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  • Méditation : Vers la cohérence cardiaque. (13)

    Coherence cardiaque

     

    La cohérence cardiaque : rien de plus simple et rien de nouveau…

     

    http://christineangelard.com/2012/12/08/la-coherence-cardiaque-rien-de-plus-simple-et-rien-de-nouveau/

     

    Issue des recherches médicales en neurocardiologie, la cohérence cardiaque est le nom qui a été donné à un phénomène réflexe découvert par des chercheurs américains, il y a une quinzaine d’années.

    On a réussi à prouver que Cœur et Cerveau battent à l’unisson : si notre esprit et nos émotions influencent le rythme cardiaque, le rythme cardiaque a lui aussi une influence sur notre cerveau

    Notre cerveau émotionnel, dans lequel siège l’hypothalamus (chef d’orchestre de toutes nos glandes), envoie des messages au cœur pour  permettre à l’organisme de s’adapter au stress vécu en modifiant son rythme autant cardiaque que respiratoire : Il le fait par le biais du Système neuro végétatif qui comprend 2 voies: l’ortho sympathique et le para sympathique.  Notre système nerveux neuro-végétatif, que j’appelle « le pilote automatique »,procède donc de 2 deux fonctions :  l’une qui fait office d’accélérateur vers l’ensemble coeur-poumons, le système ortho-sympathique, et l’autre qui fait office de frein vers ce même système cœur-poumons, le parasympathique.

    Il existe en fait le même dispositif dans l’autre sens : c’est-à-dire de l’ensemble cœur-poumons vers le cerveau.  C’est cela qui a été découvert par les chercheurs américains il y a une quinzaine d’années. Il existe donc une boucle ou arc réflexe entre le cœur et le cerveau.

    De mon rythme cardio-respiratoire part donc un arc réflexe automatique qui va équilibrer ( à condition que je l’entraine) le cerveau émotionnel et donc l’hypothalamus. Et c’est uniquement parma respiration que je peux avoir une action sur ce système neuro végétatif responsable de l’harmonie au sein de mes fonctions endocriniennes( toutes mes capacités d’adaptation à la vie) et de l’harmonie au niveau de mon système cardio vasculaire( régulation de la tension, entre autre) et par" ricochet" si j‘ose dire, une harmonie au sein de mes émotions qui ne prennent plus le dessus, mais peuvent mieux être vécues et non subies. C’est en entrainant cet arc réflexe qui est initié parma respiration que je vais pouvoir équilibrer toute ma physiologie et apaiser mes émotions: Je redeviens le Sujet de la Vie et non plus l’ objet…

    À chaque battement de coeur, cœur et cerveau s’adaptent par l’intermédiaire de ces deux systèmes, ortho et parasympathique. Lors d’émotions positives et douces (une mère allaitant son enfant, une promenade dans un paysage reposant et calme, un sourire, le souvenir d’une personne aimée) cœur et cerveau fonctionnent en parfaite cohérence. Le rythme des pulsations est régulier. Autrement dit, les émotions positives nous permettent de mieux résister au stress. Et le passage par la respiration permet de reprendre un contrôle souple sur ce frein et accélérateur de notre organisme.

    Ces découvertes ont ainsi prouvé l’importance de ces exercices sur" la gestion du stress"..et donc sur notre capacité à renforcer notre système immunitaire: car stress et immunité sont intimement liés;  Action également  sur l’équilibre cardio vasculaire.

      En effet, lors de ces exercices, il se produit entre autre sur le plan sécrétions hormonales, une augmentation de la DHEA et une diminution du cortisol; la DHEA est l’hormone de la « jeunesse » et le cortisol sécrété en trop grande quantité dans des périodes de stress est neuro et cyto toxique. On obtient ces résultats positifs pour la santé après 5 minutes seulement  de pratique de cohérence cardiaque, et ce pendant 5 heures.… alors qu’après une colère, 8 heures plus tard nos paramètres de l’immunité sont encore abaissés!

    L’énergie du cœur apaisé permet au corps de mieux fonctionner tant au niveau de ses surrénales (malmenées dans les situations de stress) qu’au niveau immunologique : on a une meilleure capacité à résister aux infections, aux maladies, si nos surrénales et notre système endocrinien en général, fonctionnent mieux!

    On retrouve ce concept en MTC (médecine traditionnelle chinoise) : en excès de stress, notre énergie des reins (et des surrénales) est au plus bas et la circulation énergétique est bloquée : d’où les symptômes physiques à type d’épuisement ou psychiques à type de burn out et de dépressions. On est dans"le noir psychique". L’énergie des reins déstabilisée, le cœur affaibli coupe la personne de tout ressenti de joie:  En pratiquant ces exercices de cohérence cardiaque, on relance la circulation de vie : on redonne du souffle à tous les organes au sens propre! Le  mouvement de vie repart, par opposition au mouvement de mort précédent: où le stress et la peur figeaient cette grande roue de la vie qu’est la loi des 5 éléments. : cf " Va vers toi même, ou l’importance de se remettre en marche" où ce mécanisme est expliqué et illustré

    Méthodes pour pratiquer la cohérence cardiaque :

    1. Identifier en nous les « symptômes de stress ».
    2. Solliciter son cœur en focalisant son attention sur la zone qui l’entoure (on peut aussi poser la main sur son cœur).
    3. Respirer par le cœur :c’est-à-dire, adopter un rythme de respiration régulier, en visualisant le cœur qui se gonfle à chaque inspiration et se vide à chaque expiration.
    4. Évoquer un souvenir positif, qui génère en vous une émotion agréable = un élan du cœur; et revivez-le intensément en imagination.

    Cette technique simple donne d’excellents résultats si elle est pratiquée régulièrement. il serait temps de parler à notre" saboteur" qui cohabite en nous, pour prendre conscience que cette méthode entièrement gratuite est extrêmement simple et a des effets prodigieux sur notre santé tant physique que mental: C’est le meilleur investissement que l’on puisse faire pour sa santé!

    Comment s’y prendre :

     Prendre plusieurs inspirations-expirations profondes et lentes, en marquant une petite pause à la fin de la respiration.

    Puis, après cette phase de stabilisation, porter son attention vers le cœur, si besoin la main dessus, et visualisez-le qui se gonfle et dégonfle souplement, tranquillement; il va se créer assez rapidement une sensation de douce chaleur dans la poitrine; on y ajoute une visualisation heureuse : souvenir agréable, lumière, douceur. « Pendant cet exercice, on constate parfois qu’un sourire monte doucement aux lèvres, comme s’il était né dans la poitrine et venu éclore sur le visage. C’est un signal tout simple que la cohérence cardiaque est établie », explique David Servan Schreiber. C’est l’apaisement qui est objectivé quand la personne qui pratique l’exercice est reliée à un logiciel informatique par des capteurs de type électrocardiogramme (c’est la technique du biofeedback) : l’écran de l’ordinateur montre clairement la mise en cohérence cardiaque, sous la forme de tracés réguliers.

    Pratiquée régulièrement, la mise en cohérence cardiaque va porter fruits très rapidement sur notre adaptation aux situations de stress et sur notre santé.

    Pratique

    On conseille de pratiquer cet exercice 3 fois par jour en commençant par 5 minutes d’exercice : on utilisera un minuteur qui nous avertira que 5 minutes se sont écoulées. Pendant ces 5 minutes, on compte nos respirations : un pour un aller-retour: inspire-expire.

    Le fait de compter va permettre à notre esprit de ne pas partir dans sa course aux pensées. On canalise ainsi nos pensées et on ajuste notre corps sur ce rythme régulier. En 5 minutes, on devrait arriver à une fréquence d’environ 30 respirations complètes (inspire-expire): soit 6 respirations par minute.

     Dans les premiers temps où on s’exercera, il suffira seulement de compter et de voir combien de cycles nous faisons en 5 minutes; les séances suivantes, on essaiera d’adapter un peu mieux notre respiration, et très graduellement, on arrivera à ce chiffre. Très rapidement, si l’exercice est pratiqué quotidiennement, on n’aura plus besoin de compter. Le rythme sera trouvé de façon réflexe.

    Une autre technique que j’utilise souvent est de faire tracer sa respiration: un trait vers le haut  pour l’inspiration, un trait pour le bas pour l’expiration…on "dessine" ainsi des sortes de vagues, et il est facile, à la fin des 5 minutes de compter combien de "vagues" ont été tracées:

    en 5 minutes: on doit arriver à 5 fois 6 , soit 30 "vagues".

    Là aussi : commencer par apprivoiser la technique: c’est à dire: prendre 3 temps de pause par jour , et porter attention à sa respiration,, juste voir les 2 ou 3 premiers jours où "on en est " au niveau rythme, et ensuite commencer à adapter pour attraper le rythme de 6 respirations par minute: Il arrive que l ‘on soit plus rapide, il conviendra alors de s’entrainer à allonger son expiration: J ai crée une méditation basée sur des sons harmonisants( Voyage en pays d intériorité: livre et CD ensemble) :  Ces sons proposés  mettent en harmonie nos 5 organes trésors que sont: coeur, Poumons, Foie, Rate, Reins . Le fait de moduler sur un son en fin d’expiration nous entraine à allonger notre expiration…

    N’oublions pas que nous N’AVONS RIEN INVENTÉ avec la cohérence cardiaque: Il s’agit d’une explication de la physiologie du mécanisme de la méditation: si je passe du temps tous les jours en méditation ou contemplation, j'harmonise mon système physiologique au complet!

    Nos sociétés modernes veulent du scientifique , du concret, du visuel…donc la science a  prouvé cela et explicité un mécanisme vieux comme le monde: Quand je suis dans un état de paix intérieure, je crée ce phénomène réflexe dont j ai parlé, et ma respiration descend à 6 respirations par minute...

    On vous l’enseigne maintenant comme une panacée:):)  mais" L’homme JOIE" qui est à l’intérieur de vous,(selon le titre du merveilleux livre de Mr BOBIN) le sait déjà… 

    On vous apprend ainsi avec des logiciels de bio feed back à revenir à ce rythme respiratoire apaisant 3 fois par jour… Et ce qui est important en effet c’est de trouver ce rythme de 6 respirations par minute ,car c’est à ce rythme que la physiologie s’apaise.:

    INSPIRATION: 5 SECONDES, EXPIRATION: 5SECONDES ET AINSI DE SUITE.... vous pouvez vous entrainer aussi au début avec une application pour iphone ipad : type :" respirelax" ou d’autres …, mais ensuite, lorsque vous aurez trouvez le rythme,faite le au calme, loin d un ordinateur: votre corps apprendra vite, n ayez crainte: car cela lui est bénéfique     

    Lorsqu’on vous l aura montré une fois, vous serez capable d y revenir tout seul et SANS LOGICIEL!!! ce n’est pas derrière un ordinateur qu’on se recentre et que l’on se relaxe le mieux:), donc essayer , chez vous au calme et revenez y… 3fois par jour ; 6 respirations par minutes ; pendant 5 minutes

    Vous avez maintenant toutes les données. 

    Ainsi, donc, sur le plan physiologique:  lorsque nous adoptons une fréquence cardiaque régulière, d’environ 6 respirations par minute, le rythme de nos fonctions biologiques vitales réduit le chaos. Les pulsations cardiaques plus amples et régulières entraînent une meilleure oxygénation de tous nos organes, et un meilleur fonctionnement de notre système immunitaire. Nous savons par les recherches scientifiques faites en Californie: que 5 minutes de cohérence cardiaque donnent 5 heures d’effets physiologiques positifs pour le corps… En situation de stress, nous retrouverons automatiquement ce « réflexe » qui nous permettra d’en sortir plus vite, à condition qu’on ait une pratique de "cohérence" tous les jours…

    Le terme cohérence est intéressant, car il correspond à une réalité physique: le tracé entre 2  points de l’electocariogramme prend une courbe sinusoïdale, ou cohérente selon les critères de la physique lorsque nous respirons à ce rythme de 6 respirations par minute: Certes….mais sur un plan philosophique, je trouve intéressant que la médecine ramène l’homme du 21 ème siècle à s’assoir 3 fois par jour en conscience…pour un peu plus de cohérence…." L’homme qui s’est assis sur le sol de son Tipi pour méditer sur la vie et son sens, a su accepter une filiation commune à toutes les créatures et a connu l’unité de l’univers; en cela il infusait à son être l’essence même de l,humanité. Quand l’homme primitif abandonna cette forme de développement, il ralentit son perfectionnement" T.C.Mc Luhan: pieds nus sur la terre sacrée………..……….

