pratique sexuelle. Ils ne le faisaient pas seulement pour augmenter leur plaisir avec les nombreuses concubines que comptait la cour, mais aussi pour atteindre l’idéal chinois, à savoir jouir d’une longue vie et d’une bonne santé. Depuis des temps lointains, il était connu que savoir gérer l’énergie sexuelle permettait d’obtenir une grande vitalité, des sens aiguisés, un esprit agile, une excellente santé, un magnétisme personnel, des pouvoirs psychiques et la possibilité d’allonger la vie au-delà des limites ordinaires.
Contrairement à la croyance populaire, les pratiques sexuelles taoïstes ne sont pas une discipline indépendante, qui existerait pour elle-même. Elles font partie de l’arbre taoïste des pratiques qui ont pour tronc les pratiques méditatives qui calment l’esprit et développent le potentiel infini de l’esprit humain. Elles en représentent une branche, tout comme par exemple l’acuponcture, la phytothérapie, le massage, la nutrition, le Qi Gong, le Tai Chi, le Feng shui et le I Ching.
LES 5 ESSENCES DES PRATIQUES SEXUELLES TAOISTES
Les deux éléments fondamentaux
Recycler l’énergie sexuelle requiert tout d’abord que le pratiquant ait développé la capacité de sentir chaque partie de son corps ainsi que la circulation du Qi, ou force vitale, à travers le système des méridiens. Il établit ainsi la communication entre son esprit et son corps physique. Sans cette capacité à sentir, le pratiquant est énergétiquement aveugle et incapable de déterminer quand il doit stopper la pratique ou bien quand il doit l’intensifier. Il risque alors de bloquer l’énergie dans la partie supérieure du corps, avec pour effets secondaires des maux de tête, des insomnies, de l’arythmie, de l’hypertension, des acouphènes, etc.
Savoir faire circuler consciemment le Qi à travers le système des méridiens
Toute pratique énergétique a le pouvoir d’augmenter le flux énergétique à travers le système des méridiens. De façon imagée, cela revient à créer un trafic plus intense dans les avenues d’une grande ville, un peu comme lorsque tout le monde se met en route pour partir en vacances. Généralement, le trafic se ralentit, devient pénible, les embouteillages surchauffent les moteurs et éveillent notre mauvaise humeur, notre impatience et notre frustration.
Recycler l’énergie sexuelle est une pratique très simple en soi qui consiste à mouvoir le Qi accumulé dans la zone génitale pour le faire circuler dans le système nerveux et les organes vitaux. Pour réaliser cela, le pratiquant doit être familiarisé avec les méridiens afin de guider l’énergie d’un lieu à l’autre en toute sécurité.
L’autoroute énergétique du système humain est constituée par la combinaison des méridiens qui montent du périnée par la colonne vertébrale et redescendent par devant le corps jusqu’au périnée. Ce parcours circulaire, qui porte beaucoup de noms, est généralement appelé l’"orbite microcosmique" en Occident.
De même que le trafic d’une grande autoroute peut être plus ou moins fluide, l’orbite microcosmique peut être partiellement bloquée avec pour conséquence une distribution du Qi inefficace. Une des priorités dans le travail énergétique est de maintenir une circulation efficace de l’orbite. Comme nous l’avons vu au premier point, toute personne qui recycle l’énergie sexuelle sans savoir guider le Qi dans l’orbite finit par bloquer l’énergie sexuelle dans la tête ou dans le coeur.
Harmoniser les émotions
Il est bien connu que le travail énergétique taoïste augmente la circulation de l’énergie et renforce la vitalité. Cependant, les Taoïstes s’intéressaient surtout à la qualité de ce Qi. Or les émotions liées aux organes sont l'un des facteurs qui affectent la qualité du Qi.
Les anciens Taoïstes découvrirent au cours de leurs méditations que nos émotions, qu'elles soient positives ou négatives, ont comme point de départ nos organes vitaux. Par exemple, si notre foie génère une bonne circulation du Qi dans le corps, nous ressentirons de l’amabilité, de la générosité et une tranquillité personnelle. Si au contraire le flux est bloqué en raison d’une tension excessive et de la chaleur dans le foie, nous serons en colère, agressifs, insatisfaits.