    Conclusion

    Les recherches scientifiques ont démontré ce que beaucoup de « sages » savent et pratiquent depuis longtemps : la force de la méditation, de la prière, de la relaxation, selon ses convictions personnelles.

    Des études faites dans des monastères de part le monde et dans des cultures religieuses différentes ont toutes montré une meilleure santé immunologique et nerveuse chez lez moines, moniales et autres adeptes de ces pratiques de silence et d’intériorité.

    La guérison nous vient d’abord de l’intérieur…

    Le cœur qui se met à battre à 21 jours de création de l’embryon, avant même que l’ébauche du système nerveux ne soit complète, a préséance sur notre existence et sa qualité. Le souffle qui nous a « animés » dès la première seconde hors du ventre de notre mère était déjà initié par un battement cardiaque régulier, mis en place au début de notre conception. Le « cœur empereur » comme l’appelle la MTC étant un reflet de l’énergie céleste à l’intérieur de notre matière.( " l’homme Joie" ) En allant par le souffle, retrouver une paix au niveau de nos battements cardiaques, nous nous relions à cette énergie plus grande que nous, en nous, qui apaise toute peur et angoisse, et nous relie à notre essence.

    La cohérence cardiaque s’enseigne, j’offe aussi une consultation d’une heure dans ce sens, avec visualisation du tracé respiratoire sur écran …pour mes patients qui le désireront, mais je ne vous enseignerai rien: je vous accompagnerai pour que vous retrouviez ce rythme qui a été là dés le début de votre vie…et que beaucoup de peurs et de mental vous ont fait oubliés. Et vous n’aurez plus besoin d’écran pour le retrouver.

    L"homme Joie" est à retrouvé en chacun  de nous..si nous pouvons être des guides, tant mieux…mais beaucoup d’entre vous le retrouveront facilement j espère avec ces quelques lignes

    Amicalement

    Christine

     

  • Metamorphosis : Body painting.

    Metamorphosis : Body painting

    Beauty concealed with nature: Amazing body art by Leonie Gené and Joerg Duesterwald

    Metamorphosis‘ is a project by Laila Pregizer and Uwe Schmida (both photographers) & Leonie Gené and Joerg Duesterwald (both Bodypainters) that blends naked models with natural landscapes without any digital retouching. No Photoshop was used in the process and all the models were painted on location to create a seamless merging between body and background.

    “These remarkable images encourage us to enjoy the curves, forms and subtleties of the nude body just as we would enjoy the graceful shape of a tree, the gentle rise of hill or the abrupt angles of a rock formation.”

    Can you spot the models hiding in these pictures?  More information on their website Metamorphosis.

    http://www.funpalstudio.com/beauty-concealed-with-nature-amazing-body-art-by-leonie-gene-and-joerg-duesterwald/

    Metamorphosis Body Painting: 01Metamorphosis Body Painting: 01

     

     

    Metamorphosis Body Painting : 02Metamorphosis Body Painting : 02

     

     

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  • La voie de la Pleine conscience.

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    "La pensée créatrice exige de l'attention.
    Le pouvoir de l'attention développe la concentration. 
    La concentration développe le pouvoir spirituel
    Et le pouvoir spirituel est la force la plus puissante qui existe."


    Charles F. Haanel


     

    La pensée réclame de l'attention pour aboutir.

    L'attention réclame une ouverture sur le monde.

    La concentration réclame par contre l'observation de soi.

    C'est l'observation de soi qui génère le pouvoir spirituel.

    Et cette observation de soi ramène au monde mais pas dans le seul registre de la pensée.

    La Pleine Conscience s'est éveillée en chemin. 


     

    "Craint-on la transformation ? Mais sans transformation, que peut-il se produire ?

    Qu'y a-t-il de plus cher et de plus familier à la Nature universelle ?

    Toi-même, peux-tu prendre un bain chaud si le bois ne subit aucun transformation ? Peux-tu te nourrir si les aliments ne subissent aucune transformation ? Et quelle est celle des autres choses utiles qui peut s'accomplir sans transformation ?

    Ne vois-tu donc pas que ta propre transformation est un fait pareillement nécessaire à la Nature universelle ? " 
     

    Marc Aurèle. 
     


    Questions inévitables :

    "Suis-je en transformation intérieure ou suis-je juste attaché à la transformation de mes conditions de vie extérieure ?

    Suis-je inscrit dans une évolution spirituelle ou bien matérielle ?

    Est-ce que cette transformation matérielle peut satisfaire la Nature universelle ?

    Est-ce que je suis porté par une évolution libératrice ou au renforcement des structures qui m'enferment ?
     

    Se poser les questions une par une et prendre le temps d'y répondre

     

     



    "Tu veux savoir quelle est, pour une vie, la plus vaste étendue? Vivre jusqu'à la sagesse.
    Celui qui l'a atteinte touche non pas à son terme le plus reculé mais le terme suprême.
    Qu'un tel homme se glorifie sans crainte, qu'il rende grâce aux Dieux et, mêlé à eux, qu'il s'attribue à lui-même, comme à la nature le mérite de ce qu'il fut. C'est à juste titre qu'il le fera : il a rendu à la nature une vie meilleure que celle qu'il reçut."
    Sénèque.

     


     

     Que la nature, elle-même, se réjouisse de notre passage et qu'elle en imagine une vie plus belle encore pour les générations à venir...Voilà l'objectif suprême de la Pleine conscience.


    .

  • Une nouvelle conscience (site INREES)

    La conscience survit

     

     

    Une nouvelle conscience

     

    http://www.inrees.com/articles/Une-nouvelle-conscience/

     

    17 raisons d’appeler à son émergence. Ils sont astrophysiciens, biologistes, psychiatres, philosophes, enseignants, artistes, maîtres zen ou pionniers de l’écologie. Tous estiment qu’il est temps d’évoluer vers une nouvelle conscience, de soi et du monde. L’INREES leur donne la parole dans le hors-série n°1 d’Inexploré.

     

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    Et si vous oubliiez tout ce que vous pensiez savoir des lois qui régissent le vivant ? XVIIe siècle, Newton décrit le monde comme un ensemble d’objets mécaniques et délimités, Descartes réduit le réel à ce qui est observable et mesurable – l’homme y compris. Emerge alors en Occident la représentation d’un univers fragmenté, déterministe, quantifiable. Tout devient maîtrisable, exploitable, consommable.
    Au nom de quoi faire voler en éclat ces conceptions ? De la science elle-même. Depuis cent ans, des physiciens lèvent le voile sur de nouvelles dimensions. Trinh Xuan Thuan, astrophysicien : « Après avoir dominé la pensée occidentale pendant trois cents ans, la vision newtonienne a fait place à celle d’un monde holistique, indéterminé et débordant de créativité. L’avènement de la physique quantique et de la théorie du chaos a introduit les principes d’incertitude, d’imprévisibilité, d’influence entre l’observateur et le réel observé. Les atomes forment un monde de potentialités ou de possibilités, plutôt que de choses et de faits. Des phénomènes de mécanique quantique ne peuvent se comprendre avec les références classiques. Pourquoi par exemple, quand on sépare de plusieurs kilomètres deux photons qui étaient associés, l’un continue de savoir ce que fait l’autre, sans aucune communication ? Cela pose problème si on suppose que la réalité est morcelée et localisée sur chacune des particules. Le paradoxe n’a plus cours si on admet que les deux photons font partie d’une réalité globale, quelle que soit la distance qui les sépare. Ils sont interdépendants : chaque partie porte en elle la totalité, et de chaque partie dépend tout le reste. »

    La réalité de cette nouvelle physique est multidimensionnelle, son univers constitué de matière, de flux d’énergie et d’information. Et si c’était le cas à tous les niveaux du vivant ? 
    En biologie du cerveau, par exemple. Jean Becchio, médecin généraliste, président de l’Association française d’hypnose : « Dans les années 50-60, on pensait tout connaître du cerveau. Quarante ans plus tard, on est perdu ! La matière grise n’est plus considérée comme aussi primordiale : elle ne serait que le récepteur d’informations captées depuis l’extérieur, puis envoyées dans la substance blanche, où elles rencontrent d’autres informations issues du monde intérieur, de la mémoire, des émotions, des apprentissages… On vient aussi de trouver qu’il y a des neurones miroirs partout dans le cerveau, qui jouent un rôle important dans les phénomènes de sympathie, d’empathie et de compassion. Cette découverte fait évoluer la conception très robotique de l’humain ; il est d’abord un être relié aux autres. Le cerveau n’est plus étudié comme une boîte isolée, mais dans sa relation avec son entourage. »

    Autre découverte de taille : le cerveau ne produirait pas la conscience. Pim Van Lommel, cardiologue, spécialiste des expériences de mort imminente : « Dans l’étude que j’ai menée sur des patients ayant survécu à un arrêt cardiaque, 18% rapportent une expérience d’expansion de conscience au moment où ils étaient en mort cérébrale. Ils ont perçu leur réanimation, peuvent avoir vu des souvenirs de leur vie entière, interagi avec des proches décédés... Des millions de gens dans le monde ont vécu ces phénomènes – 9 millions aux USA, 20 millions en Europe. Notre étude (la plus importante à ce jour) met en échec les explications matérialistes – manque d’oxygène, hallucinations, rêves, etc. Elle prouve que le cerveau ne crée pas la conscience ; il n’est que le catalyseur qui rend possible son expérience – comme le poste de télévision n’est qu’une interface pour accéder aux émissions. La véritable conscience est non locale, plus vaste que ce que nous percevons dans la vie quotidienne, et capable de survivre au corps physique. » 

    Il existerait donc une conscience supérieure à la conscience ordinaire… Une hypothèse en voie de validation scientifique. Roger Nelson, directeur du Global Consciousness Project, chercheur en parapsychologie à l’Université de Princeton : « Nos expérimentations ont montré que les gens étaient capables, par la pensée, d’influer sur le contenu d’une séquence de nombres aléatoire. L’effet est ténu, pas suffisant pour ouvrir une porte de garage à distance, mais assez pour comprendre que l’esprit n’est pas confiné à la boîte crânienne et peut entrer en relation directe avec différents aspects du monde. Nos capteurs détectent aussi un changement lorsque les gens se retrouvent en communion, à l’occasion d’un événement fort. L’interaction des consciences individuelles induit un échange d’information et la création d’une cohérence de champ, qui n’existait pas auparavant, qu’on appelle la conscience de groupe. Nous avons plus de 400 enregistrements de ce type ; à partir de ce seuil, les critères scientifiques admettent la réalité d’un phénomène. »

    Il serait même possible, par cette conscience non locale, d’accéder à des informations affranchies de l’espace et du temps. Stephan A. Schwartz, chercheur principal sur le cerveau, l’esprit et la guérison à l’Institut Samueli (USA) : « Les expériences que nous avons menées prouvent, protocoles scientifiques et données statistiques à l’appui, que nous avons la capacité de décrire des choses, des lieux ou des gens éloignés, comme s’ils étaient sous nos yeux. Nous pouvons également décrire un événement qui ne s’est pas encore produit. Les données recueillies sont de deux types : des impressions de sens – par le goût, le toucher, les odeurs – et une impression de connaissance : je ne sais pas comment, mais je sais que c’est vrai. Il n’y a rien de surnaturel là-dedans : vous vous ouvrez simplement à cette part non locale de votre conscience qui n’est pas limitée par le temps et l’espace. Cette compétence se développe, à condition d’en avoir la volonté. L’intention est un point clé. »

    De quoi chambouler profondément nos visions du monde et de nous-mêmes. Comme l’ont pressenti nombre de sagesses traditionnelles, notre identité profonde ne serait pas nos corps ni nos esprits individuels, mais cette conscience connectée à un grand tout.Lynne McTaggart, journaliste scientifique : « Lorsque les particules subatomiques conversent, elles échangent de l’énergie. Quand vous multipliez cette infime quantité par tous les échanges entre toutes les particules de l’univers, vous obtenez une incroyable quantité d’énergie dans un espace vide. Ce champ permet de comprendre qu’il n’y aurait pas des objets séparés, mais un lien, c’est-à-dire une connexion si intriquée, si essentielle et si profonde qu’il est impossible de dire où une chose s’arrête et où l’autre commence. Notre environnement nous crée autant que nous le créons. C’est un processus coopératif, qui doit nous inciter à dépasser la polarisation terrible que nous observons aujourd’hui, et vivre selon une image plus organique et plus holistique. » 

    Sortir du sentiment de maîtrise absolue, retrouver le sens de la globalité, de l’humilité et des responsabilités...
    Dans le rapport à soi, d’abord, la manière dont on s’envisage et dont on se soigne.Thierry Janssen, médecin psychothérapeute : « En parallèle d’une médecine de plus en plus technologique, émerge un paradigme de santé issu de cultures traditionnelles, qui insistent davantage sur la prévention et, lorsqu’il s’agit de soigner, le font de manière globale, en ne réduisant pas la personne à un corps-machine. Il me paraît absolument pertinent de considérer l’humain comme un être indivisible, dont les pensées influencent le fonctionnement biologique et dont le fonctionnement biologique influence la pensée, sans tomber dans l’idée que toutes les pathologies sont causées par des conflits psychologiques et que la résolution de ceux-ci suffiraient à guérir. Dans une perspective intégrative, l’idéal serait de soigner les patients avec empathie, en développant des relations de respect, en les considérant comme des individus multidimensionnels, tout en profitant des merveilleux outils que la technologie nous offre. » 

    Evolution, aussi, dans notre rapport aux autres, ce que l’on inculque et ce que l’on transmet. Antonella Verdiani, docteure en sciences de l’éducation, à l’initiative du Printemps de l’éducation : « Aujourd’hui, l’école est source d’inégalités car basée sur la compétition et non sur la coopération. Elle ne table pas sur l’échange et le partage des connaissances, mais sur un rapport autoritaire, qui n’autorise pas les enfants (et ils ne se l’autorisent pas eux-mêmes) à devenir auteurs de leurs propres vies. Notre époque n’a plus besoin des petits soldats de l’ère industrielle. Lorsque l’enseignant se positionne avec ouverture, en tant que guide et accompagnant, cela change totalement la donne. L’éducation intégrale, fondée sur le libre progrès de l’enfant, dans un cadre bienveillant, part du principe qu’il existe chez l’enfant une connaissance quasi-innée. Si on lui fait confiance, il sait très vite où il doit aller. Il faut stimuler le questionnement, les éveiller à leurs propres réponses. Y compris en matière existentielle, une dimension qui existe bel et bien chez les enfants. » 

    Autres aspect fondamental : notre rapport à la nature. Pierre Rabhi, pionnier de l’agro-écologie, fondateur du mouvement Colibris : « Au lieu de prendre conscience de la beauté infinie de la planète et de considérer la Terre comme une oasis perdue dans un désert sidéral dont nous sommes totalement dépendants, nous continuons de la sinistrer, en agissant comme si ses ressources étaient inépuisables, comme si nous pouvions nous affranchir de cette nature que nous appelons “environnement”, comme si nous n’en faisions pas partie. Si des extraterrestres nous observaient, ils concluraient que nous avons des aptitudes mais que nous sommes inintelligents ! Tant que nous ne modifierons pas notre regard, nous serons dans cette dichotomie, dans ce dualisme totalement artificiel. A partir du moment où je suis à l’école de la nature, je ne cherche plus à m’imposer à elle, à la dominer ni à l’empoisonner, je suis à son écoute, j’observe son processus et je le respecte. Etymologiquement, humus, humanité, humilité, c’est la même chose. »

    Jusqu’à notre rapport à l’univers, en prenant la mesure que nous n’en sommes qu’un des composants. Morvan Salez, chercheur en astrophysique : « Grâce à l’amélioration de la technologie, on trouve de plus en plus de systèmes planétaires très semblables au nôtre. Environ 780 exoplanètes ont été détectées de manière certaine, plus de 2000 sont en attente de confirmation. Les très importants progrès effectués dans la compréhension de notre propre écosystème ont aussi permis de découvrir que les bactéries sont absolument partout, dans des régions où l’on pensait que c’était impossible. Pour arriver à la biosphère actuelle à partir de molécules organiques inertes, il a fallu des mécanismes incroyablement subtils. Face à ce constat, on peut considérer que les paramètres de l’univers sont tels que si on laisse le temps agir à partir de bons ingrédients de départ, des formes de vie sont vouées à apparaître, peut-être très différentes de la nôtre. Nous dire que nous ne sommes pas seuls, c’est un électrochoc, qui peut remodeler en profondeur notre conception de nous-mêmes et de notre place au sein du cosmos. »

    Cette évolution n’est pas un luxe : si on ne change rien, la planète court à sa perte, et nous avec. La crise actuelle n’est-elle pas révélatrice d’un besoin criant de retrouver un supplément d’âme, un sens et une cohérence ? Frédéric Lenoir, philosophe : « Les derniers grands succès de la littérature et du cinéma, tels que l’Alchimiste, le Seigneur des Anneaux, Harry Potter ou Avatar, réhabilitent les mythes, la magie, l’imaginaire. Preuve qu’on crève dans un rationalisme desséchant et que les gens ont besoin de rêver, de se relier au monde à travers des symboles, des archétypes. L’âme n’a pas suivi la croissance du corps matériel de l’humanité. Pourquoi ? Parce que nous ne la cultivons pas. On a aujourd’hui de plus en plus d’outils qui nous permettent de comprendre, de discerner, mais on ne sait pas bien s’en servir. Nous avons besoin de rééquilibrer notre cerveau. De plus en plus d’individus sont en quête d’une expérience intérieure qui touche leur cœur, leur vie. Ils sont à la recherche d’un éveil, d’un changement de conscience. Je crois que l’existence a un sens et que chacun peut le trouver, s’il le veut. » 

    Pas seulement en acceptant un nouveau paradigme scientifique – qui ne serait alors qu’une idéologie de plus. Au-delà des théories, certaines expériences sensibles ouvrent sur une perception, intime, d’un autre réel : une musique que l’on écoute, un film que l’on regarde, une poésie que l’on lit, un paysage que l’on contemple… Jean François Clervoy, astronaute : « La Terre vue de l’espace, c’est très beau ! On en a les larmes aux yeux, on en tombe amoureux. Et on s’aperçoit que la couche d’atmosphère est fine comme du papier à cigarettes ; notre vie ne tient qu’à ce filet ! Tous les astronautes reviennent des vols spatiaux bien plus sensibles au fait que la Terre est un vaisseau spatial en soi, aux ressources limitées. L’espace enrichit : sur le plan sensoriel, émotionnel, spirituel, existentiel. Quand on voit la beauté de l’univers, on se demande pourquoi c’est aussi beau, pourquoi on est si ému. Lorsqu’on regarde la Terre par le hublot, en apesanteur, on oublie qu’on a un corps, on a l’impression qu’on est simplement une conscience qui flotte, qui a le pouvoir de voir. Je crois que l’univers n’est pas limité à la matière, aux couleurs que je vois, aux émotions que je perçois. Il y a quelque chose de supérieur. »

    Un quelque chose qu’il est possible d’explorer en lâchant la raison individuelle – et les postures sociales – pour laisser vibrer cette justesse d’intuition qui sommeille en nous.Jan Kounen, cinéaste : « Créer est un processus très intuitif. Tout à coup, une histoire résonne en moi et ne me quitte plus. Cette intuition compte beaucoup dans mes choix. Avant de prendre une décision, je surveille les signaux qui m’indiquent, physiquement et psychiquement, que je ne suis pas dans la peur, dans la détresse artistique. Sinon, la décision restera liée à l’énergie qui l’a fait naître. La pensée est créatrice, elle est liée à un monde énergétique que l’on nourrit, et qui nous alimente en retour. Je pense qu’il existe à l’intérieur de nous une intelligence plus efficace que notre seule intelligence mentale, laquelle est limitée par notre culture, notre vocabulaire, nos modèles, etc. Dans le monde indigène, l’imaginaire est un outil, qui permet d’accéder à des réalités différentes, qui toutes peuvent donner des informations importantes. »

    Y compris en psychothérapie, où de nouvelles méthodes explorent l’invisible, au-delà de l’ego. Olivier Chambon, psychiatre : « Focusing, cohérence cardiaque, hypnose, TIPI… Ces techniques travaillent sur le monde de l’âme, du rêve, de l’imaginal, qui amène des compréhensions dépassant les connaissances habituelles. Lorsque la conscience est attirée vers l’ego, celui-ci la rétrécit, la ratatine et la conditionne. C’est en allant chercher des choses extérieures à lui qu’on permet à l’ego de trouver des voies de transformation qu’il ne trouve pas en lui-même. On apprend à faire attention à des choses inconnues, irrationnelles, éphémères, imprévues, incontrôlées. En voyage chamanique sous hypnose ou en EMDR, on accède à des parties du soi oubliées, des souvenirs qu’on ignorait avoir, des énergies nouvelles, ainsi qu’à un espace de pardon, de compréhension et de confiance, où l’on peut se voir et voir les autres sans juger ni blâmer. On obtient alors un rééquilibrage à tous les niveaux : physique, émotionnel, mental et spirituel. » 

    Mais la prise de conscience ne suffit pas. Elle doit se cultiver au quotidien. Thich Nhat Hanh, maître zen : « Pour que la paix, la joie de vivre, l’amour et l’espoir puissent émerger, il faut prendre soin de l’instant présent, être conscient d’être vivant, qu’on est en train de marcher sur la planète Terre, d’entrer en contact avec les merveilles de la vie. Cela s’acquiert par une pleine conscience nourrie à chaque instant, de la concentration sur le présent, et une bonne gestion de ce moment. Réorganiser sa vie quotidienne, sa manière de travailler, de manger, de dormir, de respirer… Etre capable de préserver la paix, la compréhension et la compassion dans n’importe quelle situation, est une pratique spirituelle. Une fois qu’on est habité par cette vision juste, on existe en tant qu’être véritable, solide, libre et joyeux, et on peut avoir une influence sur le monde. Il n’y a pas de cloison étanche entre le soi et le non-soi. Chaque énergie que vous émettez en termes de pensée, de parole et d’acte, a un effet sur tout le cosmos. » 

    Exemple très concret avec la MBSR, une méthode de réduction du stress par la pleine conscience, implantée dans 550 hôpitaux aux Etats-Unis (et 200 ailleurs dans le monde).Jon Kabat-Zinn, professeur de médecine, concepteur du programme : « Le MBSR met de l’énergie sous forme d’attention dans ce qui va en nous, plutôt que dans ce qui ne va pas. Le patient devient acteur de sa santé, en entrant en contact avec le paysage de son être. En habitant le moment présent, qu’il soit plaisant ou non, sans rien prendre personnellement, sans créer une narration sur sa douleur, on finit par voir les idées et les opinions pour ce qu’elles sont : des habitudes de l’esprit, qui ne sont pas la vérité. Je ne suis pas ma douleur, je ne suis pas mes pensées, je ne suis pas mon cancer. Sans médicament ni chirurgie, juste avec la pleine conscience cultivée comme un muscle, la MBSR permet de réduire durablement les symptômes. Ce type de pratique change non seulement l’activité cérébrale, mais la structure du cerveau. Et il n’est pas le seul à être plastique : vos chromosomes, vos cellules, tout en vous est capable de changer en fonction de la façon dont vous mangez, dont vous aimez, dont vous faites de l’exercice, du temps que vous prenez pour le calme et l’attention méditative. »

    Direction le pays des Bisounours et de l’amour rose bonbon ? Non. Le but n’est pas de vivre perché bien au chaud sur un petit nuage, mais au contraire de trouver en soi la lucidité et la force de cerner la réalité sous toutes ces facettes, même les plus sombres, et passer à l’action contre tout ce qui nous désincarne, faute de sens et d’âme. Fabrice Midal, fondateur de l’Ecole occidentale de méditation : « On n’a jamais rendu les hommes heureux en les gavant de sucreries ! Seule la vérité apaise réellement le cœur humain. Si nous ne l’affrontons pas, nous ferons de la spiritualité un rêve de plus. Impossible de s’asseoir et de méditer un moment sans rencontrer la souffrance. Mais à mesure qu’on s’y engage, la conscience s’ouvre et devient assez vaste pour soutenir les défis et les difficultés. L’important n’est pas d’avoir les solutions toutes faites, mais d’ouvrir notre champ de vision et notre capacité à faire face. La spiritualité doit chercher à comprendre le pire, afin de trouver des manières justes d’y répondre. La méditation donne le courage de revenir à l’essentiel. Elle montre un autre rapport à tout, fondé sur l’attention et la bienveillance. Partout où il y a l’être humain, il y a la possibilité d’un acte gratuit qu’on ne peut commander, instrumentaliser ni pronostiquer. C’est cela qu’il nous faut reconnaître, préserver et cultiver. »

  • Aimer l'énergie en soi.