Les Taoïstes découvrirent aussi que l’énergie sexuelle, qui s’exprime à travers le sperme chez les hommes et l’ovule chez les femmes, est composée de l’essence de chacun des organes vitaux, du système nerveux, des glandes, du cerveau et des os. En d’autres termes, l’énergie sexuelle est un travail d’équipe, avec une contribution de chaque partie du corps. Si nos organes sont chargés par des tensions et des émotions négatives, celles-ci entreront dans la composition de notre énergie sexuelle. C’est pourquoi les Taoïstes développèrent de nombreuses pratiques pour transformer le flux d’énergie dans les organes et agir ainsi sur la qualité des émotions. La première méthode est celle des Six sons curatifs ; elle utilise des mouvements simples ainsi que des sons qui harmonisent chacun des organes vitaux. Une autre méthode qui travaille plus en profondeur est celle qui harmonise l’élément correspondant à chaque organe tout en résolvant des situations encore chargées émotionnellement. Par ailleurs, tout exercice physique qui change le rythme de la respiration et accélère la circulation du sang et de l’énergie aura un effet positif sur les organes et les émotions.
Aligner la structure physique
La capacité d’aligner correctement le corps physique est fondamentale dans tout travail énergétique. Nous apprenons à aligner la structure afin de faciliter la circulation du Qi dans les méridiens, tout en nous ouvrant au flux des énergies de l’univers. Sans une structure correcte, le Qi a de la peine à passer son chemin à travers l’organisme. C’est comme si la grande autoroute autour de la ville était encombrée d’obstacles et de déviations.
Une structure correcte est essentielle à la pratique sexuelle en raison de la nature même de l’énergie sexuelle. On appela cette énergie « l’eau de vie » dans plusieurs cultures anciennes, parce que l’on observa que lorsqu’elle n’est pas stimulée, elle est tranquille, comme une eau à température ambiante. Cependant, lorsqu’elle est stimulée, sa conduite ressemble à celle de l’eau en ébullition et elle doit donc être maniée avec beaucoup de précaution. Recycler l’énergie sexuelle stimulée requiert donc un chemin direct et aisé vers les organes vitaux et le système nerveux. A cet effet, les Taoïstes développèrent de nombreuses postures et exercices que l’on appelle aujourd’hui Qi Gong.
Alimentation correcte
De nombreux hommes qui effectuent les pratiques d’énergie sexuelle taoïstes ne savent pas que le contrôle de l’éjaculation est plus ou moins facile en fonction des aliments consommés. La nourriture est une de nos quatre sources d’énergie, avec l’air que nous respirons, l’énergie que nous recevons du ciel et de la terre, et l’énergie ancestrale héritée et transmise par nos parents. Ces sources d’énergie sont comme les pieds d’une table : si un pied est faible, il déséquilibre la table entière ainsi que ce que nous posons dessus.
Une alimentation très concentrée, par exemple lorsque nous mangeons des protéines animales en excès, rend plus difficile l’objectif de recycler l’énergie sexuelle parce que la sensibilité est diminuée, tout comme la circulation sanguine, et il est plus difficile de faire monter l’énergie dans l’orbite microcosmique.
POUR CONCLURE
Il existe de nombreuses publications exposant différentes méthodes pour recycler l’énergie sexuelle. Ces publications donnent l’impression qu’il n’y a aucun risque à réaliser quelques exercices de respiration et quelques contractions musculaires.
L’expérience démontre le contraire. Preuve en est la quantité de personnes qui cherchent des professeurs de Tao pour les aider à résoudre les problèmes énergétiques nés des exercices qu’ils ont effectués d’après les livres. La plupart du temps, il n’y a rien de mal en soi dans les techniques expliquées dans les livres : il manque simplement le contexte, soit les cinq essences que nous venons d'examiner. Il est donc important que toute personne qui souhaite apprendre les pratiques sexuelles taoïstes ne les considère pas comme un exercice isolé, mais les situe dans le cadre d’un système complet. C’est une belle manière d’honorer le pouvoir de l’énergie créative de l’univers concentrée dans le cycle de la reproduction.