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    L'énergie vitale

    http://www.pranahvital.com/%C3%A9nergie-vitale/

    Le corps humain est maintenu en vie par un flux énergétique appelé énergie vitale. Cette énergie entretient le corps en parfait état de santé, condition normale de l’être humain. Dans cet état de santé, nous ressentons le bien-être et la joie de vivre

    Chacun de nous dispose d’un potentiel d’énergie vitale individuelle, variable selon ses acquis depuis la naissance. Elle augmente ou diminue en fonction de notre mode de vie sur le plan physique et émotionnel.

    Le manque d’énergie vitale entraîne des défaillances dans le fonctionnement du corps.

    Toutes les fonctions vitales indispensables sont régies par cette énergie intérieure intelligente et fiable qui rend possible la vie corporelle.

    Cette intelligence vitale qui contrôle toutes les activités du corps, effectue des milliards de fonctions en même temps sans que nous en ayons conscience. Nous ne pouvons pas arrêter consciemment ces processus vitaux essentiels comme les battements de notre cœur, par exemple.

    L’autoguérison, une capacité naturelle du corps humain, dépend de la vivacité de cette énergie. Il s’agit d’une intelligence qui met en place des processus visant à rétablir le bon fonctionnement de l’organisme lorsqu’il y a déséquilibre. Cette intelligence dépasse le niveau de compréhension de notre mental.

    Il suffit d’observer le processus de cicatrisation d’une plaie pour voir cette intelligence à l’œuvre.

    Autre exemple d’expression de cette intelligence vitale : la fièvre. Elle est là pour nettoyer le corps de tout ce qui est indésirable. Plus un individu recèle de puissance vitale, moins son organisme tolère l’accumulation de toxines ou toute cause de déséquilibre.

    L’énergie vitale est de nature spirituelle. Elle existe au-delà de ses manifestations physiques.

    Quand nous sommes ancrés dans le moment présent, il est possible de ressentir tout ce flux vital qui émane de l’intérieur de nous.

    Il va de soi que seule une vie saine permet de garder ou augmenter son potentiel d’énergie vitale.

    Le sommeil, la relaxation et la méditation rechargent nos batteries.

    La respiration, de préférence au grand air et au soleil, nous emplit d’énergie. La respiration est une fonction sur laquelle nous pouvons avoir une action directe à tout moment.

    Chaque fois que nous emplissons nos poumons d’air, nous vitalisons en même temps  notre organisme avec un principe vital appelé prâna. Le prâna, c’est la vie. Nous respirons la vie

    Le soleil nous nourrit. Tout en évitant l’exposition excessive aux heures chaudes, respirons, bougeons notre corps, marchons pieds nus sur l’herbe, le sable, la terre et remercions le soleil.

    Une alimentation vivante, donc majoritairement cru, est primordiale  pour maintenir notre énergie à bon niveau.

    Le lien au vivant nous vitalise également: les animaux, la nature, le massage...

    Notre manière de penser a également une influence déterminante sur notre vitalité: 

    Le rayonnement du plexus solaire est perturbé par les émotions négatives. Quand notre soleil intérieur ne génère plus assez d’énergie pour vitaliser le corps, l’afflux de vie et d’énergie ralentit ou se bloque d'où un dysfonctionnement physique par " manque de carburant" !

    Il apparaît clairement que le fait de laisser briller notre lumière intérieure  fera disparaître les zones d’ombre qui perturbent le flux du plexus solaire. Et faire briller notre lumière passe nécessairement par l’énergie et l'intelligence du cœur.

    En conséquence, à chaque moment de nos journées, soyons conscients combien nos états d’être, nos émotions sont déterminants quant à l’augmentation ou la diminution de notre énergie vitale. Ayons toujours à l’esprit que les émotions négatives, les conflits, les tensions intérieures, les peurs  bloquent ou annihilent cette énergie de vie.

    Sentons à quel point les états d’esprit toujours positifs, joyeux, l’Amour, l’humour nous font vibrer dans de hautes fréquences bienfaisantes.

    Il est donc important de vivre authentiquement selon ses ressentis et ne condamnons pas les désirs physiques s’ils sont authentiques.

    Être en accord avec ce que nous sommes réellement au fond de nous-mêmes nous relie à l’Esprit Universel. Cette reconnexion avec l’Esprit Universel nous emplit de cette énergie de vie qu’est l’Amour, le véritable carburant de notre énergie vitale .

     

  • John Lilly et "le cinquième rêve".

    Je ne m'explique pas le fait que le milieu cinématographique ne se soit pas encore intéressé à la vie de cet homme. Cela ferait un film extraordianire, à l'image de ce parcours de vie totalement atypique.

    Il y a en tout cas un sacré roman de fiction à écrire...

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    La vertigineuse glissade de John Lilly sur l'échelle du Soi

    SPIRITUALITÉ

    La vertigineuse glissade de John Lilly sur l'échelle du Soi

    par Patrice van Eersel

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    Commençons par vous exposer abruptement un morceau la règle du jeu que nous jouons tous, sans forcément le savoir. Prenez un citoyen lambda, qui vit tranquillement sa vie, quelque-part autour de son centre de neutralité (métro-boulot-dodo, mais sans angoisse).

    Tout d'un coup, bim! sans qu'il ne l'ait vu venir, il se casse la figure (son amour le quitte, sa boite le fiche dehors, la maladie lui tombe dessus, etc). Comme si une trappe s'ouvrait sous ses pas et qu'il se ratatinait trois mètres plus bas sur une dalle de béton (ce que John Lilly appelle “ tomber en "-24" ”). Il lui faut ensuite, vous le savez bien, une énergie folle pour se rassembler, se réparer, puis remonter, barreau après barreau, jusqu'au niveau neutre, consensuel, où nous vivons habituellement en société. L'embêtant, c'est que la chose va se renouveler, le piège se rouvrir sous ses pas, deux, trois, dix, cents fois. Nous retombons à longueur de vie dans les mêmes erreurs. Jusqu'au jour où, "par miracle", au lieu de tomber inconsciemment, ce bonhomme-là a la chance (allez savoir pourquoi...) de parvenir à rester lucide pendant le très bref instant de sa chute. Alors il s'aperçoit, stupéfait, que la dalle de béton "-24", qu'il connait bien, puisqu'il s'y est si souvent cassé le nez, est en fait une planche, souple, un tremplin ! S'il parvient à rebondir dessus, à pieds joints, Whaaaouh! il remonte d'un coup, et directement en "+24" ! John Lilly appelle cela "l'effet trampoline".

    Si vous avez la chance de vivre ça, vous vous apercevez que la chute en "-24", du moins cette façon-là de vous retrouver en état négatif de base, ne vous pose plus de problème. Vous avez définitivement désamorcé un "métaprogramme négatif" de votre biocomputer, dirait John.

    Et pour la vie !

    Mais qui est ce John ?

    Mort en 2000, ce personnage digne de la plus ambitieuse science-fiction était né en 1915...
     

    Extrait du "Cinquième Rêve", de Patrice van Eersel. (éd. Grasset et livre de poche)

    Dans les années 50, le Dr John Lilly avait dirigé la Section d'intégration corticale du Laboratoire de neurophysiologie de l'Institut national de la santé mentale des Etats-Unis, avant de partir dans une maison amphibie, créée par la Navy dans les îles Vierges, pour tenter d'enseigner l'anglais à de jeunes dauphins ! Cela servit de canevas à “ Un Animal doué de raison ”, le roman de Robert Merle. Mais les vrais dauphins ne parlèrent jamais une langue humaine. Du coup, John Lilly abandonna cette recherche pendant quinze ans et se tourna vers l'étude de la conscience humaine... Il se trouve que John était aussi l'inventeur du caisson à isolation sensorielle au début des années 50. Il décida alors d'utiliser cet étrange véhicule sous LSD - pour effectuer des "voyages intérieurs" faramineux...

    Au début de l'exploration, il s'agit encore d'un neurologue hyperrationnel et froid, habité par l'ambition démesurée de comprendre l'interface cerveau/esprit. En bon cartésien, il ne fait confiance à aucun a priori théorique et veut tout ré-expérimenter lui-même. Mais alors que René Descartes y parvient par la seule puissance d'abstraction de sa machine mentale, John Lilly, Américain authentique, a besoin de matérialiser la proposition.

    Est-ce possible ?

    "Essayons, propose-t-il en 1953, de nous libérer un instant de tout contexte, de toute pression sociale. Imaginons une période de vacances où tout souci d'intendance serait pris en charge et tout besoin physique immédiatement satisfait. Imaginons-nous immergés dans le silence et l'obscurité, libérés même de la pesanteur. Qu'adviendrait-il de nous et de notre conscience?" La thèse qui prévaut à l'époque est que la vigilance d'un individu se nourrit en permanence d'in-puts sensoriels arrivant du dehors. Privé de toutes sensations, vous tomberiez illico dans le sommeil. Expérimentalement, le "Je pense donc je suis" de Descartes serait donc impossible à vérifier à l'état pur. "Expérimentons cette impossibilité", se dit John.

    Ayant entendu parler de caissons remplis d'eau, dans lesquels on testait pendant la seconde Guerre Mondiale la résistance des plongeurs de combat, il s'en procure un et y passe immédiatement plusieurs heures, flottant tout nu dans le noir total.

    Il s'agit d'une sorte de citerne de deux mètres de haut et d'un mètre cinquante de diamètre, fermée comme une cocotte-minute, où le cobaye respire grâce à un masque relié à une pompe à air. Ce masque est assez inconfortable. Après en avoir testé des dizaines de modèles, notre Descartes américain finit par mettre au point un système moins contraignant, le fameux caisson Samadhi, où le corps flotte horizontalement, sans masque, dans une solution d'eau à 34°C, saturée de chlorure de magnésium, ou sel d'Epsom.

    Quelle que soit la forme du caisson, l'essentiel émerge dés les premières minutes de la première séance : mise en état d'isolation sensorielle, la conscience humaine, loin de s'éteindre dans le sommeil comme le prévoit la théorie comportementaliste, redouble d'intensité et d'acuité. On dirait qu'elle profite de l'économie réalisée par l'organisme - qui n'a plus à se soucier de conserver chaleur et équilibre, ni de trier les milliards de données enregistrées à chaque seconde par tous ses sens - pour déballer de ses tiroirs inconscients un énorme matériel.

    Jamais John n'a connu pareille concentration, pareille attention, pareille présence au monde. Face à lui il n'y a d'abord que l'écran noir de son esprit curieux. Evidemment, très vite, l'écran se couvre d'images. Mieux, l'écran disparait, laissant place à des paysages imaginaires que John s'en va explorer à tire d'aile. Exactement le même genre de cinéma surréaliste que l'on se joue parfois, involontairement, le soir avant de s'endormir.

    Mais là, pas de sommeil. Et le "cinéma surréaliste" est une netteté impressionnante.

    Parfois, John a littéralement l'impression de sortir de son corps et de survoler, tantôt le quartier où il habite, tantôt le monde de son enfance, tantôt la mise en scène de ses fantasmes névrotiques, tantôt des planètes fantastiques dont il ne parvient pas à s'expliquer l'origine.

    Bref, ce jeune neurologue américain découvre à sa manière l'univers intérieur et la psyché.

    La voie des ermites en méthode accélérée. L'intéressant vient de ce que, doué d'un esprit particulièrement audacieux et formé à la rigoureuse méthode scientifique, John Lilly utilise l'isolation de ses sens pour explorer son propre esprit comme un pays à cartographier. Vertigineux royaume imaginal, bien-connu des Tibétains, des soufis et de tous les grands introspectants, que Lilly ignore totalement.

    En une dizaine d'années, grosso modo de 1953 à 1964, notre savant va patiemmentbaliser ses univers intérieurs, repérant toutes les constantes : les modes d'approche, les corrélations avec le contexte extérieur, les ordres de succession, les secteurs "neutres", les zones effrayantes, cauchemardesques, les paysages sublimes, jubilatoires, les veines riches en surprises, où l'exploration peut sans cesse àtre repoussée plus loin, les zones frontières, véritables murs de béton, où l'esprit semble ne plus pouvoir avancer d'un millimètre.

    Question : quel rapport avec les dauphins ?

    Une certaine rumeur voudrait que Lilly ait inventé le caisson à isolation sensorielle parce que, s'interrogeant sur le sentiment intérieur des dauphins, il se serait demandé ce qui se passerait si l'on flottait comme eux, entre deux eaux, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. J'ai contribué à colporter cette rumeur, que John a sèchement démentie, lors d'une conférence à Paris en 1984. Il est néanmoins clair qu'un certain nombre de parallèles n'ont pas tardé à apparaitre entre les deux recherches. Par exemple entre le type de fonctionnement électro-cérébral de l'humain plongé dans un caisson - en onde alpha, voire en téta, tracé typique de la méditation profonde, juste entre la veille et le sommeil - et l'état intérieur supposé des dauphins. Mais il y a une passerelle plus fondamentale entre les deux recherches. John va en effet finir par s'apercevoir que son rêve de "communication inter-espèces" suscite un immense scepticisme chez la plupart des scientifiques. Pour eux, il s'agit de fantasmes.

    Leur apporterait-on une preuve tangible, par exemple l'enregistrement de phrases entières prononcées par des dauphins, qu'y verraient-ils ? De pures projections anthropomorphiques, un mimétisme de perroquets aquatiques. Pour la science actuelle, il est impensable qu'un animal ait un esprit. Or une communication ne peut se nouer qu'entre deux esprits.

    "Mais, se demande John, mes collègues connaissent-ils le leur, d'esprit ?"

    Il est convaincu que la communication avec les dauphins dépend de l'idée que l'homme se fait d'eux. "Si un homme, écrit-il dans Mind in Waters, parvenait à faire comprendre à un dauphin qu'il admet n'avoir qu'une compréhension limitée du monde delphinien, mais qu'il désire compléter son modèle, il se peut alors que le dauphin coopère, à long terme, dans une recherche mutuelle plus stratégique." Or l'idée que nous nous faisons d'eux dépend de celle que nous nous faisons de nous...

    Une coïncidence fascine John : au-dessus de l'entrée du temple de Delphes, où la légende veut qu'Appolon soit venu jadis déguisé en dauphin, les Grecs avaient écrit :Gnothee seauton, connais-toi toi-même. Se connaitre soi-même d'abord.

    Les espaces géants, et encore incompréhensibles, dont John soupçonne l'existence dans l'esprit des dauphins, communiquent forcément, pense-t-il, quelque-part, avec les espaces de nos propres esprits. Mais... c'est quoi, un esprit ?

    A peine posée, la question lui rebondit à la figure : à mesure qu'il passe des dizaines, puis des centaines, puis des milliers d'heures dans son caisson à isolation, John s'aperçoit qu'il se connait fort mal lui-même. Il en conclut que toute recherche sérieuse sur la communication avec une autre espèce doit forcément s'appuyer sur une double série d'informations : sur le monde intérieur de l'“esprit” (nous) , autant que sur le monde extérieur de la “matière” (eux).

    Et que découvre-t-il à l'intérieur de lui-même? On est à l'aube de l'informatique. John fait partie des universitaires américains qui ont la chance de pouvoir travailler sur les premiers ordinateurs dinosauriens des années 50. Scientifique typique de ces années, Lilly est frappé par une analogie, qui ne le lâchera plus : notre esprit semble fonctionner comme un fabuleux ordinateur. Il le baptise human biocomputer.

    A les observer de prés, tout se passe en effet comme si nos mondes "intérieurs" étaient programmés. Partiellement programmés depuis l'extérieur, par des logiciels génétiques, sociaux, familiaux, etc; mais aussi partiellement autoprogrammables par d'autres logiciels, que notre moi conscient peut créer et modifier à volonté. Or Lilly finit par découvrir que les logiciels programmés "de l'intérieur" par le sujet volontaire n'ont pas de limites. Il appelle la partie "programmante" de notre être, notre moi autonome, pouvant devenir conscient et volontaire à la suite d'un gros travail d'introspection self-metaprogrammer.

    Le tout, dit-il, est de savoir discerner, puis contrôler les "métaprogrammes négatifs", c'est à dire les logiciels de logiciels qui, de l'extérieur ou de l'intérieur de nous-mêmes, nous hypnotisent et nous empêchent d'évoluer, souvent depuis la petite enfance. "Quand vous entrez dans le caisson à isolation, écrira-t-il plus tard dansPrograming and metaprograming the human biocomputer, votre logiciel personnel de routine continue de fonctionner. Si vous ne mettez pas un autre logiciel convenable en route, vous perdez votre temps : on peut passer des heures là-dedans sans qu'il ne s'y passe rien. Ou bien vous vous laissez submerger par vos métaprogrammes négatifs (nous en avons tous reçu une quantité durant notre enfance). Il faut apprendre à les repérer et à les désamorcer. Ce n'est pas facile du tout. Personnellement, j'ai eu besoin pour y parvenir de suivre une psychanalyse. Ca m'a beaucoup aidé. Je me suis aperçu que, s'il existait effectivement de "mauvaises pensées", hostiles, inhibantes, culpabilisantes, se croire inférieur, inutile, mauvais... il n'existait pas en revanche de mauvais "mode de pensée". Le mode ne peut pas être négatif. C'est la première grande leçon de l'auto-exploration : l'univers intérieur est sans interdit, infini. Ainsi, l'horizon du métaprogramme "Quoi penser ?" peut et doit être aussi vaste que possible. Il n'a de limites que celles que nous croyons devoir lui imposer - et cette croyance est elle-même un métaprogramme, dont la malléabilité ne peut être vérifiée que par l'expérience."

    Cette dernière idée deviendra peu à peu la clé de voute de toute sa recherche, formulée ainsi : "Dans la province de l'esprit, ce que l'on croit vrai est vrai ou le devient, à l'intérieur de limites qu'il faut trouver par l'expérience et l'expérimentation. Ces limites sont elles-mêmes des croyances à dépasser. Dans la province de l'esprit, il n'y a pas de limites."

    Pendant des années, John Lilly va jouer, tel un artiste-mathématicien de l'existentiel, à "inventer puis à se faire croire à l'existence d'autres mondes" - mondes géants, mondes nains, mondes fantastiques, radicalement différents du notre -, s'apercevant, stupéfait, qu'il peut y voyager, y connaître la peur, la tristesse ou la joie, mais surtout y tenir des raisonnements logiques. "J'ai dû faire beaucoup d'expériences sur moi-même pour vérifier ma théorie, la modifier, en faire une part de mon propre biocomputer. A mesure que la théorie pénétrait et reprogrammait ma machinerie à sentir et à penser, ma vie changea rapidement et radicalement. De nouveaux espaces s'ouvrirent; de nouvelles compréhensions, un nouvel humour apparurent. Et un nouveau scepticisme émergea de tout cela. "Mes propres croyances sont incroyables" dit une nouvelle métacroyance."

    Que deux "biocomputers humains", chargés de métalogiciels différents, puissent spontanément communiquer entre eux, le fascine. A croire qu'ils ne sont pas aussi différents que cela. Et pourtant si : il n'y a pas deux individus identiques. Et le fait de ne pas savoir communiquer, voilà l'origine de la plupart des maladies mentales. L'influence de l'école psychologique de Palo Alto, animée par Gregory Bateson et Milton Erickson, grands défricheurs notamment de la schizophrénie, semble évidente. L'idée que l'on puisse programmer soi-même son malheur (ou son bonheur), sous-tend une bonne part de l'oeuvre de Paul Watzlawick, qui deviendra le porte-parole de cette école : "Le langage, écrit Watzlawick, ne reflète pas tant la réalité qu'il ne la crée."

    Plus il s'enfonce dans ses univers intérieurs, plus Lilly apprécie, au retour, notre monde consensuel "normal". Mais c'est chaque fois pour repartir plus profondément en lui-même peu après.

    Pour plonger encore plus profond, tous les moyens sont bons. C'est une tête brûlée. Jusqu'en 1964, bien que présentant le profil type des chercheurs qui, dés la fin des années quarante, autour d'Aldous Huxley ou d'Ernst Jünger, goûtent aux hallucinogènes (dont le LSD synthétique mis au point accidentellement par le Suisse Albert Hoffman des laboratoires Sandoz), John Lilly se tient à l'écart des drogues. Il n'en a guère besoin. Son caisson à isolation sensorielle lui suffit. Il faut dire que John s'avère un voyageur intérieur hors pair - aidé, donc, les premières années, par une psychanalyse qui, dit-il, "m'aide à mettre suffisamment à nu mes projection négatives pour que je ne m'identifie pas à elles."

    Cette autoexploration va connaître un énorme coup d'accélérateur lorsque les psychotropes entrent dans la danse. Officiellement approvisionné en LSD pur par Sandoz (opération courante, et légale, en recherche psychiatrique, aux Etats-Unis, jusqu'en 1966), John "visite" (le plus souvent à l'intérieur de son caisson à isolation sensorielle) ses fantasmes à une vitesse tellement folle qu'il va faire exploser toute une première ceinture de "métaprogrammes négatifs". Il verra apparaitre, sous des formes plus ou moins monstrueuses, les femmes qu'il a désirées ou avec lesquelles il fait l'amour, sentira remonter toute son éducation catholique, culpabilisante et puritaine, entretiendra mille rapports avec tous les personnages que sa vie lui a fait rencontrer depuis sa prime enfance, mais aussi avec d'autres, jamais vus jusque là, il revivra ses cauchemars d'adolescents, refera ses calculs de chercheur, retombera sans arrêt dans les mêmes échecs, enlisé dans les mêmes obsessions.... Il testera ses résistances, régressera au stade du nourrisson, urinant sur lui-même, béat.

    Puis il approchera de zones rouges et noires où son esprit renaclera à l'emmener. Bientôt il verra ses peurs prendre des visages inhumains terrifiants, il errera des éternités dans d'interminables labyrinthes, luttera contre des monstres qui tenteront de l'envahir par de vastes brèches ouvertes dans son crâne... chaque fois qu'il voudra approcher les frontières de ses "provinces intérieures".

    Frontières autoprogrammables à volonté par un self-metaprogrammer devenu conscient ? Pas évident. Avant d'apprendre à déjouer ses pièges intérieurs, à "désamorcer ses métaprogrammes négatifs" - pour déboucher ensuite sur des espaces prodigieux de clarté, où il connaitra d'ineffables extases - John Lilly va d'abord manquer mourir, de très peu. Une sorte de tentative de suicide inconsciente, en 1964 - mise en route par qui sait quel programme ? Une NDE (near death experience, ou expérience de mort imminente). Aux portes de la mort, un contact fulgurant avec une certaine "réalité ultime". Contact pouvant conduire à ce que les sages de l'Inde appellent le samadhi, ceux du Japon le satori, ceux de l'Occident l'union mystique avec Dieu... Phénomène aussi vieux que l'humanité, mais qui, longtemps considéré comme réservé à une élite spirituelle, semble se manifester de plus en plus souvent depuis que, grâce au formidable perfectionnement des techniques de réanimation, les "rescapés de la la mort" des Unités de Soins Intensifs des grands hopitaux modernes se comptent par millions.

    Notre homme a donc connu, en 1964, "l'ineffable sensation de plonger dans un pur soleil d'amour et de connaissance"... D'abord, il avait longuement flotté dans un vide infini, d'une obscurité totale. Une zone qu'il connaissait par coeur, depuis des années, et qu'il avait baptisé "Point Zéro Absolu" - c'est là qu'il avait peu à peu appris à venir se repositionner, quand il se sentait menacé par quelques "fauves intérieurs". Comme toujours, l'obscurité avait ensuite peu à peu cédé la place à un "paysage".

    Mais tout de suite, il avait senti quelque-chose de vertigineusement neuf. En fait, il n'y avait aucun paysage. Juste de la lumière. Une lumière d'or extraordinaire, "toute irradiante d'amour".

    John n'avait plus de corps. Il se sentait réduit à un simple point. Toute sa conscience semblait pourtant présente, toute sa mémoire, ainsi que la sensation de voir, d'entendre, de sentir... Justement, voilà qu'il sentait qu'on s'approchait de lui. Cela venait de l'horizon. Il finit par distinguer deux autres "points de conscience", deux... entités. Plus elles s'approchaient, plus John sentait qu'elles dégageaient quelque-chose d'incroyable, une chaleur comme il n'en avait jamais ressenti de sa vie. A la fin la sensation était devenue si forte qu'il eut l'impression qu'elle l'anéantirait si les deux entités s'approchaient davantage. Son "moi" se fondait littéralement en elles. Elles s'arrêtèrent à l'extrème limite de sa résistance à "l'anéantissement dans l'un, le Rien absolu".

    Leur long échange fut pour lui une extase. Il sut qu'il ne pourrait en conserver qu'une partie en mémoire.

    "A la fin, elles me dirent que c'était moi qui les séparais en deux, que c'était ma façon de les percevoir, mais qu'en réalité elles n'étaient qu'un dans l'espace où je me trouvais alors moi-même. (...) Elles dirent aussi qu'elles étaient mes gardiens, qu'elles veillaient sur moi bien avant cette expérience, en fait depuis toujours, mais que je ne me trouvais généralement pas en état de les percevoir."

    Plus tard, John se rendit compte qu'il avait déja rencontré ses "guides" à trois reprises dans sa vie. Chaque fois, cela s'était produit alors qu'il se trouvait au plus mal : à sept ans, lors d'une ablation des amygdales; à dix ans, une tuberculose l'ayant à moitié tué; à vingt-trois ans, l'arrachage de toutes ses dents de sagesse ayant nécessité une anesthésie générale. Les trois premières fois, il avait oublié jusqu'à la rencontre elle-même. La quatrième lui laissa un souvenir indélébile.

    Rejoindre la dimension où il pourrait retrouver ses guides devint un objectif essentiel. Il y parvint encore deux ou trois fois, par hasard. Puis sa technique de "pilotage intérieur" s'améliora à un point tel qu'il sut s'y rendre à volonté.

    Lors de leur avant-dernière rencontre "par hasard", les deux guides laissèrent entendre à John qu'il lui faudrait radicalement changer de vie. Tout était à revoir, disaient-ils, à la lumière de l'ancienne règle d'or, ainsi reformulée par le psychiatre Erik Erikson : "Fais/ne fais pas aux autres ce que tu voudrais que les autres te fassent/ne te fassent pas; les autres comprenant les autres espèces/entités/êtres de cet univers."

    Pour commencer, suggérent donc ses "guides", John devrait laisser les dauphins tranquilles. En un mot, abandonner toute sa recherche delphinienne. L'idée le laisse d'abord perplexe.

    Mais voilà que, peu de temps après, cinq des huit dauphins prisonniers dans ses bassins des Iles Vierges (voir Le 5° Rêve), se suicident, à quelques jours d'intervalle - en refusant de se nourrir ou en se précipitant contre les murs.

    Une monstrueuse hécatombe. En captivité, tous les dauphins meurent jeunes (plus tard, Lilly reconnaitra que les chiffres présentés par les delphinariums, pour prouver la "longue espérance de vie des dauphins en captivité", sont généralement truqués). Mais là... c'est trop fou. Toute l'équipe est en deuil.

    Pour John, il ne peut s'agir d'une coïncidence. "Si j'avais écouté le conseil de mes guides, se dit-il, le drame aurait pu être évité." Alors il n'hésite plus. Les trois dauphins survivants sont rapidement sortis de leur bassin et emmenés au large, dans un gros hors-bord, puis remis à l'océan d'où on les a arrachés l'année précédente, Les deux plus jeunes (entre trois et cinq ans) ne comprennent pas. Il sortent sans cesse la tête de l'eau, désirant rejoindre les hommes. Heureusement, le troisième a plus d'expérience (une vingtaine d'années) : il leur donne des coups de rostre, pour les obliger à rester sous la surface (autrement, les pêcheurs finiraient par les tuer). Finalement, les trois cétacés disparaissent. Et John Lilly se retrouve tout d'un coup très seul. Il réalise à peine ce qu'il vient de faire.

    D'un point de vue professionnel, l'évènement tombe mal. John vient juste de recevoir des crédits inespérés, de la Navy et de plusieurs autres organismes, pour son centre humain-dauphin.

    Que va-t-il dire à ses commanditaires? Que des voix intérieures lui ordonnent de tout stopper ? C'est ce qu'il fait. En y mettant à peine les formes. Du jour au lendemain, sa réputation est faite : ce type est cinglé. Grand crac dans la vie du chercheur.

    Après avoir rendu à l'administration tout le materiel, en particulier le gros ordinateur avec lequel il a vainement tenté de créer une passerelle linguistique entre humains et dauphins, John négocie la réintégration, dans divers services de la Santé Publique, de la trentaine de personnes dépendant de lui, sur l'åle et ailleurs, Puis il publie, dans le Journal de la Société Accoustique, un dernier article, intitulé "Reprogrammer les productions sonores du dauphin Tursiops", où il explique qu'au lieu d'utiliser la grille psychologique limitée des réflexes conditionnés et du système punition/récompense, on ferait mieux de comprendre que le dauphin peut, grâce à son très grand biocomputer, se reprogrammer lui-même, une fois entré en interaction continue avec l'homme. Et cette fois, c'est bien fini.

    Sa femme le quitte. Plus question de prendre du LSD : devant l'ampleur du phénomène "psychédélique", l'administration américaine interdit tout usage du redoutable acide. Une nouvelle vie commence pour John. Que faire ?

    Il s'interroge longuement sur l'avenir de la recherche fondamentale. Comment définir le mot fondamentale ?

    "La recherche, écrit-il, est de plus en plus liées aux applications immédiates. Pourtant, quand vous les interrogez des scientifiques sur leurs motivations profondes, vous découvrez, derrière leurs railleries ou leurs baillements génés, que la plupart sont mûs d'abord par le respect, la stupeur, l'adoration émerveillée du réel. Nous devrions beaucoup nous préoccuper des motivations profondes et des valeurs morales des jeunes gens interessés par les sciences.

    Sans le respect et même, pourrait-on dire, l'adoration de l'inconnu, ils peuvent devenir des monstres. Il faut avoir vécu, expérimenté, les forces colossales qui gisent hors de nous et en nous, pour devenir sages.

    "Mais notre mental évolue de façon terriblement arbitraire. Les postulats de la science actuelle se sont ordonnés accidentellement au cours de l'histoire. John von Neumann disait que notre arithmétique addition-soustraction-multiplication-division reposait sur des découvertes purement aléatoires. Si nous avions trouvé autre chose de plus fort, comme par exemple la mathématique de notre propre cerveau, nous serions aujourd'hui beaucoup plus avancés".

    Comment explorer mathématiquement notre cerveau ? Voilà à quoi pense le nouveau chômeur-célibataire John Lilly. Mais, tandis qu'il erre, d'amis en amis, à travers les Etats-unis, une autre question l'obsède : comment voyager dans ses univers intérieurs sans drogue ?

    Notre savant cinglé a une petite idée.

    La dernière fois que John et ses assistants ont écouté quelques-uns de leurs interminables enregistrements humano-delphiniens (Margaret Howe répétant inlassablement certains mots, salués en rythme par les cris du dauphin), tout le monde s'est aperçu qu'à force d'écouter le même mot des milliers de fois, l'oreille et le cerveau se mettent brusquement à entendre d'autres mots, des mots "alternatifs", semblant jaillir de nulle part. En quelques heures d'écoutes, John et ses assistants ont entendu plusieurs dizaines d'alternatives à l'expression "you're a good boy" - certaines ne voulant rien dire. Or, fait étrange, chaque fois que quelqu'un signalait, à voix haute, un nouveau mot alternatif qu'il venait d'entendre dans la boucle répétitive, John avait l'impression de changer d'espace intérieur, de modifier son état de conscience.

    Les ECM (états de conscience modifiée), induits par des moyens autres que la drogue, vont devenir son nouveau terrain de prédilection.

    Avec le département de linguistique de l'université du Wisconsin et le gros ordinateur de Heinz von Foerster, à l'université de l'Illinois, Lilly creuse cette histoire de mots "alternatifs". Soumis à des boucles répétitives, certains étudiants entrent littéralement en transe, "sortent de leur corps", et rapportent de fantastiques voyages intérieurs. Bientôt, notre chercheur se retrouve à l'Université de Stanford, dans le labo d'Ernest Hilgard, spécialiste de l'hypnose. Quelles que soient les méthodes utilisées pour induire des ECM, les meilleurs sujets sont généralement les plus jeunes, les plus influençables ou ceux qui craignent le moins d'être "contrôlés de l'extérieur". A cinquante ans, John est un sujet exceptionnellement peu craintif. Ces voyages l'amènent au Kansas, chez un couple de vieux chercheurs amis avec qui il va téter d'un nouvel ECM, un véritable sport intérieur : la téléportation. Une fois hypnotisé, John semble entrer en résonnance émotionnelle, depuis le fond du Middle West, avec une autre personne, une femme, qui se trouve à Los Angeles, des milliers de kilomètres plus à l'ouest.

    A chaque fois il ressent exactement la même chose qu'elle (à des moments choisis aléatoirement). Lors de certaines séances, tout se passe même comme s'il voyait, de ses "yeux intérieurs", ce que cette personne voit avec ses yeux physiques !

    On lui propose alors un nouveau job, comme neuro-psychiatre, au centre de recherche du Spring Grove Hospital de Baltimore (c'est là que le Tchèque Stanislas Grof vient de faire son entrée américaine). Il se trouve qu'on y applique, à titre légal tout à fait exceptionnel, un programme inattendu : LSD pour alcooliques durs... et pour John Lilly! "Car, dit-il, je partage l'éthique expérimentale de mon vieux maître de médecine, H.C.Bazett : pas question d'expérimenter quoi que ce soit sur un cobaye humain, avant de s'être infligé le traitement à soi-même."

    Sacré John ! Il subit donc le protocole complet, en principe prévu pour désintoxiquer des alcooliques inguérissables. Il suit plusieurs entretiens psychologique poussés, d'où il ressort que notre homme manque cruellement d'amour. Au fond, toutes ces années d'introspection ne l'ont pas fondalement changé : il est toujours aussi sec et froid. Ses nouveaux collègues psychiatres le font donc travailler sur sa vie affective, intensément, pendant plusieurs semaines, avant de lui donner une forte dose de LSD.

    Descente directe en enfer.

    De sa vie entière, John Lilly ne vivra rien de plus atroce. De l'abominable indescriptible. Son expérience au Spring Grove Hospital le laisse convaincu de l'existence d'une intelligence cosmique. Quant à toutes ses années passées à étudier les dauphins, il les voit maintenant comme une "fuite des hommes".

    Pourtant, sa nouvelle voie n'est pas la neuro-psychiatrie. En 1969, lors d'un week-en à Big Sur, au sud de San Francisco, il découvre le mythique Institut Esalen, créé par les parapsychologues Mike Murphy et Dick Price, où enseignent les maîtres les plus réputés de l'anti-psychiatrie et de la contre-culture américaine d'alors, Alan Watts, Gregory Bateson, Fritz Perls, Ida Rolf... Là, John va connaitre des gens beaucoup plus expérimentés que lui, capables de rester en état de conscience modifiée (méditation, transe, hyupnose...) pendant des mois! C'est donc là, finalement, qu'il s'installe.

    Les liens entre corps et esprit ne sont pas évidents. A Esalen, on les malaxe hardiment.

    Dans certains ateliers, ll faut se mettre à poil, au sens propre - imaginez un groupe de messieurs et de dames très chics, très intellos, qui doivent soudain se déshabiller, sans qu'on les ait prévenus ! Ca jette un froid... Mais tout le monde y passe. Et la chaleur revient, hilarante. Dans d'autres ateliers, John doit soudain se battre, physiquement. A plus de cinquante ans, une jolie peur lui noue les tripes... A chaque fois, il sent qu'un nouveau "métaprogramme négatif" (remontant généralement à son enfance) se désamorce au fond de lui.

    Finalement il lance son propre atelier : "Je suis un dauphin". Au sec, puis dans l'eau, on y apprend à soutenir les autres, puis à se laisser soutenir (porté comme un enfant, ou reccueilli dans une gerbe de bras, comme un fruit tombant d'un arbre). On s'y livre aussi à toutes sortes d'exercices respiratoires. Les cétacés expirent et inspirent en un seul mouvement de deux ou trois secondes à peine en tout. En respirant ainsi, un individu peut faire la planche pendant des heures. Ces exercices mettent certains sujets en état de méditation profonde - il y en a même qui "sortent de leur corps" !

    Et ainsi de suite jusqu'à sa rencontre avec le soufisme. Du moins avec un certain courant soufi, remontant d'Amérique australe vers les Etats-Unis...

    Le maître s'appelle Oscar Ichazo, il vit au Chili, où il enseigne des techniques de méditation très particulières - par exemple en plaçant ses différentes "consciences" dans les différentes parties de son corps.

    "Dans vos oreilles, mettez l'idée de substance (par exemple l'idée que vous vous faites de votre propre substance, si c'est sur vous-même que vous désirez méditer); dans vos yeux, mettez alors l'idée de votre forme; dans votre nez, placez vos possibilités (de toutes vos alternatives possibles); dans votre bouche, placez vos besoins; dans votre poitrine, vos impulsions (vos énergies automatiques); dans votre estomac, vos processus d'assimilation; dans votre ventre, vos processus d'élimination; dans vos glandes génitales, mettez vos orientations fondamentales; dans vos bras et vos cuisses, vos capacités; dans vos genoux et vos coudes, votre charisme; dans vos avant-bras et vos jambes, votre idée de "ce qui a du sens"; dans vos pieds et vos mains, enfin, placez vos objectifs".

    Cela parait compliqué. John découvre qu'il ne s'agit que d'un début; le "bio-ordinateur humain" n'a pas fini de le fasciner. Tout de suite, John utilise la méthode pour arràter de fûmer (la substance, la forme, les possibilités, etc, sont alors strictement appliquées au désir de tabac).

    Et ça marche! Du coup, il apprend une seconde technique soufi, bien connue des derviches. Cette fois, il s'agit de méditer en écoutant une musique (le Boléro de Ravel est, parait-il, étudié pour) : on place les notes médianes (la mélodie) dans la poitrine, les notes aigues dans la tàte, les notes graves dans le ventre, et on fait le vide, ouvert au non-connu. Au bout de quelques temps, cet exercice fait naåtre une perception nouvelle du corps. Et le selfmetaprogrammer se pose, plus que jamais, LA question : Qui est "je" ? (avec en corollaire : En quel lieu de mon corps suis-je caché ?).

    Un autre gourou de passage à Esalen, le fameux Dick Alpert, ex-psychologue d'Harvard devenu Baba Ram Dass en Inde, rappelle à Lilly l'une des réponses du maître yogi Patanjali (4OO av JC) : "Qui suis-je? Je ne suis pas celui qui voit. Je suis pas celui qui est vu." Ce que John transforme aussitôt en une autre formule, qu'il juge plus riche : "Je ne suis pas mon bio-ordinateur. Je ne suis pas son programmeur. Je ne suis pas son programme. Je ne suis pas ce qui est programmant. Je ne suis pas ce qui est programmé. Qui suis-je ?"

    "O Toi qu'on n'aperçoit pas, quoique Tu Te fasse connaitre, Tout le monde c'est Toi, rien d'autre que Toi n'est manifeste L'âme est cachée dans le corps, et Tu es caché dans l'âme. O Toi qui est caché dans ce qui est caché !"

    Ainsi chantait, au XIIeme siècle le mystique persan Aattar. John, nouvellement influencé par les Sud-Américains, se met à lire des mystiques orientaux. Sohrawardi, Ibn Arabi et Hallaj, le martyr soufi du Xème siècle, qui chantait encore alors qu'on lui avait coupé bras et jambes : "O Toi, qui m'as enivré de Ton amour, ne me rends pas à moi-même, après m'avoir ravi à moi-même..." Mais qui est "moi-même" ?

    John croit discerner une issue au paradoxe apparemment insoluble du "sujet qui s'interroge sur le sujet", en proposant la démarche suivante : "Transcendons nos propres limites en programmant un ensemble ouvert de croyances fondamentalement respectueuses du non-connu". Ce qui, concrètement, signifie que notre volonté consciente doit admettre, une fois pour toutes, qu'il y a en nous mêmes, dans le non-connu de notre nature profonde, infiniment plus fort qu'elle-même, à quoi même notre selfmetaprogrammer, notre moi conscient et inconscient, doit se soumettre. Ce qui serait en même temps une façon paradoxale d'échapper à toute croyance - puisqu'il y aurait toujours, par principe, croyance plus vaste ! Finalement, en 1970, John décide de se rendre auprès du maître soufi Oscar Ichazo, au Chili.

    Le maître et le disciple sympathisent immédiatement. Le disciple a l'impression de recontrer enfin, pour la première fois, quelqu'un qui sait exactement de quels voyages intérieurs il veut parler. Mais pour John, le démarrage est difficile. Question physique - pendant des mois, le Chilien va les soumettre à un rythme effrayant de courses dans la montagne, de chants, de prière, de méditation, d'exercices de toutes sortes. Question conjugale aussi - quand John va bien, sa compagne va mal, et vice-versa; le malheureux passe des heures à pleurer dans sa chambre d'hotel...

    Mais venons-en tout de suite à la fameuse "Echelle du Soi", dont Oscar Ichazo va enseigner l'utilisation à ses élèves yankees. Sans doute la plus efficace des grilles d'interprétation psycho-spirituelle que John a connues, la meilleure cartographie globale des ECM et, du coup, le meilleur guide pour voyager dans ses univers intérieurs. Pour commencer, il faut imaginer l'état de totale neutralité émotionnelle, celui où vous àtes simplement présent au monde, attentif, la tête claire. L'état où l'on devrait se trouver en société, lorsqu'on communique avec d'autres. lorsqu'on enseigne, lorsqu'on apprend. Selon John Lilly, c'est dans cet état et celui-là seulement, que nous pouvons rationnellement reprogrammer notre biocomputer. A cet état de conscience neutre, Oscar Ichazo fait correspondre un point au centre d'un grand graphique, point auquel il attribue la valeur "48" (pourquoi quarante huit et pas zéro? ne perdons pas de temps de ce coté-là, il s'agit de chiffres attribués à la conscience par le soufi Gurdjeff, en fonction d'une mathématique ontologique qui échappe à la présente enquète).

    A partir de ce centre "48", partent les deux branches d'un grand S applati et couché, la branche supérieure montant jusqu'à "plus l'infini", la branche inférieure descendant jusqu'à "moins l'infini". Qui que vous soyez, quels que soient votre degré d'évolution et votre humeur du jour, votre état intérieur se trouve forcément, à tout moment, quelque-part sur ce grand S. Nous nous promènons généralement dans les parages du "48", autour du centre de neutralité, mais presque toujours un peu décalé, soit vers le haut, soit vers le bas. Vers le haut ? Prenez quelqu'un au volant de sa voiture, quelqu'un qui conduit bien et peut se permettre de penser à autre chose, tout en conduisant d'une main sûre. L'état intérieur de cette personne se trouve alors un peu décalé vers le haut du grand S, en "+24", état dit professionnel. En "+24", on peut se mettre "en pilote automatique" pour accomplir sa téche. Vous savez danser, ça se voit, et vous y prenez du plaisir. A l'inverse, imaginez-vous maintenant malade, nauséeux. Ou bien durement remis en cause par vos chefs. Ou abandonné par votre amour. Mais contraint de conduire, ou d'aller au travail quand même. Vous vous trouvez en "-24", état dit négatif de base, où l'on peut encore agir, mais mal, où l'on devient un danger pour les autres. Vous savez toujours danser mais, diable, quel labeur !

    Passez en "+12". C'est l'extase, l'état de gréce. Vous ne dansez plus, vous àtes dansé! La musique, littéralement, s'empare de votre corps. Vous n'àtes plus tout à fait présent sur terre... et pourtant, que le monde vous parait beau! Tout brille, tout resplendit. La Baraka est avec vous, vous êtes follement amoureux, en état d'amour cosmique, l'une des définition du "+12".

    Du coup, vous n'avez guère de mal à imaginer "-12". L'horreur. Plus question d'aller au travail, ni de conduire. Vous n'àtes que souffrance. Le monde vous apparait à travers un brouillard lancinant, épouvantable. Vous doutez d'avoir jamais su danser. D'ailleurs qu'est-ce que ce mot veut dire? Cet état porte simplement le nom d'extrème négativité.

    Au delà, les descriptions deviennent plus difficiles, dans la mesure où peu d'entre nous, me semble-t-il, y sont allés. En "+6", vous connaissez l'état du Bouddha. Votre àtre est réduit à un point d'intense conscience, vous voyagez à travers les univers, porté par une inéffable énergie d'amour. C'est le niveau de réalité que connaissent les fameux experiencers des NDE...

    Alors qu'en "-6", ce point de conscience amorce son entrée en enfer, au royaume de la solitude et de l'absurde. Q uant à "+3" et "-3", les deux derniers barreaux connus de l'Echelle du Soi, ils échappent quasiment aux mots. Le Soi y est intégralement dissout : d'un coté dans l'Essence pure (c'est le Grand Satori, ce que les derviches appellent le Fanaa, l'anéantissement dans l'un); de l'autre coté dans l'Ego absolu, quintessence du négatif. Revenons au point de neutralité, en "48". Ici, le Soi est totalement présent; plus on monte vers "plus l'infini", plus il cède la place à l'Essence pure; plus on descend vers "moins l'infini", plus il est remplacé par l'Ego. Le jeu consiste à savoir se promener à sa guise tout le long de cette échelle - pour finalement s'apercevoir que le "+" et le "-" se rejoignent, ne sont que les deux faces d'une même vaste farce cosmique.

    On ne peut expliquer que le début de la règle du jeu. Prenez un citoyen lambda, qui vit tranquillement sa vie, quelque-part autour de son centre de neutralité. Tout d'un coup, bim ! sans qu'il ne comprenne pourquoi, il se casse la figure en "-24" (son amour le quitte, la maladie... etc). Comme si une trappe s'ouvrait sous ses pas et qu'il se ratatinait trois mètres plus bas. Il lui faut ensuite une énergie folle pour se rassembler, se réparer, puis remonter au niveau neutre, où l'on vit en société.

    L'embàtant, c'est que la chose va se renouveler, le piège se rouvrir sous ses pas, deux, trois, dix, cents fois. On retombe à longueur de vie dans les mêmes erreurs. Jusqu'au jour où, "par miracle", au lieu de tomber inconsciemment, il parvient à rester lucide pendant le très bref instant de la chute. Alors il s'aperçoit, stupéfait, que la dalle de béton "-24", qu'il connait bien, puisqu'il s'y est si souvent cassé le nez, est en fait une planche, souple, un tremplin ! S'il parvient à rebondir dessus, à pieds joints, Whaaaouh! il remonte d'un coup, et directement en "+24" ! Lilly appelle cela "l'effet trampoline".

    Ensuite, vous vous apercevez que la chute en "-24", du moins cette façon-là de vous retrouver en état négatif de base, ne vous pose plus de problème. Vous avez définitivement désamorcé un "métaprogramme négatif" de votre biocomputer, dirait John. Pour la vie !

    Quand j'ai entendu John Lilly parler de cette échelle, j'ai tout de suite pensé à une petite histoire personnelle.

    Je suis né et j'ai grandi au Maroc, dans un état de conscience "légèrement raciste". Pendant des années, la langue arabe, la musique arabe, l'esthétique arabe me donnaient la nausée. Cette négativité avait installé en moi une foule de "programmes" fort pénibles à vivre (par exemple, d'entendre de la musique arabe me coupait toute envie d'agir; une sorte de léthargie infernale s'emparait de moi). Il m'a fallu attendre dix sept ans, avant que ne s'inverse le processus. Par une belle après-midi de printemps, j'ai pris le car de Casa à Marrakech, seul Européen parmi une foule de paysans marocains, pressé entre de gros burnous, dans l'odeur de musc et de hénné, les oreilles emplies de violons larmoyants, des poules et de moutons ligotés remuant sous mes pieds... Et tout d'un coup, le "miracle" s'est produit : ce qui jusque-là m'avait toujours rendu malade s'est métamorphosé en extase.

    Ah, cette musique ! Oh, ces odeurs ! Ah, petite mère, ces visages! Juste ciel, cette langue ! Je voulais que cela dure toujours.

    De cet instant, le "-24 anti-arabe" a disparu de ma vie, et avec lui, chose surprenante, tout un tas d'aspects négatifs secondaires de ce que je croyais àtre mon caractère (le fameux "je m'ennuie" de l'enfance, par exemple), qui n'en étaient que de secrets prolongements souterrains. A la place, s'est épanoui un "+24", jamais démenti. L'Arabe en moi avait commencé à vivre - comme plus tard l'Africain, ou, lentement, le Chinois, l'Aborigène australien...

    "Combien de vies nous faut-il, se demande le Yankee John Lilly en initiation au Chili, pour que tous nos manques se métamorphosent en plénitudes et que l'humanité entière naissent en nous ?"

    A vrai dire, John, lui, n'en est plus à se traîner en "24". Il a déja connu des "12", des "6" et même peut-àtre (il se pose la question) des "3". Vers l'infini négatif d'abord. Toujours.

    Puis vers le positif. Telle serait la loi. Vertigineux rebondissements sur des trempolines cosmiques que l'on n

  • Krishnamurti (site INREES)

    http://www.inrees.com/articles/Jiddu-Krishnamurti-maitre-esprits-coeurs/

    Résultat de recherche d'images pour "krishnamurti"

     

    Krishnamurti : 


    Un maître qui a marqué les esprits et les cœurs

     

    Qui était Jiddu Krishnamurti, ce grand penseur dont les enseignements éclairés et l’ouverture de cœur ont frappé l’humanité ? D’une jeunesse colorée par un rôle d’ « Instructeur du monde », à 60 années consacrées à l’enseignement, toute l’existence de Krishnamurti fut jalonnée de phénomènes mystérieux. Retour sur une vie frappée d’extraordinaire...

    Une allure distinguée, de grands yeux noirs, Jiddu Krishnamurti grandit à la croisée de l’Orient et de l’Occident. Il déclarait ne pas se souvenir de l’époque de sa jeunesse, expliquant qu’ « aucune pensée ne pénétrait mon esprit. Observer et écouter, rien d’autre ». Ce manque de mémoire et cette totale disponibilité à l'instant présent constituent l’un des aspects les plus insaisissables et complexes de la personnalité de celui qui allait devenir un sage adulé. Sa disposition d'esprit se reflète dans son enseignement de liberté intérieure : Krishnamurti considérait les conditionnements psychologiques, qu'ils soient éducatifs, religieux, culturels ou politiques, comme néfastes et une entrave à la pureté de perception du moment et de la vie en général. Son message était simple : « La vérité est un pays sans chemin ». Comment cet homme, généralement considéré comme l’un des plus grands penseurs et maîtres spirituels de tous les temps, était-il parvenu à saisir cette réalité profonde ? 

     

    Désigné « Instructeur du monde »


    La jeunesse de Krishnamurti, né en 1895 dans le sud de l’Inde, avait déjà commencé de manière peu banale. Sa mère, à qui on prêtait des dons occultes tels que la lecture des auras, avait eu la prémonition du destin spécial de son fils. Elle choisit ainsi de lui donner le jour dans une salle de puja, réservée à la méditation et aux prières des familles brahmaniques indiennes. A la mort de sa mère, son père partit vivre à Adyar sur la côte est de l’Inde, un choix qui allait faire basculer la vie de Krishnamurti. 

    Clairvoyant, charismatique, une barbe blanche imposante et des yeux perçants, Charles Leadbeater comptait parmi les patriarches de la puissante Société de Théosophie, une association ésotérique établie en Inde et qui vivait son âge d’or entre la fin du XIXe siècle et les années 1920. Cet homme allait avoir un rôle clé dans l’incroyable avenir de Krishnamurti. Alors que les théosophes avaient prédit la venue d’un « Instructeur du monde » dont la mission serait de diffuser une nouvelle énergie et un nouveau message à l’humanité, Leadbeater découvre le jeune Krishnamurti, alors âgé de quatorze ans, se promenant sur la plage jouxtant l’enceinte de la Société de Théosophie. Le medium dirait plus tard qu’il avait vu autour de l’enfant « l’aura la plus magnifique qu’il lui ait été donné de voir, sans la moindre trace d’égoïsme »

    Adopté avec son frère Nitya par la Présidente de la Société, Annie Besant, qui le proclame « Instructeur du monde », Krishnamurti commence une jeunesse de voyages entre l’Europe, la Californie et l’Australie, pour le préparer à endosser ce rôle. Pour la Société, la destinée de Krishnamurti n’est autre que de devenir le véhicule d’une entité spirituelle, dans la lignée de ceux qu’elle appelait les grands initiés, tels que Moise, le Christ, Bouddha ou Zarathoustra. Les années passant, Krishnamurti devient beau, charmant, tout en développant un vif esprit d’indépendance, et est mis à la tête d’une institution mondiale, l’Ordre de l’Etoile, créée pour préparer le monde à son « avènement ». 


     

    Une expérience mystique foudroyante


    C’est en Californie à Ojai, dans une villa baptisée « Pine Cottage », qu’une expérience va inexorablement changer le cours de la vie de Krishnamurti, alors qu’il n’est âgé que de 27 ans. Il subit ce qu’il appellera le « processus » : une intense expérience intérieure qui l’emporte vers des sommets de souffrance et d’extase. Alors qu'il se trouve en méditation, une pratique matinale quotidienne pour le jeune homme, il ressent de vives chaleurs et des douleurs dans la nuque. Le phénomène se reproduit chaque jour, jusqu'à la traversée d'une expérience qu'il qualifie lui-même d' « extraordinaire » : il vit un sentiment d'unité avec le grand Tout. Le moindre élément constitutif du monde fait partie de lui, il ressent par exemple les pensées et les sensations d'un homme qui répare la route au loin, s'identifie même à la pioche que le cantonnier utilise. Plus rien ne sera jamais comme avant pour lui, comme si le « processus » l'avait dépouillé de sa conscience personnelle. 

    L’expérience vécue par Krishnamurti à Ojai s’apparente à certains vécus mystiques de dissolution de l’ego, et il vivra ensuite des moments de paix profonde. Dans son ouvrageKrishnamurti, figure de liberté, l’auteur Isabelle Clerc rapporte un extrait d'une lettre écrite par Krishnamurti à sa mère adoptive, Annie Besant, durant la période de cette expérience mystique : « Devant moi était mon corps et je vis au-dessus de sa tête l'Etoile, brillante et lumineuse. Je perçus alors la vibration du Seigneur Bouddha, je vis le Seigneur Maitreya. J'étais si heureux, calme, paisible... Je voyais toujours mon corps, je planais et en moi était une paix pareille à celle qui règne au fond d'un lac profond (...) j'ai vu la lumière; je me suis tenu au sommet de la montagne et j'ai contemplé les Etres tout-puissants (...) j'ai bu à la fontaine de la joie et de la Beauté éternelle »

    Pendant des années, Krishnamurti laisse se produire le phénomène et les douleurs physiques qui s'y associent, refusant tout recours médical ; il pressent en effet que l’expérience le prépare à une évolution vers un état de vibration supérieur, totalement inconnu, et que les aléas physiques sont inévitables. Plus tard, une de ses publications portera d’ailleurs le titre : Se libérer du connu


     

    La deuxième vie de Krishnamurti


    Cinq ans plus tard, la mort de son frère, très malade, marque un tournant dans l’évolution spirituelle de Krishnamurti. Les membres supérieurs de la Société de Théosophie avaient été unanimes : Nitya survivrait ; ils en détenaient l’information de la hiérarchie occulte des maîtres. Alors quand son frère décède malgré cette assurance inébranlable, Krishnamurti est terrassé. L’épreuve l’ouvre à une compréhension nouvelle et iconoclaste : celle qu’aucune image, aucun symbole, credo, prêtre, dogme ou rituel, ne peut apporter la connaissance de la vérité. Cette prise de conscience foudroyante l’amène à déclarer en 1929 devant 30 000 théosophes en Hollande : « surmontant tout, connaissant tout, détaché, sans tache, non entravé, totalement libéré par l’anéantissement du désir : qui appellerai-je Maître ? J’ai moi-même trouvé le chemin ». Il déclare alors ne pas être l’ « Instructeur du monde » attendu, renonce aux biens offerts par ses disciples, et ordonne la dissolution de « l'Ordre de l'Etoile ». Ainsi ouvre-t-il son propre sentier vers la liberté, et une nouvelle vie. 

    Cet homme remarquable passera le reste de sa vie, jusqu’à sa mort en 1986, à voyager de par le monde pour proposer des enseignements sur le fonctionnement de l’esprit humain et l’urgence pour l’humanité de se transformer. L’essence de son message se reflète dans l’une de ses réflexions, de toute beauté : « Vous êtes le monde, vous n’êtes pas séparés du monde. Vous n’êtes pas américain, russe, hindou ou musulman. A part les mots et les étiquettes, vous êtes le reste de l’humanité parce que votre conscience, vos réactions sont identiques à celles des autres. Vous parlez peut-être une autre langue, vous suivez des coutumes différentes, ceci est de la culture superficielle – toutes les cultures semblent assez superficielles – mais votre conscience, vos réactions, votre foi, vos croyances, vos idéologies, vos peurs, vos angoisses, votre solitude, votre souffrance et votre plaisir sont les mêmes que ceux du reste de l’humanité. Si vous changez, cela affectera l’ensemble de l’humanité. » D’une sagesse et d’une bienveillance exceptionnelles, les enseignements de Krishnamurti demeurent intemporels. 


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